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3 questions à... David, floor manager (et guide touristique)

- 9 mai 2018 - Par Benjo DiMeo

David
Toute l'année, il parcourt les tournois de poker de toute l'Europe. Toute l'année, il est assis à table, parfois face aux meilleurs joueurs du monde. Et toute l'année, il tient souvent plus longtemps qu'eux. Pour une bonne raison : David est croupier, l'un de ceux que je connais depuis le plus longtemps sur le circuit. Le Maroc est l'une des destinations qu'il fréquente le plus souvent : rares sont les festivals de poker "marrakchi" où l'on ne croise pas David, qui y a passé suffisamment de temps pour être promu au grade de floor manager. Impensable, donc, de ne pas lui demander quelques tuyaux à propos de la Ville Rouge que le SISMIX visite chaque année.

Tu me disais tout à l'heure que Marrakech est la seule ville où ton métier ressemble à des vacances. Explique moi un peu. Et surtout, comme j'ai un peu de mal à te croire, dis-nous combien d'heures tu bosses par jour.

Déjà : le soleil, évidemment ! Mais effectivement, Marrakech est l'un des rares endroits où je m'arrange pour rester quelques jours de plus à chaque visite, histoire de profiter de la piscine. On est beaucoup à faire ça. Et pendant chaque festival, les croupiers sont reçus au poil : on est bien logés, on est bien nourris, le voyage est pris en charge. Un croupier, s'il le veut, il peut passer la semaine sans dépenser un centime. Ce n'est pas le cas partout ! Sinon, ici, en tant que floor, mes horaires sont variables mais je tourne entre dix et douze heures par jour.

Et tu appelles ça des vacances ? En tant que visiteur fréquent, tu recommandes quoi ?

Il faut faire le souk au moins une fois ou deux fois, c'est un passage obligé. La vie nocturne est très festive. Pour les visites en dehors de Marrakech, j'aime bien aller au barrage du lac artificiel de Takerkoust. C'est à trente bornes, il y a des plages privées où tu peux faire du jet-ski, du quad, et même du jet-pack aquatique ! J'y serai au lendemain de la finale. En revanche, mieux vaut prévenir : ils ne servent pas d'alcool là-bas. Mais c'est pas bien grave, non ? Sinon, rien à voir mais j'aime bien visiter les herboristes. Se soigner par les plantes, ça change, et ça marche.

Sujet épineux pour tous ceux qui débarquent ici pour la première fois : le marchandage permanent avec les commercants locaux. Comment s'en sortir lorsque l'on est novice ?

A force de venir plusieurs fois par an, j'ai finir par affiner ma méthode pour les taxis. Deux choses importantes : 1/ toujours avoir de la monnaie sur soi, des pièces de 10, des billets de 20, et 2/ ne jamais parler d'argent avant la course. Si je me déplace dans le quartier du casino [L'Hivernage, NDLR], je paie 10 dirhams le jour, et 20 dirhams la nuit. Pas plus ! Contrairement à ce que l'on croit, les taxis qui utilisent le compteur existent, donc après un moment, on finit par connaître le prix réél des courses. Pour l'aéroport, le prix normal tourne autour de 70 dirhams. Au dessus de 100, c'est non. Au souk, c'est un peu pareil : je ne vais pas demander de prix, mais plutôt proposer directement la somme que je suis prêt à payer. Si le mec me dit non, je me casse. S'il me court après : c'est gagné. S'il ne fait rien, c'est sûrement que j'abusais un peu avec ma proposition [rires] ! Mais dans le taxi comme au souk, j'ai remarqué que la règle est toujours la même : si on te fait un grand sourire au moment ou tu tends le billet, c'est que tu t'es fait avoir [rires] !