Aussi bien à l'aise en Hold'em qu'en PLO, Alban Beysson remporte le seul tournoi de Mixed Games au programme du festival
Event #13 : Mix Games Hold'em/Pot-Limit Omaha (150 €)
Sur un festival comme le Winamax Poker Tour, il y a ceux qui ne sont là que pour la Grande Finale, souvent des qualifiés, qui n'ont pas forcément les moyens de tenter leur chance ailleurs. D'autres, à l'inverse, sillonnent les Side Events, histoire de jouer plusieurs tournois à moindre coût. Les oiseaux de nuit, eux, pour diverses raisons, ne sont disponibles que pour les Turbos du soir. Et il existe une autre catégorie, nettement plus rare, qui se jette sur tout ce qui n'est pas du No-Limit Hold'em. Rare, parce qu'en France, le seul autre jeu autorisé en tournoi live, c'est le Pot-Limit Omaha à quatre cartes.
Un tournoi qu'Alban Beysson avait coché depuis un moment sur son calendrier. "J'essaie de jouer autant de mixed games que possible," nous confie-t-il. Local de l'étape "depuis le Covid", ce passionné tape le carton depuis une dizaine d'années, "d'abord en cash game live, et depuis un an et demi beaucoup plus sérieusement en MTT live et online. J'avais profité d'un bon coup de boost chez vous, pile quand j'avais décidé de m'y mettre : j'ai fait runner-up d'un X-mas Fever en décembre 2023 et j'ai enchaîné avec un Series, un Rebuys en Hold'em. Et en live, je fais pas mal de tournoi ici, à Cannes ou la Grande-Motte. Des DSO, des FPO... Mais surtout, j'ai chatté un Platinum Pass dans une enveloppe sur un Mystery et je suis allé jouer le PSPC 2023. Bon, je ne l'ai pas cash, mais j'ai fait une table finale sur un petit H.O.R.S.E. à 1 100 $. Je me suis retrouvé en table finale avec Benny Glaser [8,7 millions de dollars de gains et 5 bracelets WSOP aujourd'hui, tous dans des variantes, NDLR]. C'était fou !"
Car pour Alban, entre le Texas sans limite de pot et n'importe quel autre jeu, le choix est vite fait. "Si l'offre de variantes était plus développée en France, et si on pouvait jouer autre chose que du PLO, je ne remettrais plus un pied sur un tournoi de Hold'em." Ses idoles à lui s'appellent ainsi Alexandre Luneau, João Vieira et Julien Martini… contre qui il espère batailler lors des WSOP 2026. "Si tout se passe bien, la bankroll devrait être suffisamment garnie d'ici-là. Sauf si bien sûr, je gagne la Grande Finale, dans ce cas, j'irai dès cet été ! J'ai regardé le programme d'ailleurs : tu peux vraiment jouer un tournoi à 1 500 $ d'une variante différente tous les deux jours."
Un bonheur qu'il a pu toucher du doigt à l'été 2023 aux Brazilian Series of Poker, à São Paulo. "La moitié de la famille est brésilienne du côté de ma femme, donc on était en vacances là-bas. Et São Paulo, c'est sympa, mais quand tu es un mois et demi sur place, tu cherches des choses à faire. J'ai vu ça et je me suis lancé. Il faut savoir que ma femme est hyper OK avec ça. Pour l'anecdote, dès notre premier rendez-vous, je lui avais dit que le poker avait une grande place dans ma vie, elle l'a accepté et depuis elle me soutient beaucoup." Aux BSOP, Alban peut s'adonner à tout un tas de variantes en live et "rencontre énormément de joueurs de là-bas, certains avec lesquels je suis d'ailleurs toujours en contact."
Grand amoureux de PLO High-Low, Deuce to Seven et Badugi, c'est, ironie du sort, en partie sur "son pire jeu", le PLO classique, qu'il a fini par soulever son premier trophée en live, et s'offrir un chèque de 3 000 € tout rond – pour revenir à ce WiPT. "La symbolique est forte, ça fait plaisir, poursuit-il. En fait, ce qui est drôle sur ces tournois, c'est que les gens viennent pour des raisons différentes. Il y a les regs de Hold'em qui sont contents de pouvoir tester le PLO pour pas cher. Et il y a les habitués de PLO qui foncent sur tout ce qu'ils trouvent. Mais c'est rare de trouver des joueurs vraiment compétents dans les deux jeux. Donc l'idée, c'est de bien profiler et de s'adapter en fonction. Et bien sûr il faut aussi gagner ses coups à tapis couvert !"
Bien lancé avec un brelan floppé qui se transforme en carré, Alban a longtemps navigué entre deux et trois fois le tapis moyen, pour se présenter ensuite avec le quatrième tapis des neuf finalistes. Une TF "longue, de plus de deux heures. Une fois à cinq left, chaque joueur s'était retrouvé short stack et avait doublé au moins une fois. Le joueur que j'ai affronté en heads-up a survécu à six coups à tapis ! Franchement, tout le monde s'est bien battu." Propulsé en tête sur "un coup clé contre le chipleader", il a bouclé le heads-up en deux petites mains, "avec gutshot et backdoor flush draw contre brelan floppé, presque un des pires scénarios possibles en PLO. En clair, j'ai bien chatté."
Avant de se séparer, Alban tient à mettre en avant "l'excellente ambiance qu'il y avait à table. Il y a toujours une super ambiance sur les tournois de Mixed Games, les gens sont beaucoup plus détendus qu'en Hold'em, mais ce tournoi, c'est le plus sympa que j'ai jamais joué. Ça se tapait dans les mains, ça s'encourageait… Exceptionnel !" Amis joueurs de variantes, bravo à vous, et on vous donne maintenant rendez-vous vendredi sur l'Omaha Beach (17h, 150 €) et dimanche sur le Royal Omaha (15h, 200 €). Alban, lui, c'est sûr, il y sera !



