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Qui sont les finalistes du Winamax Poker Tour ?

- 5 mars 2018 - Par Benjo DiMeo

Biographies réalisées avec un coup de main de Veunstyle (ClubPoker.net)
La finale débutera mardi à midi. Elle sera retransmise intégralement sur Winamax TV

Siège 1 : Frédéric Bertrand, 35 ans (Clermont-Ferrand)
Tapis : 12 000 000 (48BB)

Frédéric Bertrand
C'est un concours de circonstances qui a conduit Frédéric Bertrand à pousser les portes du Cercle Clichy Montmartre vendredi dernier. "Je ne devais pas jouer ce tournoi, explique-t-il. Et puis un ami qui joue régulièrement en live m'a motivé, en disant qu'il allait me financer l'inscription." Cet homme au foyer, ancien militaire au sein du corps d'infanterie de la Grande Muette, fait donc le déplacement depuis sa ville natale de Clermont-Ferrand, laissant sa femme et ses deux enfants. Joueur de cash game live et de tournoi online, Frédéric bouscule donc ses habitudes pour jouer une épreuve qui ne lui a pas beaucoup réussi par le passé. "Je l'avais fait trois fois avant cette année, et je n'avais jamais passé le Day 1." Une chose est sûre, son premier deep run parisien ne s'est pas fait sans mal. "J'ai perdu les trois quarts de mon stack dès la première orbite, et une orbite après la bulle, je n'avais plus que trois blindes." C'est un petit coup de pouce du destin qui lui a permis de se remettre en course, avec un triple up réussi avec un Roi-Dame gagnant face à As-Dame et Roi-2. Quelques jours seulement après avoir terminé quatrième de notre Main Event en ligne, celui qui a découvert le poker avec ses potes au moment de l'ouverture du marché des jeux en ligne il y a huit ans s'offre donc une nouvelle table finale de choix, sur laquelle il partira demain dans le peloton de tête. Quelque peu intimidé par les lumières et les caméras lors de ses premières minutes autour de la table télévisée, Fred a progressivement pris le pli. "Je pense que demain, ça ira beaucoup mieux," a-t-il conclu. Si sa famille et ses amis ne pourront pas être dans le rail mardi pour raisons professionnelles, ils le suivront bien entendu derrière leurs écrans. "Je leur fait à tous un gros bisou, et les remercie encore pour leur soutien !"

Siège 2 : Jeremy Routier - 42 ans, Paris
Tapis : 20 600 000 (82BB)

Jérémy Routier
« Impossible que cette épée ne m’échappe, je te le dis tout de suite ». Les mots sont parfaitement choisis, le ton est dur : notre chipleader est plus déterminé que jamais à remporter la Finale du Winamax Poker Tour, soyez-en surs. Joueur de poker depuis 2011, Jeremy Routier est bien connu de la communauté parisienne. Il sait s’inspirer et s’entourer des meilleurs : « Laurent Polito et Alexandre Reard sont des références pour moi, et clairement, si je gagne je dédierai ma victoire à Laurent Polito. On échange beaucoup, je lui envoie des hand history, il me conseille, il me guide. En plus d’être super bon, il est super gentil. » Installé à la droite de Damien Lhommeau, le seul joueur qui « me casse les c***lles » (dixit) Jeremy sait qu’il a toutes ses chances de gagner, si seulement Dame Chance ne se lie pas contre lui : « Tout a toujours été très simple sur ce tournoi, depuis le Jour 1A ou je termine dans les chipleaders, jusqu’à aujourd’hui. Mais il faut conclure maintenant ». Récent 11ème du PS Festival de Londres fin janvier (là où Kalidou Sow raflait son second trophée consécutif), Jeremy voulait enchainer immédiatement : bien lui en a pris. 100 000€, c'est la somme promise au vainqueur : Jeremy ne visera absolument rien d’autre pour cette finale que cet énorme chèque.

Siège 3 : Damien Lhommeau – 35 ans, Saumur
Tapis : 12 575 000 (50BB)

Damien Lhommeau
Dans une autre vie, pas lointaine du tout, Damien Lhommeau était un joueur de poker respecté sur tous les fronts. En ligne, son pseudo "Wintops" était régulièrement affiché en finale de tournois MTT de tous buy-ins. En live, on l'a croisé au sommet lors d'épreuves aussi diverses qu'un PLO des WSOP (4e en 2012) qu'en seconde place de notre Winamax Poker Open (toujours en 2012), ou sur les deepstacks du Venetian, avec un taux d'ITM bien supérieur à la moyenne. Après quatre ans d'une carrière de joueur poker bien remplie (et presque 600,000$ collectés "en dur"), Damien a dit adieu au milieu pro en 2016, et retrouvé sa carrière "d'avant", celle de professeur de piano dans le Maine-et-Loire. Sans pour autant tirer une croix sur le poker, et notamment le Winamax Poker Tour, où ses statistiques personnelles depuis la création du circuit défient l'imagination :

2012 : 62e
2013 : 60e
2015 : 99e
2016 : 9e
2017 : 90e
2018 : 6e (au minimum !)

Vous l'avez compris : sur le WiPT, Damien connait sa partition sur le bout des doigts. Deux ans après la frustration provoquée par son élimination aux portes de la finale, le retraité du poker est au rendez-vous de l'ultime table, avec un tapis confortable qui plus est. Son statut d'ex-pro, dégagé de toute obligation, pourrait-on dire, a t-il eu une influence sur le résultat ? "Dans le feu de l'action, on oublie parfois le plaisir. Il faut se faire kiffer, c'est à ça que sert aussi l'expérience. J'essaie de m'en rappeler à chaque seconde de la partie." Damien entamera la finale avec la position sur le chip-leader Jérémy Routier. C'est une partie pleine de surprises qui semble se dessiner : "Les profils des finalistes sont très variés, il y a de tout !"

Siège 4 : David Dachicourt - 29 ans, Bethune
Tapis : 3 825 000 (15BB)

David Dachicourt
Originaire de Toulon, David Dachicourt n'a pourtant pas le moindre accent chantant au moment de répondre à nos questions. C'est peut-être parce qu'il réside actuellement dans le Nord de la France, où il tient avec son frère une société de négoce de matériaux. Amateur avant tout, voilà dix ans que David a découvert le poker. Cela fait seulement un an qu'il s'y est mis sérieusement, avec le succès qu'on sait. Celui qui officie sur nos tables virtuelles sous le pseudonyme "GunSH00T" ne compte que très peu de perfs à son palmarès : "C'est mon deuxième gros buy-in en live, après un FPO que j'ai bullé à St-Amand. Online, mon meilleur résultat est d'avoir terminé runner-up du Totem. Et c'est à peu près tout." Pourtant, il en a parcouru du chemin depuis ses premières parties avec son père et son frère en vacances. Frère avec lequel il s'est décidé à direct buy-in ce WiPT, et avec qui il a d'ailleurs fait un bout de parcours : David a en effet eu la bonne surprise de retrouver Quentin à sa table en fin de Day 2 et... au début du Day 3 ! Si ce dernier a rapidement rendu les armes avant la bulle, son frangin l'a vengé de bien belle manière et il reviendra demain avec 15 blindes pour faire honneur à la famille.

Siège 5 : Sebastian Linden, 33 ans
Rheinland-Pfalz (Allemagne)

Tapis : 3 775 000 (15BB)

Sebastian Linden
Voilà maintenant neuf ans que Sebastian Linden joue au poker professionnellement. Il découvre le poker très tôt, en 2005, avec des amis. Pris de passion pour le jeu, il fait même un détour de l'autre côté de la table en étant croupier dans un casino allemand. Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts, et les résultats se sont accumulés pour Sebastian : joueur de MTT online quasi-exclusivement, il compte de nombreux titres à son palmarès, dont un Top 50 remporté... la veille de son Day 1B. "Je suis venu à Paris avec mon pote néerlandais Cem Degirmenci, celui qui gagné le 100 € Turbo. J'avais prévu de jouer le High Roller et le Main Event, et je ne regrette pas trop. Quand je me suis fait éliminer du High Roller, j'ai lancé une session depuis ma chambre d'hôtel et j'ai gagné le Top 50. J'adore jouer sur Winamax, j'ai également gagné La Fièvre, et fait une table finale sur les Winamax Series de septembre dernier. Le Winamax Poker Tour est aussi chouette que les tournois online, l'endroit est magnifique et les joueurs français sont super sympa." Son tournoi s'est effectivement passé comme dans un rêve de grinder. Notamment la fin de son Day 3, lorsque, tombé à 25 blindes à une heure de la fin de journée, il a remporté un coup décisif avec As-Rois contre les Rois avant de passer la quatrième et de finir en trombe pour aborder le Day 4 en position de chipleader. On reviendra demain pour vérifier si la légende des joueurs de poker allemand fonctionne aussi sur le Winamax Poker Tour.

Siège 6 : Badr Bensallam
24 ans, Bordeaux (Qualifié Winamax Campus League)

Tapis : 12 700 000 (51BB)

Badr Bensallam
Le Winamax Poker Tour s'adresse à tous les joueurs de poker : les passionnés de longue date, les pros connus et reconnus, ceux qui ne jouent jamais en live, ceux qui ne jouent jamais online, ceux qui ne jouent qu'une fois par an... Même les joueurs a l'expérience proche de zéro sont les bienvenus. Car Badr Bensallam (prononcez "Badre") nous le confesse sans détours : avant de débarquer au cercle Clichy-Montmartre cette semaine, il n'avait jamais joué un tournoi de poker en live. Même son compte Winamax n'est vieux que de quelques mois. "Je vais l'avouer : j'ai appris à jouer au fur et à mesure du tournoi", explique t-il carrément. "J'ai du me familiariser avec tout : les jetons, les croupiers, l'atmosphère... Au début, on s'est pas mal moqué de moi. Mais au fur et à mesure, on a commencé à m'encourager, et après, même ceux qui s'étaient moqués de moi me donnaient des conseils." De fait, Badr va terminer le Day 1D en position de chip-leader, et ne quittera jamais le Top 20 au cours des quatre journées suivantes ! La question vous brûle les lèvres : comment l'étudiant de 24 ans en est-il arrivé à disputer la Grande Finale du WiPT ? "Je connais le poker depuis trois ans, j'ai débuté entre amis, et joué quelques parties chez Poker Sphere [cercle Bordelais proposant des parties play money, NDLR]" C'est ma promo qui m'a parlé de la Winamax Campus League, il y en a beaucoup qui jouent. Je me suis inscrit sur Winamax pour y participer avec eux.  La Winamax Campus League, c'est la compétition gratuite de Winamax reservée à tous les étudiants de France. Dotée de 50 000 euros de prix, sa dernière édition en date s'est tenue en novembre et décembre dernier : Badr s'est hissé jusqu'en huitièmes de finale, remportant plusieurs centaines d'euros en tickets Winamax et, encore mieux, son ticket pour la Grande Finale. Au moment de nous raconter cette folle histoire, appelée à rester dans les annales du WiPT, Badr tient à remercier un ami en particulier : "Nicolas, alias sosnaky sur Winamax : c'est grâce à lui que je suis là." Actuellement plongé dans un Master de Mathématiques et Informatique à l'Université de Bordeaux, Badr s'est récemment installé à Paris pour un stage de six mois en entreprise. Le profil et le parcours de Badr font de lui un electron libre autour de cette finale : "J'ai développé ma propre stratégie", dit-il. On peut s'attendre à tout de sa part, et c'est ça qu'on aime en finale d'un tournoi de poker !

Eliminé en 7e place
Jean-Marc Thomas (20 000 €) - 49 ans, Paris

Jean-Marc Thomas
Sur cette table finale, il était probablement le joueur avec le plus d’expérience. Du haut de son presque demi-siècle, Jean-Marc Thomas est une figure bien connue de la scène poker Parisienne puisque, comme il le dit si bien, « Je joue depuis… 20 ans déjà, putain ! » Inscrit sur le Day 1A de ce WiPT, qu’il a buy-in direct, Jean-Marc a rapidement monté beaucoup de jetons . « Du coup, arrivé à la bulle, j’ai une situation marrante, puisque j’avais un joueur qualifié sur une étape live, qui me demandait de jeter mes cartes à chaque fois que j’étais au bouton (c’était sa SB à ce moment là). Il voulait absolument faire l’argent. Mais le truc, c’est qu’en BB, il y avait un stack qui tournait dans le vide, c’était le joueur qui était au semi-marathon de Paris ! J’ai simplement répondu au jeune qualifié que je ne le volerai pas quand je relancerai… Cela m'a permis de le voler encore plus ! » Runner-up d’un event WSOP en 2015 devant un rail Français survolté, sur sa variante préférée (Omaha Hi/Lo), Jean-Marc jouait pour la victoire et rien d’autre cette semaine, mais repart néanmoins ravi d’ajouter une ligne de prestige supplémentaire à un palmarès dépassant les 440,000 dollars de gains.

Eliminé en 8e place
Cédric "smiths2000" Arnaud (16 400 €)
42 ans, Grenoble (Qualifié Wam-Poker)

Cedric Arnaud
Membre historique du forum Wam-Poker (ses premiers posts remontent à 2011, quelques mois après avoir découvert le jeu), Cédric Arnaud se rappelle très bien de sa participation à l'édition 2013 de la Grande Finale WiPT : "Juste après mon élimination, j'avais remporté le Sunday Surprise !". Cinq ans plus tard, le Grenoblois était de retour au Cercle Clichy-Montmartre après avoir sécurisé son ticket en remportant les Wam Triad Battles, une sorte de KING5 par équipes de trois, reservé aux Wameurs. "C'est surtout sur le Day 3 que j'ai vécu un gros rush, j'ai réussi à rentabiliser mes grosses mains", explique Cédric, qui a eu le plaisir de sortir Guillaume Diaz et Aladin Reskallah ce jour-là. Habitué des grosses performances sur Winamax (un titre Winamax Series, et des victoires sur "tous les tournois à 5, 10 et 20 euros du site"), Cédric a signé cette semaine sa plus belle performance en live, avec une huitième place parmi 1262 joueurs qui ne lui laisse pas de regrets. "Ca été une belle journée, j'ai été patient, j'ai choisi mes spots, je ne pense pas que je pouvais faire mieux." Son tournoi s'est terminé avec une paire de Valets battue préflop par les Dames de Damien Lhommeau.

Eliminé en 9e place
Bruno Sangla (13 390 €)
35 ans, Mios (Gironde) 

Bruno Sangla
Profil très complet que celui de Bruno Sangla. C'est en 2012 que le Girondin découvre le poker, par l'intermédiaire du milieu associatif et du NCA Cabalatium - club historique du bassin d'Arcachon, qui a notamment remporté le Winamax Club Trophy en 2016. Après quelques résultats de choix en tournoi live, dont la victoire d'un Everest Poker Live en avril 2015 et une belle régularité aux tables de cash game du casino de Gujan-Mestras, Bruno décroche même un court contrat de sponsoring avec la room MyPok, "celle qui avait signé Joey Starr," précise-t-il. Côté boulot, il a récemment monté une entreprise d'import/export de matériaux de bâtiments qui traite principalement avec la Roumanie."Globalement, je joue peu de MTT, mais je rentre souvent dans les places payées," se permet même d'ajouter celui qui a payé de sa poche son tout premier tournoi dans la capitale. Une première parisienne qui restera ancrée dans les souvenirs de Bruno, à la fois parce qu'elle lui permet d'enregistrer son plus gros gain en tournoi live, mais aussi parce qu'il sera pour toujours l'homme qui est tombé à une blinde sur ce tournoi, au beau milieu du troisième jour, avant d'effectuer une remontada complètement insensée. Sangla, sans peur, mais pas sans talent.