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[Vidéo] Une semaine de Grande Finale en 13 minutes

- 12 mars 2018 - Par Flegmatic

Vous les avez peut-être aperçues si vous êtes allés faire un tour au Cercle Clichy Montmartre du 1er au 6 mars : les caméras de Winamax TV n'ont pas manqué une miette de cette Grande Finale et débarquent aujourd'hui avec un tout nouveau format vidéo. Du coup d'envoi du Day 1A au sacre de Jérémy Routier, en passant par la finale du High Roller ou le cap fatidique de la bulle, revivez tous les temps forts de cette folle semaine parisienne avec, en prime, une collection des meilleurs moments de notre streaming live et des interviews inédites des finalistes. Un peu plus de 13 minutes de pur bonheur, parfaites pour se replonger dans l'ambiance d'un tournoi unique au monde. Enjoy !

Vidéo réalisée par Benjamin Aubray et Yohan Aziza
Montage réalisé par Fred Heusse

Jérémy Routier remporte le Winamax Poker Tour

- 6 mars 2018 - Par Benjo DiMeo

Jérémy Routier
Il avait prévenu au terme des demi-finales : "Impossible que cette épée ne m'échappe !" 24 heures plus tard, Jérémy Routier n'a pas trahi sa promesse : l'expérimenté amateur Parisien remporte la septième édition du Winamax Poker Tour, un chèque géant de 100 000 €, et le fameux totem du plus grand circuit live amateur de France. "C'est l'extase ! Un truc de fou."

Jérémy Routier
En possession du plus gros tapis à l'entame du dernier jour, Jérémy n'a jamais été inquiété au cours de la cinquième et dernière phase de la Grande Finale : lors de cette ultime journée, il s'est chargé d'éliminer trois de ses cinq derniers adversaires, sans jamais concéder son chip-lead ni tomber sous la barre des 80 blindes. "Avec un tel stack, il était hors de question que je fasse la moindre erreur. C'est pour ça que le duel a été long."

Le heads up entre Jérémy Routier et Frédéric Bertrand s'est en effet etalé sur deux heures et demie, presque la moitié de la (brève) durée de la finale, mais ne représenta guère plus d'une formalité pour Jérémy, dont la prudence, couplée à quelques belles combinaisons de cartes, lui a permis de tranquillement naviguer jusqu'à son sacre.

Jérémy Routier
Une élimination cruciale en finale : celle de Damien Lhommeau, "le joueur le plus dangereux de la finale" selon Jérémy


"J'ai marché sur l'eau", dira modestement Jérémy pour résumer ces cinq jours de partie, employant une expression bien connue des joueurs de poker. "Le premier jour, je me suis retrouvé à la table d'un joueur qui n'arrêtait pas de me bluffer. Le problème, c'est que j'ai eu les Rois à deux reprises, et que j'ai fait full à chaque fois." Bien lancé, Jérémy ne quittera jamais les cîmes du classement lors des journées suivantes. Grâce, bien entendu, quelques belles confrontations (comme ce carré rentabilisé contre... hauteur As !) mais aussi quelques décisions prudentes : "A un moment, je couche As-Roi contre un joueur qui fait tapis pour cent blindes, cela ne sert à rien de jouer ce genre de coup dans un tournoi aussi beau !" Plus tard, alors qu'il ne restait plus que 17 joueurs, la domination de Jérémy était telle qu'il possédait 11 millions de jetons parmi les 61 millions en circulation. "Forcément, j'ai commencé à jouer encore plus de coups."

Jérémy Routier
Figure bien connue du milieu Parisien, passionné de cartes depuis sa première visite à l'Aviation Club de France en 2011, Jérémy a dédié sa victoire à deux de ses meilleurs éléments : Alexandre Réard et Laurent Polito. De grands champions qui ont aiguisé la curiosité et la soif de connaissances de cet entrepreneur, qui a fondé en 2005 On Va Sortir, site pionner dans le domaine des "rencontres amicales" figurant encore aujourd'hui parmi les poids lourds du marché, avec 1,7 million d'utilisateurs dans toute la Francophonie. "Réard et Polito, je les ai beaucoup regardé jouer, et j'ai toujours beaucoup discuté de coups de poker avec eux. Ce genre de joueurs, en les voyant perfer autant, tu as envie de percer leur secret !"

Jérémy RoutierAujourd'hui, ce sont Réard et Polito qui ont regardé Jérémy signer sa plus belle performance sur un tournoi live, et soulever le trophée en direct devant les caméras de Winamax TV : on dirait bien qu'il a trouvé à son tour la recette pour briller.

Grande Finale WiPT - Résultats

- 6 mars 2018 - Par Benjo DiMeo

1 262 joueurs - Prizepool : 624 690 €

Jérémy Routier
Vainqueur : Jérémy Routier 100 000 €

Runner-up : Frédéric Bertrand 73 000 €
3e : Badr Bensallam (Qualifié Winamax Campus League) 53 000 €
4e : David Dachicourt 40 000 €
5e : Damien Lhommeau (Qaulifié Winamax.fr) 30 000 €
6e : Sebastian Linden (Allemagne) 24 000 €
7e : Jean-Marc Thomas 20 000 €
8e : Cedric Arnaud (Qualifié Wam-Poker) 16 400 €
9e : Bruno Sangla 13 390 €

Liste complète des 159 joueurs primés

Toute la France du poker était là

- 6 mars 2018 - Par Flegmatic

Élimination par élimination, retour sur la table finale de ce Main Event

Finale à 6

Lorsqu'a démarré la cinquième journée de ce Main Event mardi midi, trois éliminations avaient déjà eu lieu la veille autour de cette table finale. Trois joueurs aux profils tous très différents, qui ont donné le ton d'une TF hétéroclite où amateurs, professionnels de l'ombre, retraités du circuit, qualifiés online et habitués du Cercle Clichy Montmartre s'en sont donnés à coeur joie. S'ils n'apparaissent pas dans cet article récapitulatif, nous n'oublions donc pas Bruno Sangla, premier sortant fier d'avoir réussi son objectif après être tombé à une blinde en cours de Day 4, Cédric "smiths2000" Arnaud, dernier des Wameurs qui a fait preuve d'une patience que lui-même ne soupçonnait pas et Jean-Marc Thomas, runner-up WSOP à la forte personnalité, qui a egayé chacune de ses tables de sa bonne humeur communicative. Vous avez manqué un épisode de cette deuxième partie à rebondissements ? C'est parti pour la séance de rattrapages.

Sebastian Linden
Il est celui qui a passé le moins de temps en finale aujourd'hui, mais laissera malgré tout une empreinte indélébile sur le tournoi : short-stack en début de journée, Sebastian Linden a réussi à doubler son stack rapidement, avant de tenter un bluff gonflé. Il se fait payer par un Frédéric Bertrand en possession d'un full : le pro Allemand s'incline en sixième place, pour un prix de 24 000 euros.

Damien Lhommeau
La surprise majeure de ce dernier jour est incontestablement la chute de Damien Lhommeau en cinquième place. Arrivé avec cinquante blindes et la position sur le chipleader Jérémy Routier, le Saumurois a d'abord fait doubler David Dachicourt avant de perdre un gros pot contre Badr Bensallam. C'est contre Jérémy et avec une paire d'As que Damien joue et perd la dernière main de son tournoi, lorsqu'il se fait payer par le Parisien qui avait floppé deux paires sur un board hauteur Dame. Runner-up du WPO 2012, neuvième de ce même Main Event il y a deux ans, Damien Lhommeau signe un sixième cash en sept éditions de Grande Finale, une cinquième place qui lui rapporte 30 000 €.

David Dachicourt
Amateur complet qui disputait sa première Grande Finale WiPT et son deuxième tournoi live seulement à ce niveau de buy-in, David Dachicourt a connu le début de finale rêvé, doublant deux fois rapidement puis empochant pas mal de petits pots pour s'éloigner de la zone rouge. Peut-être un peu rattrapé par l'enjeu, il abandonne une grande partie de son tapis à cause d'un mauvais call réalisé face à Badr Bensallam, avant de perdre ses dernières blindes sur une paire de Rois qui ne tient pas compte le As-7 de Frédéric Bertrand. Miraculé en début de Day 2 grâce à un carré trouvé runner-runner, il signe une très belle quatrième place et remporte 40 000 €.

Badr Bensallam
À chaque édition du Winamax Poker Tour son électron libre : après la tornade Guy Noblet en 2017, le grand animateur de cette année fut un étudiant Bordelais de 24 ans qualifié pour zéro euro via la Winamax Campus League, compétition étudiante gratuite organisée sur Winamax. Il y a six jours, il arrivait au cercle Clichy-Montmartre en débutant, apprenant au fur et à mesure les règles et codes si particuliers s du jeu en casino : Badr Bensallam quitte le tournoi en 3e position après un dernier move osé contre Jérémy Routier. Il empoche 53 000 euros, et laissera à n'en point douter une impression indélébile à tous ses adversaires.

Frédéric Bertrand
C'est au terme d'un duel final long de trois heures qui n'a jamais semblé vouloir tourner dans son sens que Frédéric Bertrand a finalement rendu les armes, son As-7 ne parvenant pas à s'améliorer face à la paire de Rois de Jérémy Routier. Avant cela, cet amateur clermontois a montré toute l'étendue de son talent, apprivoisant petit à petit les caméras et la pression d'une première table finale d'envergure. Débarqué dans la capitale au dernier moment pour jouer cette Grande Finale, motivé par un ami qui avait proposé de le financer, Frédéric a livré une partition presque sans faille, encaissant 73 000 € au terme d'un parcours rocambolesque.

Jérémy Routier
Il a démarré cette cinquième et dernière journée dans la peau du chipleader et ne cachait pas ses ambitions lundi soir au moment de nous accorder la traditionnelle interview des finalistes. "Impossible que cette épée ne m’échappe," clâmait haut et fort Jérémy Routier. Elle est désormais sienne, au terme d'une table finale menée de main de maître et où jamais son statut de leader n'a été remis en cause. Parisien et habitué du Cercle Clichy Montmartre, il triomphe enfin à la maison, confirmant son bon début d'année 2018. Joueur discret qui ne cherche habituellement pas le feu des projecteur, il sera désormais scruté de près à chacune de ses sorties. Un nouveau statut de vainqueur qu'il ne devrait avoir aucun mal à assumer.

Jérémy Routier Vainqueur

Tombé contre plus fort

- 6 mars 2018 - Par Flegmatic

Frédéric Bertrand termine runner-up pour 73 000 €
Grande Finale 550 € (Heads up final)

Frédéric Bertrand

Dire qu'il commençait tout juste à se refaire la cerise. Tombé à 10 millions de jetons aux blindes 400 000 / 800 000, ante 100 000, Frédéric Bertrand parvenait à remonter 16 millions à la force du poignet, patiemment, à force de plusieurs tapis envoyés sans être payé et de petits pots remportés. "Je sentais même qu'il commençait un peu à s'impatienter," nous a confié Fred' après coup. Une dynamique qui laissait donc présager d'un heads-up final qui pouvait donc encore durer quelque temps. Il s'est finalement arrêté au bout d'environ 2h30 de jeu.

Sur cette toute dernière main, le Clermontois reçoit A7 au bouton et envoie au milieu ses 15 dernières blindes. Problème, Jérémy Routier se voit dans le même temps servir une bien belle paire de Rois, avec laquelle il n'est que trop heureux de payer. Le dernier board de cette Grande Finale 2018 garde les positions en l'état. 83610Q : ce Main Event est terminé, l'impassible Jérémy Routier peut enfin laisser éclater sa joie et brandir le poing. L'épée de vainqueur et le chèque de 100 000 € sont à lui. De son côté, Frédéric Bertrand se console avec une belle récompense de 73 000 et des souvenirs plein la tête.

Frédéric Bertrand - Jérémy Routier

La traditionnelle poignée de main finale...

"Je suis très content," souffle-t-il devant les caméras de Winamax TV. "Au vu de mon parcours, je n'ai pas à être déçu," ajoute celui qui nous confiait hier être tombé à trois blindes une orbite après la bulle. Contrairement à un Jérémy Routier qui a passé la plus claire partie de son tournoi dans le peloton de tête, Frédéric a connu trois premières journées sur le fil du rasoir, avant de prendre véritablement son envol lors du Day 4. "Je suis tombé contre un très bon joueur sur ce heads-up et en plus, j'ai mal commencé. Je pense que j'ai fait deux mauvais calls, notamment sur celui où il overbet avec 9-5. Et avant le HU aussi, j'ai check/back river avec As-Dame sur un board avec trois 4 et un As, c'était évidemment une erreur."

Frédéric Bertrand Winamax TV

...et l'interview vidéo pour terminer.

S'il n'a pas encore d'idée de ce qu'il va faire avec son gain, Frédéric a encore un peu de mal à se rendre compte de sa perf' quelques minutes après la fin du tournoi. "Je n'imagine pas, c'est mon plus gros résultat live, et de loin. Mais en tout cas ça me donne envie de faire d'autres tournois Winamax. Vous allez peut-être me revoir ! Ah et au fait, j'ai oublié de passer le bonjour à mes enfants au micro." Pas d'inquiétude Fred', le message est passé. Encore bravo, et à bientôt !

Routier met la gomme

- 6 mars 2018 - Par Flegmatic

Grande Finale 550 € (Heads up final)

Jérémy Routier

Cela fait un peu plus d'une heure que Jérémy Routier et Frédéric Bertrand s'affrontent pour l'épée de vainqueur et les 100 000 € de la victoire et, pour l'instant, c'est le premier cité qui fait la loi. Alors que les deux joueurs viennent de partir en pause pour quinze minutes, Jérémy a récupéré 9,5 millions de jetons à son rival, remportant la majorité des coups, grâce à un mélange d'agressivité, de bons calls et de mains bien valorisées.

Heads-up

Les deux dernières mains d'envergure que nous avons pu observer en sont une parfaite illustration. Après avoir ouvert préflop, le Parisien paie un check/raise de 1,3 à 2,6 millions sur le flop 426. Le turn 9 n'amène aucun action, avant que Frédéric ne choisisse de miser 2,6 millions sur le 7 tombé river. Le Parisien ne prend que quelques secondes avant de payer et montrer A4 pour une quatrième paire gagnante.

Presque dans la foulée, Jérémy défend sa grosse blinde et attend la rivière d'un board 7KA86 pour miser 3,425 millions en overbet. Frédéric paie pour se voir montrer un 95 transformé in extremis en quinte.

Résultat des courses, Jérémy Routier s'envole à 44,275 millions de jetons, tandis que Frédéric Bertrand chute à 18,85 millions. Le tout, sur des blindes qui vont passer à 300 000 / 600 000, ante 75 000.

Le dernier duel de la saison

- 6 mars 2018 - Par Benjo DiMeo

Grande Finale 550 € (Heads up final)

Heads Up
La septième édition du Winamax Poker Tour s'achève par un duel entre Frédéric Bertrand (35 ans) et Jérémy Routier (42 ans), entourant sur la photo Laura, en charge de l'évènementiel live chez Wina. Le premier est un ancien militaire venu de Clermont-Ferrand, venu presque par hasard au cercle Clichy-Montmartre pour disputer la Grande Finale du Tour après qu'un ami lui a proposé de financer son inscription. Le second est une figure connue du poker Parisien, actuellement dans une bonne dynamique après avoir atteint les demi-finales d'un gros tournoi à Londres en janvier.

Frédéric Bertrand (34 775 000) VS Jérémy Routier (28 350 000)

Blindes : 250 000 / 500 000 ante 50 000

Vainqueur 100 000 €
Runner-up 73 000 €

Breaking Badr

- 6 mars 2018 - Par Benjo DiMeo

Badr Bensallam éliminé en troisième place (53 000 €)
Grande Finale 550 € (Table finale)


Badr Bensallam
Au bouton, Frédéric Richard min-raise à 800,000. Jérémy Routier complète depuis la petite blinde. En BB, Badr Bensallam veut relancer, mais se mélange un peu les pinceaux (semble t-il) en avancant les jetons en plusieurs fois. Logiquement, le croupier ne comptabilise que les premiers jetons posés : cela donne une minuscule et étrange relance à 1,4 millions.

La parole revient à Frédéric qui complète. Jérémy n'en a pas terminé : après un instant de réflexion, il 4-bet. Cher : 5,8 millions au total. Badr envoie son tapis - il y a quelque chose comme 7 millions, autant dire que l'étudiant ne dispose d'aucune fold equity : Frédéric s'écarte du chemin, laissant Jérémy payer en un instant.

Les jeux sont retournés :

66 chez Jérémy
Q10 chez Badr, décidément pas du genre à se laisser intimider : aussi faible sa main soit-elle, il dispose tout de même de 50% de chances de doubler son tapis !

Badr Bensallam
Mais le board JJ2A9 va laisser l'avantage à la paire de Jérémy, et mettre fin à l'extraordinaire parcours de Badr Bensallam en troisième place.

Qualifié gratuitement pour le WiPT via la Winamax Campus League, la compétition étudiante de Winamax, Badr remporte 50 000 euros au terme de son premier tournoi de poker en live, disputé à l'âge de 24 ans, quelques mois après son inscription sur Winamax. Une chevauchée légendaire qui entrera à coup sûr dans la légende du Tour. Car ce qui vient de lui arriver ne peut entièrement être attribué à la proverbiale "chance du débutant" : sur nombre de coups décisifs, Badr a fait preuve d'un courage impressionnant, avec des décisions risquées ayant pris à contre-pied des joueurs bien plus expérimentés que lui. Il a tenté crânement sa chance : c'est ce qui lui a permis de compenser son retard technique sur des adversaires.

Badr Bensallam
"C'est énorme, ce qui m'arrive. Un joueur comme moi, sans expérience, qui termine troisième, c'est forcément un succès. Je ne m'y attendais absolument pas."
Quelques minutes après son élimination, Badr savoure ce qu'il vient de lui arriver devant les micros de RMC et Winamax TV . "Le jour du tournoi, je n'étais même pas sûr de vouloir jouer ! Je suis arrivé ici, et quelqu'un m'a proposé de me racheter ma place. Pour 900 euros ! C'était tentant, je savais que j'allais jouer contre des professionnels, je m'étais qualifié pour zéro euro, je savais que je n'avais pas du tout le niveau."

Six jours plus tard, Badr n'a pas à regretter sa décision de s'être assis à table, même si ses débuts furent tumultueux. "J'étais très stressé, j'avais du mal à empiler les jetons. Et puis je me suis détendu. Je me disais 'de toute façon, tu vas sortir bientôt, les autres sont beaucoup plus forts. J'ai juste essayé de passer la première journée. Puis la suivante. Puis les places payées. J'ai appris à jouer au fur et à mesure. J'ai fait de belles rencontres." Badr n'a peut-être pas le bagage technique ou l'expérience d'un Damien Lhommeau et d'un Jérémy Routier, mais son analyse à chaud post-élimination ne manque pas de justesse : malgré ses méthodes peu conventionnelles, on devine que l'étudiant avait rapidement compris l'une des clés de la réussite en tournoi. "J'ai pris beaucoup de risques. Il faut être courageux pour aller loin. Si je ne prends pas les risques que j'ai pris, si je joue trop serré, jamais je n'arrive aussi loin."

Badr Bensallam
Badr transforme un investissement de zéro en 53 000 euros. A t-il déjà des projets ?  Il éclate de rire : "Je n'en sais rien du tout ! J'ai surtout envie de réussir ma carrière !" Badr vient de s'installer à Paris pour effectuer un stage de 6 mois à la SNCF. Après quoi, son Master en Mathématiques et Informatique sera dans la poche : il cherchera un poste d'Ingénieur en optimisation. Compte t-il rester dans la capitale, ou revenir à Bordeaux ? "Je suis arrivé à Paris il y a une semaine à peine. Vu ce qu'il vient de se produire, je sens que je vais rester !"

Reverra t-on Badr lors de la prochaine édition du Winamax Poker Tour ? "Si je continue d'apprendre, pourquoi pas ! J'ai beaucoup appris cette semaine, mais j'ai encore beaucoup de choses à apprendre."

Dachicourt bouillon

- 6 mars 2018 - Par Flegmatic

David Dachicourt chute au pied du podium pour 40 000 €
Grande Finale 550 € (Table finale)

Routier - Dachicourt

Il reste à peine plus de cinq blindes à David Dachicourt lorsqu'il annonce tapis en premier de parole. À sa gauche, Badr Bensallam paie très rapidement, imité un cran plus loin par Frédéric Bertrand. Est-ce l'excitation d'un potentiel et improbable triple up qui pousse le Toulonnais à montrer ses cartes alors qu'il reste encore deux joueurs dans le coup ? Toujours est-il que David se voit contraint par l'arbitre en chef Thomas Gimie de dévoiler sa main à l'ensemble de la table, une belle paire de Rois.

À peine le flop A28 est-il dévoilé que David perd d'un coup son optimisme. Il faut attendre le turn J pour voir Frédéric miser 1,5 million, faisant fuir Badr. Sans surprise, le Clermontois retourne une main qui domine désormais celle de David, un A7 qui reste devant après le 3 tombé sur la rivière.

Dachicourt OUT

"Je me suis éclaté, c'était un vrai kiff," sont les premiers mots de David après son élimination, qui lui rapporte la rondelette somme de 40 000 €. Pas mal pour quelqu'un qui joue seulement son deuxième tournoi à un buy-in si élevé. Ne comptez cependant pas sur lui pour se mettre à jouer à des limites encore plus hautes. "Ça représente quand même un certain budget pour moi, j'ai un travail à côté, je vais continuer à me concentrer sur les tournois online, en jouant deux ou trois gros live par an."

Que restera-t-il alors pour lui de cette finale ? "Je suis arrivé short stack, après avoir fait un gros fold avec les Rois en plus hier. Sans ça, je me serai peut-être fait éliminer bien plus tôt. Et puis j'ai eu la chance de doubler deux fois assez vite." Surtout, David se sait miraculé sur ce tournoi. En début de Day 2, il envoie ses treize dernières blindes avec une paire de 8 et se fait payer par une paire de 10. Un 10 débarque au flop, mais un 8 au turn, puis un second 8 river lui offrent un improbable carré runner-runner. "Je regrette simplement mon coup perdu contre Badr. C'était un très mauvais call."

Soutenu par son frère Quentin, présent dans le rail aujourd'hui et qui s'est dit "très fier" de son frangin, David a en tout cas réalisé le rêve de milliers d'amateurs à travers la France : atteindre une finale promettant 100 000 € à son vainqueur, et faire jeu égal avec des professionnels et des habitués de ce jeu pendant près d'une semaine. Et cela, ce n'est pas un mince exploit.