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[Interview] Retour sur la victoire de Jérémy Saderne

- 28 mars 2017 - Par Benjo DiMeo

Jérémy Saderne
Au lendemain de son passage dans le RMC Poker Show de Daniel Riolo, et une semaine après une invitation à la fameuse Club Poker Radio, nous avons pris des nouvelles de Jérémy Saderne, vainqueur deux semaines plus tôt de la sixième édition du Winamax Poker Tour au terme d’une finale aussi brève qu’animée, histoire de revenir à froid sur son exploit, et de causer un peu de l’avenir.

A part des interviews pour les grands médias poker français, tu as fait quoi depuis ton sacre ?

Je suis resté à Paris : j’en ai profité pour passer du temps avec mes amis et ma famille, mes grands-parents notamment. C’était, avec le WiPT, la raison de ma visite à la base ! Et aussi, j’ai disputé le Challenge Heads Up organisé en ligne par Romain Lewis.

Ah oui, on y retrouve la crème des joueurs français. Ça se passe comment d’ailleurs ?

Plutôt bien. J’ai perdu 3-2 contre Alexis Gillot, mais ensuite j’ai gagné 3-2 contre Julien Mariani, puis 3-0 contre Alexis Bobz. Il me reste à affronter Ivan Deyra ce soir : on est quatre joueurs dans ma poule à pouvoir prétendre aux deux places en phases finales. [NLDR : Au soir de cette interview, Jérémy remportera son match contre Ivan « ValueMerguez » sur un score de 3-2 après avoir été mené 2-0, lui assurant sa qualification pour les phases finales.]

Le jeu en live, tu pratiques beaucoup ?

Rarement, jusqu’ici. J’ai dû jouer quelque chose comme une quinzaine de tournois en deux ans.

Jérémy Saderne
Et en ligne, à quoi ressemble ton portrait-robot ?

Après avoir commencé le poker avec le format SNG, je suis maintenant spécialisé dans le MTT. J’essaie d’être très agressif préflop. Je prends pas mal de risques pour aller chercher les premières places. Je suis définitivement plus « exploitant » que « GTO » ! En ce qui concerne le cash-game, je le pratique peu. Je trouve cela un peu monotone : soit tu es très fort, et tu gagnes, soit tu ne l’es pas, et alors… [rires]

Lorsqu’on se lance dans un tournoi comme celui-ci, étalé sur plusieurs jours avec énormément de participants, la victoire est-elle un simple fantasme ou l’a-t-on en tête dès le départ ?

Pour te dire la vérité, j’avais prévenu ma famille que je serais dispo pour les voir à partir de vendredi, autrement dit après le Day 1 ! Donc non, on ne pense pas à la victoire dès le coup d’envoi : on sait très bien qu’environ une fois sur deux, le tournoi s’arrête dès le premier jour. En revanche, l’état d’esprit change après la bulle : c’est là que, en fonction de la taille de notre tapis, on se met à évaluer si on est en mode « survie » ou si on peut s’autoriser à penser au futur.

A la fin du Day 4, tu savais que tu allais le lendemain entamer la table finale en position de chip leader. Un statut propice au stress ?

J’essayais plutôt de me dire que c’est moi qui avais le potentiel pour inspirer de la crainte à mes adversaires, en particulier ceux ayant un petit tapis. Le projet était de conserver mon avance, et, si les choses ne se passaient pas comme prévu, de changer de vitesse. J’ai réfléchi aux profils des autres joueurs… C’était un beau casting d’ensemble, franchement ! Rabah, le vainqueur du High-Roller : je n’avais pas d’infos sur lui mais a priori, il n’allait pas jouer scared money. Laurent Patroni était déjà reconnu comme un bon joueur, Guillaume Wilhelm aussi. Et puis, il y avait le fameux Guy Noblet…

Parlons-en de Guy, justement ! La table finale a bien débuté pour toi, mais tu as un moment été dérouté par son style de jeu ultra-agressif. Que s’est-il passé dans ta tête à ce moment-là ? Quelle stratégie as-tu décidé d’adopter pour le contrer ?

C’est vrai qu’il y a eu toute une période où je ne me sentais plus trop à l’aise : d’un coup, les joueurs à ma gauche avaient un gros tapis. Je me suis retrouvé plus ou moins obligé de resserrer le jeu, et d’attendre l’erreur… Ou de belles cartes. En tout cas, Guy a été un formidable adversaire, imprévisible et véritablement chiant – c’est un compliment !

Jérémy Saderne
C’est toi qui finis par éliminer Guy : le duel final t’oppose à Laurent. Il n’a que vingt blindes devant lui. A ce moment, tu te vois déjà terminer le travail ?

Oui. J’étais ultra concentré, je voulais à tout prix éviter de le faire doubler, l’objectif était clairement de passer la première « balle de match » !

Le trois de carreau est la toute dernière carte qui s’est abattue pour clôturer cette saison 2016/2017 du Winamax Poker Tour : tes deux paires restent devant la top paire de Laurent. Les applaudissements, les caméras, la remise du chèque géant, les photos… réalises-tu ce qu’il se passe à ce moment ?

C’est très étrange. Ça va très vite. Toute la pression accumulée depuis le débute retombe d’un coup. Sur le coup je suis soulagé, je ne réalise pas trop, je vais un peu dans tous les sens, je réponds à des questions, je vais voir mes amis et ma famille… Il y avait beaucoup de monde dans la salle qui était là pour moi, ça rend le moment encore plus surréaliste.

Jérémy Saderne
L’avantage, ici, c’est que tu as « fini le boulot » très tôt : il était à peine 20 heures que tout était déjà fini. Je crois que c’est un record sur le WiPT ! Du coup, tu as eu le temps de célébrer, je suppose.

On a fait un bon resto, et puis on a été boire des coups… Pendant trois ou quatre jours ! [rires]

Quel est le programme pour 2017 ? Tu comptes bousculer tes habitudes ?

Dans l’immédiat, il n’y a pas grand-chose qui va changer : je vais grinder les grosses séries de tournois en ligne. Entre amis, de préférence, car quand on enchaîne une dizaine de grosses parties tous les soirs, c’est toujours mieux d’avoir du soutien, pour discuter de certaines mains, ou tout simplement se changer les idées. Malte est un bon endroit pour cela, mais pour les SCOOP et les Winamax Series qui arrivent, je serai à la montagne, à Serre-Chevalier ! Ensuite, l’année prochaine, j’aimerais bien ajouter un peu plus de live à mon programme, avec pourquoi pas quelques tournois à buy-in plus élevé…

Les anciens de Wam_Poker se souviennent bien de toi et de ton active participation sur les sections techniques du forum. Tu aurais un conseil pour tous ceux qui ont débuté en bas de l’échelle comme toi ?

Il faut croire en soi. C’est le plus important. J’ai des amis, même parmi les bons joueurs, qui perdent un gros coup à 40 joueurs restants et pensent déjà que c’est foutu. C’est faux ! Il faut s’en tenir à sa ligne de conduite si on pense que c’est la bonne. Et il ne faut pas hésiter à demander des conseils ! J’ai eu la chance de pouvoir gagner un gros tournoi après seulement une douzaine de tentatives, et trois deep runs : j’ai conscience que cela aurait pu mettre beaucoup plus de temps. Il faut être patient vis-à-vis des résultats. Et surtout, le plus important à mon sens : il faut avoir d’autres passions que le poker. Si l’on est bien dans sa tête, bien dans sa vie, quand on arrive à la table de poker, on est prêt à casser la baraque !

Interview par Benjo et Chhriis

 

On était pas bien là ?

- 14 mars 2017 - Par Benjo DiMeo

Cercle Clichy-Montmartre
Dix-neuf jours de festival, une palanquée de tournois explosant leurs records d'affluence les uns après les autres en même temps que le million d'euros de dotation garantie, et un Main Event plein à craquer, avec 1 399 joueurs poussant les murs du Cercle Clichy-Montmartre en guise de feu d'artifice final : cette sixième édition du Winamax Poker Tour a bel est bien été la fête du poker annoncée, dépassant largement toutes nos espérances.

Conclu
On ne cessera de le répéter, si le WiPT existe, c'est pour permettre à tous les amateurs de France de se mélanger le temps d'un tournoi à la crème des professionnels de l'Hexagone, dans le prestigieux cadre du dernier des cercles de jeux parisiens. En cette soirée du mardi 14 mars on peut le dire, jamais cette ambition n'aura été si pleinement atteinte. Organiser un bazar tel que le Winamax Poker Tour est une tâche ô combien crevante, mais je suis surpris de le répeter à chaque édition : lorsque le cirque se termine, nous nous sentons tous un peu orphelins. C'est quand la prochaine ?

COnclu
22 heures 43 : la salle de tournoi s'est vidée de ses occupants. N'y restent que quelques "couvreurs" en train de boucler leurs articles, dont votre serviteur. Bref, il est temps de plier les gaules, mais impossible de refermer ce sixième chapitre de la saga Winamax Poker Tour, et de passer à la suite (les Winamax Series en avril, le SISMIX en mai) sans remercier tous ceux sans qui ce bel évènement ne serait pas possible. En premier lieu le staff du cercle Clichy-Montmartre, une fois de plus aux petits soins pour nous autant que pour vous tout au long du festival. Croupiers, floors, chip-runners, serveurs, agents d'entretien, physionomistes... tous ont travaillé d'arrache-pied pour nous accueillir presque 24 heures sur 24.

Olivier
Un grand coup de chapeau en particulier aux arbitres Olivier et Mickaël qui, en plus d'avoir dirigé avec brio l'ensemble du tournoi, ont pris sur eux pour nous rapatrier les chip-counts lors de chaque pause : leur aide de tous les instants nous fut très précieuse. Même chose pour Laurent, grand manitou informatique du cercle : sans lui et ses outils uniques au monde, on aurait souvent été bien en peine pour vous raconter ce qu'il se passait. Merci à Seb Sergent, couvreur résident du CCM pour ses infos et ses classements envoyés très tard dans la nuit, ou très tôt le matin. Merci aussi aux autres couvreurs (ClubPoker, Poker52, LivePoker...) pour leurs coups de main réguliers.

COnclu
En coulisses, la direction du CCM a une fois de plus fait de la place dans ses quartiers privés pour nous héberger (merci Pascal et Ziad !), afin que nous puissions vous raconter en temps réel tout ce qu'il se passait, via ces colonnes ou le streaming live, assuré par nos partenaires anglo/irlandais de toujours, D4 Events. Merci à tous les joueurs passés nous faire coucou sur le stream. Merci aussi à tous les éliminés qui sont restés patients lorsqu'on venait leur demander de nous raconter comment ils ont sauté.

Conclu
Et un dernier merci à celle sans qui ces pages seraient bien ternes : notre photographe de toujours (car avant son arrivée, nous n'étions rien), Caroline Darcourt.

En bonus
La galerie photos complète
La liste complète des joueurs ITM (résultats des Side Events à venir)
Le replay intégral de la table finale

Conclu

A très bientôt !

Jérémy Saderne remporte le Winamax Poker Tour

- 14 mars 2017 - Par Benjo DiMeo

Jéremy Saderne
Les éditions du Winamax Poker Tour se suivent et ne ressemblent pas. A chaque année ses personnages marquants, ses moments mémorables, ses images qui resteront gravées dans les mémoires des participants et des spectateurs. Avant même qu'elle ne se termine, la sixième Grande Finale de l'histoire du Tour nous avait déjà offert nombre de moments forts, notamment grâce à l'incroyable prestation de Guy Noblet, grand animateur des deux dernières journées de l'épreuve avec un style de jeu résolument à contre-courtant des tendances actuelles. Mais je serais prêt à parier que l'image indélébile de cette édition sera la dernière : le visage ému de son vainqueur, un jeune grinder de 24 ans sacré pour la première fois en live sous les yeux de se famile et ses amis, et capturé sur pellicule au moment précis où quatre jours de pression accumulées s'évaporaient d'un coup d'un seul.

Jéremy Saderne
Que l'on ne s'y trompe pas : Jérémy Saderne n'est pas un nouveau venu sur la scène poker. Cinq ans déjà qu'il se forme à la dure école d'Internet avec, entre autres succès, un titre acquis sur les Winamax Series, notre plus grosse série d'épreuves en ligne. Le live, c'est seulement à petites doses que le Marseillais exilé à Londres le pratique, ce qui explique sans doute le choc ressenti après la dernière main. "C'est dingue, après avoir suivi toutes les finales précédentes sur les forums, en streaming, que ce soit mon tour... C'est dingue. Je ne joue pas beaucoup de tournois live, parce que c'est compliqué, c'est stressant, c'est long... Et là je termine à la meilleure place."

Jéremy Saderne
Qu'est-ce que Jérémy a fait mieux que les autres, lui n'avait jusque là réalisé que trois résultats en live, dont un deep-run sur le Winamax Poker Open de Dublin en septembre dernier, et une troisième place sur le Starter du WiPT treize mois plus tôt ? L'entourage semble y être pour quelque chose. "Les deux potes avec qui j'ai loué un appart pour la semaine ont deep-run aussi [Alexandre Blanc et Arnaud Enselme, NDLR]. On rentrait tous les soirs ensemble, on refaisait le match. J'ai commencé à me sentir bien le troisième jour, à la bulle." Jérémy a trouvé les bonnes cartes et les bons flops au bon moment, avec parfois quelques coups de pouce du destin, forcément nécessaires pour traverser un field record de 1399 joueurs : "Un tournoi, on peut presque le résumer en cinq coups cruciaux. Il faut tous les gagner pour aller au bout."

Jéremy Saderne
Lorsqu'on lui demande s'il a un modèle dans le poker, Jérémy coupe net : "J'ai appris tout seul, personne ne joue comme moi !" Avant de concéder, à notre insistance, l'influence de jacob126b38, un gros gagnant online de l'ombre. "Je joue très exploitant, l'inverse du jeu GTO," explique t-il. "En tournoi, les gens foldent beaucoup trop, alors j'en fous partout, je bourrine. Il faut attaquer, clairement. Prends l'exemple de Guy : il n'était pas le joueur le plus technique, mais ses faiblesses étaient compensées par son agressivité : il était très chiant à jouer, et il avait l'ascendant sur moi aujourd'hui ! C'était le genre de joueur dont tout le monde n'attendait qu'une chose : l'entendre dire "tapis" au moment où l'on a un vrai jeu. J'ai eu de la chance, c'est tombé sur moi deux fois."

Jéremy Saderne
Et la suite ? "Je suis installé à Londres, je monte une colocation avec d'autres grinders. Je vais reprendre mes études à la rentrée de septembre, mais j'aimerais bien laisser un peu de place pour le poker. Je pense vraiment qu'il y a de l'argent à se faire. En tout cas, je serai au SISMIX au printemps pour la première fois. J'ai hâte de voir ce que ça donne mais avant ça, je vais faire un break : pas de poker live ou online pendant deux mois !" Il est vrai qu'avec une bankroll augmentée de 100,000 euros après quatre jours de labeur, Jérémy a de quoi faire d'autres projets.

Winamax Poker Tour - Grande Finale
1 399 joueurs - Dotation 699 500 €

Jéremy Saderne
Vainqueur : Jeremy Saderne 100 000 €
2/ Laurent Patroni 75 000 €
3/ Guy Noblet 54 700 €
4/ Sandrine Phan (Staff Winamax) 41 000 €
5/ Rabah Ait Abdelmalek 32 000 €
6/ Guillaume Wilhelm 25 000 €
7/ Esseddik Seddiki (Qualifié Winamax.fr) 20 000 €
8/ Sebastien Coq 17 000 €

Classement complet des joueurs primés au Winamax Poker Tour

Victoire

Jéremy Saderne

Jéremy Saderne

Jéremy Saderne

Jéremy Saderne

Jéremy Saderne

Jéremy Saderne

La logique a été respectée

- 14 mars 2017 - Par Flegmatic

Hier, nous résumions le Day 4 de cette Grande Finale en expliquant qu'il ne faisait pas bon faire partie des chipleaders, quasiment tous éliminés malgré leurs gros stacks de départ. La journée que nous avons vécue aujourd'hui a prouvé, s'il le fallait, que la réalité d'un jour sur un tournoi de poker est rarement celle du lendemain. Car la tendance de cette table finale s'est finamelent révélée inverse de celle de la veille, et on ne peut plus simple : les petits tapis n'ont pas réussi à se refaire, malmenés par des favoris qui ont tenu leur rang haut la main, tandis que les gros tapis au départ ont tenu leur rang.

Prenez les classements au départ et à la fin de cette TF et vous obtenez deux calques quasi identiques. Retour arrière sur la finale la plus rapide de l'histoire du WiPT, bouclée en à peine 4 heures 30 de jeu effectif.

Sébastien Coq
Il était le short stack officiel de cette ultime journée. Sébastien Coq et sa petite dizaine de blindes ne se seront pas vraiment fait d'illusions aujourd'hui. Engagé dans un coup à tapis préflop à trois moins d'une heure après avoir pris son siège, il voit finalement son As-Roi chuter face à la paire de Valets de Guillaume Wilhelm. Sympathique amateur, soutenu par une bonne partie du monde associatif, à commencer par son club de Poker@Lyon, Sébastien empoche 17 000€ pour sa 8e place.

Esseddik Seddiki
Guère mieux loti en jetons cet après-midi au moment de franchir les portes du Cercle Clichy-Montmartre, Esseddik Seddiki aura eu le mérite de porter haut et loin la bannière de nos nombreux qualifiés online. Plus de deux mois après avoir gagné sa place sur un satellite à 50€, cet originaire de Châlons-en-Champagne a tout perdu en deux coups, à chaque fois contre Jérémy Saderne. Sa fin en queue de poisson peu après 16 heures (10-7 qui se heurtent à deux Dames) ne reflète pas son parcours solide, notamment durant la première moitié du Jour 4. Son excursion parisienne se termine en septième place, pour un gain de 20 000€. 

Guillaume Wilhelm
Complètement relancé après avoir signé l'élimination de Sébastien, Guillaume Wilhelm n'aura finalement pas réussi à surfer sur ce très bon départ. Tombé à huit blindes suite à un gros pot perdu face à Laurent Patroni, le pongiste de Vincennes à lâché ses huit dernières blindes à ce même vainqueur du Starter, son As-9 ne s'améliorant contre As-10. Cet ancien floor au Cercle Cadet repart 6e du CCM, plus riche de 25 000€.

Rabah Ait Abdelmalek
En sa qualité de vainqueur du High-Roller, Rabah Ait Abdelmalek faisait légitimement parti des favoris de cette finale. Victime d'un désert de cartes tombé au pire des moments, il n'eut pas vraiment son mot à dire aujourd'hui, et ne put que subir de plein fouet une structure qui n'a fait de cadeau à personne. Son tournoi s'achève sur un coup presque anecdotique, As-4 contre le 10-9 de Guy Noblet pour tout juste dix blindes. Une cinquième place qui fait tout de même le bonheur de cet habitué du Cercle, désormais auréolé d'une nouvelle belle perf', bonne pour un chèque de 32 000€.

Sandrine Phan
Soutenue par l'ensemble des salariés de Winamax, Sandrine Phan a tenté à plusieurs reprises de remettre en cause la hiérarchie de cette Finale, mais a sans doute été rattrapée par la pression. Laissée en mauvaise posture par un énième combo limp préflop-check/raise all-in au flop de l'ami Guy Noblet, elle crut l'espace de quelques secondes pouvoir poursuivre l'aventure un peu plus longtemps en doublant face à Laurent Patroni, mais fut rattrapée par un ultime As sur la rivière. Celle qui officie du côté de notre service clientèle signe de loin son meilleur résultat en tournoi live, une très belle quatrième place valant 41 000€.

Guy Noblet
Amateur inconscient pour certains, avant-gardiste téméraire pour d'autres, Guy Noblet n'a pu laisser indifférent quinconque ayant posé les yeux plus de quelques minutes sur le streaming de cette table finale. Un mot peut suffit à résumer sa journée : "tapis" qu'il aura lâché depuis presque tous les positions, avant comme après le flop, parfois en pampa, régulièrement en overbet, et très souvent sans avoir besoin de dévoiler ses cartes. Monté à 12 millions, il fut stoppé net en deux temps par un Jérémy Saderne alors en plein regain de forme. Ô combien imprévisible, celui qui nous a gratifié pendant plusieurs heures d'un poker absolument jamais vu, décroche la médaille de bronze de ce tournoi, la médaille d'or du grand animateur du jour, ainsi que la coquette somme de 54 700€.

Laurent Patroni
Comme Rabah, lui aussi était en course pour un retentissant doublé sur ce festival. Mais Laurent Patroni partait de trop loin pour offrir une véritable résistance à Jérémy Saderne en heads-up, malgré un premier double up inespéré. Avant cela, le Marseillais aura accompli sa part du boulot, son stack presque toujours au-dessus de la moyenne lui permettant quelques folies interdites à ses adversaires. Une chose est sûre, il repart ravi de ces quelques jours passés dans la capitale, et avec 75 000€ de plus dans la besace, on ne serait pas surpris de le croiser cet été du côté de Vegas.

Jérémy SaderneUn déroulé qui nous amène tout naturellement au vainqueur de cette sixième édition, Jérémy Saderne. Parti en tête, 'krouton1313' comme il se fait appeler sur Wam et le Club Poker aura tout de même connu quelques sueurs froides avant de pouvoir connaître l'émotion d'un titre majeur. Celle-ci n'aura d'ailleurs pas manqué de le submerger une fois la dernière carte dévoilée. On vous livre ses premières réactions très vite.

Merci Patroni !

- 14 mars 2017 - Par Benjo DiMeo

Laurent Patroni est le runner-up du Winamax Poker Tour
Il remporte  75 000 euros

HU
Son double-up obtenu quelques minutes après l'entame du dernier duel (un Dame-2 qui s'améliore contre As-Valet) n'aura été qu'un feu de paille : malgré une prestation en tous points excellente en finale, Laurent Patroni n'aura pas réussi à remonter l'écart creusé par Jérémy Saderne tout au long de la journée.

HU
La dernière main s'est jouée, comme lors de l'édition 2016 de la Grande Finale, lors du niveau de blindes 200,000/400,000. Muni de QJ, Patroni limpe au bouton et Jérémy checke. Les deux joueurs voient tomber le flop Q57.

Laurent a trouvé la top-paire, et mise logiquement 400,000. C'est payé.

Turn : 4.

HU
Personne ne le sait encore, mais le tournoi vient de se terminer à l'apparition de cette carte. Jérémy checke une nouvelle fois, mais c'est pour mieux envoyer son tapis après la nouvelle mise (1 million) de Laurent.

Patroni
Gros, gros mal de crâne chez ce dernier, qui fait face à la décision de jouer sa survie avec la top-paire, ou d'abandonner et de se laisser avec seulement trois millions, ce qui le ferait passer sous la barre des dix blindes.

Sa réflexion se poursuit deux ou trois minutes... Et s'achève avec un seul mot.

"Call."

HU
Jérémy retourne 74 : il a trouvé une seconde paire sur le turn. Il est en tête, il va gagner !... Il lui faut simplement éviter une Dame, un Valet ou un 5 sur la rivière.

Les photographes se rapprochent, le public se presse derrière les caméras, les deux joueurs sont debout. Le croupier brûle une carte, le croupier en retourne une autre.

3

C'est fini !

Laurent Patroni est éliminé en seconde place du Winamax Poker Tour. Les clameurs du public s'élèvent. Laurent se rapproche de Jérémy et le prend dans ses bras. L'émotion est trop forte pour Jérémy : il ne peut retenir ses larmes ! L'édition 2016/2017 du Winamax Poker Tour est terminée mais pour certains, la fête ne fait que commencer...

Patroni
"Je n'avais pas de pression particulière en arrivant en finale", expliquera Laurent après. "Je me suis mis dans la bulle, en essayant de faire abstraction du reste." Son Winamax Poker Tour s'achève presque comme il avait commencé : il y a deux semaines, Laurent ouvrait le bal des vainqueurs en remportant le Starter, premier side-event du festival, pour un prix de 27,500 euros. Ce soir, il ne s'empare pas de l'épée mais remporte tout de même 75,000 euros. "C'était dur, je sortais de quinze tournois live d'affilée sans aucun ITM. Ces derniers jours, j'ai bien rattrapé tout ça !"

Concernant ses adversaires en finale, Laurent note que "c'était déstabilisant d'avoir un joueur comme [Guy Noblet] à table, mais au final j'ai joué très peu de coups contre lui donc il ne m'a pas tant dérangé. Pour le reste, je connaissais un peu Jérémy pour l'avoir déjà eu à ma table lors de tournois précédents." Des projets, avec tout cet argent ? "Je n'ai pas prévu de faire de folies, je vais simplement rentrer chez moi, reprendre ma routine. Même si ça me donne encore un peu plus de motivation pour tenter d'aller faire un tour aux WSOP cet été."

Restez branchés pour un récapitulatif complet de cette Grande Finale !

Deux marseillais pour le titre

- 14 mars 2017 - Par Benjo DiMeo

Heads Up final
"On a déjà eu le heads-up aussi tôt les années précédentes ?" nous demande Jay Pee. De mémoire, il me semble que non : il n'est même pas vingt heures, et nous tenons pour le moment le record de brieveté en six éditions du Winamax Poker Tour. La finale 2015, où l'ultime face à face entre Olivier Decamps et Shakil Gill nous avait tenus éveillés jusque cinq heures du matin, semble bien loin.

Heads-up 100% marseillais ! Chip-leader au départ de la finale, Jérémy Saderne l'est toujours au moment d'aborder son match contre le très solide Laurent Patroni. Le vainqueur du Starter dispose de 6,2 millions (20BB) pour tenter le come-back face aux 21,8 millions du résident Londonien. La tâche ne sera pas aisée, d'autant que les blindes vont bientôt augmenter...

Qui vit par l'épée périra par l'épée

- 14 mars 2017 - Par Benjo DiMeo

Guy Noblet
En essayant de dresser le bilan de la prestation de Guy Noblet lors de cette Grande Finale du Winamax Poker Tour, impossible de ne pas paraphraser Georges Clémenceau : "Il est mort comme il a vécu : en gambleur de première classe." Car si l'agressivité démesurée (nourrie à grands renfort d'overbets) dont a fait preuve l'homme mystère tout au long du tournoi lui a permis de remporter de nombreux pots énormes, c'est aussi celle-là qui a précipité sa chute en troisième place.

Muni de Q5, Guy décide de défendre sa grosse-blind face à un min-raise de Jérémy Saderne au bouton. La suite du coup ne sera pas bien compliquée : Guy trouve la top paire sur le flop Q43 et, comme il l'a si souvent fait au cours des trois derniers jours, ne s'embarrasse pas de détails inutiles : il envoie directement son tapis, pour cinq millions environ.

Jérémy Saderne n'aurait pas pu payer plus vite avec sa paire de Rois. Guy a encore quelques outs pour le sauver - cela ne serait pas la première fois du tournoi - mais le turn 2 et la rivière 9 n'en font pas partie.

Guy Noblet
Guy Noblet est éliminé en troisième place : celui qui n'avait jusque-là réalisé que deux performances en live lors de petits tournois du CCM remporte la rondelette somme de 54,000 euros. Interrogé après coup sur sa stratégie (nous avions BEAUCOUP de questions), Guy expliquera simplement qu'il "fallait que je leur sorte un nouveau jeu : je ne peux pas jouer aussi bien qu'eux, je n'ai pas la maîtrise. Alors j'ai fait autre chose !"

On mourrait aussi de savoir ce qu'il détenait au moment de check/raise Sandrine à tapis sur ce flop Valet-6-4, la poussant à abandonner le coup alors qu'elle détenait un Valet : "J'avais un 9 et un 7 ! Mais je savais qu'elle allait passer, elle ne voulait pas sauter..."

Oui, Guy Noblet est mort comme il a vécu : même si son parcours ne s'achève pas par une victoire, son style de jeu à contre-courant et son absence totale de peur lui assurent de rester gravé à jamais dans les mémoires de des adversaires et des spectateurs. Félicitations !

Phan fatale

- 14 mars 2017 - Par Flegmatic

Sandrine OUT

Décidément, les rivières ne veulent pas sourire aux femmes du clan Winamax autour de cette dernière table. Après Gaëlle Baumann, victime d'un ultime As sur le dernier board du Jour 4, ce fut au tour de Sandrine Phan de connaître la même mésaventure.

Naviguant dans une zone très critique depuis de longues minutes, celle qui s'occupe au jour le jour d'améliorer les méthodes de travail de notre service client, n'a pas vraiment eu d'autre choix que d'envoyer ses cinq dernières blindes en première de parole avec une main plus que moyenne, K8. Deux crans plus loin, Laurent Patroni trouve un call avec A3. Le flop 6910 conforte l'avance du Marseillais, avant qu'un 8 au turn ne vienne chambouler tout cela. Mais comme l'a écrit ce maudit Barry Greenstein, c'est donc un A qui trouve son chemin jusqu'à la rivière, pour réduire à néant les espoirs de la dernière femme de ce Main Event.

Sandrine + Staff

En compagnie de ses collègues, de gauche à droite : Jachara, Laura, Yann, Étienne et Benjamin

Mais ce n'est sans doute pas tant sur cette dernière main que s'est joué le tournoi de Sandrine. "J'aurais du reshove à tapis sur ce coup où j'avais une paire de 6, explique-t-il. Je n'avais pas vu que j'avais aussi peu de blindes..." Cette fameuse main où elle jette sa top paire sur un flop hauteur Valet risque également de la hanter pendant quelques temps.

Pourtant, qu'elle ne s'y trompe pas, Sandrine aura fait vibrer pendant six longs jours le coeur de tous les employés de Winamax, qui auront cru jusqu'au bout en ses chances de pouvoir ramener l'épée au bureau. "Je suis forcément déçue maintenant, explique-t-elle, mais ce week-end, lorsque je regarderai en arrière, je me rendrai vraiment compte de ce que j'ai fait. C'est évidemment dommage, mais j'ai été short stack quasiment toute la journée. Cette quatrième place, ce n'est quand même pas si mal."

Sandrine Phan

Surtout lorsqu'elle est accompagnée d'un joli chèque de 41 000€, de loin son plus gros gain remporté dans un tournoi live. On n'espère désormais qu'une seule chose : que les chouquettes de la pause petit déj' lors de son retour au bureau seront à la hauteur de son formidable exploit. Sandrine, je me joins à l'ensemble de tes collègues pour te le dire une nouvelle fois : félicitations !

Guy a joué le plus gros pot du tournoi

- 14 mars 2017 - Par Benjo DiMeo

On dira ce qu'on voudra sur la stratégie de Guy Noblet, mais une chose est sûre : l'homme mystère de cette table finale est assurément son plus grand animateur. Là où ses jeunes adversaires développent un style posé, précautionneux, Guy reste plus que jamais imprévisible. Impossible d'annoncer à l'avance quand et comment il fera son prochain move. Tapis UTG pour 40BB ? C'est fait. Reshove UTG+1 avec As-10 après une relance à tapis UTG ? Aucun problème. Tapis sur la rivière en overbet ? Tous les jours.

Guy et Sandrine
Le plus beau, c'est que ça marche : cette hyper-activité impatiente vaut à Guy le statut de chip-leader à quatre joueurs restants. Après avoir éliminé Rabah Ait Abdelmalek, Guy a intensifié la pression sur ses trois derniers concurrents, avec notamment un check/raise à tapis face à Sandrine Phan sur un flop J46. Notre collègue, qui avait relancé prélop le limp de Guy, considère longuement ses options avant d'abandonner, en montrant un Valet. Guy se gardera bien de réveler son jeu, et disputera quelques minutes plus tard le plus gros pot du tournoi. (La cote pour qu'il soit impliqué dans un tel pot avoisinait les 1,1)

La main fatidique commence par un limp de Jérémy Saderne au bouton. De grosse blinde, Guy checke son option et le flop tombe A98.

Les deux joueurs refusent de miser : on passe directement au turn, une Q. Là, Jérémy envoie 300,000 et Guy check/call.

Rivière : un 6. C'est là que tout s'emballe. Guy checke et Jérémy reste immobile. Une minute passe. En fait, Jérémy n'avait pas remarqué le check de Guy. Se réveillant, il mise un million et Guy répond le check/raise all-in le plus rapide jamais vu en table finale.

Jérémy et Guy
Ce n'est pas fini : Jérémy paie tout aussi vite, et montrant 107 pour la quinte miraculeuse ! Il se trouve que Guy n'était pas en carnaval, ayant joué complètement à l'envers une premium : AQ, avec laquelle il n'a pas misé préflop, ni sur le flop avec top paire, ni sur le turn avec deux paires !

Ce coup rocambolesque - qui représente le premier revers sérieux subi par Guy aujourd'hui - rééquilibre complètement les enjeux à quatre joueurs restants : les derniers prétendants au titre se tiennent dans un mouchoir de poche, alors que la progression des blindes augmente l'incertitude de chacun.