Tarbes par équipes : le récit en images

- 2 décembre 2013 - Par Benjo DiMeo



Toutes les étapes WiPT commencent bien entendu par l'enregistrement des participants, assuré ici par Cédric du support client Winamax.



Quatre heures environ sont nécessaires pour voir se terminer les douze Sit-N-Go constituant le premier tour de cette étape par équipes.



L'équipe des "bartenders" (je vous laisse deviner leur job) a joué le jeu du "Movember" le mois dernier (une opération annuelle à sensibiliser la population mondiale aux maladies masculines telles le cancer de la prostate, via notamment le port de la moustache). Après avoir passé le premier tour sans problème, les moustachus manqueront de peu la qualification pour la phase de tête à tête.



Round 2 : les douze meilleures équipes du round 1 se retrouvent autour de six SNG joués en 6-max.









Croisés lors du second tour, une sympathique équipe de soldats du feu Toulousains, les "Fire Fight Club".









Les demi-finales opposent les WiPT-West-Coast à The Sharky Team !, et Les Poats à La Triplette de Pau





L'ultime duel de cette étape par équipes Tarboise. Sur le papier, la Sharky Team (à gauche) est favorite face aux Poats, ayant fait carton plein en demi-finales (six duels, six victoires).





Mickael "choco032" (équipe des Poats)



Thomas "palac_DTP" (Sharky Team)



Souffrance pour la Sharky Team : si Thomas a bien remporté son premier duel contre Romain, ses deux coéquipiers ont tous les deux perdus le leur. Et lorsque Thomas se fait à son tour battre, les Poats ne sont plus qu'à une victoire de la qualification...



Victoire 2-1 : Romain "-itos-" à fait le travail : il ne lui reste plus qu'à encourager ses deux coéquipiers...



Mathieu "kanye west" perd une deuxième fois contre Mickael, cette fois c'est fait : les Poats remportent leur ticket pour la grande finale par équipes du Winamax Poker Tour !







Félicitations à Mickael (29 ans), Thomas (24 ans) et Romain (24 ans) : les Poats remportent l'étape par équipes du premier week-end WiPT jamais organisé à Tarbes. Les trois amis, qui évoluent dans la même équipe de foot en Division Honneuyr Régionale à Florence (Gers) iront à Paris en freeroll pour tenter de faire de cette belle aventure une époppée mémorable. On leur donne rendez-vous au Cercle Clichy-Montmartre en février 2014 !

Benjo

Bravo à Cédric et Stéphane !

- 1 décembre 2013 - Par Benjo DiMeo

Ils remportent l'étape individuelle du WiPT Tarbes



De tous les finalistes de cette première étape Winamax Poker Tour jamais organisée à Tarbes, tout le monde méritait de gagner. Autour de la dernière table, on a pu observer des joueurs appliqués, prenant les bons risques aux bons moments, et sachant éviter l’affrontement quand il le fallait. Au final, ce sont Cédric, 38 ans, de Coarraze, et Stéphane, 37 ans, de Tarbes, qui décrochent en freeroll leur ticket pour la grande finale Parisienne du WiPT. Amateur de cash-game comme de tournois sur Winamax, Cédric avait déjà participé à l’étape WiPT de Pau lors de la saison précédente, et se qualifie pour sa seconde tentative alors qu’il ne lui restait plus que deux grosses blindes. Un exploit inédit au WiPT. Stéphane, lui, est membre de l’ATP65, l’Association Tarbaise de Poker. L’un est employé SNCF, l’autre est militaire de carrière : tous deux vont disputer pour la première fois un gros tournoi de poker live en février prochain ! Félicitations à eux, ainsi qu’à tous les autres gagnants des étapes individuelles organisées à Angers, Clermont-Ferrand, Reims et Saint-Etienne. La galerie des vainqueurs sera mise à jour durant la journée de lundi.

Benjo

En finale du WiPT !

- 1 décembre 2013 - Par Benjo DiMeo

Dans la tête d'un couvreur (3e partie)



18h05 : Dans son style inimitable inspiré des meilleurs moments des « Superstars du Catch », Yann appelle les finalistes un par à un, introduisant chaque joueur avec une présentation dont il a le secret. « Eeeeeet voiciiii l’éventreur des Pyrénnées, le bourreau des Carpates Tarbaises, Berrrrrrrrtrrrrrrrrrand ! » Applaudissement nourris du public encore assez nombreux à cette heure, et photo souvenir.

18h09 : Voici les finalistes du tout premier WiPT jamais organisé à Tarbes :

Siège 1 : Sébastien « Galderian » (Toulouse) 40,000
Siège 2 : Teddy « Satisficater » (Sarbazan) 164,000
Siège 3 : Guy « el_tuco07 » (Pau) 97,000
Siège 4 : Pierre « bananafunck1 » (Toulouse) 347,000
Siège 5 : Benjo (Lille) 406,000
Siège 6 : Stéphane « stef65190 » (Tarbes) 159,000
Siège 7 : Bertrand « Bertrand0065 » (Tarbes) 76,000
Siège 8 : Stéphane « genghiskhan6 » (Tarbes) 178,0000
Siège 9 : Cédric « _CED _64 » (Coarraze) 241,000



18h10 : Tournée de bière pour tout le monde, c’est Bibi qui régale.



18h11 : Shuffle up and deal aux blindes 6,000/12,000. Le superviseur Yann nous fait profiter de ses talents de croupier. Cédric veut relancer mais se trompe dans le montant, et est donc obligé de juste payer. Je suis de grosse blinde avec une paire de 10 et fais une connerie dès la première main : je checke, puis donk-bet sur le flop As-4-4. Cédric paie et je check/fold sur le turn. Ne me demandez pas d’expliquer mes décisions sur ce coup, je serais bien incapable de les justifier.



18h31 : Première élimination après un début de finale calme où l’on n’a vu que très peu de flops : Sébastien perd un flip contre Stéphane (As-Roi < 99).



18h34 : Pierre avait entamé la finale avec le second plus gros tapis, mais n’ira au final pas plus loin que la huitième place, son As-Dame ne battant pas les Dames de Cédric, qui me passe devant vu que je n’ai toujours pas gagné un coup. Mon tapis fond à mesure que les blindes tournent : moi qui me voyais dominer cette finale avec mon gros stack, je fais la gueule. D’un autre côté, la moyenne est de 14BB, ce qui est très correct pour une finale d’un tournoi turbo.

18h48 : Je relance en milieu de parole avec une paire de 4. Dans les blindes, Cédric me 3-bet. Je râle : « T’as pas vu que c’est le premier coup que je relance ? » Je passe et Cédric me montre les As. OK, ça ira. Les blindes passent à 10,000/20,000 : j’ai 300,000. !

18h52 : Le Stéphane assis à ma gauche relance UTG à 50,000. Je défends ma grosse blinde avec 6Trèfle5Trèfle, c’est limite comme décision et le flop KCarreau4Trèfle4Pique ne me donne aucune autre option que de passer en maugréant (surtout contre moi-même).



18h57 : JTrèfleJCarreau contre ACarreauKTrèfle : c’est un flip classique que jouent Guy et Stéphane à tapis avant le flop. Pas d’amélioration pour As-Roi : Guy est éliminé en sixième place. Dommage, il a été patient et appliqué durant cette finale. Il remporte l’équivalent de 20 euros en miles Winamax.

19h00 : Je suis de grosse blinde et tout le monde passe jusqu’à moi. Je remporte ainsi mon premier coup de cette finale. Pas trop tôt ! Derrière, je trouve un As et pousse mon tapis sans avoir regardé la seconde carte. Mes adversaires passent. Puis je trouve une paire de 8 que je joue de la même manière, pour un résultat identique.

19h10 : Le Stéphane du siège 6 se prend un tour de pénalité pour avoir quitté la table avant que ce soit son tour de jouer. Yann est intransigeant ! Du coup, l’autre Stéphane pousse son petit tapis avec Roi-6 au moment où le joueur pénalisé est de BB. Moi, j’ai As-Roi et suis content de payer, jusqu’à ce que la rivière donne une quinte à Stéphane. « TOUT POUR PAPA !! », gueule un Stéphane hilare. Je ne suis pas enchanté mais me rappelle que de toute façon, je n’ai rien à gagner dans ce tournoi.

19h19 : Le même Stéphane relance UTG. Je trouve une paire de 9 et pousse mon tapis affaibli. Stéphane réfléchit, il me couvre mais de peu. Il abandonne.



19h29 : Bertrand pousse son tapis avec KCarreauTCarreau. Stéphane-Grande-Gueule paie avec As-Valet et la meilleure main de départ reste en tête. Un sortant, nous ne sommes plus que cinq !

19h30 : 15,000/30,000. Je pousse avec une paire de 5 et ne trouve pas de payeurs.



19h31. Je trouve ACarreau6Carreau au bouton. C’est suffisant pour pousser mes 400,000. Problème, Stéphane paie aussitôt de petite blinde, et l’autre Stéphane réfléchit depuis la grosse blinde. Au secours ! Le second Stéphane finit par jeter son As-Roi, mais je reste très mal en point : Cédric retourne KCarreauKTrèfle. Cette fois, aucun miracle ne viendra me sauver (Lourdes n’est pas loin mais a déjà fait beaucoup pour moi aujourd’hui), et je m’incline en cinquième place. Je suis dégoûté comme à la bulle des WSOP ! Mais je ne peux pas me plaindre : c’est beaucoup plus marrant de jouer un WiPT que de juste l’observer…

19h55 : Teddy double son tapis avec ACarreau9Coeur contre KCarreauJTrèfle, all-in avant le flop. Je sors une blague à propos de John « KGB » Malkovitch, mais le joueur de FrenchNoLimit me confie n’avoir jamais vu Les Joueurs… Une hérésie !



20h10 : Agressif tout au long de la partie, la grande bouche Stéphane finit par s’incliner aux portes du Graal, son APiqueTPique se mangeant un petit bad-beat contre le ACarreau6Coeur de l’autre Stéphane à tapis avant le flop. En somme, la réplique du coup qui lui avait permis de doubler sur ma gueule un peu plus tôt.



Teddy, bubble-boy malheureux du WiPT Tarbes

20h25 : Ne restent plus que Teddy (photo), Stéphane et Cédric en course pour décrocher deux tickets pour la grande finale Parisienne du Winamax Poker Tour. Les trois vont s’épier du coin de l’œil, restant prudents jusqu’à ce que Teddy ne commette l’erreur fatale, poussant son tapis de 585,000 au bouton avec une paire de Valets. Certes, la main est très belle, mais derrière, Cédric n’avait plus que deux blindes devant lui (un peu plus de 100,000), et fort de son tapis plus important, Stéphane tentera avec succès de porter l’estocade avec As-Roi, trouvant un Roi sur le flop pour mettre fin à l’étape. Congratulations, séances photo, applaudissements : une étape WiPT de plus dans la boîte !



Cédric et Stéphane, vainqueurs du WiPT Tarbes individuel

Classement final du Winamax Poker Tour Tarbes
Etape individuelle

Vainqueur ex-aequo : Stéphane « stef65190 » (un ticket à 550€ pour la grande finale du WiPT)
Vainqueur ex-aequo : Cedric « _CED_64_ » (un ticket à 550€ pour la grande finale du WiPT)
3e : Teddy « Satisficater » (50€ en miles sur Winamax)
4e : Stéphane « genghiskhan6 » (30€ en miles sur Winamax)
5e : Benjo DiMeo (que dalle !)
6e : Guy « el_tuco07 » (30€ en miles sur Winamax)
7e : Bertrand « Bertrand0065 » (20€ en miles sur Winamax)
8e : Pierre « bananafunck1 » (20€ en miles sur Winamax)
9e : Sébastien « Galderian » (10€ en miles sur Winamax)
10e : Romain « romtfc81 » (10€ en miles sur Winamax)

Benjo

La mouTarbes me monte au nez

- 1 décembre 2013 - Par Benjo DiMeo

Dans la tête d’un couvreur au WiPT (2e partie)



13h20 : Reprise de la partie aux blindes 400/800. On s’inquiète de l’absence de Guy et Gilles. Où sont-ils ? Sieste ? Repas qui s’éternise ? Les blindes tournent vite !

13h30 : Un nouveau joueur arrive à ma gauche pour remplacer Jean-Yves. « Comment tu t’appelles ? » « Toto ! » « Bali-Balo », enchanté, réponds-je.

13h35 : Retour de Guy et Gilles. « On a mangé ensemble au Buffalo Grill. » Voilà le mystère éclairci.

13h39 : Une relance, un call, un autre qui fait tapis pour 10,000 : je jette mon As-Dame de grosse blinde. Je tiens tellement à ne pas faire de bêtises dans ce freeroll que je joue plus serré que sur un tournoi payant, c’est un comble ! On ne verra pas les cartes du joueur à tapis car Sébastien passe aussi, mais en montrant As-Dame, ce qui me conforte un peu dans ma décision.

13h41 : Les blindes n’en finissent pas d’augmenter, et à 500/1,000, moi je n’en ai plus que 20. Il faut faire attention.

13h47 : « L’important ce ne sont pas les cartes… » déclame Toto en poussant ses 6BB avec 7-2 dépareillés. Il est payé par Sébastien avec KCarreau9Carreau, et la meilleure main de départ reste en tête.

14h00 : « C’est à qui de jouer ? » C’est toujours au con qui demande, Sébastien ! Les blindes augmentent encore et je n’ai toujours pas de jeu.

14h01 : Les blindes passent à 600/1,200 et Pierre vient remplacer Toto à ma gauche. « Attention, je dis, c’est une table de mecs qui jouent bien. T’es sûr que tu veux t’asseoir ? »

14h10 : Le style atypique de Sébastien me fait faire des conneries. Je relance avec KCoeurQCoeur et ne mise pas sur le flop 3Trèfle2Trèfle4Carreau. Le turn est un 7Pique et Sébastien mise, je suis persuadé qu’il bluffe mais ne veux pas prendre le risque ultime en envoyant mon tapis. Alors je paie (un quart de mon tapis, au secours !) et suis obligé de passer, honteux, sur son shove rivière. Ca y est, je n’ai plus que dix blindes, et je pousse rapidement mon tapis avec JPique9Pique. Emmanuel, qui avait limpé, jette Roi-Valet !

14h18 : Paire d’As ! J’ai une paire d’As ! Youpi ! En plus, y’a de l’action : Jean-Marc envoie 3,000 UTG, Emmanuel paie de petite blinde. De BB, je n’ai pas trop à me casser la tête : je pousse mes 18,000. Déception : Jean-Marc passe sa paire de 5, et Emmanuel abandonne aussi. Je montre ma main, bien entendu.

14h20 : 800/1,600. Il reste 66 joueurs. La moitié du chemin, à peu près, est accomplie.

14h35 : « C’est 600/1,200 les blindes ? » Encore Sébastien. « La Police des Blindes va te retirer ton Permis de Jouer au poker… » « Est-ce qu’il l’a jamais eu, le permis ? » rigole Alain. Guy est mi-amusé, mi-consterné : « Il n’y a que Winamax pour le donner à des joueurs comme ça… » Guy sort Jean-Marc avec deux paires floppées contre top-paire.

14h50 : Alain est à tapis avec une paire de 10 contre les 9 de Sébastien, qui perd donc un gros coup et son statut de chip-leader de la table, qu’il ne récupérera jamais.

14h56 : Gros coup ! Guy min-raise à 2,000, c’est payé par le bouton. Je défends ma BB avec 8Trèfle9Trèfle et trouve (encore) un flop qui me convient : 8Coeur9Coeur2Coeur. Je check/raise à tapis. Guy a misé cher et réfléchit un moment avant de se résigner à payer avec ATrèfle8Carreau. Je suis content qu’il n’ait pas de cœur en main : le turn et la rivière n’apportent aucun désastre et je double à 42,000. Guy se rattrape la main suivante en gagnant un flip à tapis. Quant à moi, je distribue mes jetons directement en doublant Christophe avec KCarreauJCarreau contre APiqueQPique, je perds 10,000 dans l’opération.

15h03 : 1,200/2,400. Gilles envoie son tapis pour 21,000. Je ne peux pas passer ma paire de 9. Gilles montre KPiqueQPique et je gagne un flip crucial. Une élimination, me voilà à 63,000, il reste 50 joueurs.



Yann et Steven, organisateurs WiPT pour la région Sud-Ouest

15h05 : Yann passe devant ma table et rigole. « Tu es à fond dans ton tournoi », dit-il en zieutant mon tapis. Ca ne m’empêche pas de faire doubler l’un des nouveaux arrivants à la table, Guy (encore un Guy), avec 10-10 contre J-J. Je touche un 10 au flop qui me fait espérer un chattage miracle, mais Guy repasse en tête sur le turn lorsque sa quinte rentre. Je retombe à 40,000, ne nous affolons pas. Ou peut-être que si : je relance ATrèfleJTrèfle la main suivante et jette mes cartes sur Roi-8-5. Je retombe encore : 30,000.

15h15 : Christophe élimine Pierre, et moi Emmanuel, qui pousse avec Roi-10 contre mon ACarreauQCarreau. Je remonte à 45,000 et bientôt les blindes passent à 1,500/3,000.

15h30 : Notre table casse après cinq heures de jeu. Je souhaite bonne chance à mes adversaires et salue de nouveaux joueurs en table 5, dont Carine, une des trois dernières joueuses en course, et Stéphane, joueur local « grande gueule » habitué des casinos. Je m’assois et vois Sébastien (un autre) éliminer un joueur avec 88 contre 33. Gros pot.



Stéphane

15h32 : Je ne suis pas un expert en jeu short-stack (pas que je sois bon en deep-stack non plus d’ailleurs) et ne sais pas trop quoi faire avec 15BB et les mains semi-légitimes que je reçois en début de parole : 22, 44, Roi-Valet… Dans le doute, je passe. Je n’ai vraiment aucune envie de sauter maintenant. Mon objectif étant désormais simple : apparaître sur la photo souvenir des finalistes.

16h06 : Les éliminations défilent, le compteur des blindes aussi, mon tapis n’augmente pas, bien au contraire, nous ne sommes plus que 36 et devons désormais poser 2,000 et 4,000 à notre tour. Je min-raise avec ATrèfleKTrèfle et prends les blindes, fais tapis pour 8BB avec As-8, et la grosse blinde est assez sympa pour jeter la même main.

16h18 : Plus que trois tables ! Blindes 2,500/5,000. La finale est à portée de main, mais avec mon stack, je suis plus proche de la sortie que de la gloire. Moi et mes adversaires restons silencieux, les conversations badines ont laissé place à la nervosité. Yann tente de détendre l’atmosphère en se baladant autour des tables avec un plateau où est posé une pancarte « Bad Beat ». « Qui veut un bad-beat ? Prenez les commandes ? » Je lui en demande un pour toute ma table, sauf moi. Je ne veux toujours pas sauter et passe une paire de 77 après une relance. Je veux rester en contrôle en étant le premier à faire tapis avec de la fold equity. Là, j’aurais été payé à tous les coups, et pas forcément en position dominante.

16h40 : LE coup de chance de mon tournoi, celui qui va me permettre d’aller (presque) jusqu’au bout. Benoît limpe pour 6,000. Un autre joueur fait de même. A mon tour, j’envoie mon tapis pour 32,000 avec une main pas trop dégueulasse : ACoeur9Coeur. Mais Benoît était en train de piéger : il me paie dans la foulée avec ACarreauQCarreau. Miracle des miracles, je trouve un 9 sur la rivière ! Je passe à 80,000 et m’excuse sincèrement auprès de Benoît, qui a bien joué le coup et ne méritait pas de perdre. « Tout à l’heure j’ai envoyé tapis avec mes Rois et personne n’a payé, je voulais varier un peu… »

16h53 : La honte : j’arrive encore à me planter dans la distribution des cartes à ce stade de la partie. Misdeal ! Je suis rouge de confusion. Nicolas fait un strike, éliminant deux joueurs avec As-Roi contre Dame-Valet et As-Dame. Je jette encore de bonnes mains, comme ACarreauJCarreau, dès que je vois trop d’action.

16h56 : Blindes 4,000/8,000. Nous sommes 21, la moyenne est de 80,000, moi j’ai 70,000.

17h01 : Deux As ! Encore ! Et pourtant, je vous assure que ce n’est pas moi qui mélangeais le paquet lors de ces coups de pot inespérés. Et en plus, je suis servi : un joueur fait tapis après ma relance. Normal, il possède As-Roi et je double une fois de plus sans difficultés. J’ai 150,000 et les demi-finales débutent : nous ne sommes plus que 20. Allez, encore quelques efforts !

17h10 : Nom de Dieu, paire d’As… La troisième de la journée ! Et je trouve encore un joueur (Nico) pour mettre tapis avec une belle main : As-Valet. Je l’élimine et passe à 240,000. Je perds 37,000 juste derrière lorsque Romain gagne un flip avec As-Roi contre ma paire de 10.

17h20 : Carine est éliminée en 17ème place. Ce WiPT Tarbes est désormais un « Men Event ». De mon côté, je passe encore et toujours de belles mains lorsque les gros tapis s’excitent : un As-Dame de plus jeté à la poubelle sans avoir investi un jeton. C’est sans doute l’enseignement technique que je tirerai de cette étape : il ne faut pas hésiter à refuser certains spots paraissant pourtant évidents, jouer serré plus que raison pour attendre des situations un poil plus sûres.

17h25 : A mon tour de striker : j’élimine Guy (un des rares rescapés de ma table de départ) et un autre joueur lorsque mon As-Roi tient à tapis avant le flop contre As-7 et Roi-Valet. Nous ne sommes plus que dix et le main par main commence autour des deux dernières tables.

17h40 : Je relance avec KPique9Pique et Romain envoie son tapis. Je n’ai pas beaucoup à ajouter, je suis obligé de payer : il me montre TTrèfleTCarreau. Le board : ATrèfle9Coeur3Coeur8TrèfleKCarreau. J’ai commis une horreur de plus, mais Romain ne part pas en dixième place les mains vides : d’ordinaire, seuls les neuf premiers sont primés lors des étapes live du WiPT (avec des "miles" à dépenser sur Wina), mais ma présence décale naturellement l’échelle des prix d’un cran.

17h41 : Et voilà : pour ma toute première participation au Winamax Poker Tour, je suis en finale, et avec le plus gros tapis qui plus est !

A suivre…

Dans la tête d'un couvreur

- 1 décembre 2013 - Par Benjo DiMeo

Un reporter au départ d'une étape WiPT



09h40 : Parc des Expositions de Tarbes. Le coup d’envoi du cinquième week-end d’étapes live du Winamax Poker Tour 2013/2014 est sur le point d’être donné. En ce samedi, ils sont plus de mille joueurs sur la ligne de départ aux quatre coins de la France : Angers, Clermont-Ferrand, Reims, St-Etienne, et donc Tarbes, où le WiPT est venu poser ses valises pour la première fois en trois années d’existence. Parmi les quelques 120 joueurs Pyrénéens ayant sauté du lit tôt ce matin pour disputer l’étape individuelle, on trouve un imposteur, une incruste, un pistonné : moi. Ben oui, après deux ans à vous observer sur le plus grand circuit amateur de France, carnet, crayon et appareil photo en main, je me suis dit que j’avais envie de me mettre à votre place, et ressentir le grand frisson du WiPT.

09h46 : Yann et Steven, émérites Tournament Director de la région Sud-Ouest, donnent au micro les dernières consignes avant le départ. « Nous serons justes mais fermes », prévient Yann, rappelant la règle la plus importante : il faut être assis à son siège au moment de la distribution des cartes, sous peine de voir celles-ci « brûlées » d’office.

09h50 : Employé au support client de Winamax, mon collègue Cédric est le représentant officiel de la boîte sur cette étape de Tarbes. Il annonce ma présence au micro, expliquant que je dispute pour la première fois une étape du WiPT afin de réaliser un reportage « en immersion ». Je rassure mes adversaires à la table : en tant que salarié Wina, je compte pour du beurre et ne peux prétendre à aucun des prix mis en jeu dans le tournoi. « Je suis là pour donner mes jetons », dis-je en rigolant. « Mais peut-être aussi pour prendre les vôtres », j’ajoute, menaçant.

09h57 : Allez, faisons connaissance avec mes huit adversaires :

Siège 1 : Sébastien
Siège 2 : Alain
Siège 3 : Gilles
Siège 4 : Alexandre
Siège 5 : Un joueur absent qui ne se pointera pas.
Siège 6 : Moi !
Siège 7 : Cédric
Siège 8 : Jean-Marc
Siège 9 : Guy
Siège 10 : Christophe



10h02 : Shuffle up and deal ! Comme tous les autres joueurs, je dispose d’un capital de départ de 15,000. On entame le tournoi aux blindes 50/100. Je suis nerveux. Je n’ai rien à gagner à jouer ce tournoi, mais j’ai envie de bien faire.

10h10 : Démarrage en douceur. Peu d’action, et peu de conversations. J’observe mes adversaires, essaie de jauger le degré d’expérience de ceux-ci. A ma droite, Alexandre semble intimidé. Probablement pas un habitué du live, au contraire de mon voisin de gauche Cédric, qui a déjà chaussé lunettes de soleil et écouteurs, et arbore l’écusson de son club, le Pau Poker Club.

10h21 : Je remporte mon premier coup contre Alain juste avant la première augmentation des blindes. Avec KPiqueQPique, je trouve un beau flop KTrèfle6Pique4Pique. En revanche, je ne trouve pas ma couleur, et heureusement, car Alain me montre APique4Pique au showdown. Mon tournoi aurait pu se terminer très vite. Venu de Biscarosse avec son épouse, Alain a fait de la route, mais cela ne le gêne pas : « J’ai longtemps vécu à Tarbes, ça fait plaisir d’y revenir. »

10h34 : Je vois un flop avec 9Trèfle6Trèfle et engage quelques jetons après un flop 8Pique7Pique3Trèfle avant d’abandonner sur le turn, un autre 8Trèfle. Gilles remporte le coup sans avoir à montrer ses cartes.

10h37 : Alors qu’une pluie battante tombe dehors, voilà la première élimination, on aura attendu un petit moment. Elle ne se produit pas à notre table, qui est plutôt serrée.

10h39 : Premiers signes d’agacement chez les joueurs expérimentés de notre table face aux « newbies » qui mélangent et distribuent les cartes avec lenteur et ne sont jamais vraiment sûrs que c’est à leur tour de jouer. « Relax, il s’agit d’un tournoi amateur rempli de joueurs qualifiés gratuitement sur Internet », dis-je pour tenter de l’apaiser. C’est vrai, inutile de stresser les débutants plus que raison, quoi !



Sébastien et Alain

10h44 : Les blindes sont passées à 100/200. Je relance ACarreauKCoeur et Sébastien défend sa grosse blinde. Sébastien semble souffrir d’un déficit d’attention chronique : il faut lui rappeler que c’est son tour de jouer sur quasiment chaque coup, provoquant moult soupirs chez ses adversaires, ou des sourires pour les plus indulgents. Ce qui ne l’empêche pas de pratiquer un poker agressif et illisible : ce malin donk-bet sur le flop 7Pique6Trèfle4Pique, me forçant à abandonner.

10h50 : Jean-Marc floppe un brelan de 5 contre Cédric, qui abandonne sa paire de Rois sur le turn. Il faut dire qu’il y avait un As sur le flop, la décision n’était donc pas difficile.

11h06 : Un joueur limpe, je décide de faire de même au cut-off avec 9Pique7Pique. Au bouton, Cédric envoie 900. « Comme tu as l’air malchanceux aujourd’hui, je vais payer », dis-je en rigolant. Je rajoute les 700 demandés et effectivement, je trouve le jackpot sur le flop 8Pique6Pique5Carreau. Je check/raise son c-bet de 1,000 du montant minimum, il me paie dans la foulée. Le turn est un JTrèfle, j’envoie et suis payé en un instant. La rivière est un KPique qui améliore encore ma main : je pousse mes derniers jetons, à peu près 6,000. Cédric réfléchit à voix haute, annonce un brelan chez moi, et jette sa paire de Dames. Je montre ma quinte floppée (j’ai annoncé dès le départ que je montrerai tout le temps mes cartes), et Cédric, qui vient une fois de plus de perdre avec une belle main, ne cache pas son agacement : « Comment tu peux payer hors cote ? » Je pourrais lui expliquer que ma main était facile à jouer, qu’elle était invisible au flop, que les jetons gagnés justifiaient bien le petit investissement préflop, mais je ne dis rien, car je suis agacé aussi : si j’avais check/raise plus cher au flop, j’aurais pu tout prendre au turn, au lieu de lui offrir la possibilité de jeter sur la rivière.

11h09 : Désormais short-stack, Cédric joue le tout pour le tour avec KCoeurJCoeur : Guy l’élimine avec deux Dames. Cédric s’en va, pas content. « Si c’était pour jouer comme ça, c'est pas la peine… » Je me dis que certains prennent peut-être cette compétition amateur trop au sérieux, mais je reste silencieux, car après tout je suis un passager clandestin, qui dispute ce tournoi sans être passé par les étapes de qualification en ligne. Profil bas !

11h10 : Emmanuel vient s’asseoir à la place vide laissée par le joueur absent à ma droite, tandis que Jean-Yves s’assoit à ma gauche, remplaçant Cédric. Guy me confie qu’il est plutôt content d’avoir éliminé Cédric : « Il est président du club que j’ai quitté, on n’avait pas la même philosophie du poker. » Guy fait désormais partie du Béarn Poker Club.



Christophe

11h30 : Le rythme s’accélère, les applaudissements annonçant chaque élimination se font de plus en plus nombreux. A notre table, Alexandre paie son tapis sur le turn avec une ventrale. Christian possède la top-paire et élimine le débutant, qui nous dit être « pressé d’aller manger ». Et peut-être aussi intimidé par l’expérience du poker en live. J’espère qu’il reviendra l’année prochaine avec un peu moins d’inhibitions.

11h41 : Je relance à 800 avec une paire de 7, je me fais payer trois fois et trouve encore un flop parfait : 7-2-2 ! Merde, comment faire de l’argent là dessus ? Je checke, comme tout le monde. Le turn est un 6 et seul Gilles paie ma petite mise. La rivière est une Dame et Gilles prend l’initiative. Je relance à 2,500 et il jette immédiatement, sa tentative d’arrachage à échoué. Je montre mes cartes, bien entendu.

12h01 : Les blindes sont désormais de 250 et 500. Un full, une couleur, j’ai bien débuté mon tournoi : j’ai maintenant 24,000. Je relance As-Valet en fin de parole. Les blindes défendent et là encore, Sébastien donk-bet sur le flop hauteur 10. Je suis obligé de passer.

12h03 : « C’est à qui de jouer ? » demande Sébastien pour la 150ème fois depuis le début du tournoi. « C’est au con qui demande ! », qu’on répond en cœur pour la 150ème fois. Sébastien est Parisien mais habite à Tarbes depuis deux ans, où il travaille comme cuisinier. Il est un peu perdu mais ne cesse d’accumuler des jetons.

12h12 : Christophe trouve deux paires au flop avec As-Valet mais n’ose pas miser sur la rivière, dommage car avec As-Roi et la top-paire, Jean-Marc l’aurait sûrement payé.

12h17 : Jean-Yves est éliminé par Sébastien sur un coup inévitable, KCarreauTCarreau contre KTrèfleQCoeur à tapis sur un flop QCarreauKCoeur2Carreau, le turn et la rivière ne changent rien. Puis Alain double son tapis avec un carré floppé : Christophe est malchanceux avec sa paire d’As !



12h20 : Pause-déjeuner d’une heure. Il reste 92 joueurs sur les 113 qui étaient au départ deux heures plus tôt. J’ai 21,000 jetons et me jette sur les victuailles apportées par Yann : charcuterie et fromage, miam !

A suivre…