Jordane Guillet dissipe le mystère

- 3 octobre 2022 - Par Benjo DiMeo

Introduit avec fracas lors du WPO Madrid, le format Mystery KO était de retour à Bratislava... et de nouveau, il n'a eu aucun mal à remporter tous les suffrages lors de la dernière journée du festival. Nous avions de la place pour 500 inscrits, pas un de plus... et c'est à peu près le nombre d'entre vous qui faisaient déjà la queue deux heures avant le coup d'envoi, au sein d'une file d'attente s'étirant jusqu'à l'extérieur du casino ! Une fois le coup d'envoi donné, les primes aléatoires pouvaient commencer à tomber à chaque élimination. Des goodies Winamax d'abord puis, une fois les 72 places payées atteintes, le gros morceau : des espèces sonnantes et trébuchantes, sous la forme d'enveloppes à tirer au sort dans l'urne prévue à cet effet dans un coin de la salle. Un quart du prizepool - soit 25 000 € - était réservé à ces enveloppes, avec des sommes à gagner comprises entre 100 et 5 000 €.

Jordane Guillet Mystery KO
Dans un élan d'excitation tout à fait pardonnable, les organisateurs ont commis un petit impair en début de soirée, lançant la machine à confettis prévue pour l'ouverture de l'enveloppe maximum, alors que venait d'être révélée une enveloppe à 1 000 euros "seulement"... Pas bien grave en fin de compte : si l'on avait attendu le bon moment, ce n'est qu'à quatre heures du matin que la machine aurait été mise en marche ! Oui : la prime à 5 000 € a été ouverte en table finale, durant les dernières orbites de la partie. Et celui qui l'a ouverte, c'est le vainqueur final : Jordane Guillet.

"C'est mon troisième tournoi live", nous dit le Nantais, qui dans le civil fabrique des pièces de sous-marin pour le compte de l'armée française. Jordane avait déjà joué la Grande Finale du Winamax Poker Tour il y a quelques années, après avoir gagné l'étape freeroll organisée dans sa ville. Mais c'est à Bratislava qu'il a sorti l'artillerie lourde. Devant nous, il compte les tickets correspondant aux joueurs éliminés après la bulle : dix en tout, pour un total de 6 800 €. Un montant qui vient s'ajouter aux 10 700 € remportés sur l'échelle des prix classique de ce Mystery Bounty.

C'est de loin le plus gros gain de la carrière amateur de Jordane : "Si on m'avait dit ça, je ne l'aurais jamais cru ! Je n'ai jamais mis plus de 20 euros dans un tournoi de poker." Ce qui ne l'empêche pas d'avoir accumulé un beau palmarès sur les MTT les plus accessibles de Winamax. "J'ai gagné entre 5 000 et 6 000 euros online en jouant les petits tournois", détaille-t-il, citant deux victoires sur des Monster Stack à 10 euros et un podium sur le Pour la Daronne. "Je ne joue jamais les tournois à 50 ou 100 euros." C'est poussé par un ami qualifié sur Wina que Jordane s'est décidé à venir à Bratislava. Et après son élimination sur le Main Event, c'est le même ami qui l'incitera à jouer le Mystery KO, une épreuve qu'il n'avait pas prévue de jouer. Il faut écouter ses amis : au terme d'une finale où il aura affronté, entre autres, Rosalie Petit (3e pour 5 410 euros), Jordane remporte le 23e et dernier trophée du WPO Bratislava. Bravo !

Monster Stack : Beu_C a bien bossé

- 3 octobre 2022 - Par Benjo DiMeo

Sébastien Lesoif Monster Stack
« Ha, mais c’est Beu_C qui a gagné le Monster Stack ? Trop content, c’est un chouette mec ! »

Cette phrase était sur pas mal de lèvres dimanche soir à Bratislava, tandis que les dernières épreuves du festival livraient leur verdict. Et en retour, le semble-t-il très apprécié Sébastien Lesoif avait pas mal de noms et pseudos à citer pour expliquer sa victoire sur l’un des plus gros side-events du WPO (606 inscrits, 160 590 € de prize-pool) : « Corentin [Crypto_Nit], Nicolas Burtin [Cap Haddock], RobinDesNOiX [Sylvain Cisterna], Lorenzo Lavis, Rosalie [Petit], Simon Wiciak [LURAKEN], 'Puceo'… » La liste de regs et longue, et pour Sébastien, c’est une certitude : « C’est grâce à eux que j’ai ‘step-up’. »

Le joueur de Cherbourg a clairement pris du galon depuis ses premières perfs en live… C’était il y a sept ans : Beu_C s’illustrait sur le WPO Dublin avec une première finale sur un Turbo à cent balles. Plus tard, on l’a recroisé à Lloret de Mar, en demi-finales du Sunday Surprise. Et il y a quelques mois, il aurait bien pu éclater au grand jour sur le Main Event du WPO Madrid - mais son parcours s’était arrêté en début de Day 3, pas loin de la finale, à une frustrante 23e place.

Tout cela est oublié. À Bratislava, Seb - qui avait disputé une première finale en milieu de festival sur le Tornado KO remporté par le poto Crypto_Nit - est allé chercher son premier trophée en live : il quitte la capitale slovaque plus riche de 28 375 €. Pas mal pour quelqu’un d’ordinaire plus à l’aise en ligne, où il a notamment remporté une épreuve des Winamax Series (un 50 € KO joué en 4-max) et un tournoi du Circus (le Heads-Up à 30 € l’entrée). Sans compter ses succès sur les autres sites.

Avant le duel final sur le Monster Stack, Sébastien a conclu un deal amical avec son dernier adversaire, négociant 26 375 € pour lui, 25 000 € pour Clément Coste, et 2 000 € pour le vainqueur du match. Pas rancunier, Clément s’est glissé avec plaisir sur la photo finale (c’est lui à gauche avec la casquette). « C’est ma plus belle perf en live, et la seconde plus belle si on compte le online », nous dit Clément par texto. En 2020, il avait effectivement fêté Noël en s’offrant 26 000 € sur la MERRY 6-MAX à 50 € l’entrée.

« La partie était bien relevée, même à partir de 18 joueurs restants », rembobine Clément à propos du Monster Stack. C’est vrai : autour des trois dernières tables on pouvait reconnaître Julien « Monteirozor » Ehrardt, un des plus anciens regs de Winamax et Red Diamond depuis toujours ou presque (15e). Et la star du Stream Gang Hadrien « ViensMonAgno » Gallois a bullé la table finale… « Je suis un régulier amateur », poursuit le runner-up. « J’ai connu le WPO Dublin en 2011 et 2012 (le Regency <3 !), des périodes de grind sympa entre 2011 et 2013 (Top 50, 5 Majeur <3). Puis une douce reprise en 2017/2018 (Kill the People, After Work, Big Bang). Et puis le confinement : Prime Time Funday, Prime Time Classique, Monster Stack 10 et 50 €, Pour la Daronne, et trois finales Winamax Series. Mais aussi des périodes de bon down. Les dures lois du poker ! » Des dures lois qui n'étaient pas en vigueur à Bratislava, lui permettant de quitter le festival largement dans le vert. Sans le trophée, certes, mais tout de même sur la photo souvenir !

Deux doublés in extremis

- 3 octobre 2022 - Par Benjo DiMeo

Sur la toute dernière ligne droite du festival, Benjamin Hammann et Cécile Cazajus remportent leur deuxième tournoi du WPO

Aussi difficiles à réaliser qu'ils soient, les "back to back" sont monnaie courante sur les festivals online de Winamax. À chaque édition des Series, la rédaction n'en finit pas d'énumérer les pseudos ayant réussi un doublé. Parfois, ils se produisent lors de la même soirée. Parfois, il y en a qui réussissent un improbable triplé !

Sur nos festivals live, c'est une autre paire de manches. Forcément : il y a beaucoup moins de compétitions au programme. Si l'on enlève du calendrier de Bratislava les tournois satellites, les tournois pas "open" (Ladies et Media Event), le Face the Pros (qui n'est pas un MTT) et les Deglingos (on les adore, nos flashs de minuit, mais pas au point de remettre des trophées aux gagnants !), il nous reste un total de 21 récompenses à gagner l'espace d'une semaine. Soit un tout petit dixième du programme des Series... C'est ce qui rend les exploits de Benjamin Hammann et Cécile Cazajus d'autant plus ahurissants : au cours des toutes dernières heures du WPO Bratislava, alors que le soleil allait bientôt se lever sur la capitale slovaque, tous deux sont allés chercher une seconde victoire in extremis !

Benjamin Hammann - Royal Omaha
Après sa victoire sur le Sprint mardi soir, Benjamin Hammann a démontré qu'il était tout aussi adroit quatre cartes en main, remportant un Royal Omaha à l'affluence réjouissante (148 inscrits). C'est donc une victoire un poil plus lucrative qu'il acquiert en toute fin de festival : 6 280 € contre 1 730 € cinq jours plus tôt. Si l'on ajoute le Battle Royale remporté en mai à Madrid, le Breton compte désormais trois trophées WPO sur ses étagères...

Cécile Cazaus - Rodeo KO
On vous disait que les doublés en live sont rares. Les victoires féminines le sont encore plus... et c'est une Cécile Cazajus aux anges que l'on a croisé une seconde fois devant le Trophy Wall du WPO, après une nouvelle victoire en Knockout. Après le Wanted, c'est le Rodeo que la joueuse de Toulouse a emporté, toujours avec le soutien de sa large bande de potes, dont notre streamer Chance44, sa copine (et gagnante du Ladies !) Mijon Lybliamay, ou encore Clément Muller, à la fois son coach et son compagnon.

"J'étais qualifiée pour le Day 2 du Monster Stack" rembobine Cécile. "J'avais 15 ou 16 blindes. J'ai joué deux mains, toutes deux perdues préflop. Du coup, je suis sortie un peu frustrée de pas avoir pu trop jouer..." Le Rodeo KO programmé en concurrence a fait office de belle soupape pour satisfaire la soif de compétition de Cécile. "En plus, le premier tournoi KO s'était bien passé, alors que je disais à Mijon que je n'aimais pas trop ça, les Knockout !" En finale, le doublé n'était pas acquis d'avance. "Toute la TF était difficile, le joueur à ma gauche était très, très bon. C'est celui contre qui j'ai terminé le tournoi. J'ai eu pas mal de difficultés, il était meilleur que moi. Mais c'est ce qui est bien avec le poker : on peut quand même gagner contre plus fort que soi !"

Après Bratislava, Cécile va retrouver son rythme de jeu habituel : deux ou trois sessions par semaine, toujours coachée par son chéri. Jusqu'au prochain festival Wina ? "C'est certain ! On est tous motivés. Vive le 6-max !" Mais au fait : ce signe sur la photo, qu'es-ce donc ? "C'est le nom de l'équipe de filles qu'on a montée avec Mijon : le "L". Tout simplement !

Les plus beaux gagnants de la semaine ?

- 3 octobre 2022 - Par Benjo DiMeo

Guillaume et Nathanaelle
Quittons un instant le casino de Bratislava, et traversons la rue. Là, devant le Palais Présidentiel slovaque, se joue un heads-up d'un autre genre, mais aux enjeux tout aussi importants. Après quinze ans de vie commune, Guillaume de Toulon a posé LA question à Nathanaëlle.

"Il fallait y aller, c'était le bon moment. On partage une passion commune pour le poker", nous explique Guillaume après coup.

Dans ce duel fatidique, Nathanaëlle a payé la mise à tapis de Guillaume, qualifié pour le WPO grâce à un package gagné en ligne. Aucun d'entre eux ne bluffait : tous les deux ont gagné. Félicitations aux futurs mariés !

Les ultimes sprinteurs

- 3 octobre 2022 - Par Benjo DiMeo

Maxime Sueur et Simon Vaur remportent les deux derniers turbos du WPO Bratislava

Maxime Sueur Sprint Saturday
C'est à l'approche de la dernière ligne droite du festival que Maxime Sueur est allé chercher son premier titre en live. Cette victoire à 4 565 € acquise devant les 235 autres inscrits sur l'avant-dernier Sprint est salvatrice, remettant d'équerre une semaine jusque-là mal engagée. "J'ai tout blank !", confie-t-il en rigolant. En français : Maxime a enchaîné les inscriptions sans parvenir à tirer son épingle du jeu. Jusqu'au Sprint de samedi soir, donc... sur un tournoi qu'il n'avait pas prévu de jouer initialement. "Mais il n'y avait pas de file d'attente au comptoir des inscriptions. Du coup, je l'ai rejoint en late reg." Avance rapide quelques heures plus tard : le joueur de Saint-Quentin n'a plus qu'un seul joueur à battre, Thomas Vassal... mais ne se voit pas encore soulever le trophée. "En heads-up je suis tombé à une grosse blinde contre vingt ! J'ai dû me mettre à tapis d'office..." Incroyablement, après une miraculeuse série de coups à tapis victorieux, Maxime parviendra pourtant à reprendre l'avantage.

Ayant déjà goûté aux joies des festivals Winamax à Dublin et Lloret de Mar, Maxime a remis le couvert à Bratislava en compagnie d'une bande de potes. "C'est chouette de mettre des têtes sur des pseudos." Et à 29 ans, il fait partie d'une espèce de joueurs rarissime en France : ceux qui déclarent rubis sur l'ongle tous leurs gains... tout en continuant de se définir comme un amateur ! Il faut dire que ses rentrées d'argent au poker ne sont pas négligeables. "Je suis conseiller en téléphonie, mais l'an passé, j'ai gagné environ 70 000 euros aux tables." Et ce, plus surprenant encore, sans décrocher de titre majeur, mais plutôt en accumulant de très belles places d'honneur en ligne : deux podiums sur les Winamax Series, notamment, et des qualifications pour le Day 3 de notre plus gros tournoi du trimestre, le 4 Million Event, à deux reprises (16e et 30e places).

Simon Vaur
Avec son horaire de départ tardif (21 heures) et sa structure rapide (augmentation des blindes tous les quarts d'heure), le Sprint n'est que rarement le premier choix des joueurs du Winamax Poker Open au moment d'établir leur programme quotidien. Il fait plutôt office de seconde (dernière ?) chance de la journée. Prenez par exemple Simon Vaur (à gauche sur la photo) : à l'heure du coup d'envoi de l'ultime Sprint du festival dimanche soir, le Normand se serait bien vu encore en course dans le Main Event - mais il avait sauté tard la veille, en 27e position - ou sur le Rodeo KO - mais il avait sauté peu avant minuit. C'est à ce moment-là que le turbo quotidien au programme a rempli son office. "On est dans la file d'attente pour échanger nos bounties, et là on voit qu'il reste 4 minutes pour s'inscrire au Sprint. On a préféré jouer à ça plutôt qu'au Black Jack !"

Simon dit "on", car comme pour beaucoup d'autres participants au festival, le WPO est avant tout une histoire de copains. À côté de lui sur la photo souvenir, il y a Kevin, mais en tout ils sont cinq à avoir fait le voyage Bratislava. Tous des vieux potes d'études. "On a tous commencé le poker il y a une douzaine d'années. Des parties en 5/10... centimes !" Le groupe est resté solide au fil des années, se retrouvant à Marrakech, Dublin, et aujourd'hui Bratislava. "C'est la grosse réunion, le noyau central du poker universitaire !" Quand l'échelle des prix du Sprint a été dévoilée à la fermeture des inscriptions, Simon a réalisé qu'une seule place rapportait plus d'argent que son deep-run de la veille : la première. Peu avant quatre heures du matin, l'objectif était accompli : vainqueur pour 2 890 €, il battait son high score de 2 700 € obtenu sur le Main Event. "Quand il veut un truc, il l'obtient", rigole Kevin.

Basé à Evian, Simon travaille de l'autre côté de la frontière, en Suisse. "Je suis dans une boutique qui fait de l'achat/vente de produits de luxe d'occasion. Un métier passion." Cette victoire constitue le point culminant (jusqu'à aujourd'hui) d'une carrière de joueur purement récréatif. "J'ai toujours grind, y compris online, mais le Sprint est ma première vraie perf'. Le dernier résultat, cela remonte à mon dernier WPO : j'avais fait ITM."