Une première qu'il n'oubliera pas

- 3 octobre 2022 - Par Flegmatic

Deividas Daubaris remporte le plus gros tournoi de l'histoire de Winamax
Le professionnel lituanien décroche sa première victoire en live et un chèque de 120 000 €

Deividas Daubaris Winner Photo Groupe

Il nous avait prévenu lors de son interview pré-table finale : Deividas Daubaris ne craignait aucun de ses six derniers adversaires, confiant en ses chances de ramener la coupe chez lui, à Vilnius. Il faut dire que cet été, le Lituanien s'était frotté aux meilleurs joueurs de la planète sur les High Rollers de l'Aria et quelques-uns des tournois les plus chers et les plus relevés des World Series of Poker. Vous avez d'ailleurs été nombreux à vous en rendre compte avant nous sur notre chaîne Twitch : ce joueur responsable de l'élimination express de Pierre Calamusa sur un setup paire d'As contre paire de Rois, dans un épisode de Dans la Tête d'un Pro devenu légendaire... c'était lui ! Sans le savoir, Deividas venait de signer sa première victoire face à Winamax. La deuxième aurait un peu plus de saveur et de retentissement.

Tout au long de ce Day 3, il a évolué à l'écart des projecteurs. Lors des demi-finales, c'est sur la table extérieure qu'il a doublé son tapis sans jouer de gros pots. Puis, dans la première moitié de la TF, il s'est effacé entre la stature internationale de Nacho Barbero et l'attention que la communauté française portait à Adrien Guyon. Surtout, il a mis du temps à se mettre en action, sa finale ne démarrant vraiment qu'après deux bonnes heures et un double up signé dans la douleur. Même lanterne rouge à cinq joueurs restants, avec moins de dix blindes, il ne s'est jamais précipité, attendant de recevoir... une paire d'As, pour doubler contre un Stefan Baczynskyj qui n'a pas bien su profiter de son statut de chipleader. "J'étais le short, donc mon plan était basé sur le respect des spots que je devais jouer, détaille l'intéressé. J'ai essayé de profiter de ce que je pouvais, et ça a bien fonctionné. J'ai eu de la chance lors des moments-clés, je ne peux pas me plaindre."

Deividas Daubaris

La machine était alors enfin lancée. Plus Deividas Daubaris récupérait des jetons, grâce à une agressivité savamment dosée et une bonne science des timings, plus il devenait dangereux, au point de nettement dominer la phase à trois. Et même après avoir fait doubler coup sur coup Adrien puis Romain Semler, c'est au coude à coude avec le Poitevin qu'il attaquait le heads-up. Sûr de sa force et de son edge, il s'est même permis de refuser deux fois un deal. Une assurance à la limite de l'arrogance qui se voit bien souvent punir par les dieux du karma. Mais pas cette fois. Cette fois, la réussite allait le suivre jusqu'au bout, dans une série de double ups intervertissant les positions des deux joueurs, avant l'estocade finale.

"Je suis vraiment heureux d'avoir réussi à gagner face à un field aussi vaste, s'est confié notre champion. Battre plus de 2 000 joueurs, c'est très difficile. Il faut forcément un peu de chance à certains moments, mais au final, j'ai juste essayé de jouer mon jeu. Mon meilleur jeu." Nul doute que l'habitude de jouer à des limites nettement plus élevées, en live comme online, l'a aidé à se détacher des enjeux. Là où d'autres regardaient peut-être davantage les paliers, conscients de vivre leur proverbial one time, Deividas semblait bien plus relâché. "Je suis venu avec mes amis, je pense que cela s'est vu, ajoute-t-il, rendant indirectement hommage à son rail, aussi fourni que bruyant. Nous l'avons pris comme des vacances. Mais j'étais aussi motivé pour venir parce que j'avais entendu que les tournois Winamax étaient remplis de joueurs très agressifs, comme on peut en trouver à Las Vegas."

Deividas Daubaris

Et alors, comment a-t-il vécu ce baptême du feu sur l'un de nos festivals ? "J'ai vraiment adoré jouer en 6-max. Ce n'est pas si courant. Il y avait beaucoup d'action, j'ai pris énormément de plaisir. Tout ce que j'aime !" Notre grand vainqueur a même réussi à trouver les mots qui nous vont droit au cœur. "Ce qui m'a particulièrement frappé, ce sont les nombreux efforts et la passion que tout le staff Winamax a mis dans la réalisation de cet événement. Comparé à d'autres festivals, cela ne fait aucun doute : le WPO est unique."

Unique, comme cette toute première victoire en live, qui en appelle d'autres. "Je n'ai pas l'habitude de me voir sur un écran. Il va falloir que je m'y habitue, je compte en jouer beaucoup des tables finales," nous a-t-il glissé en milieu de TF, alors qu'il regardait le streaming derrière notre épaule. Si on l'y recroise, cette moustache ne passera plus inaperçue.

Winamax Poker Open Bratislava - Main Event 500 €
2 221 inscrits (re-entries inclus) - Dotation 977 240 €

Deividas Daubaris Winner Photo

Position Prénom Nom Pays Prix
Vainqueur Deividas Daubaris Lituanie 120 000 €
Runner-up Adrien Guyon France 88 000 €
3e Romain Semler France 65 000 €
4e Stefan Baczynskyj France 47 000 €
5e Jose Ignacio Barbero Argentine 35 000 €
6e Igor Mataruga Serbie 25 000 €
7e Nicolas Tytgat France 18 140 €

Guyon, c'était bon

- 3 octobre 2022 - Par Rootsah

Adrien Guyon passe à une marche d'un premier gros titre en live
Tombé sur un adversaire parfois déroutant en HU, il remporte 85 000 €

Main Event 500 € (Heads-up)

Guyon bust
Il n'y avait plus une place dans le rail. Tous les sièges, et même plus, étaient occupés pour voir ce heads-up, à tel point qu'il devenait difficile de circuler autour du plateau télé. Il faut dire que malgré la profondeur toute relative des tapis (30 BB contre 25 BB), le duel s'annoncait prometteur, entre un Adrien Guyon en train de vivre le meilleur moment de sa carrière live, et un joueur lituanien, Deividas Daubaris, jusqu'ici inconnu mais visiblement compétent. Malheureusement, la roue n'a pas tourné dans le sens espéré.

Guyon 1
Tout n'avait pas commencé sous les meilleurs auspices pour Adrien, qui voyait son adversaire réussir un call gagnant au bout de 20 minutes avec 3e paire sur un tableau 3J10AK. "Justement le genre de main que je voulais lui faire fold", expliquait Adrien après coup, qui avait tenté l'arrachage avec 9-9 sur la river. Pas grave : Adrien, qu'on sent déjà un peu submergé par l'émotion, pousse ensuite son adversaire à miser, alors que le Poitevin détient deux paires, et n'a plus qu'à payer pour revenir dans la course. Mais visiblement amateur de hero calls, Deividas Daubaris en remet une couche, en payant une mise turn avec hauteur Dame quand Adrien détient un flush draw : "Piubellavida" décide de ne pas bluffer la river, et concède le pot avec une hauteur inférieure. "Ce call était nul à chier," déplorait ensuite Adrien en debriefant avec ses potes. Le Lituanien, repassé devant, tente alors d'achever le Français préflop, en poussant A8. Adrien y va avec KJ, et trouve une flush dès le turn d'un tableau Q653J.

Guyon DU
Le voilà qui s'envole alors à 87 millions, laissant une dizaine de blindes à Deividas. Puis dans un pot limpé sur un flop 284, le Lituanien check/raise une mise payée par Adri. Sur le turn, un A, Deividas mise une blinde, l'ex-Top Shark part à tapis avec 34, et se fait call par 108. La river blank, et la Lituanie revient à 20 BB.

Adrien HU
Arrive alors le coup qui va tout changer dans ce duel : Deividas complète juste sa small blind avec AJ au bouton, et Adrien raise logiquement son A 9. Le Lituanien envoie la boite, l'ancien pro W s'aligne, et perd ce coup capital après un board 257610.

Adrien jetons
A ce moment, il ne reste plus que 5 BB au Français, qui va prendre son temps avant d'engager ses derniers jetons, attendant un A8 largement suffisant. Avec K6, Deividas paye, et fait directement deux paires sur le flop K610. Le turn 7 laisse 4 outs à Adrien, mais le 2 enterre définitivement ses espoirs de titre.

Adrien fin
Adrien s'incline donc après une heure d'un combat à couteaux tirés, au cours duquel il ne sera pas passé loin de la victoire. "Tu as fait vibrer 10 000 personnes", lui assurait un pote dans le rail. Adrien, lui, ne semblait même pas abattu : "Franchement, je ne suis même pas déçu, je le suis presque davantage pour mes potes. Peut-être que je me fais vieux... Mon adversaire a eu la réussite indispensable en fin de tournoi, sur les 4 ou 5 coups clés dans lesquels il avait la meilleure main. Moi, j'ai joué très aggro, j'ai montré une tonne de bluffs."

Adrien snif
Adrien semble en tout cas avoir bien eu le palpitant, lui aussi : "J'étais hyper ému, pour plein de raisons. J'ai joué des milliards de mains dans ce tournoi, rencontré plein de gens, certains de mes élèves, il y avait une super ambiance. Je n'ai pas allumé mon téléphone depuis deux jours, pour ne pas être submergé de messages ! Dommage, ce trophée aurait eu de la gueule, posé à côté de ceux des Series. Mais franchement, ce tournoi, c'est full positif. Et il me reste toujours la place pour faire mieux !"

Pour Adrien, qui réussit de très loin sa meilleure perf en tournoi live en banquant un chèque de 88 000 €, c'est maintenant l'heure de fêter cette très belle perf : "Je vais aller jouer 3 000 € à la roulette : je vais essayer d'y gagner les 35 000 € de différence avec la première place." Alors merci Adri, félicitations... et bonne chance !

Adrien final

Guyon, à fond !

- 3 octobre 2022 - Par Rootsah

Adrien Guyon n'a jamais été aussi proche de valider son one time
À la clé ? 120 000 € et le titre de premier vainqueur du WPO Bratislava
Main Event 500 € (Heads-up)

Adrien Guyon

Il est 23h30 au Casino Banco Bratislava, et le heads-up du Main Event WPO est avancé ! Il opposera donc Adrien Guyon à Deividas Daubaris. Le Français partira devant avec 60 millions de jetons, soit 30 belles blindes, tandis que son adversaire commencera avec 51 100 000, soit 25 BB. Le Poitevin a bien proposé un deal au Lituanien, vu que la taille des tapis est assez similaire : mais comme en 3-Handed, Deividas a refusé, pensant détenir un edge (ou peut-être pour d'autres raisons). Pas grave, l'ex-Team Pro W, déterminé, est fin prêt pour remporter son premier tournoi d'envergure sur le circuit et aller chercher les 120 000 € promis au vainqueur, même s'il confessait que son adversaire était "fort". Il reste une quinzaine de minutes à jouer aux blindes 1 000 000 / 2 000 000, avant de passer à 1 200 000/ 2 400 000. Allez Adrien, y'a plus qu'à !

Devidas Daubaris

Les prix restants

Vainqueur : 120 000 €
Runner-up : 85 000 €

Waterleau perd la guerre du préflop

- 3 octobre 2022 - Par Flegmatic

Romain Semler s'incline en troisième place après une succession de double ups
Le membre de la FNL empoche 65 000 € et pulvérise son meilleur gain
Main Event 500 € (Finale)

Romain Semler

S'il peut exister des retours de pause dîner tranquilles, voire amorphes, sur un tournoi de poker, celui de ce Winamax Poker Open Bratislava est en revanche tombé dans la catégorie des animés. Voire déjanté. Pas une main ou presque ne s'est déroulée sans que le triangle jaune marqué "All-in" ne soit jeté au milieu de la table, et nombre de ces tapis ont été payés. Rembobinons.

Dans les minutes qui ont précédé le dinner break, Deividas Daubaris a posé sa patte sur cette phase à trois, remportant la majorité des pots pour s'envoler à 55 millions contre respectivement 31 et 25 millions chez Adrien Guyon et Romain Semler. Tombé à 19 millions, c'est le Poitevin qui lance le bal des "All-in and call". Mis à tapis par le Lituanien, il voit son A9 tenir contre 108. Des jetons qui repartent en partie du côté de la Baltique, lorsque, après avoir misé 7,6 millions sur la rivière d'un board 7252J, il doit faire face à un shove du Lituanien. Le Top Shark 2015 ne pouvait pas folder plus vite.

Adrien Guyon

Qu'à cela ne tienne, l'ex W rouge retente sa chance dans la foulée avec un très bel AQ, qui reste en tête contre le A8 de Romain. Le pensionnaire de la French No-Limit chute alors à 10 millions soit cinq petites blindes. À son tour alors de prendre le taureau par les cornes, de nouveau muni d'une premium : une paire de Dames noires, qui manque de vaciller contre le K7 de Daubaris le long d'un board 1063810 du genre facétieux.

Mais Waterleau ne s'arrête pas là. Couvert cette fois par Adrien, il n'hésite pas à payer le tapis de ce dernier avec un K7 dominé par A2. Les quatre premières cartes du board laissent les positions en l'état, jusqu'au 7 river, faisant rugir tout le clan FNL, enfin réuni au grand complet dans la salle télévisée. Leur joie allait cependant être de très courte durée. Dès la main suivante, Adrien et Romain s'affrontent de nouveau sur le champ de bataille, pour un résultat inverse : le K10 du premier passe cette fois devant le AQ du second, grâce à l'apparition d'un Barbu dès le flop.

Romain Semler

L'ultime escarmouche se profile et elle prend la forme - quoi d'autre ? - d'un lancer de pièce : paire de 5 pour Romain, A9 chez Adri. Cette fois encore, pour le suspense, la croupière aura le bon goût d'attendre la dernière carte pour délivrer la sentence : un 9 qui crucifie Waterleau et fait exulter le rail pictavien. Pour avoir dominé 2 218 entrants et bataillé pendant trois journées entières, Romain Semler remporte 65 000 €, de très loin son meilleur résultat à une table de poker, live ou online.

"Je ne suis vraiment pas déçu," commente-t-il aux membres de son rail, venus le féliciter un par un après ce qui reste un authentique exploit. Même après ce flot d'émotions contradictoires qui l'a submergé lors des ultimes moments ? "Après trois jours à jouer, on ne ressent plus vraiment grand-chose. J'étais surtout fatigué, occupé à rester concentré. J'ai toujours su quoi faire. En fait, je retiens surtout l'achievement d'être arrivé aussi loin." Surtout en ayant attaqué la finale à sept en position de short stack, assez nettement derrière les autres. "Le flip remporté d'entrée m'a bien aidé. Ensuite, j'ai pu jouer quelques mains avec un peu plus de profondeur. Je suis notamment content de mon call avec hauteur As contre Nacho. J'avais déjà pris ma décision turn en fonction de la river et de son sizing. Contre Adrien, je ne peux pas fold ce As-8. Et lui-même m'a dit que c'était une main légitime à call contre lui. Il a une tendance à prendre les ranges et à les étirer."

Romain Semler

Avant toute chose, ce que l'on ressent en écoutant Romain, c'est la fierté d'avoir réussi à en découdre pendant aussi longtemps face à de tels joueurs. "Je ne suis pas du tout pro, je joue par périodes, surtout pour m'amuser. Je pense que j'avais un manque de confiance en moi jusqu'à il y a peu. Et le fait que mon Vegas se soit bien passé cet été m'a beaucoup aidé en ce sens. Ici, je n'ai pas 100% de mon action, mais quand même une bonne part. Ça ne va pas changer mes plans de grind pour autant. J'ai déjà pris quelques shots par ci, par là, mais je considère que c'est important de ne pas jouer au-dessus de son niveau. Ça va bien m'aider en revanche dans un projet immobilier que j'ai avec ma femme, et me permettre d'avoir un peu plus de côté dans la vie de tous les jours."

S'il y a un petit regret à avoir pour Romain, il se situe sur un plan qu'il n'a pas pu contrôler. "C'est dommage que le Lituanien n'ait pas voulu deal. Je pense qu'il est un peu trop confiant sur son niveau de jeu par rapport à nous Français." Pas de quoi entacher pour autant tout ce qu'il avait réussi avant ça. "J'ai tellement run good avant la finale que j'étais content de pouvoir enfin jouer des coups plus développés. Prendre d'autres décisions que simplement un call facile à tapis préflop ou dans un setup set over set." Une tranquillité d'esprit qui lui a sans doute facilité la tâche dans la dernière ligne droite. "Mentalement, j'étais frais." Une fraîcheur qu'on lui souhaite de conserver jusqu'à notre prochain festival live, où nous l'attendrons de pied ferme, lui et toute sa clique de la FNL. Bravo Romain et à très vite !

Skanou ne peut s'en prendre qu'à lui

- 2 octobre 2022 - Par Rootsah

Stefan Baczynskyj prend une très belle 4e place (47 000 €)
Il n'a pas su faire fructifier son chiplead

Main Event 500 € (Finale)

Skanou
Il était encore chipleader il y a une heure. Pourtant, Stefan Baczynskyj ne luttera pas pour le titre : il prend la quatrième place de ce WPO Bratislava. La faute selon lui à quelques erreurs de sa part : "J'en ai fait des grossières, analysait-il à chaud, comme peut-être ce coup avec J-8 suité. J'étais à l'aise, mais il fallait rester concentré. Avec la fatigue, c'est dur de tenir durant le séjour. J'ai mal dormi, ça m'a fait faire des erreurs. C'était bizarre d'être en table TV. Et il y avait deux bons joueurs à ma droite, ça ne pardonne pas."

Skanou
Sur la dernière main, Stefan se retrouve à 3-bet shove avec A2 sur une ouverture d'Adrien Guyon, encore lui, au bouton. Le Poitevin est là pour payer avec 99, et reste en tête à l'issue d'un board Q3288. "Je suis tout de même content d'avoir fait la finale," relativisait "Skanou". J'ai eu un bon rush au début, pour passer de 6 à 30 millions. Je finis 4e sur plus de 2 000 joueurs, on ne fait pas ce genre de perfs tous les jours. J'avais déjà fait 96e à Lloret et 150e à Madrid. Maintenant, je vais travailler pour progresser encore. C'est dur de terminer si près du but alors qu'on a mal joué... Je suis déçu, mais il faut rester positif, je me suis bien amusé." Après trois jours consacré au poker, place maintenant à la détente pour Stefan. "On n'a pas encore eu l'occasion de faire la fête, alors ça va être pour ce soir !"

Adrien Guyon passe lui à 50 millions de jetons. Toujours en tête à l'entame du duel à trois, donc.