Les ultimes sprinteurs

- 3 octobre 2022 - Par Benjo DiMeo

Maxime Sueur et Simon Vaur remportent les deux derniers turbos du WPO Bratislava

Maxime Sueur Sprint Saturday
C'est à l'approche de la dernière ligne droite du festival que Maxime Sueur est allé chercher son premier titre en live. Cette victoire à 4 565 € acquise devant les 235 autres inscrits sur l'avant-dernier Sprint est salvatrice, remettant d'équerre une semaine jusque-là mal engagée. "J'ai tout blank !", confie-t-il en rigolant. En français : Maxime a enchaîné les inscriptions sans parvenir à tirer son épingle du jeu. Jusqu'au Sprint de samedi soir, donc... sur un tournoi qu'il n'avait pas prévu de jouer initialement. "Mais il n'y avait pas de file d'attente au comptoir des inscriptions. Du coup, je l'ai rejoint en late reg." Avance rapide quelques heures plus tard : le joueur de Saint-Quentin n'a plus qu'un seul joueur à battre, Thomas Vassal... mais ne se voit pas encore soulever le trophée. "En heads-up je suis tombé à une grosse blinde contre vingt ! J'ai dû me mettre à tapis d'office..." Incroyablement, après une miraculeuse série de coups à tapis victorieux, Maxime parviendra pourtant à reprendre l'avantage.

Ayant déjà goûté aux joies des festivals Winamax à Dublin et Lloret de Mar, Maxime a remis le couvert à Bratislava en compagnie d'une bande de potes. "C'est chouette de mettre des têtes sur des pseudos." Et à 29 ans, il fait partie d'une espèce de joueurs rarissime en France : ceux qui déclarent rubis sur l'ongle tous leurs gains... tout en continuant de se définir comme un amateur ! Il faut dire que ses rentrées d'argent au poker ne sont pas négligeables. "Je suis conseiller en téléphonie, mais l'an passé, j'ai gagné environ 70 000 euros aux tables." Et ce, plus surprenant encore, sans décrocher de titre majeur, mais plutôt en accumulant de très belles places d'honneur en ligne : deux podiums sur les Winamax Series, notamment, et des qualifications pour le Day 3 de notre plus gros tournoi du trimestre, le 4 Million Event, à deux reprises (16e et 30e places).

Simon Vaur
Avec son horaire de départ tardif (21 heures) et sa structure rapide (augmentation des blindes tous les quarts d'heure), le Sprint n'est que rarement le premier choix des joueurs du Winamax Poker Open au moment d'établir leur programme quotidien. Il fait plutôt office de seconde (dernière ?) chance de la journée. Prenez par exemple Simon Vaur (à gauche sur la photo) : à l'heure du coup d'envoi de l'ultime Sprint du festival dimanche soir, le Normand se serait bien vu encore en course dans le Main Event - mais il avait sauté tard la veille, en 27e position - ou sur le Rodeo KO - mais il avait sauté peu avant minuit. C'est à ce moment-là que le turbo quotidien au programme a rempli son office. "On est dans la file d'attente pour échanger nos bounties, et là on voit qu'il reste 4 minutes pour s'inscrire au Sprint. On a préféré jouer à ça plutôt qu'au Black Jack !"

Simon dit "on", car comme pour beaucoup d'autres participants au festival, le WPO est avant tout une histoire de copains. À côté de lui sur la photo souvenir, il y a Kevin, mais en tout ils sont cinq à avoir fait le voyage Bratislava. Tous des vieux potes d'études. "On a tous commencé le poker il y a une douzaine d'années. Des parties en 5/10... centimes !" Le groupe est resté solide au fil des années, se retrouvant à Marrakech, Dublin, et aujourd'hui Bratislava. "C'est la grosse réunion, le noyau central du poker universitaire !" Quand l'échelle des prix du Sprint a été dévoilée à la fermeture des inscriptions, Simon a réalisé qu'une seule place rapportait plus d'argent que son deep-run de la veille : la première. Peu avant quatre heures du matin, l'objectif était accompli : vainqueur pour 2 890 €, il battait son high score de 2 700 € obtenu sur le Main Event. "Quand il veut un truc, il l'obtient", rigole Kevin.

Basé à Evian, Simon travaille de l'autre côté de la frontière, en Suisse. "Je suis dans une boutique qui fait de l'achat/vente de produits de luxe d'occasion. Un métier passion." Cette victoire constitue le point culminant (jusqu'à aujourd'hui) d'une carrière de joueur purement récréatif. "J'ai toujours grind, y compris online, mais le Sprint est ma première vraie perf'. Le dernier résultat, cela remonte à mon dernier WPO : j'avais fait ITM."