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Nouveau chip-leader, mais pas un nouveau venu

- 22 septembre 2018 - Par Rootsah

Matthieu "SixCoups" Lamagnère a participé à toutes les éditions du WPO : le voilà désormais énorme chip-leader
Main Event 550 € (Day 2)


Question Trivial Pursuit : combien de joueurs ont participé à TOUTES les éditions du Winamax Poker Open ? Nous en sommes à la neuvième itération du tournoi le plus fun de l'année, qui est successivement passé par les hôtels Ballsbridge, Regency et City West - nous nous sommes progressivement éloignés du centre de Dublin, mais l'esprit originel du festival est resté intact.

La réponse à cette question n'est finalement pas bien difficile à trouver. Il vous suffit de vous replonger dans le coverage de la toute première édition en 2010, réalisé par l'auteur de ces lignes et Harper (spéciale dédicace, au passage, à tous les membres du staff qui sont toujours à bord après toutes ces années : notre RP Laurence, le coach Stéphane Matheu, nos partenaires anglo-saxons Mike Lacey et Brian Lannon, le big boss Alex Roos, l'incontournable Polly Morisson...)

le WPO
Des cartes, des jetons, des joueurs : rien n'a vraiment changé depuis 2010 (à noter que Davidi Kitai était présent pour la première édition, mais a manqué la seconde)

En parcourant ce coverage préhistorique (on avait pas les mêmes moyens, mais assurément la même passion), j'ai pu établir que le nombre de joueurs ayant réalisé le "Grand Slam" du Winamax Poker Open sont au nombre de 4. C'est peu ! Il convient donc de féliciter ce "Club Elite" comme il se doit :

Aurélien Guiglini. Un nom qui ne surprendra personne : premier employé de Winamax, Guignol est l'âme du site et de ses événements live. La première édition du WPO fut montée en grande partie par notre collègue, qui a signé aujourd'hui sa quatrième place payée sur le Main Event (133e), après avoir terminé 70e (2014), 36e (2016), et 55e (2017).

Nicolas "kroktachon" Pignon, Wameur de la première heure ayant attendu les deux dernières éditions pour remporter ses premiers side-events.

Ivan Tononi, un joueur Italien installé à Dublin. Rien de moins que notre recordman d'ITM, avec six places payées en neuf éditions, la dernière en date aujourd'hui (108e). Tononi n'a jamais appris le Français mais s'est toujours bien amusé, avec une régularité impressionnante : il s'est classé à quatre reprises dans le top 50 du Main Event.

Last but not least : Matthieu Lamagnère. Le Bordelais fait partie intégrante de l'ADN de Winamax, que ce soit en ligne (sous le pseudo "SixCoups", il a longtemps fait partie de la défunte écurie des Local Heroes, sorte de Team Winamax bis rassemblant des joueurs online) ou en live. "J'ai fait tous les Dublin, et tous les Marrakech. Et même si un jour j'arrête le poker, je suis persuadé que je continuerai de faire le WPO !" Lorsque l'on ausculte la fiche de résultats de SixCoups sur le WPO, on comprend son envie de revenir : 21e du Main Event en 2011, vainqueur du side-event à 300 € deux ans plus tard, demi-finaliste du High Roller il y a deux ans, et enfin runner-up de l'énorme Monster Stack de l'an passé (pour 26 011 €).

Matthieu Lamagnère
"Oui, j'ai toujours trouvé de l'EV à Dublin", confirme t-il. Et la source n'est manifestement pas tarie : à 56 joueurs restants sur le Main Event de cette édition 2018, Matthieu est rien de moins que chip-leader, avec 3,4 millions d'unités aux blindes 15K/30K.

"J'avais la moyenne au début du Day 2, et j'ai bien grind la bulle", rembobine t-il, "ça m'a permis de passer à 800 000. Après, je me suis retrouvé avec le mec qui a fait finale à l'EPT Barcelone, on s'est bien chauffés." Et SixCoups de me décrire un coup où Mark Buckley (c'est son nom, il a fait 7e pour 200 000 € sur l'EPT en question) paie un 3-bet à 100 000 envoyé en position par le Bordelais.

"J'ai As-Roi, le flop tombe 9-5-4 avec deux piques. Je n'ai pas de pique. Je c-bet 75 000, il check/call."

Le turn est une Dame et ne provoque pas d'action. La rivière offre la TPTK (top paire top kicker) à Matthieu. "Il checke une troisième fois. Je dois me demander si je mise ou pas. Sur le turn, je préfère checker car il peut avoir Roi-Dame, Dame-Valet, As-Dame, et j'ai de la showdown value. Sur la rivière, en misant, je peux arriver à la faire croire que je bluffe, que je représente le Roi sans l'avoir"

SixCoups mise, donc. Cher : 265 000, soit les 2/3 du pot. Mais il y a un problème. Son langage corporel. "C'est relou ! A ce moment, je suis certain que j'ai des tells de faiblesse. Alors que je suis au top !" Résultat : Buckley, qui possède un stack énorme, check/raise à tapis !

"Là, je me dis qu'il n'a qu'une main de value pour faire ça : 99. C'est ça ou un bluff." En conséquence, Matthieu n'a pas le choix : faire confiance à sa lecture, prendre son courage à deux mains, et payer la relance. "Il montre As-2. De coeur ! Même pas de piques !"

Alors que Mark Buckley quitte le WPO en 99e place, Matthieu s'installe donc dans le fauteuil de leader. Quelques minutes après notre entretien, il poursuivra sur sa lancée en éliminant le runner-up de l'édition 2017 Sonny Franco, sur un flip entre sa paire de 5 et Roi-Valet. Hyperactif à table, SixCoups a continué de faire parler la poudre durant les orbites suivantes, s'offrant le scalp de deux joueurs supplémentaires grâce à deux belles premiums : "J'ai gagné avec deux As contre une paire de 4. Le mec a décidé de me check/raise all-in sur 9-8-3 et ensuite j'ai gagné un flip avec paire de Valets contre le As-Dame de l'Espagnol à ma gauche qui avait environ 300 000."

De quoi caracoler en tête du classement, bien au chaud derrière un tapis monstrueux de 3,4 millions soit près de trois fois l'average.

2010
L'équipe de reporters du WPO 2010 : Kinshu (qui écrivait pour le ClubPoker cette année-là), Benjo et Harper

Ivan Tononi
Ivan Tononi, recordman des ITM au WPO