masquer le menu

Un requin qui garde les pieds sur terre

- 21 septembre 2018 - Par PonceP

Main Event 550 € (Day 1C)

DuQduCoeur

Quand j'ai appris qu'Elisabeth "DuQduCoeur" allait montrer son nez au Winamax Poker Open, j'avais hâte de venir lui serrer la pince, ou l'aileron plutôt, pour en connaître un peu plus sur la double championne Mini WSOP et porteuse de logo Winamax Series. Avouons-le, même des années après l'explosion du poker et la démocratisation de notre jeu de cartes préféré, les femmes se font toujours trop rares dans les salles de tournoi. "Je ne sais pas si c'est le côté testostérone qui colle à la peau du poker live ou simplement la peur du ridicule, mais c'est quand même regrettable que nous soyons si peu, je suis persuadée qu'une femme a des qualités naturelles toutes indiquées pour briller à la table.

Voilà déjà quinze ans que Bab' (comme l'appellent tous ses potes) s'adonne au poker et fréquente les tables live. "Il y a treize ans, je jouais des tournois à Wagram enceinte jusqu'aux dents. Vous, les mecs, vous ne pouvez pas imaginer ce que ça fait d'avoir des montées de lait à une table de poker. Les vieux brigands de 60 piges se levaient de table pour aller fumer." N'allez pas croire que ses performances online sont le fruit du hasard ou de la réussite : Elisabeth est partie de tout en bas, des Mini Rolls plus précisément, et a grimpé chaque marche de son ascension une à une, sans jamais trébucher. "C'est simple, je n'ai jamais dépensé un seul euro du budget familial pour jouer au poker. Mes buy-ins, je veux me les payer moi-même, hors de question de me faire staker. Si j'ai envie de jouer un tournoi, j'y vais. C'est pour ça que je ne joue pas encore les EPT ou les gros WSOP : quand je me sentirai prête et au niveau pour m'asseoir à la table, j'irai. Rien ne presse."

Une sagesse qui en dit long et qui caractérise cette carnassière des tables virtuelles. "Le poker, c'est une passion. Enquiller les sessions devant son ordinateur, jour après jour, sans prendre le temps de se reposer ni de profiter des bons moments, c'est perdre son temps. Quand je vois les jeunes de 25 ans qui me disent que je ne gamble pas assez et que je suis une nit de la gestion de bankroll, ça me fait sourire. On verra dans quinze ans, quand ils auront traversé les épreuves normales de la vie, avec deux filles ados (Julie et Camille), un divorce et j'en passe, s'ils ont toujours la même mentalité et la même vision de l'argent. Mon but, c'est de continuer à faire chier les mecs aux tables jusqu'à 80 ans, et je fais tout ce que je peux pour l'atteindre."

Profiter de la vie et poursuivre le bonheur, une ligne de conduite simple et positive qui permet à la membre des adorables French No Limit de croquer à pleines dents les tapis de son adversaires, en gardant son sourire désarmant. "Après mon doublé aux Mini WSOP, je me suis offert six semaines de vacances. Récemment, j'ai aussi payé une croisière de dingue au Monténégro à mes gamines. Mon prochain objectif, c'est de monter 25 000 € pour partir trois semaines avec elles et ma nièce à Vegas. J'ai besoin de les sentir près de moi pour être à 100% de mes capacités."

Très proche de Poker Management System, un site de coaching mental, elle ne laisse rien au hasard, : hygiène de vie irréprochable et routine mentale pour rester concentrée à 100%. "Ça va paraître prétentieux, mais si je me retrouve en heads-up d'un tournoi, le mec n'a absolument aucune chance de gagner. À chaque break, je m'accorde une minute de méditation pour retrouver mes points d'ancrage, et quand je reviens à la table je suis prête à rouler dessus." On est bien éloigné des clichés habituels du grinder en caleçon qui carbure aux boissons énergisantes et à la pizza, et on dirait bien que c'est une bonne recette pour réussir.