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La Poker Therapy qui fait Dublin

- 28 septembre 2018 - Par PonceP

WPO DUBLIN

Chaque année, aux environs de la rentrée, les mêmes symptômes reviennent. Une curieuse démangeaison. Une envie de taper le carton en short-handed. Une envie de rebonds surprise dans un beer-pong tardif et imbibé de houblon. Une envie de conclure son été en beauté, pour mieux faire passer la pilule de ces beaux jours qui raccourcissent et de ces arbres qui se déplument. Une envie de retrouver les copains avec qui on discute à distance toute l’année, les réguliers qui ne manquent aucun festoche, les complices de fin de soirée. Une envie de se faire de nouveaux potes, aussi. C’est plus qu’une envie, en fait. C’est un manque. Un manque de poker, de fiesta, de fous rires, de rencontres, de partage, de souvenirs. Un manque de vous. Un manque de Dublin.

WPO DUBLIN

L’ordonnance est simple : une bonne dose de WPO. Administrée une fois par an, une semaine durant, sans interruption. C’est le meilleur des traitements possibles : on en prendrait bien toute l’année... à condition de tenir le rythme. Un peu comme ce sirop pour la toux à la banane, on en boirait des litres entiers. C'était la thématique de l'édition 2018 du Winamax Poker Open : une poker therapy, pour oublier le temps de quelques jours, grâce à un jeux de cartes simple mais vital, les tracas de la vie quotidienne. Ce que l'on ne savait pas encore, au moment d'imaginer ce slogan, c'est à quel point il allait se montrer en phase avec l'actualité.

WPO DUBLIN

Le principe d’un plaisir renouvelé, c’est d’oublier à chaque fois à quel point il nous fait du bien, et combien on en a besoin. C'est un fait  la rentrée 2018 ne partait pas franchement sur les chapeaux de roue, la faute à des mauvaises nouvelles qui avaient assombri le ciel du poker français. Tout d’abord la fin du Winamax Poker Tour tel que nous le connaissions, après sept années de bonheur partagé dans toute la France. Ensuite, la fermeture du Cercle Clichy-Montmartre, notre partenaire historique à Paris, temple de tellement de bons souvenirs. Le temps d’une semaine passée bien trop vite à notre goût, on s'est soigné aux bonnes ondes et on a refait le plein de bonne humeur.

WPO DUBLIN

Quel meilleur endroit pour se rappeler ce qui nous fait aimer ce jeu ? Des centaines de passionnés réunis pour faire la fête et partager une table, sans se prendre la tête. Car c'est évidemment avant tout pour vous et grâce à vous que le WPO existe. Cette édition a battu des records et vous pouvez compter sur nous pour préparer la suivante avec la même ferveur. Laissez-nous juste le temps de nous remettre de la semaine et, promis, on repart en cure tous ensemble dès l'année prochaine.

WPO DUBLIN

En attendant de se remettre au boulot et de vous concocter un programme live aux petits oignons pour 2019, on vous laisse avec le résumé complet des vainqueurs du festival (comprenant les derniers gagnants de la semaine, sur le Sunday Surprise, le Monster Stack, le PLO, et le fameux Irish) ainsi que la compil' de quelques unes des plus belles photo de Caroline Darcourt. À la revoyure !

WPO DUBLIN

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WPO DUBLIN

WPO DUBLIN

Benjo, Flegmatic, Chriis, Rootsah et PonceP
Photos par Caroline Darcourt

[Vidéo] L'aftermovie

- 27 septembre 2018 - Par Benjo DiMeo



Une semaine de poker en 6-max, de tournois de beer pong, de tension, d'action, de fous rires et de rencontres : c'était le Winamax Poker Open de Dublin.

Montage par Frédéric Heusse, Yohan Aziza et Julien Giraud

Garder la coupe à la maison

- 24 septembre 2018 - Par Benjo DiMeo

Karol Wojciechowski remporte le Winamax Poker Open 2018

Heads Up
Depuis l'élimination de Matthieu Lamagnère en troisième place, on savait que l'édition 2018 du Winamax Poker Open allait sacrer un joueur local, comme cela fut le cas en 2010 (Alan Trueick) et 2015 (Tom Kitt). Forcément, du côté de l'organisation, difficile de cacher une petite déception de ne pas voir le Bordelais, fidèle parmi les fidèles au tournoi le plus fun de l'année depuis ses tout débuts, soulever le trophée.

Karol Wojciechowski
Mais nous n'en oublions pas pour autant qu'à Dublin, nous, le clan Winamax, ne sommes que des invités. Des invités nombreux, des invités en surnombre face à la population de joueurs du cru, mais des invités quand même. Et c'est un honneur et une fierté pour nous que de pouvoir organiser le plus gros tournoi de 6-max du continent dans la ville qui fut la porte d'entrée du Texas Hold'em en Europe. C'est vrai : notre jeu préféré fut importé de Las Vegas par un bookmaker Irlandais, Terry Rodgers. Fasciné par ses premières visites à Las Vegas à la fin des années 70, et ses rencontres avec Doyle Brunson, Amarillo Slim et autres Stu Ungar, Rodgers s'empressa de recrér les WSOP à Dublin. L'Irish Open. Presque cinquante ans plus tard, le poker à l'Irlandaise n'a rien perdu de son côté joyeux et festif, qui colle parfaitement à ce que nous essayons de créer année année avec le WPO.

Karol Wojciechowski
Et les amateurs de Guinness sont en forme, en ce moment : témoin la victoire de Karol Wojciechowski ce soir. Avec 121 résultats recensés sur la base de données Hendon Mob (bientôt, il y en aura 122), la plupart enregistrés sur des épreuves au buy-in ne dépassant pas les 60 euros, le Dublinois d'origine Polonaise est un peu le John Hesp local. Cette victoire à 90 000 euros - sa onzième de l'année, mais de loin la plus importante - double le total de gains de carrière du chef d'entreprise.

Karol Wojciechowski
"J'ai découvert ce tournoi l'an passé, je n'avais pas fait le Main Event, mais j'avais terminé second d'un side. J'adore les Français !" C'est au début de la table finale que Karol s'est pour la première fois dit que ce soir était son grand soir. "Je suis arrivé en position de chip-leader. Et j'adore le format 6-max, qui permet de jouer plus agressif." Sa domination en finale ne fut jamais remise en question... Jusqu'au duel final contre l'ancien croupier Andrew Dooley, qui lui a donné du fil à retordre au cours d'un long match. "Un très bon joueur", confirme t-il, rappelant la bonne dynamique que vivent actuellement les joueurs Irlandais : "On avait deux représentants en finale de l'EPT Barcelone." Mais l'amateur garde pour autant la tête pour les épaules : son prochain gros tournoi ne sera pas avant janvier, avec le très attendu PokerStars NLHE Players Championship à 25 000 $ pour lequel il s'est qualifié... en freeroll !

En direct de Dublin, nous nous joignons à toute l'équipe Winamax pour féliciter Karol Wojciechowski, et remercier Dublin de son accueil pour une neuvième année supplémentaire. Vivement la dixième !

Quelques side-events sont toujours en cours à l'heure où nous bouclons cet article. Le temps de rentrer à la maison, et nous mettrons à jour tout cela. Surveillez cette page d'ici deux ou trois jours, donc, pour un dernier article en forme de bilan.

Benjo, Flegmatic, PonceP Chriis et Rootsah pour les articles
Caroline Darcourt pour les photos

Résultats - Winamax Poker Open 2018
1 191 inscriptions (re-entry inclus) - Dotation 570 489 €

Karol Wojciechowski
Vainqueur : Karol Wojciechowski (Irlande) 89 716 € (après deal)
Runner-up : Andrew Dooley (Irlande) 57 386 € (après deal)
3e : Matthieu Lamagnère (France) 59 304 € (après deal)
4e : Samuel Baneham (Irlande) 50 094 € (après deal)
5e : Robert Liu (Irlande) 26 000 €
6e : Adrien Guyon (France) 18 500 €
7e : Antoine Fontaine (France) 13 440 €

Liste complète des 150 joueurs primés sur le Main Event

Ils étaient chez eux

- 24 septembre 2018 - Par Flegmatic

Le WPO 2018 s'achève sur une finale au fort accent local

Finalistes

Avec quatre Irlandais sur sept finalistes, dont un Karol Wojciechowki largement en tête au départ, le scénario d'une victoire vert-blanc-orange sur le Winamax Poker Open, pour la première fois depuis 2014 et le sacre de Tom Kitt, semblait se dessiner de plus en plus clairement devant nous. Pourtant expérimentés et habitués aux honneurs sur nos tournois live et online, respectivement ex membre du Team Winamax et Local Hero, Adrien Guyon et Matthieu Lamagnère n'ont véritablement jamais eu les armes pour se dresser devant cette armada de joueurs locaux. Retour sur une finale qui ne semblait pas pouvoir leur échapper.

Antoine Fontaine

Short stack pour une poignée de blindes au départ de cette finale, Antoine Fontaine a tenu exactement un niveau avant de rendre les armes, sans avoir véritablement pu batailler. Tombé à dix blindes suite à un véritable désert de cartes, il juge son K8 suffisamment bon pour tout envoyer depuis le cut-off. Avec A6 en small blind, le chipleader Karol Wojciechowki n'est que trop heureux de le cueillir. Grand pote de Pierre Calamusa et Flavien Guénan, le Grenoblois repart de son troisième festival live (seulement !), avec une belle septième place, et un beau chèque de 13 440 €.

Adrien Guyon

Jusqu'au bout, la réussite aura fui Adrien Guyon aujourd'hui. Avant même de s'asseoir autour de cette finale, il avait fait preuve d'un manque de réussite flagrant dans les confrontations à tapis préflop, faisant doubler un à un des adversaires qu'il dominait presque sans problème par ailleurs. Un temps pointé au-delà des 15 millions à huit joueurs restants, c'est amputé de près de la moitié de ce capital qu'il se présente une élimination plus tard. La dernière main de celui qui s'est longtemps fait appeler shakkkiraa est à l'image de son Day 3 : Adrien l'attaque devant, avec As-Roi contre le Roi-Dame de Sam Baneham et la perd, à cause d'une Dame qui débarque sur le turn. Pour sa quatrième place payée sur le Main Event du WPO (après 2013, 2014 et 2016), le Poitevin termine 6e, pour 18 500 €.

Robert Liu

Il ne faut ensuite qu'une poignée de secondes avant de connaître l'identité du nouveau sortant. Probablement soulagé par l'éllimination d'Adrien, Robert Liu pousse ses quinze dernières blindes avec un KQ qui se heurte aux deux Dames de l'intouchable Karol. S'il a parfois agacé ses voisins de table pour ses tanks jugés quelque peu excessifs, il a surtout fait souffler ce petit vent de fraîcheur propre aux joueurs amateurs. Aficionado de cash game live, notamment en Omaha, le Dublinois signe son premier gros résultat en tournoi, et en Hold'em, avec cette cinquième place qui lui rapporte 26 000 €.

Sam Baneham

La deuxième partie de cette finale fut une histoire de gros sous. Au retour de la pause dîner, les quatre derniers joueurs se penchent vers l'ordinateur de Thomas Gimie pour tenter de trouver un arrangement financier. Malgré les réticences que semblent d'abord afficher Karol Wojciechowki et Matthieu Lamagnère, un deal est tout de même signé, assurant à tout le monde un gain supérieur à celui de la troisième place originelle, tout en laissant un chèque de 20 000 € au vainqueur. Instigateur numéro 1 de ce deal, Sam Baneham sera aussi le suivant sur la liste des sortants. Son A3 poussé pour dix blindes ne sera passé devant la paire de 10 du Français que temporairement, le long d'un board à suspense 9J8A3. Meilleur en négociation que pour remporter des coups à tapis préflop, Baneham signe à son tour sa meilleure perf' live, et encaisse 50 094 € pour cette quatrième place.

Matthieu Lamagnère

Le bad beat infligé à Adrien Delmas lors des demi-finales l'avait placé en position idéale pour le titre. Non seulement il devenait alors le premier joueur à franchir la barre des vingt millions de jetons, mais il se payait en plus le scalp du joueur le plus dangereux du field. Pourtant, à partir de ce moment-là, le tapis de Matthieu Lamagnère n'a fait que fondre, les jetons partant notamment du côté d'un Karol Wojciechowki qu'il a, de son propre aveu "trop bluffé."  Arrivé en finale avec 26 BB, au beau milieu de la meute à la poursuite de l'ami Karol, le Bordelais a pris son mal en patience jusqu"au dinner break, s'invitant parmi les quatre à négocier un deal. D'abord réticent, il a ensuite choisi de s'assurer 59 034 €, avant de régler son compte à Sam Beneham. Andrew Dooley aura finalement raison de lui en deux temps, le laissant aller collecter son plus gros gain en tournoi live, en guise de récompense pour cette très belle médaille de bronze.

Andrew Dooley

Les Français définitivement hors course, ne restait plus qu'un ultime duel fratricide à livrer entre ceux qui occupaient les deux premières places en début de finale. Après deux heures de heads-up où Karol et Andrew n'ont cessé de se croiser, il aura fallu un setup pour créer le premier véritable écart du match, où, sur un flop 10-10-5, le premier floppe un full avec sa paire de 5 quand le second trouve trips. Un flip moustache plus tard perdu avec As-8 contre une paire de 6, c'est un Andrew Dooley tout sourire et fier de lui qui est allé récupèrer les 57 930 € qu'il a réussi à négocier. Plébiscité par la quasi-intégralité des joueurs qui ont tapé le carton ne serait-ce que quelques minutes à sa table, Andrew restera à jamais sur ce tournoi ce joueur discret mais solide, appliqué mais qui a finalement pris trop peu de risques pour pouvoir prétendre à la gagne. En avait-il seulement envie ? N'était-il pas déjà trop heureux d'en être arrivé là ? Personne ne lui en tiendra en tiendra rigueur, et surtout pas Koral. À défaut d'être celui d'une personne, ce dimanche était avant tout celui de l'Irlande.