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Matthieu Vincendeau : gros stack et gros coeur

- 24 septembre 2017 - Par Benjo DiMeo

Fort en gueule, volontaire et muni d'un énorme tapis, le chip-leader a des allures de vainqueur idéal
Mais il lui reste tout de même 16 joueurs à battre, certains très, très affutés


Narrativement parlant, la conclusion du Day 2 a respecté à la lettre la logique établie au cours des douze heures précédentes. Un scénario de film hollywoodien, avec les deux grands héros de la journée s'affrontant lors d'une ultime bataille. Pas de place pour un match nul : l'un des deux s'en est allé, vaincu, tandis que l'autre ajoutait des jetons à une collection déjà bien impressionnante.

Parham Ahoor
On s'amusera en constant que Matthieu Vincendeau et Parham Ahoor (photo) ont en une commun une bouche volontiers généreuse en trash talk, une stratégie agressive, et une volonté de s'impliquer dans les gros pots. Sauf que si le run du premier n'a pas connu le moindre signe d'essouflement aujourd'hui, le second aura perdu de la vitesse à la fin d'une journée où il avait pourtant réussi à éliminer Romain Lewis et causer de nombreux maux de têtes à Davidi Kitai. On pourrait mettre ça sur le compte de sa tendance à vouloir jouer un peu trop souvent en étant derrière au niveau des probabilités.

Toujours est-il qu'a minuit, c'est avec seulement un million (une douzaine de blindes) que Parham s'est retrouvé à tapis, après une ouverture de Matthieu. Ce dernier a quelque peu hésité, pour finir par décider que sa paire de 3 valait le coup pour mettre fin au tournoi pour la soirée. Face à As-8, l'amateur de Nantes est resté en tête tout au long d'un board Roi-Dame-9-5-4. Le Day 2 était terminé.

Matthieu Vincendeau
Problème de riche : Matthieu avait tellement de jetons à compter que les 16 autres joueurs qualifiés pour le Day 3 étaient partis depuis longtemps lorsqu'il parvint finalement à trouver un total de 7,375 millions, soit presque cent blindes. Ses amis nantais, caennais et vendééens l'attendaient en célébrant bruyamment. "Qu'est-ce qu'on a kiffé aujourd'hui !"

Qualifié en freeroll après avoir terminé en seconde place du Winamax Club Trophy, Matthieu pouvait savourer l'instant... Et réveler qu'il se voyait déjà en haut de l'affiche ce midi. "Oui, c'était mon objectif de terminer chip-leader ! J'avais eu un bon Day 1, j'ai commencé avec pas mal de jetons. J'ai joué pour terminer en haut." Et comment on devient chip-leader, exactement ? "On m'a toujours dit qu'il valait mieux être relanceur que payeur. Si j'hésite entre les deux, je préfère généralement relancer. Sinon, je passe !" Ce qui ne veut pas dire que Matthieu a envoyé les jetons dans tous les sens. "Je n'ai pas tellement fait de gros bluffs. Mais des fois, ils ont voulu me tester avec des sur-relances. Ils se sont pris des 5-bet !"

Nous avons clairement affaire à un joueur à l'aise dans ses baskets pokéristiques. "J'ai chatté un Deglingo avant le Main Event, j'ai pris mille balles, la semaine est déjà magnifique, c'est sûrement un peu pour ça que je suis détendu et en confiance." Mais si Matthieu nous plaît tant, c'est aussi parce qu'il a, pour sa première participation au WPO, parfaitement compris l'esprit de notre festival. "Le WPO, c'est pas que le Main Event, c'est pas que le Highroller, c'est une semaine entière, avec des amis, et du fun. Au Poker Club Ouest, on est une cinquantaine, tous amis, on se retrouve régulièrement, on a un tournoi de charité annuel pour aider des gamins. Le poker, c'est accessoire."

Matthieu soulignera l'importance du soutien des dits amis : "Le rail est crucial. Il y a ceux qui sont là avec moi à Dublin, et les autres qui regardent le stream. La famille à Nantes, les potes, j'ai reçu des messages toute la journée, même en Martinique on me regardait !"

Les fans de Matthieu n'auront pas trop longtemps à attendre pour kiffer devant les exploits de leur poulain : les demi-finales débuteront dimanche à midi, heure locale (13h en France).