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Lost in translation

- 22 septembre 2017 - Par PonceP

À peine quatre jours que le festival a démarré et on se sent déjà comme à la maison. On passe entre les tables, on partage les éclats de rire et les anecdotes de flips perdus sans même prendre la peine de remarquer que tout le monde cause français alors qu'on est en Irlande. Il faut dire que lorsque plusieurs centaines de joueurs de poker français se déplacent pour un festival de poker Winamax, ça prend de la place et ça fait du bruit. On en oublierait presque qu'il reste quelques irréductibles étrangers, perdus au beau milieu de cette belle bande de représentants du poker franchouillard. Du coup, on est allé leur demander ce que ça fait d'être un étranger au milieu d'un WPO, et le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils semblent parfaitement s'acclimater à l'atmosphère du tournoi le plus fun de l'année. 

IvanTononi

Parmi eux, un Dublinois qu'on commence à avoir l'habitude de croiser dans les allées du WPO : Ivan Tononi. Italien de nationalité, mais irlandais de résidence, ce joueur de poker a participé au tout premier WPO en 2010 (14e pour 2 035 €) et depuis, il revient chaque année nous faire un petit coucou. "J'adore le poker 6-Max et l'ambiance qui règne aux tables. Je ne comprends pas vraiment ce qui se raconte vu que je ne sais pas parler français, mais les gens ont l'air de s'amuser, c'est agréable." Douzième du Highroller pour 2 475 € hier, Ivan compte bien signer la cinquième ITM de sa carrière sur le Main Event et améliorer sa meilleure performance (neuvième en 2013 pour 11 500 €).

AndyBlack

À quelques mètres d'Ivan se cache un poids lourd du poker mondial au palmarès aussi long que sa bonne humeur est communicative. Cinquième du Main Event des WSOP en 2005 pour 1 750 000 $, la première des innombrables lignes Hendon Mob d'Andy Black remonte à 1997. L'irlandais joue sa deuxième bullet aujourd'hui après un Day 1A infructueux. "Je m'amuse comme un petit fou, les frenchies sont super sympas et ce tournoi est génial. J'ai de bonnes notions de français, je sais dire 'Tapis', c'est bien suffisant." Interrogé sur son absence au Beer Pong Open, Andy s'insurge : "Je n'étais pas au courant qu'il y en avait un." Et quand je lui explique que ce sont deux jeunes grinders qui l'ont remporté, Andy s'indigne : "Saloperie de jeunes mecs, ils gagnent tout". Tout ça avec un large sourire et sur le ton de la plaisanterie, bien évidemment. En tout cas, toute la table a l'air d'apprécier sa présence et de passer un bon moment. Ce n'est pas une raison pour ne pas se méfier de ce shark aux trois millions de dollars de gains. "J'ai joué six mois à l'ACF il y a 20 ans, d'ailleurs il me reste encore des francs, tu sais où je pourrais les refourguer par hasard ?". Les numismates intéressés peuvent m'envoyer un message privé.