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Main dans la main jusqu'en finale

- 18 juillet 2017 - Par Veunstyle72

saout pollak
Ils se connaissent par coeur, ou presque. C'est dans l'adversité mais main dans la main qu'ils ont fait le chemin vers la finale du plus gros tournoi de poker de l'année. Ils la disputeront assis côte à côte.

Benjamin Pollak et Antoine Saout ont désormais ce point commun d'être finalistes du Main Event des WSOP ! Et forcément, quand on ne connait pas encore cette sensation, la nouvelle à de quoi secouer, même quand on est un grand gaillard comme Benjamin Pollak : « C’est dur à réaliser. D’habitude, les scénarios catastrophes, on les accumule au poker, et puis là… PAN ! Ça y est, c’est maintenant ! Donc c’est dur à réaliser. Dis toi que ma mère n’était même pas au courant, elle m’a dit OK, on viendra te voir en novembre ! »

Talentueux, expérimenté, collectionneur de deep-runs depuis 2007 (mais n'ayant jamais connu de gagne à un million de dollars : voilà qui est chose faite !) Benjamin ne va pas forcément craindre beaucoup de joueurs lors de cette finale, excepté peut-être les deux joueurs qui ont le plus de jetons : « Le joueur le plus dangereux pour moi, ce sera le chipleader, Scott Blumstein. Parce qu’il est foufou et que c’est une calling station. J’ai la position sur lui, donc je ferai attention aux spots que je vais prendre et je vais éviter de trop gamble contre lui. Mais la situation est quand même pas mal. »

En 2013, Ben Pollak avait déjà gouté aux joies d'un deeprun sur le Big One, mais avait terminé son parcours sur une frustrante 27e place. Un souvenir quelque peu difficile à digérer, mais finalement, avec le temps, cette expérience fut plutôt enrichissante : « Je connais déjà cette sensation, de rater la table finale et donc les gros chiffres… mais maintenant je connais l’autre sensation, l’envers du décor, et c’est juste magique et magnifique ! » Quatre ans plus tard, le voilà propulsé en final, ayant bénéficié d'un énorme craquage de Christian Pham, qui a véritablement gâché son deep-run avec un coup joué beaucoup trop agressivement. « J'avais presque de la peine pour lui. Il était chip-leader à 27, il termine 20e, il ne gagne même pas un palier ! Il est comme ça ce tournoi : très long, très très long, la fatigue te fait faire des erreurs. »

Le Français tentera de mixer son jeu, entre agression sur quelques spots bien précis, et patience ultime. L'objectif est différent que sur n'importe que tournoi... car il ne s'agit pas de n'importe quel tournoi ! Il faudra garder la tête plus froide que ses adversaires : « Je vais mettre la pression sur les tapis moyens, et essayer d’avoir une bonne image, d’être fort et de ne pas faire d’erreurs. Certains vont surement craquer, il faut être solide, c’est un jeu de mental de toute façon. »

Bon et sinon Benjamin, entre toi et Antoine, qui est le meilleur joueur alors ? « Il a plus de gains que moi… mais on verra en table finale ! »

saout
Antoine Saout devient quant à lui un habitué de ces deepruns sur le Main Event. Réaliser plusieurs deepruns, c'est possible, mais réaliser deux tables finales sur le tournoi le plus long du monde, ça commence à dépasser la réalité. Peu de joueurs, dans l'histoire des World Series Of Poker ont réussi à faire ce que s'apprête à faire le Breton. « C’est un accomplissement, c’est cool, c’est super. On va encore me traiter de double chattard en revanche ! » C'est le Antoine Saout qu'on connaît, celui qui préfère mettre en avant sa réussite (il aura du passer deux fois par la case "coin-flip" aujourd'hui, lorsqu'il était short-stack en début de journée), et non pas son talent, qui est pourtant immense. Combien de fois aujourd'hui l'avons nous vu placer des 3-bets ou 4-bets avec un timing parfait, lorsqu'il sentait que ses adversaires tentaient de le voler. Et ce pot de 10 millions remporté avec un As-Roi qui n'avait même pas touché une paire ? Du caviar : après avoir 4-bet préflop, Antoine a réussi à faire passer John Hesp avec une simple mise sur un flop hauteur Dame, celui-ci détenait pourtant deux Valets ! Là aussi, Antoine refusera d'y voir autre chose que de la réussite : "En fait, il y avait un coup à tapis sur l'autre table, du coup il n'avait même plus envie de jouer le coup, il a dit 'allez, je vais pas me prendre la tête'", et il a jeté ses cartes avant d'aller voir ce qu'il se passait à côté."

Désormais, place au travail, tout Antoine Saout qu'il est, ça ne l'empêche pas de vouloir faire ses devoirs dès demain. « Je vais essayer de regarder les streamings, les coverages pour choper d'autres infos sur comment ils jouent. Je n’ai qu’une vingtaine de millions de jetons, mais ça va tellement vite à ce niveau là. Tu prends un 3-bet ou un squeeze et hop, tu gagnes 5 millions. Il faudra mettre la pression sur les tapis moyens, Je suis confiant pour moi-même et j’aime bien ma position à table, avec des deux gros tapis sur ma droite [John Hesp et Scott Blumstrein], c'est encore mieux »

Avec la fin du concept des "November Nine" Antoine et Benjamin entament une nouvelle ère. Deux jours seulement les séparent de la table finale, ce qui n'est pas spécialement pour plaire à tout le monde. Antoine, lui, est 100% pour. "Ça me va très bien d’enchainer. Les joueurs moins affûtés n’auront pas le temps de bosser leur jeu pendant trois mois. Ce sera un avantage pour moi. »

On terminera en posant à Antoine Saout la même question qu'à Benjamin Pollak : lequel est le meilleur ? Le Breton se fendra d'un sourire taquin. « Je ne sais pas, mais... Qui a fait deux tables finales ? » 

Finale du Main Event : le programme

Jeudi 20 juillet : coup d'envoi à 17h30 - arrêt à 6 joueurs restants
Vendredi 21 juillet : coup d'envoi à 17h30 - arrêt à 3 joueurs restants
Samedi 22 juillet : coup d'envoi à 17h30 - jusqu'au vainqueur

17h30 = 2h30 du matin en France

Qui seront les adversaires d'Antoine et Ben en finale ?

- 18 juillet 2017 - Par Flegmatic

Siège 1 : John Hesp (UK) - 85,7 millions (107BB)

John Hespe
Sans aucun doute l'élément perturbateur de cette table finale. Le X-Factor comme on dit chez lui, du côté de Hull City. Car oui, depuis le début de ce tournoi, où sa veste façon patchwork à donner des sueurs froides à n'importe quel ophtalmologue nous a immédiatement tapé dans l'oeil, John Hesp détonne, et pas qu'un peu. D'abord par son style de jeu, qui a éclaté au grand jour depuis le Day 6, sous la lumière des caméras de PokerGO. Longues réflexions préflop avec des poubelles, min-raises en value sur le flop et autres bizarreries : il l'a avoué lui-même, l'ami John, qui sera aussi le doyen des neuf finalistes, n'a jamais lu aucun livre de poker, et ça se voit. Dans un monde professionnel où le jeu GTO prend une place de plus en plus grande, l'Anglais fait clairement figure d'épouvantail, et ce jusque dans ses lignes Hendon Mob, que l'on a bien eu du mal à prendre au sérieux. La raison à cela ? Au nombre de sept, elles ont toutes été acquises sur le même tournoi, le Sunday Rebuy à dix balles organisé dans un petit casino de Hull. Pas tout à fait le même buy-in ni le même prestige que le Main Event des World Series of Poker. Pour embellir encore un peu plus le tableau, le bougre est l'heureux détenteur d'une voiture aussi rare que légendaire, une Delorean. Il n'en fallait pas plus pour que John Hesp devienne le chouchou de ses compatriotes outre-Manche, qui ne jurent que par lui sur les réseaux sociaux, ainsi que d'une bonne partie des observateurs privilégiés de notre jeu. "Nous avons besoin de quelqu'un comme vous en finale," lui aurait même soufflé Phil Hellmuth en lui remettant une copie de son autobiographie. Parti sixième au départ du Day 7 avec un tapis de 20 millions, Johnny n'a eu de cesse d'augmenter son capital, en mettant un maximum de pression sur ses adversaires, en plus de bénéficier du soupçon de réussite à tout deep run, de l'As au flop qui lui a permis de sortir Randy Pisane, au board tout à trèfle pour signer l'élimination de Pedro Oliveira et constituer la pré-table finale à 10. Aussi incongru que celui puisse paraître, c'est ainsi assez logiquement qu'il attaquera la table finale du plus beau tournoi du monde avec un net avantage sur ses poursuivants directs. "Je suis au poker ce que Trump est à la politque : un amateur," a-t-il lâché à nos confrères de PokerNews. Et on se souvient tous du résultat des élections de l'an dernier. Ça promet.

Siège 2 : Scott Blumstein (USA) - 97,25 millions (121BB)

Scott Blumstein
L'homme qui attaquera cette finale dans la peau du chipleader est un pur grinder de la côte est des États-Unis. Originaire du New Jersey, il compte la majorité de ses 43 lignes sur des tournois entre 100 et 2 500 dollars du côté d'Atlantic City. C'est donc fort logiquement qu'il y a acquis celle qui reste de très loin sa meilleure perf' à ce jour, une victoire sur un énorme tournoi à 500 dollars au Borgata pour près de 200 000 billets verts. Relativement discret en début de Day 7, il a passé la surmultiplié au retour du dinner break, pour éliminer coup sur coup Scott Stewart (13e) et Richard Dubini (12e), avant de prendre la tête grâce à un bon call réussi face à Jack Sinclair, avec une paire de 10 sur un board hauteur As. Double avantage pour l'ami Scott, il aura la position directe sur celui qui le suit au classement, John Hesp. Peut-il poursuivre sur sa lancée et garder la première place jusqu'au bout, comme Joe McKeehen en 2015 ? Ou va-t-il complètement s'effondrer tel Philipp Hilm en 2007 ? On vous avoue que les circonstances penchent plus en faveur de la première option.

Siège 3 : Antoine Saout (France) - 21,75 millions (27BB)

Antoine Saout

Siège 4 : Benjamin Pollak (France) - 35,175 millions (44BB)

Benjamin Pollak

Siège 5 : Jack Sinclair (UK) - 20,2 millions (25BB)

Jack Sinclair
Du haut de ses 26 ans, Jack Sinclair est en pleine découverte des tournois live. S’il n’affiche que 13 500 dollars de gains sur Hendon Mob, il ne s’agit en fait que d’un trompe l’oeil. Sa vie de joueur de poker se déroule majoritairement derrière un écran d’ordinateur. Oui, Jack Sinclair est avant tout un joueur de poker online. Avec des amis comme Anton Morgenstern et Philipp Gruissem, on peut aisément imaginer que le jeune Anglais sait parfaitement manier les cartes. Troisième au chipcount au matin de ce Day 7, Sinclair a d’abord roulé sur cette journée, réalisant au passage un très bon fold contre Antoine Saout (il avait floppé quinte, mais Antoine avait transformé son brelan en full sur la turn) avant de terminer la journée beaucoup plus dans le dur, la faute à un 3-barrel bluff mal placé, qui lui a couté près de 30 millions de jetons ! À la reprise, il ne possédera plus que 20 millions, soit le deuxième plus petit tapis de cette finale.

Siège 6 : Damian Salas (Argentine) - 22,175 millions (28BB)

Damian Salas
Dès le milieu du Day 4, qu'il a terminé en tant que large chipleader suite à un good run mémorable, pendant lequel il n'a montré que les meilleurs jeux plusieurs heures d'affilée, Damian Salas nous faisait penser à un certain Cliff Josephy. Beaucoup moins pour son palmarès - que nous ne connaissions pas à l'époque - que pour sa certaine prestance à table, de celle que peuvent avoir les quarantenaires/cinquantenaires sûrs d'eux. Nous ne pensions pas si bien dire. Car même s'il n'est pas la légende online qu'a pu être - et est encore - 'Johnny Bax', l'Argentin n'est pas franchement ce qu'on peut appeler un manchot dès lors qu'il s'agit de cliquer avec une souris. Selon nos confrères de PocketFives, Damian fait ainsi preuve de plus de 3 millions de dollars de gains remportés sur Internet. Ajoutez à cela plus de 900 000 dollars de gains en live, une présence constante sur le circuit sud et nord-américain depuis 2009, et comme meilleur résultat la gagne d'un (petit) Highroller à 5 000 dollars à Punta del Este pour 107 800 dollars, et vous obtenez un joueur d'expérience qui n'a pas peur de faire bouger les masses. Car dans la foulée d'un Day 6 apathique, où son tapis n'a suivi qu'une lente progression vers le bas, il a ressorti pendant le Day 7 la panoplie du parfait cliqueur online, à base de relances et surrelances pré et post-flop avec des mains que beaucoup n'envisageraient même pas. Reste à voir s'il continuera de jouer cette carte agressive qui semble lui réussir à merveille. Une chose est sûre, s'il parvient à monter suffisamment de jetons, il peut se révéler comme l'un des dynamiteurs de cette finale. À noter que si ce joueur va plus loin que quatre de ses adversaires (Lamb, Saout, Blumstein, et Hesp), Benjo empochera plus de 1800 dollars suite à un last longer géant organisé en salle de presse. Comme s'il n'allait pas déjà vibrer suffisamment sur cette finale.

Siège 7 : Ben Lamb (USA) - 18,05 millions (23BB)

Ben Lamb
Rebelote pour l’Américain Ben Lamb, qui, à l’instar d’Antoine Saout, s’immisce pour la seconde fois de sa carrière sur la table finale d'un Main Event WSOP. Mais après sa troisième place en 2011 - édition qu'il boucle d'ailleurs en tant que Player of the Year après avoir notamment décroché le bracelet sur l'épreuve de Pot-Limit Omaha à 10 000 dollars et terminé runner-up d'un autre tournoi de PLO à 3 000 dollars -, si ce n'est pour deux brèves excursions à Seminole en août 2014, puis à l'Aria début 2015, le second Ben de cette finale a complètement disparu de la circulation... jusqu'à ce printemps, où il est revenu en force avec une victoire sur un Highroller au Bellagio. Si l'on ne sait pas vraiment quelle mouche l'a piquée, force est de constater que le choix de ce retour était judicieux. Tout ne s'est en revanche pas passé comme prévu sur son Day 7, qu'il avait attaqué avec un tapis de 25 millions, supérieur donc à celui avec lequel il a terminé sa journée. Se maintenant de longues heures durant sous le tapis moyen, ce natif de Las Vegas a toutefois eu le mérite de ne jamais se mettre en danger, jouant de son expérience pour sécuriser ce deuxième exploit, six ans après. Son statut de short stack officiel de cette finale ne peut lui permettre de prétendre simultanément à celui de favori, mais avec des écarts très resserés en bas de classement, tout est encore possible pour lui.

Siège 8 : Bryan Piccioli (USA) - 33,8 millions (42BB)

Bryan Piccioli
Parce que le joueur au siège 8 n'a pas le monopole du bracelet autour de cette table finale, Bryan Piccioli aussi a déjà décroché un titre WSOP. Tuons le suspense tout de suite, son sacre n'a pas eu lieu en été à Las Vegas, mais un soir d'avril du côté de Melbourne, dans le cadre des World Series of Poker Asia-Pacific, sur un tournoi à 1 100 dollars australiens. Si nous vous laissons seul juge du prestige d'une pareille victoire, les faits sont eux indéniables. Et si, avec 1,9 millions de dollars de gains en tournois live, l'Américain - originaire du comté d'Allegany dans l'État de New York - peut aisément être estampillé joueur pro, ce chiffre représente moins d'un tiers de ses quelques 6,3 millions encaissés depuis des années sur les tables online. D'assez loin le meilleur total de tous les finalistes. Sur ce Main Event, il est - et restera probablement longtemps - celui qui a infligé un deux outer à Antoine Saout juste avant la réunification sur une table, sous la forme d'un 8 apparu sur la rivière d'un board 9-As-As-Dame, transformant sa paire de 8 en full pour battre le As-4 du Français. Mais c'est aussi lui qui met fin aux espoirs de back to back de Michael Ruane, en doublant sur lui en toute fin de journée via un bon vieux flip des familles avec une paire de 10 contre As-Roi. Deux coups qui lui permettent d'aborder cette table finale avec un confortable tapis de 42 blindes, laissant la porte ouverte à toutes les fenêtres perspectives. Enfin, la présence de Bryan autour de cette TF, c'est aussi l'assurance de bénéficier d'un rail fourni et motivé, qui a déjà plus d'une fois fait monter les décibels au sein d'une Brasilia Room qui ne demandait que cela pour se réchauffer.

Siège 9 :  Dan Ott (USA) - 26,475 millions de jetons (33BB)

Dan Hott
Sur la photo ci-dessus, Dan Hott était alors le premier joueur de ce tournoi à passer le cap des vingt millons de jetons. Nous étions alors en milieu de Day 6, et le résident d'Altoona, Pennsylvanie était alors sur un nuage. Il n'attaque pourtant le Day 7 qu'avec le 20e tapis sur 27 - la faute à gros coups perdu en fin de Day 6 contre John Hesp - mais se remet très vite à flot d'entrée, grâce à un pot de 10 millions décroché contre un David Pham qui entamait sa descente aux enfers. Il fait ensuite parler de lui à l'occasion d'une double confrontation dantesque face à Scott Blumstein, enchaînée en quelques minutes à peine. La première, favorable, avec As-Roi contre Roi-Valet. La seconde, perdue avec Roi-Valet contre une paire de Rois. Mais au-delà de ce parcours chaotique, ce qui impressionne encore plus chez Daniel c'est le fait qu'il ne dispute là que l'un de ses premiers tournois live. Comme beaucoup, Ott découvre le poker en 2003 au moment de la victoire de Chris Moneymaker - il avait alors 12 ans - , s'intéresse au jeu et se lance sur les tables online dès que possible. Ce n'est finalement que cet été qu'il opère la transition avec le live, grâce à plusieurs perfs online, avec donc la réussite que l'on connaît. Voilà ce qui explique une page Hendon Mob presque vierge, où ne figurent que deux résultats... tous acquis cet été aux WSOP. Un one timer, un vrai, qui s'estimait déjà heureux lors du Day 6 de s'être assuré un gain de 100 000 dollars. Avec maintenant dix fois plus de billets verts dans sa poche, on l'imagine mal vouloir en rester là.

La finale débutera avec environ une heure restante sur le niveau 400 000/800 000 ante 100 000.

Les prix

Vainqueur : 8 150 000 $
Runner-up : 4 700 000 $
3e : 3 500 000 $
4e : 2 600 000 $
5e : 2 000 000 $
6e : 1 675 000 $
7e : 1 425 000 $
8e : 1 200 000 $
9e : 1 000 000 $

On n'est pas dans l'avion

- 18 juillet 2017 - Par Benjo DiMeo

Main Event
Le 15 mai 2017, lorsque l'organisation des World Series of Poker a annoncé l'abandon du concept de "November Nine", signifiant le retour de la table finale du Main Event au programme de l'été, dans la foulée des sept tours de jeu préliminaires, cela faisait un petit moment que nous autres reporters Winamax avions reservé nos billets d'avions et logements pour notre séjour annuel à Las Vegas.

Il faut dire que cette annonce capitale, qui signifiait que nous n'aurions plus à attendre trois mois avant d'assister à la conclusion du tournoi de poker le plus suivi de l'année, est arrivée un peu tard : deux semaines à peine avant le coup d'envoi des premières épreuves de la 47e édition ! Autrement dit bien longtemps après que le délai pour réserver quelque voyage transatlantique que ce soit pour un prix raisonnable ait expiré. Résultat : que ce soit Steven, Harper, Flegmatic, notre animateur radio Jay Pee où l'auteur de ces lignes, lorsque nous sommes arrivés à Vegas, notre billet d'avion retour à tous affichait une date qui n'était plus d'actualité, correspondant au lendemain des demi-finales du Main Event, et à l'avant-veille de la table finale. En un mot comme en cent : avec ce changement de programme de dernière minute, on avait un peu l'impression de s'être fait avoir !

July 9
Depuis 2008, année de naissance du concept de November Nine, nous nous étions habitués à l'atmosphère particulière, mi-figue, mi-raisin, qui régnait au centre de convention du Rio lors du Day 7 du Main Event, alias le dernier avant la finale. Joueurs comme organisateurs, couvreurs comme simple fans, tout le monde savait que cette ultime journée ne désignerait pas un gagnant, mais plutôt neuf moitiés de gagnants. Neuf finalistes qui seraient invités à revenir jouer une ultime partie de poker programmée trois mois plus tard, neuf joueurs avec qui nous aurions eu le temps de faire connaissance dans l'intervalle via les diffusions du Main Event sur la chaîne TV ESPN, des interviews, ou des apparitions sur d'autres tournois du circuit européen et américain.

Il y avait toujours comme un sentiment d'inachevé au moment de quitter le Rio au soir de cette ultime journée : notre dernier article de l'été ne ressemblait pas vraiment à une conclusion, avec une belle phrase se terminant un poil final. Il y manquait un gagnant, à cette conclusion, et la photo qui allait avec. Les lumières s'éteignaient, le plateau télé était demonté, et tout le monde rentrait chez soi avec seulement une moitié d'histoire à raconter. D'ailleurs, c'était souvent une histoire à la chute grotesque : l'élimination de Gaëlle Baumann en dixième place en 2012, celle de Daniel Negreanu en onzième place trois ans plus tard... Coitus interruptus : au moment où les lourdes portes du Rio se refermaient derrière nous, et à quelques heures du vol retour vers l'Europe, il était difficile de ne pas se dire : "Tout ça pour ça ?"

D'autant que, pour des reporters venant de loin tels que nous, la motivation à retourner à Las Vegas trois mois plus tard faisait souvent défaut. Certes, on salivait devant la perspective d'observer un Martin Jacobson dominateur de bout en bout, ou un Jonathan Duhamel au triomphe hilare devant des dizaines et dizaines de supporters québécois déchaînés. Mais ils nous fallait au minimum la présence d'un Antoine Saout ou d'un Sylvain Loosli, bref un joueur pour lequel nous avions développé un investissement émotionnel, pour nous pousser à se taper les vingt heures de voyage et assister en personne, plutôt que devant notre ordinateur, à la conclusion de la plus grosse partie de poker de la planète. Il en va ainsi du métier étrange que nous avons choisi de pratiquer sur les gros tournois de poker : une forme bâtarde de journalisme sportif, où plus souvent que jamais, nous mettons l'accent sur les joueurs dont le passeport est similaire au nôtre. Nous ne sommes pas nationalistes pour deux sous, mais à quoi bon faire 5000 bornes pour se rendre à Las Vegas si c'est pour écrire la même chose que les confrères américains qui l'écrivent bien mieux que nous ?

Saout et Pollak
Depuis 2007, nos reportages se concentrent sur les joueurs français, leurs bonheurs, leurs malheurs, leurs petites et grandes histoires parce que c'est sur ce créneau que nous nous sentons le mieux à même de proposer un travail original et le plus complet possible. C'est pourquoi, lorsque je me retrouve à vivre le moment que nous avons vécu ce soir aux alentours de deux heures du matin, en voyant Antoine Saout et Benjamin Pollak se tomber dans les bras devant un parterre de Français rigolards sur le point d'entonner La Marseillaise, je me retrouve dans la peau d'un Thierry Roland voyant Emmanuel Petit marquer le troisième but contre le Brésil le 12 juillet 1998. Quand il se passe quelque chose comme ça, difficile de garder son objectivité. Ces deux joueurs, comme des dizaines d'autres éliminés avant eux durant le tournoi, nous les suivons épreuve après épreuve, mois après mois. Nous les croisons dans les moments difficiles comme dans les moments de run good. Au fil du temps, on apprend à les connaître. On s'habitue à leurs défauts et à leurs excentricités. On développe des private jokes. On construit une histoire commune.

Et miracle : cette année, ce n'est pas un, mais deux joueurs français qui seront autour de la dernière table du Main Event des World Series of Poker autour de sept joueurs de talents venus d'Angleterre, Argentine, et des quatre coins des États-Unis. Qui plus est, cette fois, pas besoin d'attendre trois mois pour le dénouement : on connaîtra le Champion du Monde 2017 samedi soir, au terme d'une table finale étalée sur trois soirées. Pour la première fois de l'histoire du poker français, la partie de poker la plus importante de l'année va se transformer en sport collectif : le clan de supporters français n'aura pas qu'un seul joueur à soutenir !

Foule
Même en l'absence de joueurs français à la fin du Main Event, la bulle de la finale du tournoi le plus suivi de l'année est toujours un moment électrique, auquel tout fan de poker devrait assister au moins une fois dans sa vie (et pourquoi pas le vivre !). Chacun des dix joueurs est soutenu par une cohorte d'amis, de proches, de membres de la famille ou de joueurs du même pays. On peut presque toucher l'intensité du moment avec le doigt. Aucun des mecs assis à la table ne veut être celui qui va sauter, celui qui va délivrer les autres, celui qui va s'en aller, certes très riche, mais avec un nuage de déception au dessus de sa tête, et la prise de conscience que peut-être jamais il ne vivra ce moment une seconde fois dans sa vie, que jamais il ne traversera sept journées de poker et plus de 7 000 joueurs pour se voir recalé aux portes de la dernière fête, la plus belle de toutes. Entre les coups, des chants se font entendre, dans toutes les langues représentées à table. Souvent, les drapeaux sont de sorties. Les serveurs font des allers et retours incessants à mesure que les factions de supporters commandent des nouvelles tournées de bières, de cocktails voire même de shots. Pendant les coups, le silence est total : respect pour la partie en cours ! Mais dès que deux joueurs partent à tapis, la bronca est assourdissante : les cartes sont appelées de part et d'autre avec fureur. "King ! King ! King !" "Deuce ! Deuce ! Deuce !"

Rail
Ce lundi matin à onze heures, nous attaquions notre dixième journée en immersion dans le Main Event. Face à nous, 27 joueurs seulement. Tout au long des neuf journées précédentes, nous avions traversé toutes les phases de cette épreuve interminable. Le gigantisme des trois Days 1 différents, et leurs quatre salles pleines à craquer de joueurs. L'éclatement de la bulle en fin de Day 3, seul moment où le poker devient un vrai sport collectif avec une émotion et une joie partagées simultanément par plus de mille joueurs, et les centaines de spectateurs les entourant. Puis la frénésie des éliminations des Day 4 et Day 5, où tous les joueurs ayant franchi l'argent avec un petit tapis se contentaient, la plupart du temps avec le sourire, d'une petite récompense et d'une belle histoire à raconter. Puis la longue marche vers la table finale, ponctuée d'éphémères success stories, de chip-leaders explosant en vol, de come-backs improbables, de stars du jeu malchanceuses devant les caméras, d'illustres inconnus se faisant un nom, de joies et de peines comme nul autre activité ludique ne sait en provoquer.

Saout Pollak
Tout au long de ces dix jours, nous avons vu le contingent français, énorme au départ (plus de 150 entrants) se réduire petit à petit, puis de plus en plus rapidement, la logique implacable des tournois de poker n'épargnant pas les joueurs tricolores, quand bien même leur talent est grand. Les premiers indices que nous n'étions pas en train de vivre un Main Event normal sont apparus dès la fin des trois Days 1, au moment de consulter les listings officiels : 117 Français avaient franchi le premier tour, un score au dessus de la moyenne des dix dernières années. Deux jours plus tard, ils étaient 34 à atteindre les places payées parmi un total de 1 084 joueurs. Là encore un bon chiffre, mais il était encore trop tôt pour s'enflammer.

Ce n'est qu'à la fin du Day 6 que nous avons véritablement pris conscience que, comme en 2009, comme en 2013 (quatre ans d'écart à chaque fois !), nous allions avoir l'occasion de vibrer autour de l'ultime table : ils étaient encore quatre Français parmi les 27 derniers joueurs. Et pas des moindres : des joueurs déjà titrés en live ou online, des joueurs ayant l'expérience des tables finales, des joueurs cumulant des millions de dollars de gains à eux quatre. Il aurait fallu sacrément jouer de malchance pour que tous échouent avant de rejoindre la dernière table. Le résultat final allait dépasser toutes nos espérances, et avant de se tourner vers la table finale, on terminera cet article avec une pensée pour ceux que l'on aurait aimé aussi y voir, ils le méritaient tout autant, Alexandre Réard et Valentin Messina, mais les cartes en auront voulu autrement aujourd'hui. Cela n'enlève rien à l'immensité de la performance qu'ils ont accompli aujourd'hui, durant sept jours d'un marathon ô combien épuisant et intense... La fin duquel nous allons assister aux premières loges, après avoir changé nos billets d'avion, et prolongé la chambre d'hôtel quelques jours de plus.

L'ambiance à deux heures du matin

Saout Pollak
1h du matin. Benjamin Pollak et Antoine Saout discutent entre deux mains. Ils ne le savent pas encore, mais la délivrance est proche.

1h18
1h18 : Michael Ruane est à tapis avec As-6 contre la paire de Valets de Damian Salas. November Nine en 2016, l'Américain est en train de jouer son dernier coup sur cette édition 2017. Les autres joueurs attendent le verdict : aucun n'est de son côté...

Damian Salis
Le board n'apporte aucune aide à Ruane : l'Argentin Salas peut exhulter auprès de son clan.

Français
Et le clan français d'en faire autant en compagnie de Benjamin et Antoine.

Pollak
Même un pro expérimenté comme Benjamin Pollak n'en revient pas : ses dix ans de carrière ne l'avaient pas préparé à l'intensité du moment qu'il est en train de vivre

Ben Lamb
Tournée de shots pour Ben Lamb en compagnie de Jay Farber. Comme Antoine Saout, Lamb atteint la finale du Main Event pour la seconde fois.

Serveur
Servez-vous : c'est offert par la maison

Interview
Jack Sinclair répond aux questions des médias

Bagging
Pour la septième et dernière fois, les survivants comptent et emballent leurs jetons

Salas
Philippe Poutou, euh pardon Damian Salas représentera l'Argentine en table finale. On a bien failli en avoir deux, des Argentins, avec un Richard Dubini sautant en 12e place

HEsp
Si vous ne connaissez pas encore John Hesp, vous allez l'adorer : le retraité anglais est d'ores et déjà le chouchou des médias et des spectateurs du streaming des phases finales

Hesp
Le public français est lui aussi sous le charme, et a reservé une belle ovation au joyeux anglais

Hesp
Les "July Nine" français passés sur le grill par nos reporters

Photo souvenir
Une photo souvenir avant d'aller se reposer (et se préparer !)

Vidéo : les réactions à chaud de nos français

- 18 juillet 2017 - Par Veunstyle72

pollak steven periscope
L'horloge affiche une heure passée de quarante minutes lorsque la bulle de la table finale éclate sur le Main Event. Un moment électrique, qui laisse une trace indélébile chez tous ceux ayant la chance de le vivre de près. Et le moment idéal pour dégainer le téléphone et se connecter sur Periscope ! 

Session de rattrapage pour ceux qui ont manqué ce moment historique pour le poker français, avec 26 minutes en immersion au beau milieu de l'ambiance post-bulle : neuf joueurs viennent d'entrer dans l'histoire, parmi lesquels deux Français que vous connaissiez probablement déjà bien Benjamin Pollak et Antoine Saout. Ils ne réalisent pas encore vraiment ce qui leur arrive, mais ils vont faire de leur mieux pour réagir à chaud devant notre objectif, entourés d'un parterre d'amis (et autres connaissances).

Installez-vous confortablement et savourez ce moment magique, comme si vous étiez au Rio, en direct des Championnats du Monde.  

Ils l'ont fait !

- 18 juillet 2017 - Par Benjo DiMeo

Table Finale WSOP 2017
Ils l'ont fait ! C'est un moment historique pour le poker français : jeudi, ils ne seront pas un, mais deux à tenter de décrocher le titre de Champion du Monde. Benjamin Pollak et Antoine Saout ont atteint ce soir la dernière table du Main Event des World Series of Poker.

Siège 1 : John Hesp (UK) 87,7 millions (107BB)
Siège 2 : Scott Blumstein (USA) 97,25 m. (122BB)
Siège 3 : Antoine Saout (France) 21,75 m. (27BB)
Siège 4 : Benjamin Pollak (France) 35,175 m. (44BB)
Siège 5 : Jack Sinclair (UK) 20,2 m. (25BB)
Siège 6 : Damian Salas (Argentine) 22,175 m. (28BB)
Siège 7 : Ben Lamb (USA) 18,05 m. (23BB)
Siège 8 : Bryan Piccioli (USA) 33,8 m. (42BB)
Siège 9 : Dan Ott (USA) 26,475 m. (33BB)

Blindes : 400 000/800 000, ante 100 000 pendant une heure environ

Restez branchés : nous vous préparons un compte-rendu complet de cette folle fin de journée, avec les impressions de nos deux prétendants à l'exploit, et une galerie photo haute en couleurs. A très vite.

La Saint-Valentin attendra

- 18 juillet 2017 - Par Flegmatic

Qualifié via l'un de nos satellites online à 750€, Valentin Messina termine 15e pour 450 000$

Valentin Messina

Rien n'est jamais écrit à l'avance sur un tournoi de poker. Quelques heures après l'élimination prématurée de Christian Pham, chipleader au départ de ce Day 7, nous a malheureusement quitté celui qui le suivait directement au classement, Valentin Messina. N'y allons pas par quatre chemins, même si ce résultat lui rapporte la somme rondelette et on ne peut plus enviable de 450 000 dollars, cette 15e place n'était pas ce qu'espérait le dernier de nos qualifiés online aujourd'hui. "Si j'étais arrivé avec quatre millions ce midi, je m'en serais probablement contenté, débriefe le résident Maltais. Mais avec 28 millions pour démarrer ce Day, je suis forcément déçu et frustré. Je sais qu'il y a peu de chances que je me retrouve à nouveau dans cette position. Je suis quand même conscient d'avoir eu un run indécent depuis le début. Simplement, ce n'était pas mon jour. Mais bon, il vaut mieux que cela arrive au Day 7 qu'au Day 1, ou je ne serai jamais arrivé là. Ce que je voulais surtout, c'est ne pas avoir de regret par rapport à la façon dont j'ai joué. Et globablement, c'est le cas, à part peut-être un coup ou deux..."

Valentin pense peut-être à cette main qui lui a tant coûté en début de journée, où il paie un check/raise très cher sur la rivière d'un board 24J63, et ne peut montrer mieux que le brelan de 2 floppé de son adversaire. Coach depuis plus d'une dizaine d'années - il abreuvait déjà Poker Académie de vidéos stratégiques avant sa victoire sur le France Poker Tour 2010 -, Valentin trouvait même à redire sur la toute dernière main de son tournoi. Derrière une ouverture UTG+1 de Ben Lamb, et après être tombé à six blindes, le Français envoie tout avec QJ, et tombe contre le AJ de l'Américain, à l'issue d'un board 1085410. "Je me demande ce qu'aurait fait Davidi [Kitai]. J'aurais peut-être pu flat préflop et shove ensuite... Mais il aurait sûrement payé de toute façon." Pas grand chose à faire donc a priori, pour un Valentin qui traversait alors un véritable désert de cartes, entamé juste après avoir fait doubler Antoine Saout.

Valentin Messina OUT
Une dernière poignée de main et s'en va

"Je suis tout de même content évidemment, qui plus est d'avoir pu porter les couleurs de Winamax aussi longtemps. Si on m'avait dit ça en début de tournoi, j'aurais bien sûr signé. Surtout en étant quasiment en freeroll. Le premier objectif était d'abord de faire ITM, et après j'ai avancé étape par étape. Mais entre 450 000 dollars et 8 millions, il y a une grosse différence. Je garde quand même le positif. Pour quelqu'un comme moi qui ne joue pas tant que cela en live, j'ai pas mal de réussite. C'est aussi une confirmation. Et surtout, en affrontant des grands joueurs comme Dario Sammartino, j'ai vu dans leurs yeux que j'avais gagné leur respect. Et de savoir que je peux leur tenir tête, c'est toujours bon pour la confiance."

Valentin Messina Rail
Plus tôt dans la journée, avec sa compagne de longue date et première supportrice, Johanna Bremont.

Pour avoir été observateurs privilégiés du parcours de Valentin depuis plusieurs jours, nous devons bien avouer que le sentiment est partagé. Très souvent assis devant des tapis le plaçant dans les hauteurs du classement, Valvegas a pu faire étalage de toute la panoplie du joueur complet qu'il est devenu. Hero calls, bluffs monstrueux, value bets calculés au poil : il a joué son A-game du début à la fin de son tournoi, profitant au maximum des erreurs d'adversaires bien moins affutés physiquement et mentalement. Pour autant, ne comptez pas sur lui pour tenter de faire valoir cette expérience durement acquise sur des épreuves qu'il n'avait jusque là pas l'habitude de jouer. "Tu ne me verras pas flamber sur le circuit ! D'ailleurs, je ne serai pas à Barcelone, on a déjà des vacances de prévues. Par contre, j'attends avec impatience les Winamax Series de septembre !"

Un retour au grind online depuis l'île de Malte qui lui sied visiblement à merveille, même ce nouveau gain à six chiffres - le troisième de sa carrière et le deuxième plus gros derrière sa deuxième place à l'EPT Malte en mars 2015 - lui donne quelques idées. "On avait prévu avec Johanna d'acheter une maison." Le moment semble tout choisi. Encore bravo Valentin, et à très bientôt !

Alexandre le Grand

- 18 juillet 2017 - Par Veunstyle72

alex reard
Depuis le début de l'année, le poker Français vibre de façon récurrente grâce à un homme qui a pris l'habitude de deeprun chacun des tournois qu'il dispute (ou presque), ce joueur c'est Alexandre Reard. Aujourd'hui, le Parisien s'est incliné 16e de ce Main Event 2017, après avoir jeté toutes ses forces dans la bataille. Hors de question d'être abattu, c'est avec classe que le premier Français à disparaitre aujourd'hui a quitté ce tournoi.

Tombé à 12 blindes, Alexandre a trouvé AQ et une occasion parfaite d'investir ses derniers jetons au milieu de la table. Malheureusement pour lui, l'Américain Ben Lamb s'est revéillé avec AK dans les blindes, et a trouvé un call facile pour se débarrasser d'un premier Français. Le board n'a rien apporté de très positif pour Alexandre, malgré un solide rail qui a tout fait pour appeler une petite Dame salvatrice. Le board 976J4 est le dernier qu'aura savouré Alexandre Reard sur ce Vegas 2017. Un festival qui se conclue de la plus belle des manières : "Je suis content. Fatigué, mais content ! Un peu déçu forcément mais après je n'ai jamais vraiment eu les armes pour faire mieux jusqu'à maintenant. J'ai mis les jetons derrière, et voilà !"

rail reard
Un rail Français bien echauffé par la présence de quatre Français, dont deux sur cette table télévisée

Gagnant de 340 000$, Alexandre Reard signe la plus grosse performance de sa carrière en termes financiers : "Ça va faire du bien, c'est cool, c'est un très très beau résultat, l'argent va bien nous aider aussi. Et puis il reste encore trois Français tout de même, on va essayer de bien kiffer pour eux, quitte à déplacer l'avion pour aller les rail en table finale, là dessus je n'ai pas trop de doute. Je pense qu'il y en aura deux voir trois, on suivra ça de près..." 

Vainqueur du tournoi Dreamstack à 500€ l'entrée du Cercle Clichy Montmatre à Paris en mai dernier, Alexandre a également ajouté pas mal de places d'honneur à son palmarès en 2017 (runner rup du DSO puis du High Roller Winamax Poker Tour, 5 ITM sur ces WSOP). Cette année, il avait accumulé plus de 200 000, il faut donc ajouter à cela 340 000$ : "On avait prévu de partir en lune de miel, il est possible qu'on en profite pas mal en tout cas." 

Retrouvez la réaction à chaud d'Alexandre Reard sur le Periscope de Winamax : 

Pause-dîner jusque 20h50 heure locale (5h50 en France)
Blindes à la reprise : 250 000/ 500 000, ante 75 000
Moyenne : 25,78 millions

Benjamin Pollak : 31,775 millions
Antoine Saout : 26,8 millions
Valentin Messina : busto (article à venir après le break)


A très vite pour la dernière ligne droite avant la finale !

Sinclair, net et précis

- 18 juillet 2017 - Par Flegmatic

L'Anglais remporte le plus gros pot du tournoi et passe énorme chipleader
Il reste 16 joueurs

sinclair

Faites place au nouveau chipleader de ce Main Event. Il s'appelle Jack Sinclair (photo), il est Britannique et il vient de s'offrir le scalp de Michael Krasienko dans un pot de 68 millions ! Comme vous êtes en droit de l'imaginer, c'est un joli setup des familles qui a scellé le sort de l'Américain dans ce tournoi. Tout commence par une ouverture premier de parole à 1 million de Sinclair, relancée à 3,1 millions, avant que le Londonien ne fasse monter à son tour les enchères à 7 millions.

Il ne faut attendre qu'un flop 1084 pour que les choses s'enveniment : c-bet à 5 millions de Sinclair et relance à tapis de Krasienko pour un total de 22,475 millions. C'est payé par l'ami Jack qui table une paire de Rois, devançant les deux Dames de Michael. Les espoirs de l'Américain partent en fumée dès le turn, qui apporte un troisième Roi. 17e, il empoche 340 000 dollars, et laisse seul Jack Sinclair tout en haut du classement, loin devant ses poursuivants. Pour vous donner une petite idée, le tapis moyen devrait être d'environ 40 millions en table finale. Autant dire qu'avec déjà 68 millions dans la poche, les choses semblent très bien embarquées pour Jack.

chips 1M
Oui, ça fait beaucoup de millions

Chipcount complet au dernier break

Jack Sinclair (UK) 66 650 000
Scott Blumstein (USA) 49 975 000
Benjamin Pollak (France) 34 525 000
John Hesp (UK) 29 975 000
Antoine Saout (France) 26 575 000
Dan Ott (USA) 21 400 000
Pedro Oliveira (Portugal) 21 175 000
Bryan Piccioli (USA) 19 300 000
Damian Salas (Argentine) 19 150 000
Ben Lamb (USA) 17 675 000
Richard Dubini (Argentine) 14 500 000
Karen Sarkisyan (Russie) 11 950 000
Michael Ruane (USA) 8 875 000
Valentin Messina (France) 6 900 000
Scott Stewart (USA) 6 400 000
Alexandre Reard (France) 5 350 000

messina
Désormais dans le clan des short stacks, Valentin Messina s'est déjà retrouvé plus d'une fois à tapis lors de la dernière heure. Les prochains instants seront cruciaux, pour lui comme pour Alexandre Reard, lanterne rouge officielle de ce classement.

Tableau de bord
16 joueurs restants sur 7 221 au départ
Blindes 200 000/400 000, ante 50 000
Tapis Moyen : 22,565 millions
Prix assuré : 340 000$
Prix Maximal : 8,15 millions de dollars
Prix du sandwich Starbucks qui nous a sauvé la vie : 7$

cameraman
Pendant que certains tapent le carton devant les caméras, d'autres se la croustillent derrière.

18 joueurs, nos 4 Français continuent de rêver !

- 18 juillet 2017 - Par Flegmatic

Benjamin Pollak élimine le chip-leader du jour Christian Pham et poursuit sur sa lancée
Antoine Saout double sur Valentin Messina
Alexandre Reard est en difficulté
Il ne reste plus que 18 joueurs pour 9 places en finale !

Ben Pollak sur un nuage

Comment terminer 19e du Main Event des WSOP tout en étant chipleader à 27 joueurs restants ? Demandez à Christian Pham, il pourra vous renseigner sur la question. Ayant vu son stack chuter progressivement après avoir perdu presque tous les coups dans lesquels il s'est engagé, l'Américain a subi les foudres d'un Benjamin Pollak en plein rush. Ce dernier commence par placer un 3-bet en position sur une ouverture de Pham, avant d'envoyer 2,6 millions sur un turn AK10. Et puis soudain, tout s'accélère sur un turn 7, où le Français demande le tapis d'un peu moins de 10 millions de son adversaire. Pham réfléchit un peu plus d'une minute avant de payer avec A3 pour top paire et flush draw. Il est derrière la paire d'As de Ben, et le reste à l'issue d'une rivière 4.

Benjamin Pollak exulte, et le rail français aussi. En sortant le chipleader au départ de cette journée, il grimpe à plus de 38 millions - le plaçant en troisième place provisoire, et au niveau du tapis moyen de la table finale - précipitant du même coup le redraw à deux tables restantes. On vous avoue être encore sous le choc.

Les vases communicants

Antoine Saout
Au lendemain de luttes intestines intenses entre trois de nos quatre joueurs tricolores, il paraissait inévitable que nos Frenchies remettent le couvert aujourd'hui. Ce sont finalement Valentin Messina et Antoine Saout qui ont vécu le premier gros face à face tricolore du Day 7. Dans un classique jeu de relances et surrelances préflop bouton contre grosse blinde, le Breton a fini par envoyer ses quelques 10 millions de jetons avec AQ et s'est fait payer par Valvegas qui retourne une paire de 10. Le board Roi-Valet-3-Dame-10 offre la quinte à Tonio, qui se propulse ainsi à plus de 21 millions, alors que le Maltais tombe à 9,5 millions.

Alexandre Reard
Visiblement card dead depuis le début de la journée, Alexandre Reard continue de se maintenir entre dix et quinze blindes, à coup de resteals à tapis préflop qui ne trouvent pour l'instant pas preneurs. Avec un tapis désormais tombé à 4 millions sur des blindes 200 000/400 000 au moment de déménager sur la table principale, le Parisien ne va plus pouvoir patienter longtemps.

Ils remportent 263 232$

19e Christian Pham (USA)
20e Randy Pisane (USA)
21e Jonas Mackoff (Canada)
22e David Guay (Canada)

Tout le monde sera d'accord pour dire que la sortie de Randy Pisane fut aussi moche que son attitude aussitôt après avoir sauté :

Les trois dernières éditions du Multiplex Vegas sont en ligne



Après quatre longues journées de jeu (étalées sur sept jours, énorme field oblige), ils ne sont plus que 297 joueurs en course dans le Main Event. Parmi les joueurs que nous recevons au micro, certains ont gardé leurs espoirs intacts, comme Davidi Kitai ou l’éternel short-stack Romain Arki, et ne font donc qu’une brève apparition dans l’émission avant d’aller reprendre le combat. D’autres ont été éliminés la veille et prennent donc le temps de revenir en détails sur leurs parcours dans le plus gros tournoi du monde, tel Ivan Emanuely, basketteur professionnel et passionné de poker qui s’est classé dans l’argent pour sa première participation au Big One. En deuxième partie d’émission, Stéphane Matheu revient et nous évoquons ensemble l’atmosphère de fin de règne qui plane sur les WSOP : couloirs qui se vident, joueurs qui rentrent à la maison. Et ce alors que le Main Event n’en est à qu’à la moitié en termes de temps de jeu ! En fin de podcast, vous pourrez découvrir les projets du coach du Team Winamax en ce qui concerne la mise en commun prochaine des marchés français, italien, espagnol et portugais du poker. Oui : le Team Winamax va s’agrandir pour accueillir des joueurs de tous ces pays !

Au micro : Benjo & Jay Pee
Régie : Jacques



Six français dans le Top 100 du Main Event : nos animateurs sont enthousiastes à l’aube de la sixième journée du plus gros tournoi du monde. Aurélie Quélain est l’épouse de l’un d’entre eux (étant devenue Aurélie Réard il y a un an) et s’assoit avec nous pour discuter du parcours fou de son âme soeur Alexandre. Dans cette émission, on entendra aussi Romain Arki (éliminé la veille et qui nous détaille ses projets post-Main Event), le toujours très bavard finaliste de l’EPT Deauville 2015 Joseph Carlino et Valentin Messina, qui vient nous dire bonjour avant d’entamer son Day 6.

Au micro : Jay Pee & Flegmatic 
Régie : Jacques



C’est (déjà !) l’heure de la dernière émission en direct de Las Vegas ! Les quatre couvreurs Winamax sont réunis au complet pour faire le bilan d’un Day 6 complètement fou qui a vu le field rétrécir de 85 à 27 joueurs restants, et discuter des chances françaises d’accession en finale. Elles sont exceptionnelles : pas moins de 4 Français sont au casting des demi-finales. C’est du jamais vu ! D’autant que ce carré tricolore est prestigieux, avec 36 années de présence sur le circuit et plus de 10 millions de dollars cumulés entre eux : Antoine Saout, déjà finaliste en 2009 et 25e en 2016, le champion de France et runner-up EPT Valentin Messina (qualifié pour le Main via un satellite sur Winamax), l’expert en cash-games Benjamin Pollak, et le décidément très en forme Alexandre Réard. Autant dire que nos animateurs sont plutôt du genre excités au micro pour cette ultime causerie en direct des Championnats du Monde. Dès la semaine prochaine, le Multiplex Poker passe en mode été, avec des émissions spéciales musique.

Au micro : Benjo, Jay Pee, Flegmatic et Steven
Régie : Etienne

Benjamin Pollak démarre très fort

- 17 juillet 2017 - Par Veunstyle72

Un tapis multiplié par plus de trois en trois heures de Day 7

benjamin pollak
Deux heures de jeu ont déjà filé dans ce day 7 du Main Event, il reste 23 joueurs et nos quatre compatriotes bleu blanc rouge sont toujours dans ce tournoi. Mieux, Benjamin Pollak est probablement le joueur qui réussit le meilleur départ de cette journée, puisque son tapis a déjà été multiplié 3 ! De 8,8 millions pour débuter, il pointait à 27,35M au moment de la pause. "C'est fou cette journée..." glissait-il simplement après avoir remporté un autre gros pot dans ce Day 7. Son dernier faits d'armes a été d'avoir éliminé Marcel Luske, à tapis préflop : ouverture d'un joueur, Pollak défend, un autre l'imite, et Marcel Luske shove. Pollak est le seul à payer avec JJ et fait face à un A8 étrangement joué chez Luske. Rien n'a changé l'ordre établi des cartes, et le dernier représentant de la vieille garde dans ce Main Event est sorti 23e de ce Main Event, une éternité après avoir atteint deux années de suite le Top 15 du plus gros tournoi du monde, c'était en 2003 et 2004.

valentin messina
Sale début de journée pour Valentin Messina, qui a bien degrind en perdant la moitié de son tapis. Un coup lui a couté particulièremet cher : sur la river d'un board 24J63, Valentin s'est fait check raise de 2,8 millions à 7,2 millions et a call muck après avoir découvert une paire de Deux pour brelan, chez Scott Blumenstein. 

antoine saout
De son propre aveu, Antoine Saout a "tout à regretter de la façon dont [il a] joué cette main". Le Breton a placé un 3-barrel pas très utile dès les premières mains, qui lui a couté la moitié de son stack. Heureusement, lorsqu'il s'agit de jouer un flip, Antoine Saout n'est pas le plus mauvais et grâce à une petite confrontation 99 chez lui contre AJ, il a pu récupérer l'intégralité des jetons perdus. Allez, on repart de zéro, et en faisant attention cette fois.

Marcel Luske
Marcel Luske n'atteindra donc toujours pas la finale de ce tournoi, passant très près pour la troisième fois en quinze ans. En quittant la table, le" Hollandais Volant" nous a gratifié d'une petite chanson en souvenir du bon vieux temps où il enflammait les diffusions télé des WSOP et d'un EPT encore naissant. Il est sorti sous les applaudissements. Les années passent pour le "Flying Dutchman", mais sa classe égale.

1000k chips
1 million, c'est la valeur du nouveau jeton qui vient d'être mis en circulation. Et celui appartient à Antoine Saout. Dites vous qu'il équivaut à 20 participants de ce Main Event !

Ils remportent 263 232$

23e Marcel Luske (Pays-Bas)
24e Florian Lohnert (Allemagne)
25e Jake Bazeley (USA)
26e Michael Sklenicka (Rep Tchèque)
27e Robin Hegele (Allemagne)