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Elior Sion remporte le Poker Player Championship

- 7 juillet 2017 - Par Benjo DiMeo

Elior Sion
Cinq heures. C'est long, cinq heures, on a le temps d'en faire des choses. Comme par exemple un petit jeu de cartes, pour 500 000 $ ? Cinq heures, c'est le temps qu'a duré l'affrontement entre Elior Sion et Johannes Becker lors du heads-up final du Poker Player Championship. 

À l'orée de la table finale, ce n'était pourtant pas vers ces deux-là que tous les regards étaient tournés. Mais plutôt sur le tapis confortable du chip-leader Daniel Negreanu, icône du poker mondial depuis maintenant plus d'une quinzaine d'années, l'homme aux 34 millions de dollars engrangés sur le circuit. Favori en jetons, favori des bookies et persuadé de remporter le bracelet de prestige, son septième s'il venait à s'imposer. La preuve, avec ce tweet plein d'humour dans lequel il affirmait déjà sa victoire avant le début de la finale.

Daniel Negreanu
Sauf que le poker n'est toujours pas une science exacte, même pour un Canadien génial, et à force de mauvaises rencontres et d'abattages perdus, c'est finalement en cinquième position que Daniel quittait la scène, plus riche de 300 000 $.

Isaac Haxton
C'est alors vers Isaac Haxton, le plus connu des quatre survivants, que les prédictions de victoires s'orientaient. Voilà un autre bel exemple de longévité et de classe dans notre jolie planète poker. Et voilà un autre bel exemple de la violence ordinaire de ce jeu, lorsque une rencontre avec une paire d'as de Johannes Becker transformait une prometteuse paire de rois en symbole de sa désillusion. Ce sera la troisième place, monsieur, et 595 000 $ de pourboire.

Alors débuta le marathon final, dans ce fameux mélange de huit jeux, avec les subtilités que cela implique. Parti loin derrière en jetons pour le duel, Elior Sion faisait étalage de ses talents démontrés online pour repasser devant son adversaire. Il manqua même de clôre le tête-à-tête lors d'un coup disputé en Pot-Limit Omaha, avant de voir son adversaire allemand trouver une rivière providentielle pour repasser en tête.

Heads Up PPC
Ce fut d'ailleurs en PLO et en Razz que les jetons volèrent le plus souvent. L'avantage semblait de plus en plus pencher du côté de la balance du londonien, jusqu'à ce coup fatal en PLO8.

Sur un flop 755, Elior check-raise et se fait payer par l'allemand. La turn est le 9, misée par Elior, et Johannes annonce alors tapis, pour le big bet supplémentaire qu'il restait dans son maigre stack. 

Johannes : Q662
Elior : QJ75

Le full floppé d'Elior lui assure de remporter le high, il va falloir un low pour Johannes pour partager, mais comme vous l'avez déduit, il l'attend toujours. Même mieux, la river est un 5 qui offre un carré pour illustrer de plus belle manière encore la victoire du Britannique. 

Elior Sion est notre grand champion : il remporte son bracelet en or, 1 395 767 $ et surtout le prestigieux Chip Reese Memorial Trophy. Son discours de célébration est empreint de respect pour ses adversaires, surtout pour Daniel Negreanu qu'il craignait le plus à cette table. Mais aussi empreint de lucidité sur sa chance et la manière dont s'est déroulée sa victoire. Et enfin on pense au discours de Fedor Holz (après sa victoire sur le One Drop) dans son souhait exprimé de prendre un peu de distance avec le milieu du poker, capitalisant sur cette victoire pour "passer à autre chose", comme si cet accomplissement était avant tout un aboutissement.

Elior Sion - Angleterre - 1 395 767 $
Johannes Becker - Allemagne - 862 649 $
Isaac Haxton - Etats-Unis - 595 812 $
Ivo Donev - Autriche - 419 337 $
Daniel Negreanu - Canada - 300 852 $
Paul Volpe - Etats-Unis - 220 111 $

You cannot be serious !

- 7 juillet 2017 - Par Benjo DiMeo

Event #68 - NLHE 3 000$ (Day 1)

"On ne vous cache pas que notre intérêt pour ce Jour 1 risque d'être limité." C'est ce que nous avions écrit hier soir à propos du premier tour de la 68ème épreuve de l'été, dans notre déroulé quotidien du programme des WSOP. Et c'est sans honte aucune que l'on va se dédire : le Day 1 de cette énième épreuve de No-Limit est loin d'être inintéressante.

Déjà, à cause du monde qui s'est pointé : avec 1349 inscrits au total, l'affluence est bien plus élevée que ce que l'on aurait pu imaginer, et vient même titiller celle des épreuves deux ou trois fois moins chères du même genre. On avait sans doute sous-estimé le fait que le Main Event débute dans 48 heures (déjà ! Le temps passe vite), et que des tas de nouveaux joueurs ont récemment débarqué à Las Vegas en vue du Big One. Les chiffres officiels viennent d'ailleurs d'être annoncés : le prize-pool dépasse les 3,6 millions de dollars. 203 joueurs seront payés avec 645,923 brouzoufs reservés au vainqueur, en plus du bracelet.

Sonny Franco
Aussi, le tournoi a séduit pas mal des joueurs que nous suivons jour après jour depuis un mois : en faisant un tour durant le Level 9 (il y en a dix au programme aujourd'hui), j'en ai croisé une bonne pélletée : Michel Abécassis, Ivan Deyra, Adrien Allain, Thi Nguyen, Yoh Viral, Rémy Biéchel, Ben Pollak... Aucun d'entre eux n'a véritablement décollé pour le moment, si ce n'est pour Alexis Fleur (85,000, soit six tapis de départ) et Sonny Franco (68,000, photo). En compagnie de ces joueurs, j'ai pu reconnaître des Champions du Monde (Joe Cada, Ryan Riess), des joueurs ayant perfé très récemment (Ryan Laplante, runner-up du Mix hier, Harry Lodge, podium du Crazy Eight un jour plus tôt), ou encore des joueurs dont le prénom n'est pas "Alphonse" (Cliff Josephy, Dominik Panka, Charlie Carrel). La table de MIK.22 est particulièrement relevée : on y retrouve Michael Tureniec, Matt Affleck, et Michael Binger (il a fait runner-up du Main Event 2006 derrière Jamie Gold, RT si tu es trop jeune pour t'en souvenir, FAV si tu es vieux)



Outre ce casting alléchant, une petite controverse des familles a éveillé notre intérêt à mi-chemin de la journée. Une histoire d'arbitrage, racontée par Guillaume Diaz et son voisin de table Alexis Fleur (vous pouvez les apercevoir sur la photo ci-dessous, aux côtés d'un mec en train de royalement s'emmerder).

Que s'est-il passé ? Ce récit mélange les voix de Guillaume et Alexis, mais c'est bien Guillaume qui est le protagoniste du coup :

"Un joueur relance UTG, Martin Kabrhel 3bet en milieu de parole poiur 3600. Je suis en SB, je tank, et pendant que je réfléchit, la BB prend tous ses jetons, et avance la pile avec ses deux mains. Lorsqu'il se rend compte que c'est encore à mon tour de jouer, il reprend sa pile !"

Evidemment, un superviseur est appelé, et c'est là que l'affaire déraille.

"C'est le pire floor que j'ai jamais vu, je n'ai pas compris du tout la décision. Le superviseur me dit texto 'Je ne peux pas vous dire quelle va être la décision d'arbitrage avant que vous ne preniez votre décision.' Je paie les 3600, et là le superviseur reprend la parole pour dire que le mec en BB peut faire ce qu'il veut, grosso modo. Il se prend juste un avertissement verbal. C'est fou !"

Pour la petite histoire, la BB va jeter préflop (What. The. Fuck !), et Guillaume, qui avait une paire d'As sur ce coup (il aurait donc bien aimé que la BB soit forcée de 4bet !) va remporter le coup sans showdown, envoyant son tapis face à Kabrhel sur la rivière d'un board J1088K.

Guillaume Diaz


Je ne suis pas arbitre de poker, mais il me semble impensable que la BB soit autorisée à abandonner préflop sur ce coup après avoir initialement avancé les piles de jetons avant le tour de Guillaume. D'autant que ce dernier n'a pas lui-même relancé, se contentant de payer le 3-bet. Qu'en pensent Thomas Gimie ou Guillaume Gleize, nos arbitres français préférés ? On ne manquera pas de leur faire suivre cet article.

L'épisode n'a pas manqué de faire réagir dans la conversation WhatsApp du Team :

Michel Abécassis : "J'ai déjà vu le cas du floor qui dit "je ne peux pas vous dire la règle avant votre décision". C'est bizarre.
Gaëlle Baumann : "J'ai eu le même cas de figure quand un mec a fait tapis de SB sur la BB avant mon tour. J'ai relancé mon bouton et il a eu le droit de fold. J'ai demandé au floor après, il m'a dit que si j'avais juste call, le mec en SB était obligé de shove."

Ceci étant dit, l'épisode n'a pas trop tilté Guillaume, qui possédait 44,000 à une heure de la fin de la journée.

Daniel Negreanu
Après avoir sauté en 5e place du PPC 50K$, Daniel Negreanu s'est inscrit dans le Razz, sans succès. "Bon, il ne me reste plus qu'à aller crâmer 3000 balles de plus", a t-il annoncé à ses adversaires avant de se rendre au guichet des inscriptions pour sa troisième partie de poker de la journée.

Table Gaëlle Baumann
L'ancienne table de Gaëlle Baumann. Je dis "ancienne" car Gaëlle a sauté sur un coup assez moche : deux Rois qui ne tiennent pas contre As-Roi, il y avait 90,000 au mileu. Sick !

Scotty Nguyen
Scotty Nguyen est un vrai sympa, toujours disponible pour ses fans, quitte à rater des mains.

Pas payé

- 7 juillet 2017 - Par Flegmatic

Event #67 - Pot-Limit Omaha High-Roller 25 000$ (Day 2)
Sylvain Loosli échoue aux portes de l'argent

La journée en forme de montagnes russes de Sylvain Loosli s'est achevée en une brutale sortie de piste peu après 22 heures ici à Las Vegas. Pointé dans le peloton de queue alors qu'il ne restait plus que 39 joueurs en lice pour 31 places payées, le Toulonnais a finalement perdu ses dix dernières blindes à six places de l'ITM.

Qualifié il y a deux jours via un satellite live, Sylvain peut toujours se consoler en se disant qu'il n'a pas laissé filer 25 000 dollars dans la nature, mais c'est aussi ce qui aurait rendu une quelconque place payée encore plus belle et lucrative. Ce soir, Sylvain repart donc du Rio les poches vides, après deux jours presque complets de grind intensif au sein d'un field très relevé. Il ne lui reste désormais guère plus que le Main Event pour tenter de sauver un été américain qui ne se passe pas exactement comme prévu. Allez Sylvain, un deep run sur le Big One, et tout est effacé.

Notre Pro laisse donc des pointures de la trempe de Max SilverDan Smith ou encore Esther Taylor se disputer le titre et le jackpot de 1 289 074 dollars à la gagne. Le vainqueur sera connu samedi soir.

La vie sans Français

- 7 juillet 2017 - Par Flegmatic

Event #66 - NLHE 1 500$ (Day 2)
Il n'y aura pas de Jour 3 pour le clan tricolore

On aurait aimé vous dire que nos trois derniers Français encore en piste après la première pause de la journée caracolent désormais en tête de classement, que nos espoirs de bracelet restent intacts face à une concurrence découragée qui se demande même s'il vaut bien la peine d'aller ne serait-ce qu'au bout de cette deuxième journée. On aurait aimé vous dire tout ça. Mais parce qu'il ne sert à rien de se bercer d'illusions - alors que se faire bercer tout court, c'est bien mieux - , le temps est venu de vous annoncer la triste et âpre vérité : aucun de nos compatriotes ne remportera cette épreuve.

Alexandre Reard

Short stack depuis le lancement de ce Day 2, Joseph Teanotoga fut le premier à abandonner ses derniers espoirs, se voyant obligé de baisser pavillon en 135e position, pour un gain de 3 213 dollars. Son troisième min cash depuis le début de ces WSOP. Vint ensuite le tour d'Alexandre Reard, sorti peu après à la 128e place (3 213$ pour lui aussi). Le Parisien ne réitérera donc pas son deep run réalisé sur un Event 52 en tous points identiques, où il avait réussi à se glisser jusqu'en 21e place.

ElkY

Vite redescendu de son piédestal après un début de journée réussi, ElkY clôture la liste. Tombé aussi bas que six blindes, après avoir notamment vu sa paire de Valets craquée par Q5 sur un board 843K7 - tout est parti au flop -, Bertrand a réussi à doubler avec J10 contre J4, mais n'a fait que repousser l'inéluctable de quelques minutes. Son parcours s'arrête finalement en 59e place, pour 6 299 dollars. Pas découragé pour autant, ElkY s'est empressé de rejoindre le tournoi à 3 000 dollars, peu avant la fin des enregistrements tardifs. Une motivation qui fait plaisir à voir.

Kenny Hallaert
En bons voisins, nos espoirs se tournent maintenant vers Kenny Hallaert, placé parmi les leaders alors que le compteur est descendu sous la barre des 50 joueurs restants. 17e d'un Millionaire Maker surpeuplé et troisième de l'épreuve à 5 000 dollars jouée en 6-Handed, le November Nine belge 2016 fait preuve d'une impressionnante régularité cet été.

L'arroseur arrosé

- 7 juillet 2017 - Par Benjo DiMeo

Event #62 - Poker Players Championship 50 000$ (Day 5 : Table finale)

Ivo Donev
Qui tue par le feu, périra par le feu. C'est à peu près ainsi que l'on peut résumer la fin de parcours d'Isaac Haxton dans le Poker Players Championship. Le spécialiste des High-Rollers aux 13 millions de dollars de gains a en effet eu la joie d'infliger un bad beat à Ivo Donev (photo), un "two outer" avec 55 contre deux Rois provoquant l'élimination du joueurs d'échecs autrichien en quatrième place, avant de lui-même subir un cooler assez ignoble alors qu'il était chip-leader.

Isaac Haxton
Jouer cinq jours de poker sans bavures dans huit formats différents pour se manger une rencontre KK/AA dans un coup énorme coup de No-Limit Hold'em contre le deuxième plus gros tapis de la table, il y a de quoi être frustré, non ? Oui, je sais : Haxton était derrière préflop sur cette main (et les tapis ont volé sur un flop 9-8-7 avec deux coeurs), mais à ce stade de la partie, et au vu des enjeux, la différence entre un cooler (coup dont l'issue est inévitable) et un bad beat me semble très ténue.

Le heads-up final du PPC oppose donc deux joueurs dont les visages ne sont pas familiers pour la plupart des fans de poker, ce qui ne les empêche pas d'être immensément talentueux (obv) : Johannes Becker et Elior Sion. Leurs fiches Hendon Mob ne vous apprendront pas grand chose sur eux : nous avons affaire à deux joueurs online, régulier des cash-games high-stakes. Becker n'affiche que 70,000$ de gains en live, à peine plus que le prix d'entrée du tournoi, mais Alex Luneau nous glissait dès l'entame du Day 2 que cela ne veut rien dire : l'Allemand est très, très actif en ligne et finance lui-même des tonnes de compatriotes grâce à une bankroll très confortable. Même topo pour Sion (600,000$ de gains en live "seulement" : l'Anglais va quoi qu'il arrive doubler ce total aujourd'hui, minimum), qui a l'habitude de jouer en 200/400$ et 300/600$ contre Isildur, Ben Tollerene et compagnie.

Becker a entamé le duel avec un large avantage (trois fois plus de jetons) mais Sion se bat comme un diable et a déjà comblé une grande partie de cet écart : les deux sont partis en pause-dîner avec des tapis relativement équilibrés.