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Pollak : ses impressions à chaud

- 23 juillet 2017 - Par Veunstyle72

Benjamin Pollak
Le bracelet était là. Tout près de Benjamin Pollak. Et pourtant, le beau brun qui a séduit tous les américains (américaines comprises) branchés sur ESPN devra encore patienter avant de brandir fièrement ce que la France du poker attend depuis 2014, un nouveau titre WSOP. Mais Benjamin n’a que peu de remords : il a fait le boulot et a prouvé au monde entier que les french baguettes, comme on nous appelle parfois, maitrisaient plutôt bien ce jeu du Hold'em sans limite de pot. « Participer à cette table finale, c’était déjà un rêve. Evidemment, si j’avais gagné, ça aurait été beaucoup mieux, mais quoi qu’il arrive, je n’ai aucun regret, ce n’est que du bonheur ce qui m’arrive là. »

Il va maintenant falloir remettre les pieds sur terre et digérer avec plaisir ce chèque de 3,5 millions de dollars qui va bientôt atterrir sur le compte en banque. « Jesuis en train de réaliser que je viens de terminer troisième du Main Event. Troisième du Main Event, tu vois ce que je veux dire ?! Quand le tournoi commence, chaque jour est indépendant de l'autre : chaque matin, tu reprends tous les jours à une nouvelle table. Tu joues contre des joueurs de poker, tout simplement, tu ne fais pas gaffes au fait que tu es en train de jouer le Main Event. Et pendant la finale, tu ne réalises toujours pas que tu es en finale du Main Event ! »
 

« Aujourd’hui, quand on était plus que trois, je ne réalisais toujours pas. Je me disais juste qu’il fallait battre Scott et Dan… Et c’est seulement maintenant que je réalise que je viens de faire un truc de dingue ! Evidemment, l’argent va changer quelques trucs dans ma vie quand même, mais le truc marrant, c’est qu’avant d’arriver à Vegas, dans ma tête je me disais qu’il s’agissait peut-être de mon dernier Vegas, dans le sens où j’avais envie de faire autre chose. C’est aussi pour ça que j’étais très motivé au départ du Main Event, et c’est aussi pour ça que j’avais pris un coach mental avant d’arriver ici. Je savais que je n’allais pas grind tous les tournois de ces WSOP, et je me suis donc focus sur celui qui compte le plus... Et puis est arrivé ce qui est arrivé, je suis resté concentré, le scénario est juste exceptionnel. Je rêvais de faire cette table finale, et je savais bien au fond de moi que je n'allais pas continuer à faire ça toute l'année pendant dix années de plus. Donc mes chances d'aboutir à ce résultat étaient restreintes. Je l’ai touché, je l’ai même savouré, je l’ai vécu à fond, donc pour moi c’est juste exceptionnel. »

S’il en rêvait, la montagne était trop grande à gravir. La troisième place historique d’Antoine Saout en 2009 n’a pas été dépassée, simplement égalée (c'est déjà énorme !), ce qui incite encore Ben à croire qu’il y a encore possibilité de faire mieux : « La bonne nouvelle, c’est qu’on n’a pas encore fini le jeu, on peut encore faire mieux ! C’est sur que j’aurais aimé marquer l’histoire, j’aurais aimé ramener ce bracelet à la France, ça aurait peut être changé pas mal de choses chez nous, mais ça reste du poker, avec sa part de chance. Je ne peux pas avoir de regrets, ce n’est pas comme si j’avais démarré dans une position très avantageuse, je savais qu’aujourd’hui, il fallait prendre des risques, il fallait monter des jetons. A deux occasions, j’aurais pu éliminer Dan et me retrouver en tête à tête contre Scott, deux mains clés qui auraient pu me permettre de finir en heads up… that’s poker ! »