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Si près mais si loin, une fois de plus

- 22 juillet 2017 - Par Benjo DiMeo

Antoine Saout est éliminé en cinquième place (2 000 000$)
Sa deuxième table finale sur le plus gros tournoi du monde se solde une nouvelle fois par une déception, mais Antoine peut être fier de ce qu'il a accompli


Antoine Saout Kara Scott
C'est un article que l'on aurait pu écrire beaucoup plus tôt. Il y a plus d'une semaine, en fait. Cela paraît une éternité de cela : c'était avant même que la bulle n'éclate dans le plus long tournoi du monde, à mi-chemin de la troisième journée d'une épreuve en comptant plus de dix, au moment où le compteur affichait plus de mille joueurs restants : Antoine Saout s'était retrouvé à tapis contre le pro américain Scott Seiver, sur une confrontation préflop plus ou moins inévitable : deux Rois contre deux As. Archivé dominé, Saout avait été sauvé par l'apparition d'un Roi sur la rivière. Un miracle qui permettra au breton d'entamer le troisième run de sa carrière sur le Main Event des World Series of Poker.

Au cours des phases finales, lorsqu'il ne restait plus que trois tables, Antoine a fait face à des vents contraires et s'est placé dans la case short-stack : il n'allait jamais rééllement la quitter. On aurait pu ainsi écrire l'article de son élimination en demi-finales, lorsqu'il dut jouer deux coin-flips cruciaux pour se maintenir à flot. Même topo en table finale : hier, lors de la première phase, Saout a du envoyer son tapis plusieurs fois, et sur la seule fois où l'on a payé, son 109 a été contraint de s'améliorer contre le K9 de Jack Sinclair, qui sera finalement éliminé avant lui. Et aujourd'hui, deux nouvelles confrontations préflop gagnantes finiront par nous laisser coire que personne n'arriverait à achever le tenace breton.

Jusqu'à cette main, la 126e de la table finale, où Antoine défend sa petite blinde avec Roi-Valet après une relance au bouton de Scott Blumstein, et floppe la top-paire sur J76. Pas d'action de part et d'autre : on passe directement au turn, un 4, qui verra le français check/call les 5,6 millions misés par le chip-leader.

Dernier board Antoine Saout
La rivière est un terrible J. Terrible pour Antoine, évidemment : désormais muni d'un brelan, il n'arrivera pas à abandonner face à la mise à tapis de Blumstein, qui était bel et bien en value max avec 53 pour la quinte trouvée sur le turn.

Antoine Saout
Forcément, la déception est de taille : peu de joueurs obtiennent une seconde chance de devenir Champion du Monde.
Mais forcément, la performance est encore plus grande : peu de joueurs atteignent deux fois la table finale du plus gros tournoi du monde parmi plus de 7000 joueurs. On les compte sur les doigts d'une main : le français en fait partie.

Cela avait été un crève-coeur à écrire en 2009 et c'est un crève-coeur de l'écrire en 2017 : Antoine Saout ne remportera pas le Main Event. Mais avec ce troisième finish dans le Top 30, et sa deuxième finale au total, il peut être fier du nouvel exploit qu'il vient d'accomplir. Sa cinquième place lui rapporte deux millions de dollars et le rapproche un peu plus de l'immortalité pokérienne.

Antoine Saout Kara Scott
Quelques réactions à chaud :

"Hier c’était très dur, j’étais short et je n’avais pas de jeu. Aujourd’hui, ça allait un peu mieux. J’ai eu la chance de doubler au bout d’une heure. Même si en fin de compte, c’était très « push or fold » quand même sur la plupart des phases. Je n'ai pas dépassé les trente blindes."

"Ce qui me frustre un peu, c’est que j’étais remonté deuxième en jetons, et même quand je saute, je suis troisième au classement."


"Je ne m’en veux pas trop sur mon élimination. Je pense qu’il [Blumstein] n’a jamais flush ou full. Il y a des quintes aussi parfois, mais je crois surtout qu’il a une grande range de bluff."

"Je suis déçu parce que j’y ai cru, après avoir remonté un stack, après avoir gagné tous ces coups à tapis à chaque fois. Certes il y avait John qui était bien short, il y avait aussi l’histoire du palier de gains mais bon… Au final, on est toujours déçu tant qu’on ne gagne pas."

"C’est vrai que c’est beau de faire deux fois tables finales du Main Event, mais je joue pour gagner, pour afficher ma photo dans le Rio, à côté de tous ceux qui ont déjà gagné ce tournoi. J’espère juste que j’aurais encore la chance de faire un deeprun dans ce tournoi un jour... On verra."