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Un tiers du contrat est rempli

- 21 juillet 2017 - Par Benjo DiMeo

Le premier tiers de la finale s'achève avec sept joueurs restants
Sale début de partie pour Antoine Saout, qui reviendra vendredi avec 12BB
Benjamin Pollak joue une partition parfaite et possède désormais le deuxième plus gros tapis
Ben Lamb et Jack Sinclair ne sont plus en course pour le titre


Plateau TV
Le plan était d'arrêter la table finale après trois éliminations. Finalement, nous n'en aurons observé que deux aujourd'hui, au cours d'une durée totale de jeu avoisinant les quatre heures, mais étendue sur une durée de presqus six, la faute à ces satanées publicités typiques de la télévision américaine, interrompant le flot de la partie toutes les dix minutes environ.

A 23 heures, ESPN a décrété une pause pour la nuit, avec sept joueurs restants contre six prévus. Pourquoi ? Nous avons plusieurs théories. Déjà, il était déjà plus de 2 heures du matin sur la cote Est : il commençait à se faire tard. De plus, les tapis de plusieurs joueurs étaient très faibles par rapport aux blindes, et quoi qu'il arrive, ESPN doit remplir six heures de programmation samedi et dimanche soir : il ne faudrait pas que le rythme s'accélère trop ! Enfin, le chouchou absolu du public et des producteurs John Hesp est tombé de son piédestal aujourd'hui : il ne possède plus que 19BB : son élimination ne laisserait plus que des pros peu connus des américains à la table, et représenterait donc probablement un coup dur pour l'Audimat. Autant le laisser revenir pour la seconde journée plutôt que de risquer de le voir sortir dès le premier tiers de la finale !

Rail FR
Ceci étant dit, quel plaisir que de retrouver l'atmosphère électique de la finale du Main Event, que nous autres reporters Winamax n'avions pas connue depuis les éditions 2013 et 2009. Des centaines de supporters massés sur les gradins, des coups à tapis d'une intensité nulle autre pareille, et neuf joueurs qui jouent leur vie sur chaque gros pot. C'est le poker de compétition qu'on aime, celui à même de faire vibrer le plus blasé des fans. Bonne nouvelle : nos deux français ont franchi le cap du premier tiers de la finale. Le bilan est archi positif pour Benjamin Pollak. Beaucoup moins pour Antoine Saout. Mais le breton est encore là, avec des jetons, et donc ses espoirs intacts. C'est bien l'essentiel !

Pollak enfile sa tenue de gala

Pollak
Benjamin Pollak ne pouvait pas rêver mieux comme début de table finale. Après avoir joué de patience, il a su gentiment rentrer dans la partie au point de franchir la première phase avec le deuxième plus gros tapis. « Après deux heures de jeu, j’étais dans la zone, focus ! J'ai d'abord du me mettre dans le bain, j’étais un peu fatigué. L’atmosphère est nouvelle, la configuration de la finale est différente il faut le temps de s’adapter, et c’est vrai que je n’ai gagné ma première main après deux heures de jeu. Mais après ça, j’étais véritablement bien ! »

Sans en faire trop, Benjamin a su s’adapter à ses adversaires pour imposer lentement mais surement son style de jeu : il a été de tous les bons coups, arrivant à voler plein de petits pots, faisant de bonnes lectures et de bons bluffs, et montrant le meilleur jeu au showdown lorsqu'il y avait beaucoup de jetons au milieu. « Je suis content du résultat, j’ai bien joué, à part peut-être un coup contre John Hasp vers la fin… Bon c’est discutable, mais c’était un petit coup, rien de très grave. Dans l’ensemble je suis content, j’ai le sentiment que les autres joueurs respectaient pas mal mon jeu. »

Il va désormais falloir gérer la fatigue : encore deux journées restent au programme ! « C'est vrai, je suis crevé ! Mais sur cette finale, les journées ont l'air assez courtes. Il n'est même pas minuit. Donc ça va, mais on a besoin de beaucoup de concentrer. Là tout de suite, j’ai un sacré mal de tête. Les pauses toutes les dix minutes à cause de la télé, je trouve ça plutôt bien finalement, ça permet de couper un peu, de souffler, de se rafraichir le cerveau, d’aller aux toilettes, de revoir les mains des adversaires sur le streaming, c’est pas si mal finalement. »

Un dernier mot avant de partir se reposer ? « Désormais, je vais pouvoir répondre aux nombreux messages reçus, j’ai l’impression que mon téléphone va exploser tellement je reçois de textos. Ça fait chaud au cœur évidemment. Et après ça, seulement après ça, je vais pouvoir envisager de me reposer un peu. »

Saout : pas le scénario rêvé

Antoine Saout
Quelle journée difficile pour Antoine Saout. A peine la partie lancée, que le Breton se faisait déjà bluffer, dès la première main (voir plus bas). « C'est vrai, je me fais bluffer direct, mais c’est aussi parce que Heps fait n’importe quoi et c’est la seule fois où je n’ai pas de main, alors que normalement, je suis censé avoir quelque chose ici, il est tombé sur le seul cas où je suis en bluff ! Et après, il y a Scott Blumstein qui fait n’importe quoi aussi, sur un pot où il me relance sur la rivière avec son As-Dame [Antoine avait 6-3 pour un tirage ventral manqué et a bien evidemment été obligé d'abandonner], alors que là aussi, je suis censé avoir quelque chose. Heureusement, j’ai doublé rapidement pour revenir à mon stack du début de journée, et puis après j’ai été patient. »

Face aux vents contraires, Antoine a joué l’expérience et a profité de la peur de ses adversaires pour relancer un peu plus light par la suite, ce qui a fonctionné à merveille, car finalement, tout le monde est un peu effrayé par les paliers. Antoine peut d'ailleurs citer de manière exhaustive toutes les mains avec lesquelles il a envoyé son tapis préflop aujourd'hui : « J’ai reshove Roi-Valet à un moment, après j’ai shove deux Rois. J'ai aussi fait ça avec Roi-9, et d'ailleurs Piccioli fold Roi-Valet assortis derrière, mais il était obligé, il est très serré et vu son stack, il ne pouvait pas payer. Il est pas le seul , du coup je pense que je vais prendre encore plus de shots de shove demain. Si tu regardes bien, c’est super serré pour tout le monde. Quand tu vois que Piccioli, la seule main qu’il a jouée, c’était une paire d’as pour bust l’Anglais…»

La première bataille de la finale est terminée : la seconde débutera vendredi après-midi. Antoine a déjà repéré le groupe des shortstacks : il en fait partie mais compte bien s’en extirper rapidement : « Hesp a presque sauté, même s’il est un peu remonté sur la fin, grâce à un coup remporté contre Ben Pollak. Mais là, je regarde le chipcount et je vois qu’on est trois à 14, 15 ou 16 millions, il y a Blumstein en chip-leader, puis Benjamin, et deux stacks au milieu. Donc en gros, on est cinq à faire la guerre pour la troisième place ! »

Antoine n’est pas magicien et n’a pas encore résolu le poker no limit : il sait très bien que pour demain, la seule solution pour s’en sortir sera de recevoir de belles cartes et de gagner ses confrontations à tapis préflop. « Le plan demain, c’est d’avoir deux As assez vite contre As-Roi et voilà, ha ha ! Je vais me reposer ce soir, il est tard là et je ne pensais pas qu’on aurait une journée aussi longue, je pensais qu’en deux-trois heures ça serait fini, mais après, il y a tellement de pauses TV que ce n'est pas très suprenant. »

Un contexte qui n’a finalement rien à voir avec sa première table finale, disputée il y a déjà huit ans : « En 2009, on n’avait pas de pauses TV comme ça, on jouait les deux heures du niveau en une seule fois, comme des vrais Levels de tournois, et du coup c’est complètement différent là. Ça coupe le jeu, on a le temps d’aller voir sur le streaming les mains que les autres ont joué. Je ne sais pas si c’est un avantage ou un inconvénient, parce qu’au final, les mecs voient aussi avec quoi j’ai joué. » Demain est un autre jour ! Antoine l'espère bien meilleur qu’aujourd’hui.

Si vous n'étiez pas là aujourd'hui...

Un petit récap des plus gros coups du premier tiers de la finale. Au total, 75 mains ont été jouées jusqu'à présent.

Main #1 : D'entrée de jeu, John Hesp régale le public : relance avec K9, call du 3-bet d'Antoine Saout, puis relance en bluff complet sur le flop 10-8-2. Antoine, déjà bien short-stack, est obligé d'abandonner As-Valet !

Main #4 : Elimination de Ben Lamb en 9e place, il était l'un des short-stacks en début de partie. Son A9 ne s'améliore pas contre le As-Dame de Jack Sinclair.

Main #17 : Antoine Saout manque un tirage ventral et tente le bluff rivière contre Scott Blumstein. Ce dernier le relance avec hauteur As ! Antoine tombe à moins de 10BB.

Main #21 : Benjamin Pollak fait un bon call avec A10 (hauteur As) au flop contre John Hesp et remporte le showdown : l'anglais n'a rien de mieux que Roi-Dame.

Main #22 : Le chip lead de Hesp progresse, il relance K-J et trouve top paire flop puis brelan rivière, Blumstein mise rivière avec A-K (top paire turn) et Hesp snap call.

Main #26 : Hesp trouve deux Dames et 4-bet préflop énorme (20 millions) contre Blumstein, qui abandonne rapidement.

Double up Antoine
Main #27 : Antoine Saout double avec un 109 poussé pour 10BB au bouton : Jack Sinclair paie de BB avec K8 mais ne restera pas en tête.

Main #32 : Double up facile de Dan Ott avec A-J contre le Q-10 de Blumstein, qui a tenté le semi-bluff avec un shove sur J-8-2. 

Main #42 : L'une des mains les plus importantes pour Ben Pollak aujourd'hui : avec Q10 en main, le français paie un bluff à 7 millions envoyé par Dan Ott avec As-4 sur Q9946.

Main #44 : Pollak trouve une quinte rivière pour prendre un beau paquet de jetons à Hesp, qui ne saura pas jeter top-paire. Le français est plus que jamais l'homme en forme sur cette première partie de finale.

Hesp
Main #47
: La main la plus importante de la journée : une confrontation à tapis entre les deux plus gros stacks de la table ! On vous laisse savourer ici ce coup incroyable qui a causé la chute brutale de John Hesp en bas de tableau, tout en renforcant considérablement le chip-lead de Scott Blumstein.

Main #64 : Jack Sinclair est éliminé en 8e place par Bryan Piccioli sur une rencontre standard entre short-stacks. Standard, le fold de Damian Salas avec As-Dame l'est beaucoup moins !

Main #75 : L'énorme chip-leader Scott Blumstein remporte le dernier coup de la journée, faisant perdre à Dan Ott la moitié de son stack (voir plus bas). La première partie de la finale est terminée !

Les stacks à 7 joueurs restants

Blumstein
Scott Blumstein est en position archi dominante. Les choses vont-elles en rester là ?

Siège 1 : John Hesp (UK) 22,475 millions (19BB)
Siège 2  : Scott Blumstein (USA) 178,3 m. (149BB)
Siège 3 :  Antoine Saout (France) 14,55 m. (12BB)
Siège 4 :  Benjamin Pollak (France) 77,525 m. (65BB)
Siège 5 : Damian Salas (Argentine) 15,625 m. (13BB)
Siège 6 : Bryan Piccioli (USA) 35,75 m. (30BB)
Siège 7 : Dan Ott (USA) 16,35 m. (14BB)


Comme vous pouvez le voir, les tapis sont extrêmement ressérrés en bas de tableau, avec trois des sept derniers prétendants au titre se tenant dans une zone comprise entre 12 et 14BB. On peut s'attendre à des feux d'artifice rapides dès la reprise de la partie vendredi à 17h30 (2h30 du matin en France).

Dan Ott a plutôt bien joué sa partition aujourd'hui, malgré un bluff raté contre un Benjamin Pollak contre qui il ne fallait pas se frotter aujourd'hui, et la moitié de son stack perdu sur la toute dernière main de la soirée. Mais son check-fold rivière avec 98 sur 8-4-2-As-Dame était la bonne décision : Scott Blumstein venait trouver une paire avec Q10. Tout comme Antoine Saout, l'américain a du passer par la case "all-in payé" aujourd'hui, trouvant un double up facile contre un Scott Blumstein ayant tenté le semi-bluff au flop avec un tirage de ventrale.

Antoine, on l'a déjà expliqué, a vécu une journée plus ou moins catastrophique, avec seulement deux choses positives à en tirer (c'est déjà beaucoup) : 1/ un double up avec 109 face au K8 de Jack Sinclair et 2/ sa qualification pour la deuxième partie de la finale. Damian Salas fut l'un des joueurs les plus sérrés de cette entame de fibale, ayant par exemple trouvé le moyen de jeter As-Dame après un shove de Jack Sinclair alors que l'argentin était lui-même short. Incroyablement, sa décision était bonne : derrière, un Bryan Piccioli très serré attendait patiemment de passer à la caisse avec les As !

Fidèle à sa réputation, le chouchou du public John Hesp nous a offert le beau plus spectacle de ce premier tiers de finale, et les plus gros pots, dont celui qu'il a perdu de façon ultra-spectaculaire face à un Scott Blumstein terminant logiquement chip-leader, ayant accru son tapis encore un peu plus : le kid du New Jersey possède désormais 50% des jetons ! Mais attention, comme Blumstein l'a dit lui-même, "Je ne suis pas encore en train de compter mes gains" : on retrouve en position sur lui un Benjamin Pollak que beaucoup voient désormais comme un candidat idéal à la victoire, si jamais Scott Blumstein venait à run un peu moins good par la suite. C'est tout ce qu'on souhaite au parisien !

Les prix

Vainqueur : 8 150 000 $
Runner-up : 4 700 000 $
3e : 3 500 000 $
4e : 2 600 000 $
5e : 2 000 000 $
6e : 1 675 000 $
7e : 1 425 000 $

Benjo & Steven

REPRISE : VENDREDI 17H30 (2H30 EN FRANCE)