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Les deux chip-leaders à tapis !

- 21 juillet 2017 - Par Benjo DiMeo

Comme nous, vous vous demandiez probablement quand allait se produire ce moment. Ou même, s'il allait se produire tout court. Quel moment ? Ce moment où l'incroyable chevauchée de John Hesp allait être stoppée net, où son déficit en expérience allait finalement le mettre en faute, où sa marche semble t-il implacable vers le titre allait être contrecarrée par un pro plus affûté que lui.

Hesp fait doubler Blumstein
Ce n'est pas tous les jours qu'un joueur amateur tel que le retraité anglais arrive à survivre sept journées consécutives au milieu des pros dans le tournoi le plus long du monde. Cela force l'admiration, et des précédents existent : Chris Moneymaker en 2003 (personne n'avait réussi à l'arrêter, et sa victoire avait lancé quasiment à elle toute seule la mode du poker dans le monde entier), Darvin Moon en 2009 (un seul joueur avait réussi à le dépasser : Joe Cada), ou encore Jay Farber en 2013 (même topo : il avait réussi à aller jusqu'en seconde place, battu seulement par Ryan Riess).

La question que tout le monde se posait, ce matin, était donc : le fantasque Hesp, le courageux Hesp, le réjouissant Hesp allait-il tenir jusq'au bout sans exploser en vol, sans se prendre de bad beat, sans livrer tous ses jetons à un pro ? Tout au long des huit journées du Main Event, Hesp a joué crânement sa chance, et augmenté son tapis avec régularité et sans jamais lever le pied, ni refuser un combat contre un pro. Et c'est donc presque logiquement que nous l'avons vu disputer peu sans broncher le plus gros coup du tournoi jusqu'à présent : 156 millions. Il était 21h30, et l'action est allée tellement vite que nous avons du attendre le compte-rendu officiel sur WSOP.com pour véritablement comprendre ce qu'il s'était passé en détail.

La main (la 47e de la finale) débute avec une relance de Scott Blumstein UTG. Hesp défend sa BB et le flop tombe A75. Les deux joueurs checkent à la vitesse de la lumière. Les choses s'emballent sur le turn, un 10 :

Hesp checke,
Blumstein mise 3 millions,
Hesp check/raise pour 7 millions,
Blumstein sur-relance pour 17 millions,
Hesp se lève de sa chaise et envoie son tapis,
Blumstein paie aussitôt !

Ces six actions n'ont pris que vingt secondes, pas plus ! Et les jeux, vous me demanderez ?

Hé bien :

Deux As chez Blumstein, pour le jeu max de chez max. On n'en attendait pas beaucoup moins de la part du pro.

Et chez Hesp ? A10 pour les deux paires max, trouvées au pire moment possible !

Hesp est drawing dead : la rivière ne lui sera d'aucune utilité. L'anglais (dont la série noire avait commencé un peu plus tôt avec cette quinte grassement rentabilisée par Pollak) tombe à 24 millions, lui qui vivait le run d'une vie depuis le début de la finale avec des tas de coups gagnés à coups de bluffs, value bets et énormes relances ! Pendant ce temps, Scott Blumstein est de nouveau chip-leader : avec 160 millions, il possède maintenant plus de 40% des jetons de la table.

Blumstein ému
160 millions chez Scott Blumstein, le pro de 25 ans venu du New Jersey : la chose a de quoi rendre émotif


Quelques minutes après cette main, les blindes passent à 600,000/1,2 million avec une ante de 200,000, et la répartition des stacks est complètement dingue : six des huit derniers joueurs se trouvent dans une zone short-stack comprise entre 11 et 23BB ! Le jeu ICM n’a jamais été aussi important : il y a 2,3M$ de différence entre la 8e et 3e place !

Scott Blumstein 160 millions
Benjamin Pollak 75 m.
Dan Ott 28,75 m.
Damian Salas 25,5 m.
Brian Piccioi 21,35 m.
John Hesp 20 m.
Jack Sinclar 16,4 m.
Antoine Saout 14,55 m.