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Main dans la main jusqu'en finale

- 18 juillet 2017 - Par Veunstyle72

saout pollak
Ils se connaissent par coeur, ou presque. C'est dans l'adversité mais main dans la main qu'ils ont fait le chemin vers la finale du plus gros tournoi de poker de l'année. Ils la disputeront assis côte à côte.

Benjamin Pollak et Antoine Saout ont désormais ce point commun d'être finalistes du Main Event des WSOP ! Et forcément, quand on ne connait pas encore cette sensation, la nouvelle à de quoi secouer, même quand on est un grand gaillard comme Benjamin Pollak : « C’est dur à réaliser. D’habitude, les scénarios catastrophes, on les accumule au poker, et puis là… PAN ! Ça y est, c’est maintenant ! Donc c’est dur à réaliser. Dis toi que ma mère n’était même pas au courant, elle m’a dit OK, on viendra te voir en novembre ! »

Talentueux, expérimenté, collectionneur de deep-runs depuis 2007 (mais n'ayant jamais connu de gagne à un million de dollars : voilà qui est chose faite !) Benjamin ne va pas forcément craindre beaucoup de joueurs lors de cette finale, excepté peut-être les deux joueurs qui ont le plus de jetons : « Le joueur le plus dangereux pour moi, ce sera le chipleader, Scott Blumstein. Parce qu’il est foufou et que c’est une calling station. J’ai la position sur lui, donc je ferai attention aux spots que je vais prendre et je vais éviter de trop gamble contre lui. Mais la situation est quand même pas mal. »

En 2013, Ben Pollak avait déjà gouté aux joies d'un deeprun sur le Big One, mais avait terminé son parcours sur une frustrante 27e place. Un souvenir quelque peu difficile à digérer, mais finalement, avec le temps, cette expérience fut plutôt enrichissante : « Je connais déjà cette sensation, de rater la table finale et donc les gros chiffres… mais maintenant je connais l’autre sensation, l’envers du décor, et c’est juste magique et magnifique ! » Quatre ans plus tard, le voilà propulsé en final, ayant bénéficié d'un énorme craquage de Christian Pham, qui a véritablement gâché son deep-run avec un coup joué beaucoup trop agressivement. « J'avais presque de la peine pour lui. Il était chip-leader à 27, il termine 20e, il ne gagne même pas un palier ! Il est comme ça ce tournoi : très long, très très long, la fatigue te fait faire des erreurs. »

Le Français tentera de mixer son jeu, entre agression sur quelques spots bien précis, et patience ultime. L'objectif est différent que sur n'importe que tournoi... car il ne s'agit pas de n'importe quel tournoi ! Il faudra garder la tête plus froide que ses adversaires : « Je vais mettre la pression sur les tapis moyens, et essayer d’avoir une bonne image, d’être fort et de ne pas faire d’erreurs. Certains vont surement craquer, il faut être solide, c’est un jeu de mental de toute façon. »

Bon et sinon Benjamin, entre toi et Antoine, qui est le meilleur joueur alors ? « Il a plus de gains que moi… mais on verra en table finale ! »

saout
Antoine Saout devient quant à lui un habitué de ces deepruns sur le Main Event. Réaliser plusieurs deepruns, c'est possible, mais réaliser deux tables finales sur le tournoi le plus long du monde, ça commence à dépasser la réalité. Peu de joueurs, dans l'histoire des World Series Of Poker ont réussi à faire ce que s'apprête à faire le Breton. « C’est un accomplissement, c’est cool, c’est super. On va encore me traiter de double chattard en revanche ! » C'est le Antoine Saout qu'on connaît, celui qui préfère mettre en avant sa réussite (il aura du passer deux fois par la case "coin-flip" aujourd'hui, lorsqu'il était short-stack en début de journée), et non pas son talent, qui est pourtant immense. Combien de fois aujourd'hui l'avons nous vu placer des 3-bets ou 4-bets avec un timing parfait, lorsqu'il sentait que ses adversaires tentaient de le voler. Et ce pot de 10 millions remporté avec un As-Roi qui n'avait même pas touché une paire ? Du caviar : après avoir 4-bet préflop, Antoine a réussi à faire passer John Hesp avec une simple mise sur un flop hauteur Dame, celui-ci détenait pourtant deux Valets ! Là aussi, Antoine refusera d'y voir autre chose que de la réussite : "En fait, il y avait un coup à tapis sur l'autre table, du coup il n'avait même plus envie de jouer le coup, il a dit 'allez, je vais pas me prendre la tête'", et il a jeté ses cartes avant d'aller voir ce qu'il se passait à côté."

Désormais, place au travail, tout Antoine Saout qu'il est, ça ne l'empêche pas de vouloir faire ses devoirs dès demain. « Je vais essayer de regarder les streamings, les coverages pour choper d'autres infos sur comment ils jouent. Je n’ai qu’une vingtaine de millions de jetons, mais ça va tellement vite à ce niveau là. Tu prends un 3-bet ou un squeeze et hop, tu gagnes 5 millions. Il faudra mettre la pression sur les tapis moyens, Je suis confiant pour moi-même et j’aime bien ma position à table, avec des deux gros tapis sur ma droite [John Hesp et Scott Blumstrein], c'est encore mieux »

Avec la fin du concept des "November Nine" Antoine et Benjamin entament une nouvelle ère. Deux jours seulement les séparent de la table finale, ce qui n'est pas spécialement pour plaire à tout le monde. Antoine, lui, est 100% pour. "Ça me va très bien d’enchainer. Les joueurs moins affûtés n’auront pas le temps de bosser leur jeu pendant trois mois. Ce sera un avantage pour moi. »

On terminera en posant à Antoine Saout la même question qu'à Benjamin Pollak : lequel est le meilleur ? Le Breton se fendra d'un sourire taquin. « Je ne sais pas, mais... Qui a fait deux tables finales ? » 

Finale du Main Event : le programme

Jeudi 20 juillet : coup d'envoi à 17h30 - arrêt à 6 joueurs restants
Vendredi 21 juillet : coup d'envoi à 17h30 - arrêt à 3 joueurs restants
Samedi 22 juillet : coup d'envoi à 17h30 - jusqu'au vainqueur

17h30 = 2h30 du matin en France