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Qui seront les adversaires d'Antoine et Ben en finale ?

- 18 juillet 2017 - Par Flegmatic

Siège 1 : John Hesp (UK) - 85,7 millions (107BB)

John Hespe
Sans aucun doute l'élément perturbateur de cette table finale. Le X-Factor comme on dit chez lui, du côté de Hull City. Car oui, depuis le début de ce tournoi, où sa veste façon patchwork à donner des sueurs froides à n'importe quel ophtalmologue nous a immédiatement tapé dans l'oeil, John Hesp détonne, et pas qu'un peu. D'abord par son style de jeu, qui a éclaté au grand jour depuis le Day 6, sous la lumière des caméras de PokerGO. Longues réflexions préflop avec des poubelles, min-raises en value sur le flop et autres bizarreries : il l'a avoué lui-même, l'ami John, qui sera aussi le doyen des neuf finalistes, n'a jamais lu aucun livre de poker, et ça se voit. Dans un monde professionnel où le jeu GTO prend une place de plus en plus grande, l'Anglais fait clairement figure d'épouvantail, et ce jusque dans ses lignes Hendon Mob, que l'on a bien eu du mal à prendre au sérieux. La raison à cela ? Au nombre de sept, elles ont toutes été acquises sur le même tournoi, le Sunday Rebuy à dix balles organisé dans un petit casino de Hull. Pas tout à fait le même buy-in ni le même prestige que le Main Event des World Series of Poker. Pour embellir encore un peu plus le tableau, le bougre est l'heureux détenteur d'une voiture aussi rare que légendaire, une Delorean. Il n'en fallait pas plus pour que John Hesp devienne le chouchou de ses compatriotes outre-Manche, qui ne jurent que par lui sur les réseaux sociaux, ainsi que d'une bonne partie des observateurs privilégiés de notre jeu. "Nous avons besoin de quelqu'un comme vous en finale," lui aurait même soufflé Phil Hellmuth en lui remettant une copie de son autobiographie. Parti sixième au départ du Day 7 avec un tapis de 20 millions, Johnny n'a eu de cesse d'augmenter son capital, en mettant un maximum de pression sur ses adversaires, en plus de bénéficier du soupçon de réussite à tout deep run, de l'As au flop qui lui a permis de sortir Randy Pisane, au board tout à trèfle pour signer l'élimination de Pedro Oliveira et constituer la pré-table finale à 10. Aussi incongru que celui puisse paraître, c'est ainsi assez logiquement qu'il attaquera la table finale du plus beau tournoi du monde avec un net avantage sur ses poursuivants directs. "Je suis au poker ce que Trump est à la politque : un amateur," a-t-il lâché à nos confrères de PokerNews. Et on se souvient tous du résultat des élections de l'an dernier. Ça promet.

Siège 2 : Scott Blumstein (USA) - 97,25 millions (121BB)

Scott Blumstein
L'homme qui attaquera cette finale dans la peau du chipleader est un pur grinder de la côte est des États-Unis. Originaire du New Jersey, il compte la majorité de ses 43 lignes sur des tournois entre 100 et 2 500 dollars du côté d'Atlantic City. C'est donc fort logiquement qu'il y a acquis celle qui reste de très loin sa meilleure perf' à ce jour, une victoire sur un énorme tournoi à 500 dollars au Borgata pour près de 200 000 billets verts. Relativement discret en début de Day 7, il a passé la surmultiplié au retour du dinner break, pour éliminer coup sur coup Scott Stewart (13e) et Richard Dubini (12e), avant de prendre la tête grâce à un bon call réussi face à Jack Sinclair, avec une paire de 10 sur un board hauteur As. Double avantage pour l'ami Scott, il aura la position directe sur celui qui le suit au classement, John Hesp. Peut-il poursuivre sur sa lancée et garder la première place jusqu'au bout, comme Joe McKeehen en 2015 ? Ou va-t-il complètement s'effondrer tel Philipp Hilm en 2007 ? On vous avoue que les circonstances penchent plus en faveur de la première option.

Siège 3 : Antoine Saout (France) - 21,75 millions (27BB)

Antoine Saout

Siège 4 : Benjamin Pollak (France) - 35,175 millions (44BB)

Benjamin Pollak

Siège 5 : Jack Sinclair (UK) - 20,2 millions (25BB)

Jack Sinclair
Du haut de ses 26 ans, Jack Sinclair est en pleine découverte des tournois live. S’il n’affiche que 13 500 dollars de gains sur Hendon Mob, il ne s’agit en fait que d’un trompe l’oeil. Sa vie de joueur de poker se déroule majoritairement derrière un écran d’ordinateur. Oui, Jack Sinclair est avant tout un joueur de poker online. Avec des amis comme Anton Morgenstern et Philipp Gruissem, on peut aisément imaginer que le jeune Anglais sait parfaitement manier les cartes. Troisième au chipcount au matin de ce Day 7, Sinclair a d’abord roulé sur cette journée, réalisant au passage un très bon fold contre Antoine Saout (il avait floppé quinte, mais Antoine avait transformé son brelan en full sur la turn) avant de terminer la journée beaucoup plus dans le dur, la faute à un 3-barrel bluff mal placé, qui lui a couté près de 30 millions de jetons ! À la reprise, il ne possédera plus que 20 millions, soit le deuxième plus petit tapis de cette finale.

Siège 6 : Damian Salas (Argentine) - 22,175 millions (28BB)

Damian Salas
Dès le milieu du Day 4, qu'il a terminé en tant que large chipleader suite à un good run mémorable, pendant lequel il n'a montré que les meilleurs jeux plusieurs heures d'affilée, Damian Salas nous faisait penser à un certain Cliff Josephy. Beaucoup moins pour son palmarès - que nous ne connaissions pas à l'époque - que pour sa certaine prestance à table, de celle que peuvent avoir les quarantenaires/cinquantenaires sûrs d'eux. Nous ne pensions pas si bien dire. Car même s'il n'est pas la légende online qu'a pu être - et est encore - 'Johnny Bax', l'Argentin n'est pas franchement ce qu'on peut appeler un manchot dès lors qu'il s'agit de cliquer avec une souris. Selon nos confrères de PocketFives, Damian fait ainsi preuve de plus de 3 millions de dollars de gains remportés sur Internet. Ajoutez à cela plus de 900 000 dollars de gains en live, une présence constante sur le circuit sud et nord-américain depuis 2009, et comme meilleur résultat la gagne d'un (petit) Highroller à 5 000 dollars à Punta del Este pour 107 800 dollars, et vous obtenez un joueur d'expérience qui n'a pas peur de faire bouger les masses. Car dans la foulée d'un Day 6 apathique, où son tapis n'a suivi qu'une lente progression vers le bas, il a ressorti pendant le Day 7 la panoplie du parfait cliqueur online, à base de relances et surrelances pré et post-flop avec des mains que beaucoup n'envisageraient même pas. Reste à voir s'il continuera de jouer cette carte agressive qui semble lui réussir à merveille. Une chose est sûre, s'il parvient à monter suffisamment de jetons, il peut se révéler comme l'un des dynamiteurs de cette finale. À noter que si ce joueur va plus loin que quatre de ses adversaires (Lamb, Saout, Blumstein, et Hesp), Benjo empochera plus de 1800 dollars suite à un last longer géant organisé en salle de presse. Comme s'il n'allait pas déjà vibrer suffisamment sur cette finale.

Siège 7 : Ben Lamb (USA) - 18,05 millions (23BB)

Ben Lamb
Rebelote pour l’Américain Ben Lamb, qui, à l’instar d’Antoine Saout, s’immisce pour la seconde fois de sa carrière sur la table finale d'un Main Event WSOP. Mais après sa troisième place en 2011 - édition qu'il boucle d'ailleurs en tant que Player of the Year après avoir notamment décroché le bracelet sur l'épreuve de Pot-Limit Omaha à 10 000 dollars et terminé runner-up d'un autre tournoi de PLO à 3 000 dollars -, si ce n'est pour deux brèves excursions à Seminole en août 2014, puis à l'Aria début 2015, le second Ben de cette finale a complètement disparu de la circulation... jusqu'à ce printemps, où il est revenu en force avec une victoire sur un Highroller au Bellagio. Si l'on ne sait pas vraiment quelle mouche l'a piquée, force est de constater que le choix de ce retour était judicieux. Tout ne s'est en revanche pas passé comme prévu sur son Day 7, qu'il avait attaqué avec un tapis de 25 millions, supérieur donc à celui avec lequel il a terminé sa journée. Se maintenant de longues heures durant sous le tapis moyen, ce natif de Las Vegas a toutefois eu le mérite de ne jamais se mettre en danger, jouant de son expérience pour sécuriser ce deuxième exploit, six ans après. Son statut de short stack officiel de cette finale ne peut lui permettre de prétendre simultanément à celui de favori, mais avec des écarts très resserés en bas de classement, tout est encore possible pour lui.

Siège 8 : Bryan Piccioli (USA) - 33,8 millions (42BB)

Bryan Piccioli
Parce que le joueur au siège 8 n'a pas le monopole du bracelet autour de cette table finale, Bryan Piccioli aussi a déjà décroché un titre WSOP. Tuons le suspense tout de suite, son sacre n'a pas eu lieu en été à Las Vegas, mais un soir d'avril du côté de Melbourne, dans le cadre des World Series of Poker Asia-Pacific, sur un tournoi à 1 100 dollars australiens. Si nous vous laissons seul juge du prestige d'une pareille victoire, les faits sont eux indéniables. Et si, avec 1,9 millions de dollars de gains en tournois live, l'Américain - originaire du comté d'Allegany dans l'État de New York - peut aisément être estampillé joueur pro, ce chiffre représente moins d'un tiers de ses quelques 6,3 millions encaissés depuis des années sur les tables online. D'assez loin le meilleur total de tous les finalistes. Sur ce Main Event, il est - et restera probablement longtemps - celui qui a infligé un deux outer à Antoine Saout juste avant la réunification sur une table, sous la forme d'un 8 apparu sur la rivière d'un board 9-As-As-Dame, transformant sa paire de 8 en full pour battre le As-4 du Français. Mais c'est aussi lui qui met fin aux espoirs de back to back de Michael Ruane, en doublant sur lui en toute fin de journée via un bon vieux flip des familles avec une paire de 10 contre As-Roi. Deux coups qui lui permettent d'aborder cette table finale avec un confortable tapis de 42 blindes, laissant la porte ouverte à toutes les fenêtres perspectives. Enfin, la présence de Bryan autour de cette TF, c'est aussi l'assurance de bénéficier d'un rail fourni et motivé, qui a déjà plus d'une fois fait monter les décibels au sein d'une Brasilia Room qui ne demandait que cela pour se réchauffer.

Siège 9 :  Dan Ott (USA) - 26,475 millions de jetons (33BB)

Dan Hott
Sur la photo ci-dessus, Dan Hott était alors le premier joueur de ce tournoi à passer le cap des vingt millons de jetons. Nous étions alors en milieu de Day 6, et le résident d'Altoona, Pennsylvanie était alors sur un nuage. Il n'attaque pourtant le Day 7 qu'avec le 20e tapis sur 27 - la faute à gros coups perdu en fin de Day 6 contre John Hesp - mais se remet très vite à flot d'entrée, grâce à un pot de 10 millions décroché contre un David Pham qui entamait sa descente aux enfers. Il fait ensuite parler de lui à l'occasion d'une double confrontation dantesque face à Scott Blumstein, enchaînée en quelques minutes à peine. La première, favorable, avec As-Roi contre Roi-Valet. La seconde, perdue avec Roi-Valet contre une paire de Rois. Mais au-delà de ce parcours chaotique, ce qui impressionne encore plus chez Daniel c'est le fait qu'il ne dispute là que l'un de ses premiers tournois live. Comme beaucoup, Ott découvre le poker en 2003 au moment de la victoire de Chris Moneymaker - il avait alors 12 ans - , s'intéresse au jeu et se lance sur les tables online dès que possible. Ce n'est finalement que cet été qu'il opère la transition avec le live, grâce à plusieurs perfs online, avec donc la réussite que l'on connaît. Voilà ce qui explique une page Hendon Mob presque vierge, où ne figurent que deux résultats... tous acquis cet été aux WSOP. Un one timer, un vrai, qui s'estimait déjà heureux lors du Day 6 de s'être assuré un gain de 100 000 dollars. Avec maintenant dix fois plus de billets verts dans sa poche, on l'imagine mal vouloir en rester là.

La finale débutera avec environ une heure restante sur le niveau 400 000/800 000 ante 100 000.

Les prix

Vainqueur : 8 150 000 $
Runner-up : 4 700 000 $
3e : 3 500 000 $
4e : 2 600 000 $
5e : 2 000 000 $
6e : 1 675 000 $
7e : 1 425 000 $
8e : 1 200 000 $
9e : 1 000 000 $