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Les bases du Razz avec Alexonmoon

- 7 juillet 2017 - Par Benjo DiMeo

Event #69 : Razz 1 500$ (Day 1)

Alexandre Luneau
"Il ne me reste plus que trois cartouches : ce tournoi, le Stud Championship et le Main Event." Comme des centaines d'autres pros, les pensées d'Alexandre Luneau commencent à lorgner vers la conclusion de son long été à Vegas, après cinq semaines passées presque quotidiennement au Rio. Le bracelet reste plus que jamais l'objectif principal de notre expert en variantes et la raison de ces longues sessions de jeu diurnes et nocturnes au sein des salles Amazon et Brasilia. La réussite d'Alex aux plus hautes sphères du poker online ces sept dernières années l'a plus ou moins mis à l'abri du besoin : c'est en compétiteur pur qu'il aborde les tournois, et un bracelet viendrait valider de la plus belle des façons une expertise dont personne ne doute depuis bien longtemps. Le trophée se fait encore attendre mais quoi qu'il arrive, Alexonmoon n'aura pas à rougir de son bilan à Vegas, avec cinq deep-runs, dont trois Top 10, et ce dans cinq formats de tournoi différents face aux meilleurs joueurs de ces disciplines.

L'épreuve du jour se joue en Razz : un format dérivé du Stud où l'on cherche à trouver les cartes les plus basses possibles. Les paires sont donc à fuir comme la peste, de même que les figures, et la meilleure main possible est tout simplement la suite des cinq cartes les plus basses du paquet : As-2-3-4-5. Au total, sept cartes sont distribuées aux joueurs au cours de cinq tours d'enchères joués en Limit, à raison de trois cartes cachées, et quatre cartes visibles par tous.

"La nature de ce jeu est le steal, le vol", explique Alex. "On peut très bien avoir de mauvaises cartes cachées, ce n'est pas grave : si notre tableau affiche des petites cartes, on misera systématiquement et les joueurs avec un board moins bon ne pourront faire autrement qu'abandonner." Une règle d'or valable aussi bien en cash-game qu'en tournoi, et ce dès le début de la partie, lorsque les mises et ante sont encore basses. "Il y a donc un côté mécanique dans ce jeu, avec beaucoup de décisions dictées par nos cartes visibles, et celles des adversaires. Mais attention : il y aussi des spots compliqués."

Un exemple ? "Imagine qu'à la cinquième carte, un joueur a 9-8-7-3-2, et l'autre a A-2-3-4-Roi. On pourrait se dire qu'intuitivement, le joueur avec 9-8 est favori : sa main est déjà constituée, et il ne reste que deux cartes à tirer. Alors qu'en fait, la main avec le Roi est bel et bien la meilleure, car si le tirage rentre, l'autre joueur est drawing dead. En fait, cette main a 60% de chances de remporter le coup !"

Les formes de Stud sont communément réputées comme des jeux où la concentration et la mémoire est importante : on voit beaucoup de cartes affichées chez les sept adversaires qui nous font face. Il faut être capable de les retenir, et ce alors que le croupier fait disparaître immédiatement les jeux des joueurs qui foldent. Alex confirme : "En Razz, il faut absolument mémoriser toutes les petites cartes que l'on voit défiler. C'est très important, par exemple, pour déterminer la probabilité qu'un joueur trouve une paire ou pas sur la suite du coup. Disons qu'il débute avec un 3 affiché, puis trouve un 5 ensuite : si tu ne vois aucun autre 3 ou 5 chez les autres joueurs, cela augmente sa probabilité d'avoir fait une paire parmi ses trois cartes cachées." Ce qui permettra donc un éventuel hero call avec une main moyenne contre un joueur que l'on suspecte d'être en train de bluffer avec un tirage manqué.

Après deux heures de jeu en ce Day 1, Alex a quasiment doublé son tapis, passant de 7,500 à environ 14,000. "Comme souvent sur ces 1500$, le field est ultra soft. De manière générale, je trouve que les joueurs ne volent pas assez les coups, ils jouent serré. La structure est très bien : ni trop lente, ni trop rapide, le juste milieu. Plus on avance, et plus c'est intéressant : le Day 2, c'est un vrai plaisir, mais le Day 1, cela ressemble plus à du boulot !" On souhaite donc à Alex de se qualifier pour demain, histoire qu'il commence à rigoler un peu.

James Woods
Le facteur "VIP" de ce tournoi vous est offert par James Woods, grand fan de poker devant l'éternel et régulier des WSOP chaque été, avec une finale en Shootout disputée en 2015. Le légendaire acteur Hollywoodien a tourné avec les plus grands, et fut proprement brillant dans
Il était une fois en Amérique (Sergio Leone) et Casino (Martin Scorcese), entre autres. Mais ces temps-ci, il se fait plus souvent remarquer en tant que moine-soldat indéfectible de Donald Trump via Twitter que par ses prouesses devant une caméra.