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28 heures et 14 000 kilomètres plus tard...

- 30 juin 2017 - Par Benjo DiMeo

Kool Shen fait enfin son entrée aux WSOP, après un mois de tournage en Thaïlande
Event #56 - NLHE 5 000$ (Day 1)


Kool Shen
Les traits sont tirés mais l'oeil reste alerte, aux aguets, ricochant de gauche à droite de la table à mesure que progresse l'action. La bouche ne peut étouffer un baillement entre deux coups, mais les mains sont agiles tandis qu'elles s'emparent des jetons pour sur-relancer un adversaire préflop, puis miser flop, turn et rivière à tempo régulier sur un tableau 532J5. La dernière mise vaut 5 000 unités, soit un cinquième du tapis de départ au moment où débutait la partie, quatre heures plus tôt. Après un moment d'hésitation, l'adversaire rend ses cartes au croupier. Kool Shen retient un sourire en faisant venir les jetons à lui. Le signal de la pause retentit dans les haut-parleurs et tandis que Bruno se lève, on ne peut s'emêcher de lui demander : tu avais un gros jeu ? Cette fois-ci, il rigole franchement. "J'avais un As et un 7 !"

La toute première épreuve de notre rappeur/acteur/joueur préféré sur les World Series of Poker 2017, un 5000$ No-Limit, commence donc bien. Probablement parce que Bruno a à coeur de bien faire, ayant loupé les trente premières journées des Championnats du Monde, et n'ayant pas touché des cartes et jetons depuis le SISMIX à la fin du mois de mai. La raison ? Il revient tout juste d'un long tournage en Thaïlande, après un voyage proprement interminable de 28 heures depuis Phuket. "Six heures de vol jusque Séoul... Cinq heures d'attente... Puis onze heures jusque Los Angeles. Encore quatre heures d'attente... Puis 90 minutes pour arriver jusque Vegas." On comprend mieux les traits tirés ! "Ceci dit, j'ai dormi pendant la quasi totalité des trois vols !"

Paradise Beach
Le prochain film de Kool Shen s'appelle Paradise Beach. Aux manettes : Xavier Durringer, à qui l'on doit notamment La Conquête, le récit haut en couleurs de l'élection présidentielle de 2007, avec Denis Podalydès dans le rôle du candidat Sarkozy. Autour de Bruno : Hubert Koundé (rappelez-vous, le Hubert de La Haine), le rappeur Seth Gueko, Sami Bouajila (césarisé pour Indigènes) et bien d'autres. "Je ne connaissais personne en arrivant. Même Seth, je ne l'avais croisé qu'une seule fois." Mais durée de tournage et éloignement obligent, les amitiés se sont rapidement nouées : "On tournait toute la journée, parfois le 'pickup' était à quatre ou cinq heures du matin, et ça pouvait durer jusque très tard ! Après le boulot, on restait ensemble, soudés, en bande. A la fin, on était comme une famille."

Mais est-ce que Thaïlande rime forcément avec fiesta et débauche ? "Pas du tout ! Le film n'a pas un budget énorme. D'où les longues journées, et le tournage resserré : un mois, avec une équipe mi-française, mi-thailandaise. Moi, j'ai participé à quinze journées de tournage. On était très, très sérieux : le boulot avant tout ! Pendant les jours off, on a découvert les plages, on a profité du beau temps. On n'a pas trop fait la fête. On a découvert le pays tranquillement. Mais on a quand même passé un peu de temps au bar que Seth a ouvert à Phuket il y a quelques années !"

Bilan de l'aventure ? "Juste un énorme plaisir. Le scénar, le réal', les acteurs... Tout était parfait !" Sans vouloir trop révéler, qui sera Kool Shen dans ce film de gangsters ? "Je joue le rôle d'un connard... Mais un connard qui devrait vous faire rire ! Dans le scénario, je suis le seul personnage qui a été assez idiot pour se pointer en Thaïlande avec sa meuf, et il va m'arriver des tas d'histoires." Après avoir bossé dur sur ce film, on pouvait penser que Bruno débarquerait à Vegas avec la mentalité du vacancier. Que nenni. "Je suis aussi concentré que sur le tournage ! J'avais trop envie de jouer, j'ai pas touché de cartes depuis Marrakech !"

Break Event 56
Kool Shen : "Mais t'es une vraie baraque ma parole Pierrot !"
Antonin Teisseire : "Je sais pas comment il fait, avec tout ce qu'il fait comme fêtes. A mon âge, tu seras comme moi !"


Au compteur de cette belle épreuve après cinq heures de jeu : 512 joueurs. On est encore loin des 862 inscrits de l'édition 2016 ! Le PLO à 10K$ aurait-il joué les cannibales ? Ils étaient 186 à revenir au Day 2 à midi, alors que débutait le 5K$... Cela fait donc beaucoup de candidats potentiels occupés dans la Brasilia, mais ils seront sûrement nombreux à rejoindre l'Amazon en late reg à mesure des éliminations dans le PLO.
Ceci étant dit, les Français sont plutôt nombreux : j'ai croisé des têtes connues comme Romain Lewis, Gilbert Diaz, Laurent Polito, Antoine Saout, Adrien Allain, Jimmy Guerrero, Rémy Biéchel, Sonny Franco, Yoh Viral, ElkY...
Au moins deux tricolores ont déjà sauté. Guillaume Diaz n'a guère tenu plus de trois heures, n'ayant joué que deux mains. La dernière vaut son pesant de cacahuètes avariées, Volatile38 nous la raconte : "Un joueur relance à 400, et un Asiat' 3-bet à 800 en milieu de parole. J'ai deux Rois rouges, je fais 2200 au bouton. L'Asiat snap-call. Flop : 10-9-7 avec deux trèfles. L'Asiat donk-bet 2000, donc il n'a jamais brelan, ou aucune autre main qui me bat. Je fais 8000. J'avais 20 000 au départ de la main, j'ai déjà mis plus de la moitié de mon stack. Il snap-call ! Turn : un As. C'est pas une mauvaise nouvelle en soi, il n'a pas masse d'As dans sa range. Il envoie 5000, je fais tapis. Il paie. Il a... As-Valet dépareillés. Magnifique !" Deuxième victime française : Aurélien Guiglini. "Les Rois contre les As, je n'ai pas su fold."

Pierre Calamusa
Les choses se passent mieux pour Pierre Calamusa, qui a trouvé une couleur runner-runner et s'est fait payer son 3-barrel par top paire.