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251 joueurs franchissent le Day 4

- 16 juillet 2016 - Par Flegmatic

Top 10

1/ Bryan Piccioli (USA) 4 026 000
2/ Daniel Colman (USA) 3 711 000
3/ Thomas Miller (USA) 3 684 000
4/ Pierre Merlin (France) 3 396 000
5/ Farhad Jamasi (USA) 3 380 000
6/ Goran Mandic (Croatie) 3 216 000
7/ Adi Abugazal (USA) 3 180 000
8/ Daniel Zack (USA) 3 085 000
9/ Melanie Weisner (USA) 3 078 000
10/ Tom Middleton (UK) 3 025 000

5 Français

4/ Pierre Merlin 3 396 000
27/ Antoine Saout 2 283 000
39/ Lorenzo Lavis 2 077 00
60/ Gaëlle Baumann (Team Winamax) 1 791 000
129/ Maxime Chilaud 1 140 000

Reste du field (sélection)

16/ William Kassouf (UK) 2 713 000
23/ Christopher Frank (Allemagne) 2 437 000
34/ Tom Marchese (USA) 2 108 000
36/ Nathan Gamble (USA) 2 100 000
58/ Max Silver (UK) 1 810 000
59/ Per Linde (Suède) 1 796 000
62/ Michael Gathy (Belgique) 1 770 000
69/ Kenny Hallaert (Belgique) 1 684 000
75/ Alex Lindop (UK) 1 619 000
76/ Mike Gorodinsky (USA) 1 612 000

84/ Cliff Josephy (USA) 1 554 000
109/ Dietrich Fast (Autriche) 1 344 000
111/ Dan Heimiller (USA) 1 334 000
120/ Marc-Andre Ladouceur (Canada) 1 245 000
128/ Scott Montgomery (Canada) 1 175 000
134/ David Pham (USA) 1 107 000
136/ Bradon Adams (USA) 1 095 000
139/ Shaun Deeb (USA) 1 089 000
152/ Sorel Mizzi (Canada) 1 000 000
156/ Greg Raymer (USA) 992 000

157/ Jennifer Shahade (USA) 976 000
158/ Johnny Chan (USA) 968 000
196/ Maria Ho (USA) 691 000
202/ Paul Volpe (USA) 640 000
212/ Todd Brunson (USA) 548 000

Tapis moyen 1 342 031
Blindes 12,000/24,000 ante 4,000

Marée basse

- 16 juillet 2016 - Par Benjo DiMeo

Fin du Day 4 - Il ne reste plus que 251 joueurs, dont 5 Français

C’est aujourd’hui que le Main Event des World Series of Poker a opéré sa transition, pour passer de « plus gros tournoi du monde » à « plus beau tournoi du monde ». Terminé, l’océan de tables et les trois salles remplies à ras bord des premiers jours. Au soir du quatrième tour (qui correspondant à la septième journée du tournoi au total), on ne compte plus que 251 joueurs en course : après l’élimination de plus de 500 joueurs ce vendredi, le tournoi a enfin atteint une taille humaine. Un observateur peut faire le tour des tables en quelques minutes (il n'en reste plus que 27), regarder tous les joueurs les yeux dans les yeux, et commencer à se demander lesquels ont de vraies chances d’arriver en finale. Pour les joueurs, les récompenses promises augmentent à mesure que les éliminations se poursuivent, et une certaine nervosité aussi : les caméras de télévision sont là pour capturer vos moindres gestes, et la moindre erreur peut coûter très cher. Rappelons le : 8 millions de dollars sont à aller chercher, ainsi que l'immortalité pokérienne !

Ce Day 4 n’a pas été tendre pour le clan Français : 14 de nos 19 joueurs ont été éliminés aujourd’hui, recevant des récompenses comprises entre 17,232 et 36,708 dollars. La plus cruelle de ces éliminations fut pour nous la dernière, celle de notre confrère Victor Saumont, l’un des rares joueurs purement amateurs encore en course parmi les Tricolores. Nous avons aussi perdu Ronan Monfort, Timothée Marlin, Aurélien Guiglini, et les deux couples les plus performants du poker Français, Thi Nguyen/Jimmy Guerrero et Aurélie Quélain/Alexandre Réard (liste complète en fin d’article)

Cinq Français seront au Day 5, et la hauteur de leurs tapis laisse présager de très belles choses… De gauche à droite :

Pierre Merlin - 3,396 millions (141 BB)

« Une très belle journée ! » C’est un homme fatigué, heureux et en même temps légèrement dépassé par ce qui lui arrive qui termine dans dans le top 5 du classement de ce Main Event. Ce soir, Pierre Merlin plane : « J’étais très concentré et bien dans mon jeu, même si vers 16 heures, j’ai commencé à ressentir la fatigue. Ce qui m’inquiète un peu pour la suite d’ailleurs, car ce tournoi est très éprouvant. Mais je suis évidemment très heureux. » Un jus d’orange et une barre de céréales plus tard, c’est un autre homme qui se présentait pour aborder la fin de journée : « Ça a bien marché jusqu’au dinner break, et puis en revenant, je n’ai pas joué pendant deux heures, quasiment. J’avais un peu le moral en baisse, car je suis rapidement affecté quand il ne se passe plus rien. Et puis il y a eu ce fameux coup où je fais full avec As-Deux [contre Jean Gaspard, NDLR]. Le spot me paraissait bien, même si j’ai eu de la réussite, c’est sûr. Mais il en faut sur ce tournoi ! » Et il ne faut surtout pas manquer de réussite : « Je n’ai pas eu de confrontations KK contre AA par exemple. Je ne suis jamais parti à tapis couvert de tout le tournoi non plus, c’est la première fois que ça m’arrive. » Conscient d’avoir également « run good », Pierre n’aura qu’un objectif demain : « Etre concentré au maximum et jouer mon meilleur poker. L’objectif de résultat ne sert à rien, ça me met en tilt plus qu’autre chose. Il va falloir être focus sur le jeu. »

Antoine Saout - 2,284 millions (95BB)

« You played very well today ! » Le Day 4 est terminé et un joueur étranger vient serrer la main d’Antoine Saout, accompagnant sa poignée de main d’un compliment qui semble sincère. Et il est vrai que le Breton a tenu son rang aujourd’hui : il avait entamé la partie à midi en tête du clan Français avec 1,1 million : il l’achève avec le double (bon pour être parmi les trente joueurs les mieux classés) et sa progression fut linéaire et sans heurts majeurs. « J’ai joué sérieusement, et j’ai reçu de belles livraisons », sourit Antoine. La combinaison magique… Tout en nous sortant de temps à autre quelques coups fumants dont il a le secret, comme ce 5-bet préflop avec un maigre As-3 dépareillé contre un joueur un poil trop agité préflop : ce dernier abandonne et Antoine ne lui montre évidemment qu’une seule carte. Forcément, nous avons été obligés de lui poser la question : est-ce que ce Main Event n’aurait pas des airs de déjà-vu, sept ans après celui qui l’a révélé au grand jour, se soldant par une mémorable apparition en finale stoppée en troisième place par un bad beat ? « Cela fait deux fois qu’on me pose la question ! Si je me rappelle bien, en 2009 c’est lors du Day 5 que je me suis vraiment lâché, lors du Day 4 je n’ai pas fait de vagues. » Même s’il est encore un peu tôt pour rêver à une fin de Main Event similaire, Antoine reconnaît qu’il a beaucoup progressé depuis : il n’est plus l’inconnu venu de nulle part de jadis : « J’ai gagné énormément d’expérience depuis mon premier Main Event! »

Gaëlle Baumann - 1,791 million (74 BB)

Le Day 4 de Gaëlle Baumann peut être divisé en deux phases bien distinctes, correspondant très exactement aux deux tables sur lesquelles elle a pris place aujourd'hui. Au cours de la première, O RLY n'a connu qu'une lente mais régulière dégringolade. Partie avec 845,000 jetons, la dernière membre du Team Winamax encore en course a enchaîné les mauvaises rencontres. « C'était la débandade, » nous a-t-elle avoué après coup. Avec moins d'une trentaine de blindes, Gaëlle rejoint alors la zone Violette de l'Amazon Room, en table 435. Ce sera son havre de paix et son terrain de jeu. « La table était géniale, ajoute-t-elle. Je serais bien restée un peu plus longtemps ! En plus j'ai bien touché, et j'ai fait quelques bons calls. » Surtout, celle qui fait partie des six dernières joueuses de ce Main Event a livré une véritable démonstration de force, en rentrant dans un maximum de mains, le plus souvent avec succès. « Ils se laissaient faire ! », justifie une Gaëlle qui ne s'est évidemment pas fait prier pour en profiter le plus possible. Ajoutez à cela une élimination réussie en toute fin de journée (brelan avec 9-8 contre paire de Valets) et vous obtenez un tapis d'1,791 million qui laisse toutes les portes ouvertes avant d'aborder le Day 5.

Lorenzo Lavis - 2,077 millions (86 BB)

Lorenzo Lavis accède au Day 5 de ce Main Event avec trois fois plus de jetons qu’à la reprise de midi. Lui aussi a emballé des jetons avec un large sourire : « J’ai très peu joué au début, pendant les deux premières heures, et puis j’ai pu commencer à placer quelques 3-bet ici et là, j’avais une très bonne image à table. » Monté à 1 million, redescendu à 700,000, remonté à 1,7 million, le tapis du Sudiste a légèrement swingué, avant de se stabiliser par la suite. Une paire de 9, une paire de Dames, voilà ce qui aura fait du bien à Lorenzo cet après midi pour avancer sereinement. « La fin de journée était plus difficile, jusqu’au moment où un joueur m’a presque donné ces jetons, alors que j’étais muni d’une paire d’as. » Inutile de raconter toutes les mains dans le détail, Lorenzo les a plutôt très bien joué à chaque fois, tout en restant calme dans sa gestion de tapis : « Je n’ai pas pris de risques inconsidérés depuis le début du tournoi, et c’est clairement ce qui m’a réussi jusque là. » Conscient d’avoir un niveau de jeu légèrement moins élevé comparé à certains de ces adversaires, Lorenzo a levé le pied et accepté de leur laisser plus ou moins le contrôle de la table. Il n’empêche, à l’heure d’emballer des jetons dans le sac, Lorenzo écrivait fièrement « 2 millions », une hauteur qu'il n'avait jamais réussi à atteindre jusque là. Heureux comme un gosse, il va désormais falloir trouver le sommeil, ce qui lui manque depuis le début du tournoi. C’est pourtant grâce à cette fraicheur sur le long terme que la différence pourrait se faire.

Maxime Chilaud - 1,140 million (47 BB)

Doucement mais sûrement, Maxime Chilaud a fait son trou lors de ce Jour 4. « Je suis monté petit à petit, commente le jeune grinder. J'ai joué très peu de gros coups, ce qui m'a permis de toujours me maintenir assez haut. » En clair, Daghemuneguu a suivi tout au long de la journée l'évolution de la moyenne, pour terminer finalement assez près, avec 1,14 million de jetons. « Je pense que je parviens mieux à m'adapter au field américain cette année que l'an passé, explique celui qui dispute ses deuxièmes WSOP, pour autant de « Big One ». Même si les résultats ont été assez catastrophiques avant ce Main Event, je suis assez content de mon jeu sur l'ensemble de mon Vegas. » Maxime s'est même offert le luxe d'un passage de plusieurs heures sur l'une des tables annexes du vaisseau ESPN. « J'étais peut-être un peu tendu au début, mais quand j'ai vu que tout le monde à table jouait globalement de la même façon qu'avant, ça m'a rassuré. En tout cas c'était une bonne expérience. » Et de l'expérience, Maxime aura l'occasion d'en accumuler demain pour son tout premier Day 5 de Main Event. Il est déjà assuré de faire mieux que sa 449e place de l'an passé. Désormais, ce n'est plus que du bonus.

Qui d’autre au départ du Day 5 ? En vrac : un chip-leader qu’on ne connaît pas (du moins pas encore), Bryan Piccioli avec 4 millions, derrière, un Daniel Colman qu’on connaît bien (3,7 millions), Mélanie Weisner (3 millions), Tom Marchese, Max Silver, Per Linde, Michael Gathy (photo), Kenny Hallaert, Mike Gorodinsky, Cliff Josephy, Dan Heimiller, Marc-André Ladouceur, Scott Montgomery, David Pham, Brandom Adams, Shaun Deeb, Sorel Mizzi, Johnny Chan, Maria Ho, Todd Brunson

Les éliminés Français du Day 4

257e / Victor Saumont 36 708$
294e / Martial Blangenwitsch 32 130$
363e / Aurélien Guiglini (Staff Winamax) 28 356$
396e / Jérémie Sarda 28 356$
467e / Benjamin Ané 25 235$
474e / Timothée Marlin 25 235$
483e / Aurélie Quélain (Team Winamax) 22 648$
484e / Thi Nguyen 22 648$
497e / Alexandre Réard 22 648$
544e / Nicolas Cardyn 20 499$
557e / Gaël Onillon 20 499$
582e / Jimmy Guerreo 20 499$
666e / Sébastien Comel 18 714$
739e / Ronan Monfort 17 232$

Ils ont aussi quitté le Main Event durant le Day 4 : Tom McEvoy, Liv Boeree, Andrew Lichtenberger, Marc-Etienne McLaughlin, Alexander Kostritsyn, Jason Somerville, Ryan Riess, Stephen Odwyer, David Wamplew

Tableau de bord
251 joueurs restants (sur 6737 au départ)
Blindes 12 000/24 000 ante 3000
Tapis moyen 1,38 millions

Reprise de la partie à midi (21H) en France. Il faudra aussi  que l'on surveille la conclusion du tournoi de consolation en marge de ce Main Event, le Little One for One Drop à 1,111 dollars : il ne reste plus que 107 joueurs et un certain Guillaume Diaz est chip-leader !

C'était la dernière séance

- 16 juillet 2016 - Par Benjo DiMeo

Le Day 4 se termine sur une immense déception dans le clan des journalistes accrédités sur les World Series of Poker, avec l'élimination d'un des leurs : Victor Saumont. Revenu de pause-dîner avec un stack confortable de 1,7 millions, le réalisateur a vécu une seconde partie de journée en tous point opposée à la première : rien n'a fonctionné, ni ses relances préflop, ni ses 3-bets, ni ses c-bets.

Arrivé à une nouvelle table et désormais en infériorité numérique face à ses adversaires, Victor a patienté, patienté, et patienté... Jusque trouver une vraie main alors que le superviseur avait annoncé au micro que l'on jouait les dernières mains de la journée : AK. De grosse blinde, sa décision est logique après la relance à 40,000 du joueur au cut-off : tapis ! Pour 542,000 au total.

Son adversaire va longuement hésiter - on le sentira tout près de l'abandon - avant de finalement annoncer "call". Il retourne... Une paire de 5.

C'est le proverbial flip d'une vie, et Victor gardera espoir sur le flop 298 et le turn 9 (qui lui donne trois outs supplémentaires) avant de recevoir un coup de poing dans l'estomac sur la rivière, un inutile 4.

La chute est dure, particulièrement pour un amateur comme Victor qui disputait pour la première fois le plus gros tournoi du monde. Ce sont quatre belles journées de poker qui s'achèvent un peu brutalement, sans qu'il n'ait pu véritablement se défendre en fin de partie. Mais on espère qu'il saura mesurer à sa juste valeur son accomplissement. Cette 257ème place (parmi 6737, excusez du peu !) lui vaut d'être récompensé de 36,708 dollars, evidemment le plus gros gain au poker pour celui qui a passé plus de temps à observer des tables et raconter les progrès des champions qu'à les affronter. Du coup, impossible de ne pas se poser la question : reverra t-on Victor au Main Event l'année prochaine ?

Pour quelques relances de plus

- 16 juillet 2016 - Par Veunstyle72

Level 21 - Blindes 10 000/20 000, ante 3000

Départ Martial

Cette photo de Martial Blangenwitsch (à la droite de Maxime Chilaud) sera la dernière publiée dans ce reportage en direct du Main Event 2016 : le Français a été éliminé au cours du dernier niveau de la journée. Il évoluait sur l'une des trois tables télévisées, où l'action précise (hauteur des mises, cartes en jeu) est très difficile à observer. Il faudra que l'on se renseigne auprès de Maxime une fois la journée terminée - il est minuit à Vegas il ne reste plus que 45 minutes à jouer !

Merlin nous enchante

« Je m'apprêtais à écrire qu’il ne se passait grand chose du côté de mon poulain. » Notre collègue de PMU Greg Céran-Maillard perdait presque espoir de revoir Pierre Merlin faire voler quelques jetons au milieu de la table. Il n’a pas été déçu par qu'il vient d'observer, et nous non plus d’ailleurs. Pierre a relancé à 45,000 en fin de parole et s’est fait immédiatement 3-bet à 115,000 par la petite blinde, Jean Gaspard, vainqueur notamment de l’Event #11 cette année (un tournoi Dealers Choice en 6-max à 10 000 dollars l’entrée). Réponse de Pierre :  4-bet, pour 260,000. Les jetons du Français ne sont pas encore complètement posés sur la table que l’Américain a déjà envoyé trois jetons blancs (les nouveaux jetons en circulation de 100,000) au milieu de la table en guise de call.

Sur AA4, Jean Gaspard va check/call une mise 175,000 de Pierre - à la vitesse de l’éclair ! La turn est un 2, qui va exciter l'ami Jean, puisque ce dernier va prendre les devants en misant 275,000. Pierre paye calmement avant de mettre à tapis son adversaire sur une rivière 3. Il reste 321,000 à l’Américain qui ne se pose pas de questions et annonce « call » dans la foulée. En tout détente, Pierre Merlin retourne A2 pour une maison pleine trouvée à la turn... alors que Jean Gaspard, frustré car éliminé sur ce coup, retourne AsQ. Le vainqueur du WiPT 2014 passe à 2,6 millions, soit 130 blindes alors que nous disputons le dernier niveau de la journée.

Aurélien Guiglini semble avoir tout autant apprécié que Pierre Merlin ce 2 sur la turn

(EDIT : Pierre a rentré une couleur dans la foulée, pour grimper un peu plus haut : 3,5 millions, ce qui le place dans le Top 3 du tournoi)

Tapis s'effiloche

Ce Main Event en est arrivé à un point où une surrelance préflop suivie d'un continuation bet non concluant peuvent coûter très cher. Notre confrère couvreur Victor Saumont vient d'en faire l'amère expérience. Déjà passé de 1,7 à 1 million lors du dernier niveau, Tapis Volant vient de chuter à 750,000. Après une ouverture à 50,000 du joueur au bouton – toujours en train de ranger les nombreux jetons qu'il a remporté lors du coup précédent – payé par la petite blinde, le Français fait monter les enchères à 175,000. Semblant à peine concerné, le relanceur initial paie dans la seconde, mais pas la SB. Victor effectue une mise de continuation classique sur le flop 3QK en ajoutant 115,000 de plus au milieu. Plus rien ne sera ensuite misé sur le 5 au turn et le 2 sur la rivière. En découvrant le Dame-Valet adverse, Victor muck ses cartes et lâche donc ce pot. "J'avais l'As," glisse-t-il ensuite à Antoine Saout, venu demander de ses nouvelles, avant de se diriger vers sa nouvelle table, où il tentera rapidement une relance préflop, qui se fera 3-bet par le joueur de petite blinde : Victor est encore une fois obligé d'abandonner sans même avoir vu le flop.

Environ 90 minutes restent à jouer. La lutte sera rude jusqu'au bout.

Gaëlle avance contre le vent

C'est le genre de confrontations qu'il ne faut pas perdre trop souvent si l'on veut rester deep : les coups à tapis préflop contre des short-stacks. Le dernier joué par Gaëlle la voyait en position de favorite, avec deux Valets contre AJ : son adversaire avait poussé 275,000 au total après une relance à 50,000 d'un joueur. Gaëlle s'est contentée de payer, et l'autre joueur s'est écarté. Le flop apporte un As, et Gaëlle retombe à 800,000, soit quarante blindes. Sur un EPT, cela correspondrait à la moyenne : c'est donc encore très correct.

Anecdotes, statistiques et citations à la con

Tableau de bord
279 joueurs restants (sur 6737 au départ)
Blindes : 10 000/20 000, ante 3000
Tapis moyen : 1,2 million

Ils remportent 36 708$ :
277e : Steve Billirakis (USA)
294e : Martial Blangenwitsch (France)
304e : Jean Gaspard (USA)
316e : Ivan Luca (Argentine)


Voilà à quoi ressemble un coup à tapis qui implique l'une des six dernières joueuses encore en course (exemple au hasard : Gaëlle) : au moins deux caméras pour ne rien louper de l'action

Voici l'homme Tetris, qui a réussi à s'imbriquer parfaitement pour prendre le moins de place possible

Nombre de tables restantes dans la zone Orange de l'Amazon : zéro. Avec moins de 31 tables encore actives, le Main Event entier est désormais contenu dans la zone Violette, plus les trois tables télévisées.

Gaëlle se reprend

- 16 juillet 2016 - Par Benjo DiMeo

Level 20 - Blindes 8000/16 000 ante 2000

La dégringolade semblait ne pas vouloir s'arrêter. Les coups s'enchaînaient inlassablement, et trop peu souvent les jetons étaient tournés dans sa direction. Arrivée dans l'Amazon Room ce midi avec 845,000 jetons Gaëlle Baumann n'en comptait plus que 300,000 au moment de pousser son tapis en milieu de position, après un premier shove de ce voisin de droite pour une somme très légèrement inférieure. Le Britannique William Kassouf au bouton - dont nous reparlerons - se tâte mais finit par passer. Les jeux sont alors dévoilés : une superbe paire d'As trouvée au bon moment pour O RLY et QJ chez son adversaire. Le flop AsJ4 fait passer quelques frissons chez Gaëlle et le clan Winamax présent dans le rail mais le 3 et le K qui suivent permettre à la dernière des W rouges de doubler pour grimper à 650,000. Pas encore de quoi sabrer le champagne, mais largement assez pour respirer un peu mieux. "Bien joué ! Allez les Bleus !," lâche alors Kassouf, en français dans le texte.

Malheureusement, l'Alsacienne laisse échapper 100,000 jetons sur les deux coups suivants, perdus à chaque fois face à un joueur Britannique. Le premier à la suite d'une mise de ce dernier sur le turn d'un board J462, où il détenait une paire de 10, et le second à cause d'un 3-bet préflop pour 100,000 avec As-Roi, après que Gaëlle a ouvert UTG à 35,000 avec une paire de 6. La voilà désormais à 540,000, à un peu moins de trois heures de la fin de ce Day 4. Tout reste possible.

Peu après, Gaëlle va se retrouver du bon côté d'une confrontation entre deux Rois et deux Dames... Mais sans partir à tapis préflop ! "Il n'y a pas de dynamique de 3-bet à table", m'explique Harper depuis le rail. C'est donc pour cela que Gaëlle a slowplayé. Un As au flop a ralenti l'action : Gaëlle a misé le turn, et payé une mise rivière, remportant un pot de taille modeste.

A noter que Jennifer Shahade a été déplacée à la droite de Gaëlle. D'ailleurs, il reste combien de joueuses ? Mélanie, Maria, Gaëlle, Jennifer... Il faut que l'on compte.

Let's gamble !

Décidément, je pense qu’on va engager Lorenzo Lavis en stage chez Winamax pour les coverages. Ce n’est pas la première fois dans ce tournoi qu’il nous interpelle pour nous parler de mains complètement folles. Celle à venir est à ranger au rayon WTF.

Tout part d’une relance d’un certain Nathan Gamble. En vrai, on devrait s’arrêter simplement à ce nom. Gamble. Vraiment ? Il relance à 75,000 premier de parole. « Il missclik, il a mis deux jetons verts de 25,000 en trop » précise Lorenzo, « mais je l’ai vu et je pense que tout le monde l’a vu, y compris Dietrich Fast à côté de lui en Big Blinde, qui en profite pour envoyer 180,000 » . A votre avis, quelle est la réponse de monsieur Gamble ? Tapis pour 1 million ! « Depuis qu’il est arrivé à table, il n’a pas arreté de 3-bet dans tous les sens, c’est un fou ce mec », confiait le Français. Sauf que Dietrich a une main ici, AK et décide de jouer le coup à fond, alors que les deux joueurs ont presque le même tapis. C’est à ce moment que mr Gamble retourne un splendide JT qui n’avait pas trop trop le temps de jouer postflop. Ça paraît tellement gros ce nom, ça fait un peu penser à Chris Moneymaker en 2003 ou à Daniel Cheater qui joue en table TV en ce moment.

Et là, la magie du spew va opérer : 843K9, couleur backdoor pour Nathan Gamble qui s’empare de ce pot de 2 millions de jetons ! « Je préfère encore qu’ils aillent chez lui plutôt que chez l’Allemand », savourait après coup Lorenzo. Et oui parce que maintenant, Dietrich Fast est à moins de 10 BB. Non non, vous n’êtes pas sur le coverage d’un tournoi à 100€, mais bien sur le Main Event des WSOP avec un peu plus de 300 joueurs restants.

Quant à Lorenzo, parlons-en : eh bien il n’y a pas grand chose à dire : « Je joue tight, j’ai un virage de cinglés à ma droite. Je suis d’ailleurs très content qu’il soit à ma droite ce virage… » Le Sudiste possède toujours un joli tapis, avec 1,8 million au compteur.


Anecdotes, statistiques et citations à la con

Tableau de bord
315 joueurs restants (sur 6737 au départ)
Blindes 10 000/20 000 ante 3 000
Tapis moyen : 1,069 million
Il reste deux heures à jouer ce soir.

Quand trois joueurs partent à tapis avec AK, AK et QQ, les caméras d'ESPN sont partout et les pros du rail en ont pour leur argent 

Ils remportent 32 130$ :

320e / Jason Sommerville (USA)
339e / Ray Dehkharhani (USA)
350e / Lee Markholt (USA)

442 : le numéro de la table où il faut se rendre pour rigoler un bon coup. Un joueur barbu (montré en photo dans l’article précédent) fait se pisser dessus de rire toute la table, croupiers compris, avec ses chip-tricks et tours de magie.

Exemple lorsqu’il s’apprête à payer la relance d’un joueur préflop : il s’empare des jetons avec la main droite, et ferme le poing sur eux avant d’abattre le dit poing sur la table. Il ouvre le poing : les jetons ont disparu… pour réapparaître dans sa main droite ! Dix minutes plus tard, il 3-bet un joueur et ce dernier passe. En un véritable tour de passe-passe, il révèle un As, le fait claquer, et un autre As surgit. Il aurait bien aimé être relancé !

« C’est vraiment génial», commente un joueur hilare. « Ca vous dirait pas d’arrêter de jouer et de juste le regarder jouer ? » Je suis plié en deux : j’acquiesce.

Il reste de grands noms dans ce tournoi... notamment sur ce virage : Todd Brunson, Brandon Adams, Daniel Colman et Griffin Banger. Un virage à 33 millions de dollars de gains cumulés en live...

Y'a de quoi se la prendre et se la mordre

- 16 juillet 2016 - Par Benjo DiMeo

Level 20 - Blindes 8000/16,000, ante 2,000

Sorti en 1993, le film Last Action Hero racontait les aventures de Danny, un gamin de New York solitaire séchant les cours pour voir et revoir au cinéma les aventures de son héros Jack Slater, interprété par Arnold Schwarzeneger. Par la magie d’un ticket de cinéma ayant appartenu au magicien Houdini et mis dans ses mains par le vieux propriétaire d’une salle de cinéma miteuse, Danny se retrouve soudain projeté dans le film, aux côtés de son idole qui, puisqu’il s’agit d’un film, ne se fait jamais mal, arrive toujours à se tirer des situations les plus désespérées, gagne toujours contre les méchants, et trouve cela parfaitement normal. S’en suit ce qui restera sans doute comme la seule comédie relativement réussie de Schwarzie, galvanisée par la réalisation riche en testostérone de John McTiernan (Die Hard, Predator), bourrée de scènes d'action mémorables et de dialogues devenus cultes.

J’ose espérer que Victor Saumont, grand cinéphile devant l’éternel et auteur de plusieurs longs-métrages et documentaires (pas tous à propos de poker) appréciera la comparaison avec cette délicieuse série B : cette semaine, dans le Main Event, Danny, c’est lui.

Il faut le voir lorsqu’il se retrouve assis à côté d’Aurélien Guiglini, un joueur qu’il connait bien pour l’avoir suivi tant de fois lors des étapes de l’European Poker Tour. Cela fait cinq ans que Victor parcourt inlassablement le circuit du poker, racontant ou filmant les exploits des joueurs Français, depuis l’amateur qualifié via Internet jusqu’aux cadors de la planète high-stakes. Ce qu’on appelle dans notre milieu, par une déformation de langage amusante, un couvreur : le mec qui couvre des tournois de poker.

Et voilà que Victor est maintenant à l'intérieur du coverage. Comme Danny rencontrant Schwarzie derrière l’écran, il est passé de l’autre côté pour se retrouver, non plus debout derrière les pros, mais assis à côté d’eux, les cartes et les jetons dans ses mains. Et comme dans le film, Victor est invincible. Il évite les balles, jetant une paire de Rois préflop après que Shaun Deeb l’ait sur-relancé avec deux As. Il imite les pros qu’il a observés des centaines d’heures, plaçant de petits 4-bet lights par-ci par-là, attendant le turn pour placer un bluff bien senti. Comme les cadors, il attend d’avoir des grosses mains pour jouer des gros pots, comme cet énorme double-up avec deux As contre As-Roi durant le Day 3.

Son tapis grossit, grossit et petit à petit, il se sent de plus en plus à l’aise dans ce Main Event qu’il rêvait de disputer depuis qu’il est tombé amoureux du poker. En vacances, il avait débarqué à Vegas fin juin avec l’objectif de disputer quelques tournois à buy-in modeste. Une finale à cinq chiffres plus tard, il s’inscrivait à une qualification pour le Big One, et la remportait au milieu de la nuit, sécurisant son inscription pour 500 dollars seulement. La suite, c’est l’histoire que nous vous racontons depuis quatre jours.

Les caméras d'ESPN l'entourent désormais, se précipitant dès qu'un gros pot se monte. Les objectifs sont braqués sont lui tandis qu'il se fait sur-relancer à 125,000 par un pro, Max Silver, assis en petite blinde. La parole revient à Victor. Le temps s'arrête. Le couvreur qui, en temps normal, serait en train de frénétiquement noter ce coup sur son carnet, prend cette fois les choses en main et décide de faire monter les enchères avec un 4-bet. Montant : 275,000. Une somme vertigineuse. La balle est dans le camp de Silver qui attend trois longues, très longues minutes avant de prononcer les mots magiques : "I'm all-in." Victor se tâte, demande le compte, il a vu ce coup tellement de fois mais là, c'est lui l'acteur, c'est lui le héros, la décision est la sienne, il n'a pas le droit à l'erreur. Il finit par abandonner, concédant quelques précieuses munitions.

« T’as vu, il y a un imposteur à ma table », me glisse t-il avec un sourire en regardant autour de lui : des pros, des grinders, des mecs avec des tas de titres. Et au beau milieu lui, et ses trois places payées dans des tournois de journalistes du circuit EPT. Il n’en revient pas. Il savoure. Un vrai gosse. Il est dans le film. Il est invincible. J’espère qu’il le restera jusqu’au générique de fin.

Retour vers le futur

Antoine Saout avec plein de jetons sur le Main Event ? Non, le Breton n’a pas volé la DeLorean de Marty McFly pour revenir en 2009. Regardez la barbe, quelque peu grisonnante depuis peu. Simplement, Antoine Saout se verrait bien retourner à l’endroit même où sa vie de joueur de poker a véritablement démarré, c’est à dire autour de la table finale de ce Main Event des WSOP.

Et ça tombe bien, puisque certains joueurs sembleraient assez favorables à un retour de notre Tonio national sur cette finale. Si si, je vous jure. Lisez donc : début de parole, Antoine Saout découvre deux beaux As et relance à 34,000. C’est payé une fois, une seconde fois, puis le joueur en grosse blinde annonce tapis pour 480,000. Antoine est le seul à suivre son adversaire, qui retourne… Dame-Quatre. On ne rêve pas. Un 4 est apparu sur la table, histoire qu’Antoine ne se voit pas non plus aussi facilement vainqueur, mais le reste du board est plutôt tranquille. Et voilà Antoine installé devant un tapis de 1,55 million. Nom de Zeus !

Guignol : le spectacle est fini

Après deux premières heures chaotiques bouclées avec un tapis d'environ 500,000 (moins de 40 blindes), qu'il n'aura finalement plus réussi à dépasser – il avait démarré la journée avec 808,00 – Aurélien Guiglini n'aura pas tenu plus de quelques minutes après le retour du dinner break. Tombé à 19 blindes, il pousse son tapis en premier de parole avec As-Dame mais trouve en face de lui une paire de Rois. Runner-up ici-même l'an dernier d'un Event à 1000 dollars, notre collègue chez Winamax ne retrouvera pas les frissons d'une nouvelle table finale. Il empoche tout de même 28,356 dollars pour sa 363e place, son premier ITM sur le Main Event des WSOP.

Bienvenue à bord du vaisseau ESPN

Les petites mains de la fameuse chaîne de TV américaine ESPN ont redoublé d'efforts ces derniers jours pour mettre en place le gigantesque plateau qui trône désormais au beau milieu de l'Amazon Room. Le Thunderdome 1.0 c'était déjà du propre, mais il faut reconnaître une certaine classe à cette nouvelle version.

Et quoi de mieux qu'une table regroupant deux champions du monde (Greg Raymer et Ryan Riess), un vainqueur de bracelet (Shaun Deeb) ainsi que le deuxième du chipcount provisoire (James Obst) pour inaugurer cette année ce nouveau dispositif ?

À noter que Maxime Chilaud et Martial Blangenwitsch ont reçu les honneurs de figurer sur l'une des deux tables annexes. On imagine que la présence à leurs côtés de Melanie Weisner et Sorel Mizzi a du aider à faire pencher la balance. Quant à l'autre table secondaire, on y retrouve notamment Maria Ho et Kenny Hallaert.

Anecdotes, statistiques et citations à la con

Tableau de bord
342 joueurs restants (sur 6737 au départ)
Blindes 8000/16 000 ante 2000
Tapis moyen 984 000

Ils remportent 28 356$ :
363e / Aurélien Guiglini (France, Staff Winamax)

Ne vous y trompez pas : la vraie star de tout ce cirque, c'est bien Harper

En me voyant les viser avec mon objectif, ces deux poilus se sont aussitôt mis à faire semblant d'avoir une conversation passionnante et animée. Merci pour l'acting, les mecs

Ce t-shirt The Big Lebowski porté par le vétéran Dan Heimiller est chaudement validé par toute l'équipe des couvreurs

Sous la barre des 400 joueurs

- 16 juillet 2016 - Par Veunstyle72

Level 19 - Blindes 6000/12000, ante 1000

Terrible heure pour les Français, avec trois jeunes grinders sortis en succession ! On va se consoler au In-N-Out burger en compagnie de quelques uns des Tricolores encore en course.

Le déclin de Marlin

Un rêve brisé pour un Français, un de plus dans ce Day 4. Timothée Marlin a rendu les armes à la 474e place, pour un gain de 25 253$. « Je crois que j’ai gagné un palier dans l’histoire, non ? » En effet, éliminé 3 places avant, Timothé aurait empoché 2 600$ de moins.

« Même si j’ai eu la table la plus facile que j’ai pu avoir depuis le début de ce tournoi, je ne m’en veux absolument pas. Au contraire, je suis très content, finir dans le Top 500 d’un tel tournoi, c’est énorme. Et en plus maintenant, je vais enfin pouvoir profiter un peu de Vegas ! »

Beau joueur Timothée, qui s'est empalé dans un spot compliqué, vous le verrez. « Un papy de 50 ans relance à 28 000 avec 100,000 de tapis. C'est payé par le joueur en petite blinde, qui joue 700,000 au début du coup. Je suis en grosse blinde avec 420 000 et décide de squeeze à 78,000 avec AJ. Le premier, le papy, réfléchit 25 secondes et passe, et c'est le second qui me paye. Bon, étrange, je ne m'y attendais pas trop. Puis sur un flop A74. Il check, je fais 60,000... et là il check/raise à tapis. J'ai bien réfléchi un moment, et je n'ai pas réussi à fold. » Pas de bol pour Timothée, puisque son adversaire montre absolument la pire main possible au showdown, avec AK pour top paire, mais également un tirage couleur max... qui va immédiatement faire son entrée sur la table dès la turn. « Il reste toujours Tapis Volant pour vibrer ! » Un joueur qui soutient un couvreur depuis le rail, sur le Main Event des WSOP. Quand on vous dit que tout arrive à ce jeu.

Le mauvais côté de la pièce

« Jouer haute variance à 400 joueurs restants du Main Event, c'est pas une super idée. » Une phrase pleine de bon sens, lâchée par un Jérémie Sarda sorti prématurément juste avant la pause dîner. Le Français a envoyé ses quelques 500,000 jetons préflop avec une paire de 8, mais a perdu son ultime coin-flip du tournoi contre As-Roi. Son bourreau, Douglas Kim, septième du plus gros Main Event de l'histoire en 2006, le couvrait légèrement et l'a laissé cripplé avec 50,000 jetons devant lui. Il les perdra quelques minutes plus tard avec JT contre KJ. « Allez, on se voit pour Vegas 2017 ! » Le rendez-vous est pris.

Le plus beau tournoi de l’Ané

Le parcours de Benjamin Ané dans le Main Event s’est achevé en 467e place, égalant plus ou moins son résultat de 2013 (438ème). « C’est chiant, de sauter de ce tournoi…. » soupire t-il en observant les tables restantes. « C’est le plus gros de l’année, et c’est le dernier. Les autres tournois, quand tu sautes, tu t’en fous toujours un peu : tu sais que tu vas retenter ta chance le lendemain. Là, il faut rentrer chez soi. »

L’aventure de Benjamin a été stoppée net par une rencontre 10-10/JJ difficile à éviter : il ne lui restait plus que vingt blindes quand on lui a servi la cinquième meilleure paire possible. Avant cela, Benjamin n’avait pas hésité à s’emparer du premier spot de bluff préflop qui s’était présenté à lui : « J’ai cold 4-bet contre un joueur très actif, et le joueur qui avait relancé à fait tapis. J’ai été obligé de folder. »

Mais Benjamin n’en a pas tout à fait fini avec le Main Event : « Le colloc’ est toujours en course ! » En l’occurence : Lorenzo Lavis, actuellement assis derrière un très beau stack de 1,6 millions. « Je dois partir demain, mais je ne pense pas garder mon vol retour… » Cela serait à nos yeux une excellente décision. Hashtag #soutien !

Les 8 derniers Français

Pierre Merlin 2 millions
Victor Saumont 1,7 m.
Lorenzo Lavis 1,5 m.
Antoine Saout 1,07 m.
Maxime Chilaud 937 000
Martial Blangenwitsch 550 000
Gaëlle Baumann (Team Winamax) 525 000
Aurélien Guiglini (Staff Winamax) 410 000

Anecdotes, statistiques et citations à la con

Tableau de bord
380 joueurs restants (sur 6737 participants)
Blindes : 8000/16000 ante 3000 après la pause-dîner
Tapis moyen : 870 000

Ils remportent 28 356$ :
396e / Jérémi Sarda (France)
399e / Alexander Kostritsyn (Russie)
406e / Matthew Ashton (UK)
407e / Ana Marquez (Espagne)

Ils remportent 25 235$ :
420e / Marc-Etienne McLaughlin (Canada)
427e / Lika Gerasimova (Russie)
449e / Antonio Esfandiari (USA)
466e / Kevin Saul (USA)
467e / Benjamine Ane (France)
469e / Barry Shulman (USA)
472e / Federico Butteroni (Italie)
474e / Timothée Marlin (France)

Michael Gathy se détache lentement mais surement du peloton, pour se rapprocher de la tête. Le voilà à 1,7 million

168e du Main Event en 2015, Antonio Esfandiari devra se contenter d'une 449e place cette année

De moins en moins de joueurs... et donc de tables aussi. On commence déjà à faire le grand ménage dans l'Amazon Room

Et pour répondre à la question à la con posée un peu plus tôt : tout va bien pour Guillaume Darcourt, qui suit ce Main Event les pieds dans l'eau

Les histoires de poker finissent mal (en général)

- 16 juillet 2016 - Par Veunstyle72

Level 18 - Blindes 5000/10 000, ante 1000
Terrible niveau pour nos deux couples Français : en l'espace de vingt minutes, Alexandre, Thi et Aurélie rejoignent Jimmy vers la sortie

« You lost, bro. »

Voici une phrase qui est entrée dans l'histoire télévisée du poker grâce à Gaëlle Baumann en 2012, et qui a refait son apparition aujourd'hui à la table d'Alexandre Reard. Un joueur relance, une jolie brune 3-bet et voici qu'Alexandre se retrouve à investir tout son stack au milieu. Le premier passe mais pas la demoiselle, qui demande le compte. Ce sera 198,000. « Alors, j’ai mis 63,000 et c’est 195,000, c’est ça ? Donc combien dois-je rajouter ? 132,000 ? Mais 132,000 en tout ou 195,000 en tout ? » La confusion règne Bref, à la demoiselle paie pour tenter d'éliminer le Français, qui retourne AK« Grrr, c’est exactement ce genre de main que je ne voulais pas voir », peste-t-elle en montrant son AQ.

La croupière dévoile alors un board 8T5JT donnant la couleur à la joueuse. Là, Alex semble satisfait, et se rassoit au fond de son siège, jusqu'à ce qu'un lui lâche la fameuse petite phrase : « You Lost bro ! ». Alexandre se lève avec un sourire plus jaune que le maillot jaune de Christopher Froome, et lâche « Ça me fait ch** les tournois… » Les WSOP d'Alexandre Reard se terminent ainsi, à la 497e place, pour 22 648 dollars de gain.

Thi : rail

Alors qu’Alexandre Réard s'arrête à la table d'Aurélie pour lui annoncer son élimination, Thi Nguyen passe devant moi, suivie par un journaliste d’ESPN portant une caméra à l’épaule. A son tour de rendre les armes, après un AQ poussé pour vingt blindes mais pas de taille contre le As-Roi du chip-leader de la table. La Franco-Vietnamienne s’incline en 484ème place.

Aurélie : marrie

Soudés dans la vie, soudés au jeu ? Quelques minutes après que le couple formé par Jimmy Guerrero et Thi Nguyen ait été officiellement éliminé du Main Event, voilà Aurélie Quélain qui joue sa dernière main, sous les yeux d'Alexandre qui ne perd pas une miette de l'action depuis le rail. La joueuse du Team Winamax se débattait avec moins de dix blindes depuis une heure, après avoir vu sa paire d’As craquée par un joueur plus short qu’elle qui avait poussé 120,000 avec Valet-10 - il fait quinte. Avec un stack si maigre, A2 est une main correcte pour pousser 50,000 et tapis depuis la SB après une relance du bouton. Mais ce n’était n’était pas en train de voler : il montre une paire de 10 rouge qui reste en tête sur un board J-Q-6-J-8.

Quelques semaines à peine après leur union, Alexandre Réard et Aurélie Quélain sont éliminés du plus gros tournoi de poker du monde à quelques minute d’intervalle. Ce n’est pas souvent qu’une lune de miel rapporte gros : les jeunes mariés remportent deux fois 22,648 dollars !

Deux Français et une chipleader

Après avoir débuté leur journée dans la zone Orange de l'Amazon Room - qui rétrécie d'ailleurs à vue d’œil au rythme soutenu des éliminations - Martial Blangenwitsch et Maxime Chillaud viennent de se retrouver côte à côte en table 415. Une table qu'ils partagent désormais avec le Canadien Sorel Mizzi au siège 1 et la nouvelle chipleader de ce Main Event Melanie Weisner.

It's a woman's world

Fait suffisamment rare pour être souligné, le passage en tête de l'Américaine Melanie Weisner a été rendu officiel par une annonce spéciale faite au micro. La raison ? Avec plus de 2,4 millions de jetons, Melanie devance alors sa compatriote Maria Ho au chipcount. Deux femmes en tête d'un Main Event, avouez que ça n'arrive pas tous les jours.

Anecdotes, statistiques et citations à la con

Tableau de bord
470 joueurs restants
Blindes 6000/12 000 ante 2000
Tapis moyen : 762 000

Ils remportent 25 235$ :
483e / Aurélie Quélain (France)
484e / Thi Nguyen (Vietnam)
497e / Alexandre Réard (France)
505e / Gavin Griffin (USA)
528e / Liv Boeree (UK)


Cette photo de Johnny Chan a été validée par Johnny Chan lui même

Quoi de mieux que de se refaire les épisodes WSOP 2015 en vidéo pour rester dans l'ambiance

Il reste 14 Français en course

- 16 juillet 2016 - Par Flegmatic

Level 18 - Blindes 5000/10 000 ante 1000

Nous avons manqué l'élimination de deux Français short-stack : Nicolas Cardyn et Gäel Onillon. On saluera la performance du second, qui était déjà short-stack bien avant que la bulle ne pointe le bout de son nez.

Réard, ça repart

Les nouvelles sont bonnes du côté de l'un des short-stacks du clan français ce matin. Alexandre Réard est remonté au niveau de la moyenne grâce à plusieurs coups bien négociés. "J'ai d'abord push plusieurs fois sans être payé, détaille le jeune marié, ce qui m'a déjà bien fait grimper. Un peu plus tard j'ouvre 56 au cutoff, payé par la grosse blinde. Check/check sur le flop 9-7-5 avec deux piques et un trèfle. Il fait 28,000 sur le turn 3 et derrière c'est moi qui envoie 46,000 sur la rivière 4. Il call muck. Après ça, j'ai 330,000."

Vient ensuite la deuxième main. Avec Dame-Valet suités, le Français ouvre UTG+1 et est payé par le joueur à sa gauche. Le flop Dame-Valet-2 rainbow est idyllique par Alexandre, qui se fait relancer après sa mise de continuation. Son adversaire poursuit son agression sur le turn K avec une petite mise qui ne fait pas fuir Alex. La rivière est une Dame qui incite le tricolore à envoyer son tapis. Son adversaire tank alors un long moment, avant de finalement passer sa paire de 2. "Dommage, regrette Alexandre, parce que si j'avais check, il aurait sûrement tout envoyé." Le Français s'en contente cela dit très bien. Pour l'instant.

Autre ascension qui fait plaisir côté français, celle de Martial Blangenwitsch, passé de 350,000 à 750,000 jetons.

Jimmy démis

C'est un gros coup derrière la casquette que s'est pris Jimmy Guerrero. Après une ouverture à 18,000 en milieu de position, le Français voit le joueur au cutoff lui revenir dessus pour 45,000 et réfléchit un bon moment avant de payer. Il check/call ensuite à deux reprises pour 35,000 et 75,000 sur un board TK47. Jimmy n'a plus que 125,000 jetons devant lui au moment où un 5 débarque sur la rivière et se voit demander son tapis. À la traditionnelle question "Tu me montres si je me couche ?," posée par le Français après plusieurs minutes de réflexion, il n'aura pour toute réponse, de la part de son adversaire, qu'un appel au Time. Jimmy n'a plus qu'une minute pour prendre sa décision mais ne parvient finalement pas à faire son choix.

Tombé à une poignée de blindes, Jimmy tirera sa révérence quelques minutes plus tard avec un As-3 ne trouvant pas d'amélioration contre As-Valet.

Maria, Maria

Maria Ho est la première joueuse à dépasser les deux millions de jetons sur ce Main Event. Un stack tellement élevé à ce stade de la compétition, que le directeur de tournoi de ces WSOP Jack Effel (photo) fait lui-même le déplacement pour venir le comptabiliser.

Assise à la gauche de Kenny Hallaert, chipleader au départ de ce Day 3, l'Américaine s'est adjugé un joli pot contre ce dernier, juste avant de partir en pause. En bataille de blindes, Maria a envoyé trois salves à 28,000, 42,000 puis 170,000 (!) sur un board 57693, la dernière faisant fuir Kenny, qui reste assis devant un tapis plus que confortable d'1,35 million. Ces deux-là n'ont probablement pas fini de se tirer la bourre.

Patience est le maître mot

Les deux ladies du Team Winamax sont dans la même situation, et pourtant avec des stacks complètement différents : elles patientent. Aurélie Quelain (en compagnie de David Pham droite de la photo) possède 14 blindes et joue à un petit jeu que la plupart des joueurs de tournois connaissent par cœur : le push or fold. « J’ai fait tapis deux fois, et à chaque fois c’était avec Valet-Huit. » De l’autre côté de la Méditerranée, c’est ce qu’on appelle les "as marocains", et vu qu’Aurélie a fait ses plus belles performances la bas, ça ne m’étonnerait pas qu’elle y ait trouvé un peu d’inspiration.

En ce qui concerne Gaëlle Baumann, ce sont plutôt 70 blindes qui brillent devant elle, soit 700,000 jetons. « Ça va, même si j’ai perdu pas mal de petits pots en début de journée », confessait Gaëlle. « Mais je suis revenue gentiment. Tu sais, les pots commencent déjà être très importants à chaque fois, ça va vite. » Quand Gaëlle a découvert sa table, c’est un peu comme si les portes du paradis s’étaient ouvertes à elle. Qu’en est-il depuis ? « Le problème, ce que je n’ai rien. Ni cartes ni spots intéressants contre les joueurs moins bons. » Alors Gaëlle patiente. Ça tombe bien, il paraît que le vainqueur ne sera pas encore connu aujourd’hui.

Presque retraité

Gavin Griffin fut le premier joueur de l’histoire du poker à remporter un titre sur chacun des trois circuits considérés comme les plus importants du poker : les WSOP (un tournoi de Pot-Limit Hold’em en 2004), l’EPT (Monte Carlo, 2007), et le WPT (Atlantic City, 2008). Maintenant qu’il est marié avec deux enfants, l’Américain s’est rangé des voitures, mais il continue de réserver une place dans son budget pour le plus beau tournoi de l’année

On ne l'arrête plus

Le rush n’en finit pas chez Mélanie Weisner, désormais installée derrière un tapis de 1,6 million après avoir éliminé un joueur de plus. L’Américaine a 3-bet depuis le cut-off avec As-Roi, et a vu la grosse blinde 4-bet à tapis. Elle paie avec As-Roi et reste en tête face à QT.

Multi-cartes

Grand-Maître aux échecs, Jennifer Shahade passe aussi beaucoup de temps autour des tables de poker du circuit. Un peu la Almira Skripchenko Américaine, donc… Originaire de Philadelphie, réalise son premier deep-run dans le Main Event. Son meilleur résultat en tournoi est assez atypique : une victoire dans un tournoi de… poker chinois « Open Face » pour 100,000 euros ! C’était à Prague en 2014.

Ils sont déjà passés par là

A notre connaissance, il ne reste que trois anciens vainqueurs du Main Event en course. Outre Johnny Chan, dont nous avons déjà parlé, Greg Raymer (2004) et Ryan Riess (2013) sont encore en course pour l’impossible doublé. OK, c’est déjà arrivé (Doyle Brunson, Stu Ungar, Johnny Moss), mais c’était à une époque ou il n’y avait que quelques dizaines de joueurs à battre, et non quelques milliers.

Anecdotes, statistiques et citations à la con

Tableau de bord
531 joueurs restants (sur 6737 au départ)
Blindes 5000/10 000 ante 1000
Tapis moyen : 634 000

Ils remportent 20 499$ :

544e / Nicolas Cardyn (France)
547e / Simon Deadman (UK)
557e / Gaël Onillon (France)
574e / Jean-Philippe Piquette (Canada)
577e / Dan Kelly (UK)
582e / Jimmy Guerreo (France)


"Et Darcourt, il en est où ?" - Signé : un confrère un peu perdu n'ayant pas percuté que Guillaume s'est fait éliminer durant les trois premières heures du tout premier jour du tournoi.

Désormais, lorsque l’on dit qu’une table casse, l’expression est à prendre littéralement : les chaises sont retirées de l’Amazon Room, et les tables démontées pièce par pièce, pour être ensuite mises au placard… Jusque l’année prochaine !

Trois Français au dessus du million !

- 15 juillet 2016 - Par Flegmatic

Level 17 - Blindes 4000/8000 ante 1000

C’est la grande forme dans le clan Français du Main Event, qui compte 17 membres après deux heures trente de jeu (une élimination à déplorer durant la dernière heure - on en parle plus bas). Pas moins de trois Français ont passé la barre (pas que symbolique) du million en jetons ! Pendant ce temps, on a perdu 200 joueurs en deux heures trente de jeu.

Millionnaire, Antoine Saout l’était déjà au moment du coup d’envoi du Day 4. Le finaliste du Main Event 2009 approche désormais la barre des DEUX millions !

Il se trouve que le Breton a rendu fou Asi Moshe, un régulier du circuit. « Je relance au bouton à 16,000, il 3-bet à 56,000 de BB et je paie avec mon 43. Flop : Dame-Valet-7. Il mise 52,000, je relance à 127,000, il paie. Turn : 4. Il check : j’ai fait une paire, c’est cool, je checke aussi. Rivière : 9. Il checke, je checke, et ma main est good contre As-10 ! »

Dégouté, Moshe perdra ses derniers jetons une demi-heure plus tard contre le même Antoine. « Paire d’As contre paire de 5, il a cold 4-bet de SB ! »

Continuons de parler des millionaires Français... Victor Saumont est peut-être en train de se demander s’il est vraiment dans ce Main Event et pas  en train de  rêver dans son lit. Depuis la petite blinde, et après avoir découvert une paire de dames, il relance à 22 000. Réponse de son voisin en BB : 68,000 (avec un peu moins de 300,000 au début du coup). Victor n’y va pas par quatre chemins, il annonce tapis. Il est payé dans la seconde par AQ. Il est écrit que Victor n’allait pas trembler un instant dans ce début de journée, et rien de dangereux n’est venu contrecarrer les plans de notre désormais couvreur préféré, qui possède plus de 1,1 million. Je l’ai pincé, il a crié : je pense qu’on est dans la réalité.

Le fold d’une vie

« Viens voir, je crois qu’il y a le pot du tournoi qui se joue à ma table ! » Lorenzo Lavis est excité par ce qui se déroule sur sa table, et il a toutes les raisons de l’être. Nous sommes à la rivière, sur la table cinq cartes sont affichées : 4Q4K5. Un coup disputé entre l’Autrichien Dietrich Fast et l’Anglais Simon Deadman, tous deux à la droite du Français, qui m’explique l’action : « Ouverture de l’Autrichien, et just call de l’autre. Flop, c-bet et call, turn les deux checkent, et là ça fait mise à 85,000 et relance à 253,000 du coup l’Autrichien a fait tapis ! Ils ont tous les deux 1 million ! » Et Simon Deadman va tank un long moment. Tellement long que c’est lui qui insiste pour qu’un joueur appelle la clock contre lui. « Prends ton temps, c’est le spot le plus important de ton Main Event, prends ton temps », lui répond un autre joueur à table. « Oui mais si j’ai une minute, je prendrai ma décision. Là, je ne sais pas. » Un floor débarque et pose la fameuse question « La clock est-elle justifiée, le joueur a-t-il eu assez de temps de réflexion ? » ce qui fait bien marrer Deadman, qui va lui même répondre « ça fait 10 minutes que je réfléchis, il faut cesser ça. » Le floor arrive au bout de la minute, 5-4-3-2-1… et Deadman jette face up une paire de dames, les 3e nuts sur la table. « Good fold », lui répond Dietrich Fast, avant de tabler 44 pour carré ! 

Quant à Lorenzo, aucun problème en ce début de journée. Il a attrapé ce même Dietrich Fast en plein carnaval peu de temps après ce gros pot : Lorenzo s'est retrouvé avec King-Five dans les mains et a floppé deux paires sur un board K-8-5-2-T. Et comme c'est bien connu que King-Five ça ne perd jamais, il a donc tout naturellement payé 3 barrels de l'Autrichien, 26,000 flop, 55,000 turn et un dernier parpaing à 180,000 sur rivière. Les cartes de l'Autrichien ont filé directement dans le muck, et Lorenzo possède maintenant plus d'un million de jetons.

Seb, c'est pas bien

Nous n'avons malheureusement pas de détails sur l'élimination de Sébastien Comel, survenue tandis que nous observions d'autres tables. Le Français, qui avait commencé à perdre des jetons dès le début de la journée, s'incline à une diabolique 666ème place.

Guignol dans les montagnes russes

S'il y a bien un Français qui fait le show en ce début de ce Day 4, c'est Aurélien Guiglini. Après vingt minutes de jeu, Guignol laissait déjà échapper 600,000 jetons après un premier flip perdu avec une paire de 4 face à As-9. Ce n'était que pour mieux doubler dans la foulée avec As-Dame contre une paire de 10. De retour à 700,000, l'éminence grise de Winamax abandonnait ensuite un pot à 800,000 avec As-Roi contre une paire d'As. "J'ai 3-bet puis 5-bet shove face à la sur-relance de JohnnyBax [Cliff Josephy, NDLR]. C'était un très bon exemple de 3-bet fold car je ne pense pas qu'il ait les Dames dans sa range de 4-bet." Voilà désormais Aurélien stabilisé aux alentours des 300,000, soit encore un peu plus de 37 blindes. Pour combien de temps ? Réponse au prochain épisode.

Thi, Johnny et le troll

Départ compliqué pour Thi N'Guyen. Celle qui avait éclaboussé le Day 2 de son talent en réussissant à monter 450,000 jetons est en grande difficulté aujourd'hui. Après un gros coup perdu, le tapis de la Française est brutalement redescendu à 110,000, soit à peine 14 blindes, contre 287,000 en début de journée.

La récente demi-finaliste de l'EPT Monte-Carlo n'a pas non plus tiré la table la plus facile du field, puisqu'elle assise non loin du double champion du monde Johnny Chan, et à la droite d'un petit plaisantin répondant au nom de Michael Souza (photo). Ce dernier n'a visiblement pas manqué de jeter un oeil au seat draw avant de s'habiller ce matin, puisqu'il arbore un tee-shirt fort à propos où l'on peut voir le visage de Chan accolé à la phrase "Sorry John, I don't remember." Une citation tirée de la mythique scène du film Rounders, dans laquelle Matt Damon explique avoir passé un gros bluff à l'ami Johnny. On attend désormais le remake en live.

Ané muck

Un, deux, et trois visages connus en table 430. Les deux Français Benjamin Ané et Pierre Merlin devront ainsi en découdre avec le vainqueur de l'EPT Vienne 2014 Oleksii Khoroshenin. C'est ce dernier qui met le feu aux poudres sur un coup où je suis arrivé sur le turn. Les deux blindes ont payé son ouverture depuis le cutoff, dont Benjamin en BB. Check général sur le flop 6Q9, avant que la SB ne prenne les devants sur le 8 au turn, en envoyant 22,000. Le Français s'acquitte de la somme mais voit l'Ukrainien lui revenir dessus avec une relance à 61,000. La SB reste dans le coup, tout comme Benjamin, après tout de même un petit temps de réflexion. Tout le monde se calme cependant sur le J rivière qui fait rentrer une foule de tirage. Le joueur en small blinde dévoile alors ses cartes en premier, une paire de 8 gagnante et rafle ce joli pot. Pour le Français, parti avec 262,000 jetons ce midi, l'heure n'est pas vraiment à la fête.

Pierre qui call amasse du dol’

Sur un board 10K88, Pierre Merlin mise 20,000 au bouton et se fait check/raiser par la BB, à hauteur de 60,000. Pierre se tâte, mais pas très longtemps, avant de payer. La rivière est un 6 et les deux joueurs checkent rapidement. La BB a trouvé une paire avec son 64, mais était drawing dead contre le JT du Français.

Per gagne

Per Linde joue énormément de coups, et cela lui réussit : le Suédois vient de rejoindre le club des millionnaires (une soixantaine de membres) après avoir payé sur la rivière le bluff d’un adversaire avec en main une simple top-paire.

Anecdotes, statistiques et citations à la con

Tableau de bord
603 joueurs restants (sur 6737 au départ)
Blindes 5000/10000, ante 1000
Tapis moyen : 558,000

On a donc perdu 1,3 joueur par minute depuis le début de la journée.

Ils remportent 18 714$ :

635e / Phanlert Sukonthachartnant (Thailande) (je ne connais pas ce joueur, mais comme je suis payé au signe…)

Ils remportent 17 232$

644e / Le champion du monde 1983 Tom McEvoy (USA)
666e / Sébastien Comel (France)
697e / Peter Eichhardt (Suède)
699e / David Benefield (USA)


"Je peux pas la piffrer. Elle a un melon comme ça, j'en peux plus depuis un mois." - Signé : un collègue à propos d'une présentatrice TV des WSOP. A priori, ils ne partiront pas en vacances ensemble.
"Moi je l'aime bien, elle est gentille." - Signé : un confrère qui a du mal à se mettre d'accord avec son voisin sur le banc de presse.

Les commentateurs historiques des WSOP Lorn McEachern et Norman Chad sont dans la place ! Un signe qui ne trompe pas : nous sommes entrés dans une phase cruciale du tournoi...