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Brian Rast déjoue les pronostics

- 7 juillet 2016 - Par Benjo DiMeo

L'Américain se défait de Michael Mizrachi et Justin Bonomo pour remporter un deuxième titre au PPC
Event #55 - Poker Players Championship 50 000$ (Finale)


Vous le savez autant que nous : lors d'une partie de poker, rien n'est jamais écrit d'avance... A fortiori quand cette partie rassemble quelques uns des meilleurs joueurs du monde, tous au sommet de leur forme. Ainsi, le duel final Justin Bonomo / Michael Mizrachi que nous prédisions en début de soirée n'a pas eu lieu : à défaut d'un troisième (!) titre sur le tournoi le plus prestigieux des World Series of Poker, Mizrachi se sera contenté d'une quatrième place bonne pour un lot de consolation de 380,942 dollars.

Après l'élimination du jeune Eric Wasserson en troisième place, un autre duel a eu lieu, opposant le bonomo sus-cité à Brian Rast (photo ci-dessus). Une confrontation longue et passionnante, où ces deux extraordinaires compétiteurs se sont échangé tour à tour le témoin de chip-lead durant plus de trois heures, se battant âprement pour chaque jeton dans toutes les formes de Stud, de Omaha et de Hold'em ainsi qu'en Deuce-to-Seven.

C'est qu'au delà des sommes folles mises en jeu (presque 1,3 million de dollars !), chacun avait à coeur de défendre sa place dans l'histoire du poker. Justin Bonomo (photo) onze millions de dollars de gains, était en quête de son premier bracelet dans une variante autre que le No-Limit, et voulait effacer le sale goût d'inachevé laissé par un nombre record de "places du con" cet été : une seconde place, et autant de troisièmes places en un mois seulement ! Brian Rast, lui, voulait enfoncer le clou dans sa démonstration d'experts en variantes, en inscrivant pour la seconde fois son nom au palmarès de ce tournoi récompensant le meilleur joueur "tout terrain".

On le répète souvent : lors d'une partie de poker voit s'affronter deux joueurs de niveau similaire (dans le cas présent : de niveau très élevé), la chance (en langage de pro : la variance) aura souvent son mot à dire pour les départager. Mais vous raconter que c'est suite à une rencontre entre un full et une quinte en No-Limit Hold'em que le tournoi s'est achevé serait faire preuve de malhonnêteté intellectuelle envers le vainqueur, tant Brian Rast a parfaitement joué le coup, se retenant de miser avec sa main faite sur le turn, et même la rivière, poussant ainsi Bonomo à tout envoyer avec son tirage ventral trouvé sur la rivière.

Ainsi ce terminait la onzième édition du tournoi que les plus grands pros considèrent désormais comme "leur" Main Event, celui qui départage chaque année les joueurs les plus complets et les plus sûrs de leur talent. Comme chaque année, nous n'avons pas été déçus du spectacle.

Résultats
Poker Players Champion 50 000$ - 91 inscrits
Vainqueur : Brian Rast (USA) 1 296 097 $
Runner-up : Justin Bonomo (USA) 801 048 $
Troisième : Eric Wasserson (USA) 545 772 $
Quatrième : Michael Mizrachi (USA) 380 942 $
Cinquième : Wil Wilkinson (USA) 272 558 $
Sixième : Ray Dehkharghani (USA) 200 027 $

Tout change si vite

- 7 juillet 2016 - Par Flegmatic

Event #59 - NLHE 5 000$ : Patrick Bruel sorti en 64e position.

Sa fin de journée en pente douce l'a poussé vers la sortie plus tôt qu'il ne l'aurait espéré. Après un début de Day 2 canon, qui l'a propulsé très tôt au-delà des 300 000 jetons - ce qui représentait alors près de trois fois le tapis moyen - Patrick Bruel a vécu une longue, très longue traversée du désert aujourd'hui, qui ne lui a pas permis de défendre à fond ses chances. Alors forcément, lorsqu'il découvre AsK de petite blinde - "[s]a meilleure main depuis quatre heures" - avec 146 000 jetons devant lui (18BB), à la suite d'une ouverture à 18 000 du joueur UTG, la décision n'était pas bien compliquée à prendre : tapis.

Face à la paire de 7 adversaire, le Boss joue un coinflip pour sa survie dans ce tournoi. Vous l'avez déjà compris si vous avez d'abord lu le titre de cet article avant d'arriver sur cette phrase - si vous êtes normal en somme - la pièce tombera du mauvais côté pour Patrick, après un board 65394 tout ce qu'il y a de plus anodin. Forcément frustré, le dernier des W rouges en lice sur ce tournoi file donc vers le bureau des payouts, récupérer son ticket qui lui permettra de retirer les 10 361 dollars de sa 64e place.

Une élimination qui anéanti donc les derniers espoirs tricolores et qui clôture donc le coverage de cet Event #59. À venir, des nouvelles du tournoi par équipes, où les places payées ont été atteintes il y a peu.

Marius Gerse, Dominik Nitsche, Fedor Holz (de haut en bas, toujours à droite), sans oublier Christopher Frank, toujours en course : les Allemands ont terrassé les Français aujourd'hui au Rio. Espérons qu'il en sera autrement ce jeudi au Stade Vélodrome pour la tant attendue deuxième demi-finale de l'Euro.

Volatile : atterrissage forcé

- 7 juillet 2016 - Par Flegmatic

Event #59 - NLHE 5 000$ (Day 2) : Guillaume Diaz quitte le tournoi en 76e place.

Le septième niveau de la journée fut le dernier pour Guillaume Diaz. Le Top Shark 2014 a connu une dernière heure assez catastrophique où il n'a quasiment pas gagné un coup. J'arrive à sa table sur ce qui allait s'avérer être son avant-dernière main. Sur un flop 578, Volatile38 place au milieu une mise conséquente de 48 000, dont s'acquitte son adversaire après avoir check dans un premier temps. Ce dernier fait en revanche parler la poudre sur le turn 5 en envoyant son tapis, légèrement supérieur à celui du Grenoblois, qui passe presque instantanément.

Alors tombé à 16 blindes, Guillaume pousse dans la foulée ses derniers jetons depuis le cutoff avec As4. Le joueur au bouton, alors en possession de 32 blindes, paie avec une paire de 9. Le board 59657 ne laisse pas espérer longtemps le benjamin du Team Winamax, qui repart avec 9 307 dollars correspondant à sa 76e place.

Une poignée de secondes plus tard, ce fut au tour de Patrick Bruel de passer non loin de la correctionnelle. À la suite d'une ouverture à 13 000 d'un joueur en milieu de position, payée par le Boss, Andrew Lichtenberger shove ses 35 500 restants. Le joueur à sa gauche décide ensuite de faire monter les enchères à 67 000. La parole revient à Patrick qui hésite un long moment avant de finalement jeter sa main. Le vainqueur de l'Event #52 retourne alors la sienne : As-10. "C'est ce que j'avais," lâche P14B. Lichtenberger est en flip contre la paire de 9 de son adversaire et pense bien passer devant après l'arrivée de deux As sur le flop, mais un 9 sur la rivière l'envoie illico dans le rail. "J'ai eu chaud, souffle alors le chanteur. Parce que là, j'aurais slowplay et à la fin, il m'aurait tout pris." Avec 150 000 jetons devant lui et des blindes qui s'apprêtent à passer à 4 000/8 000, ante 1 000, le Boss n'est pas pour autant tiré d'affaire, mais il s'est au moins évité une sortie prématurée.

Un de chute

- 7 juillet 2016 - Par Flegmatic

Event #59 - NLHE 5 000$ (Day 2) : Hugo Pingray éliminé en 93e position.

Les images ne trompent pas. Hugo Pingray a bien rejoint le rail de cette superbe épreuve à 5 000 dollars. Sa dernière main débute par une ouverture à 12 000 avec Roi-Valet, payée deux crans plus loin par l'Allemand Dominik Nitsche ainsi que le joueur en grosse blinde. Ce dernier s'énerve ensuite sur le flop Dame-10-6 en plaçant une mise à 33 000. Fort d'un overpaire et d'un tirage par les deux bouts, le vainqueur du Monster Stack 2014 décide alors de pousser ses vingt dernières blindes, soit 100 000 jetons. "Et là, Nitsche me paie avec une paire de 6. Je ne peux pas croire qu'il avait simplement flat préfop," lâche Hugo après coup, forcément déçu. Sa deuxième place payée de l'été lui rapporte 7 913 dollars.

Hasard du redraw, c'est Guillaume Diaz qui est venu s'asseoir sur la chaise qu'occupait quelques minutes auparavant son compatriote. L'occassion pour ce dernier de glaner quelques précieuses informations sur ses nouveaux voisins de table. Cela ne devrait pas être de trop pour un Volatile qui a perdu quelques plumes depuis le retour de dinner break, à la suite de plusieurs petits pots perdus. Rien de bien dramatique cependant, puisque le Top Shark se maintient toujours aux alentours des 250 000, soit un peu plus que le tapis actuel de Patrick Bruel, qui se fait un tantinet plus discret qu'en début de journée.

[Edit : alors que ces lignes sont tapées, j'apprends la sortie de Pierre Merlin. Le pensionnaire de la room PMU a poussé ses 25 dernières blindes avant le flop avec une paire de 9, et s'est heurté à deux belles Dames. "Lenchanteur." se classe 79e pour un gain de 9 307 dollars, laissant seuls nos deux W rouges représenter le clan tricolore.]

Patrick Bruel, Sorel Mizzi et Andrew Lichtenberger : un virage de prestige qui appartient désormais au passé.

Les deep runs sur les épreuves à 5 000 billets, ça connait Martin Jacobson, lui qui a atteint pas moins de quatre tables finales EPT avant de remporter le Main Event des WSOP.

Première place payée de l'été pour Byron Kaverman.

Popotte en petit comité

- 7 juillet 2016 - Par Benjo DiMeo

Event #62 - High-Roller Pot-Limit Omaha 25 000$ (Day 1)

Faible affluence pour le tournoi dit "de quinze heures" : forcément, il coûte très cher, et il est programmé sur la dernière ligne droite avant le Main Event, autant dire au moment où nombre de joueurs n'ayant pas réussi à faire sauter la banque depuis juin (avec un bracelet ou un Top 3, disons) recomptent leurs bankrolls avec anxiété, passent des coups de fils pour trouver des deals de stacking en dernière minute, et barrent, résignés, des tournois de leur programme. Et en plus, il faut savoir jouer en Pot-Limit Omaha. C'est pas donné à tout le monde. Quatre cartes en main, c'est deux fois plus d'emmerdes potentielles par rapport au Hold'em.

Sans surprise, donc, le compteur affiche 134 joueurs après cinq heures de jeu : on est encore en dessous des chiffres de 2015 (175 inscrits), mais sachez qu'il est possible de s'inscrire jusqu'au départ du Day 2. Au milieu d'un field très européen (nous sommes censés être meilleur à ce jeu qui a toujours été populaire dans les cercles de Paris, Amsterdam, Londres, Copenhague, et j'en passe), j'ai repéré deux tricolores.

Après un deep-run frustrant dans le PLO Championship à 10 000 dollars, Aubin Cazals retente sa chance dans une épreuve au prix d'entrée encore supérieur. Je demande au détenteur de bracelet si la structure très deep a une influence sur le jeu. "Oui, on a de la place pour bluffer, pour jouer en position, ou tenter des check/raises rivières, ce genre de trucs, mais de manière générale, pour le moment, tout le monde joue en ligne." Le Pot-Limit Omaha est-il un jeu où il faut forcément être max pour gagner ? "Non ! Dès qu'on joue en position, on peut se permettre des trucs. En revanche, hors de question de faire le fou en bout de parole !"

"C'est une table sérieuse", confie Eric Sfez, second Français de ce tournoi (jusqu'à présent). "Zut, j'avais paire de 2", me glisse t-il en pointant du doigt un flop Valet-2-2. Dommage, mais pas de regrets : c'est plutôt en High-Low que les 2 sont jouables.

En 2015, Anthony Zinno remportait cette grosse épreuve de PLO - l'une de ces six victoires cette année-là, dont deux sur le circuit WPT !

"Et quand on est sorti de la voiture, il était encore là, posé sur le toit..." Jason Mercier régale ses camarades de table avec cette anecdote déjà légendaire, rapportée hier soir sur Twitter par un ami :


Pour les non-anglophones : Jason a oublié son ordi portable sur le toit de sa bagnole (probablement pendant qu'il cherchait ses clés sans ses poches), et l'ordi en question est sagement resté en place durant le trajet jusqu'au resto ! Ce good run devient indécent.

Vous vous demandez peut-être où est passé Alexandre Luneau ? Réponse via sa page Facebook : dans la légendaire "Bobby's Room", théâtre des plus grosses parties de cash-game de Las Vegas depuis près de vingt ans (même si l'ouverture de l'Aria il y a quelques années a quelque peu bousculé l'ordre établi). Sachant que les jetons jaunes valent 1000$ chacun et que le rack contient cent de ces jetons, et que les jetons blancs valent 5000 dollars, Alex s'est cavé à 150,000 dollars environ. Gloups.