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Brian Rast déjoue les pronostics

- 7 juillet 2016 - Par Benjo DiMeo

L'Américain se défait de Michael Mizrachi et Justin Bonomo pour remporter un deuxième titre au PPC
Event #55 - Poker Players Championship 50 000$ (Finale)


Vous le savez autant que nous : lors d'une partie de poker, rien n'est jamais écrit d'avance... A fortiori quand cette partie rassemble quelques uns des meilleurs joueurs du monde, tous au sommet de leur forme. Ainsi, le duel final Justin Bonomo / Michael Mizrachi que nous prédisions en début de soirée n'a pas eu lieu : à défaut d'un troisième (!) titre sur le tournoi le plus prestigieux des World Series of Poker, Mizrachi se sera contenté d'une quatrième place bonne pour un lot de consolation de 380,942 dollars.

Après l'élimination du jeune Eric Wasserson en troisième place, un autre duel a eu lieu, opposant le bonomo sus-cité à Brian Rast (photo ci-dessus). Une confrontation longue et passionnante, où ces deux extraordinaires compétiteurs se sont échangé tour à tour le témoin de chip-lead durant plus de trois heures, se battant âprement pour chaque jeton dans toutes les formes de Stud, de Omaha et de Hold'em ainsi qu'en Deuce-to-Seven.

C'est qu'au delà des sommes folles mises en jeu (presque 1,3 million de dollars !), chacun avait à coeur de défendre sa place dans l'histoire du poker. Justin Bonomo (photo) onze millions de dollars de gains, était en quête de son premier bracelet dans une variante autre que le No-Limit, et voulait effacer le sale goût d'inachevé laissé par un nombre record de "places du con" cet été : une seconde place, et autant de troisièmes places en un mois seulement ! Brian Rast, lui, voulait enfoncer le clou dans sa démonstration d'experts en variantes, en inscrivant pour la seconde fois son nom au palmarès de ce tournoi récompensant le meilleur joueur "tout terrain".

On le répète souvent : lors d'une partie de poker voit s'affronter deux joueurs de niveau similaire (dans le cas présent : de niveau très élevé), la chance (en langage de pro : la variance) aura souvent son mot à dire pour les départager. Mais vous raconter que c'est suite à une rencontre entre un full et une quinte en No-Limit Hold'em que le tournoi s'est achevé serait faire preuve de malhonnêteté intellectuelle envers le vainqueur, tant Brian Rast a parfaitement joué le coup, se retenant de miser avec sa main faite sur le turn, et même la rivière, poussant ainsi Bonomo à tout envoyer avec son tirage ventral trouvé sur la rivière.

Ainsi ce terminait la onzième édition du tournoi que les plus grands pros considèrent désormais comme "leur" Main Event, celui qui départage chaque année les joueurs les plus complets et les plus sûrs de leur talent. Comme chaque année, nous n'avons pas été déçus du spectacle.

Résultats
Poker Players Champion 50 000$ - 91 inscrits
Vainqueur : Brian Rast (USA) 1 296 097 $
Runner-up : Justin Bonomo (USA) 801 048 $
Troisième : Eric Wasserson (USA) 545 772 $
Quatrième : Michael Mizrachi (USA) 380 942 $
Cinquième : Wil Wilkinson (USA) 272 558 $
Sixième : Ray Dehkharghani (USA) 200 027 $

Tout change si vite

- 7 juillet 2016 - Par Flegmatic

Event #59 - NLHE 5 000$ : Patrick Bruel sorti en 64e position.

Sa fin de journée en pente douce l'a poussé vers la sortie plus tôt qu'il ne l'aurait espéré. Après un début de Day 2 canon, qui l'a propulsé très tôt au-delà des 300 000 jetons - ce qui représentait alors près de trois fois le tapis moyen - Patrick Bruel a vécu une longue, très longue traversée du désert aujourd'hui, qui ne lui a pas permis de défendre à fond ses chances. Alors forcément, lorsqu'il découvre AsK de petite blinde - "[s]a meilleure main depuis quatre heures" - avec 146 000 jetons devant lui (18BB), à la suite d'une ouverture à 18 000 du joueur UTG, la décision n'était pas bien compliquée à prendre : tapis.

Face à la paire de 7 adversaire, le Boss joue un coinflip pour sa survie dans ce tournoi. Vous l'avez déjà compris si vous avez d'abord lu le titre de cet article avant d'arriver sur cette phrase - si vous êtes normal en somme - la pièce tombera du mauvais côté pour Patrick, après un board 65394 tout ce qu'il y a de plus anodin. Forcément frustré, le dernier des W rouges en lice sur ce tournoi file donc vers le bureau des payouts, récupérer son ticket qui lui permettra de retirer les 10 361 dollars de sa 64e place.

Une élimination qui anéanti donc les derniers espoirs tricolores et qui clôture donc le coverage de cet Event #59. À venir, des nouvelles du tournoi par équipes, où les places payées ont été atteintes il y a peu.

Marius Gerse, Dominik Nitsche, Fedor Holz (de haut en bas, toujours à droite), sans oublier Christopher Frank, toujours en course : les Allemands ont terrassé les Français aujourd'hui au Rio. Espérons qu'il en sera autrement ce jeudi au Stade Vélodrome pour la tant attendue deuxième demi-finale de l'Euro.

Volatile : atterrissage forcé

- 7 juillet 2016 - Par Flegmatic

Event #59 - NLHE 5 000$ (Day 2) : Guillaume Diaz quitte le tournoi en 76e place.

Le septième niveau de la journée fut le dernier pour Guillaume Diaz. Le Top Shark 2014 a connu une dernière heure assez catastrophique où il n'a quasiment pas gagné un coup. J'arrive à sa table sur ce qui allait s'avérer être son avant-dernière main. Sur un flop 578, Volatile38 place au milieu une mise conséquente de 48 000, dont s'acquitte son adversaire après avoir check dans un premier temps. Ce dernier fait en revanche parler la poudre sur le turn 5 en envoyant son tapis, légèrement supérieur à celui du Grenoblois, qui passe presque instantanément.

Alors tombé à 16 blindes, Guillaume pousse dans la foulée ses derniers jetons depuis le cutoff avec As4. Le joueur au bouton, alors en possession de 32 blindes, paie avec une paire de 9. Le board 59657 ne laisse pas espérer longtemps le benjamin du Team Winamax, qui repart avec 9 307 dollars correspondant à sa 76e place.

Une poignée de secondes plus tard, ce fut au tour de Patrick Bruel de passer non loin de la correctionnelle. À la suite d'une ouverture à 13 000 d'un joueur en milieu de position, payée par le Boss, Andrew Lichtenberger shove ses 35 500 restants. Le joueur à sa gauche décide ensuite de faire monter les enchères à 67 000. La parole revient à Patrick qui hésite un long moment avant de finalement jeter sa main. Le vainqueur de l'Event #52 retourne alors la sienne : As-10. "C'est ce que j'avais," lâche P14B. Lichtenberger est en flip contre la paire de 9 de son adversaire et pense bien passer devant après l'arrivée de deux As sur le flop, mais un 9 sur la rivière l'envoie illico dans le rail. "J'ai eu chaud, souffle alors le chanteur. Parce que là, j'aurais slowplay et à la fin, il m'aurait tout pris." Avec 150 000 jetons devant lui et des blindes qui s'apprêtent à passer à 4 000/8 000, ante 1 000, le Boss n'est pas pour autant tiré d'affaire, mais il s'est au moins évité une sortie prématurée.

Un de chute

- 7 juillet 2016 - Par Flegmatic

Event #59 - NLHE 5 000$ (Day 2) : Hugo Pingray éliminé en 93e position.

Les images ne trompent pas. Hugo Pingray a bien rejoint le rail de cette superbe épreuve à 5 000 dollars. Sa dernière main débute par une ouverture à 12 000 avec Roi-Valet, payée deux crans plus loin par l'Allemand Dominik Nitsche ainsi que le joueur en grosse blinde. Ce dernier s'énerve ensuite sur le flop Dame-10-6 en plaçant une mise à 33 000. Fort d'un overpaire et d'un tirage par les deux bouts, le vainqueur du Monster Stack 2014 décide alors de pousser ses vingt dernières blindes, soit 100 000 jetons. "Et là, Nitsche me paie avec une paire de 6. Je ne peux pas croire qu'il avait simplement flat préfop," lâche Hugo après coup, forcément déçu. Sa deuxième place payée de l'été lui rapporte 7 913 dollars.

Hasard du redraw, c'est Guillaume Diaz qui est venu s'asseoir sur la chaise qu'occupait quelques minutes auparavant son compatriote. L'occassion pour ce dernier de glaner quelques précieuses informations sur ses nouveaux voisins de table. Cela ne devrait pas être de trop pour un Volatile qui a perdu quelques plumes depuis le retour de dinner break, à la suite de plusieurs petits pots perdus. Rien de bien dramatique cependant, puisque le Top Shark se maintient toujours aux alentours des 250 000, soit un peu plus que le tapis actuel de Patrick Bruel, qui se fait un tantinet plus discret qu'en début de journée.

[Edit : alors que ces lignes sont tapées, j'apprends la sortie de Pierre Merlin. Le pensionnaire de la room PMU a poussé ses 25 dernières blindes avant le flop avec une paire de 9, et s'est heurté à deux belles Dames. "Lenchanteur." se classe 79e pour un gain de 9 307 dollars, laissant seuls nos deux W rouges représenter le clan tricolore.]

Patrick Bruel, Sorel Mizzi et Andrew Lichtenberger : un virage de prestige qui appartient désormais au passé.

Les deep runs sur les épreuves à 5 000 billets, ça connait Martin Jacobson, lui qui a atteint pas moins de quatre tables finales EPT avant de remporter le Main Event des WSOP.

Première place payée de l'été pour Byron Kaverman.

Popotte en petit comité

- 7 juillet 2016 - Par Benjo DiMeo

Event #62 - High-Roller Pot-Limit Omaha 25 000$ (Day 1)

Faible affluence pour le tournoi dit "de quinze heures" : forcément, il coûte très cher, et il est programmé sur la dernière ligne droite avant le Main Event, autant dire au moment où nombre de joueurs n'ayant pas réussi à faire sauter la banque depuis juin (avec un bracelet ou un Top 3, disons) recomptent leurs bankrolls avec anxiété, passent des coups de fils pour trouver des deals de stacking en dernière minute, et barrent, résignés, des tournois de leur programme. Et en plus, il faut savoir jouer en Pot-Limit Omaha. C'est pas donné à tout le monde. Quatre cartes en main, c'est deux fois plus d'emmerdes potentielles par rapport au Hold'em.

Sans surprise, donc, le compteur affiche 134 joueurs après cinq heures de jeu : on est encore en dessous des chiffres de 2015 (175 inscrits), mais sachez qu'il est possible de s'inscrire jusqu'au départ du Day 2. Au milieu d'un field très européen (nous sommes censés être meilleur à ce jeu qui a toujours été populaire dans les cercles de Paris, Amsterdam, Londres, Copenhague, et j'en passe), j'ai repéré deux tricolores.

Après un deep-run frustrant dans le PLO Championship à 10 000 dollars, Aubin Cazals retente sa chance dans une épreuve au prix d'entrée encore supérieur. Je demande au détenteur de bracelet si la structure très deep a une influence sur le jeu. "Oui, on a de la place pour bluffer, pour jouer en position, ou tenter des check/raises rivières, ce genre de trucs, mais de manière générale, pour le moment, tout le monde joue en ligne." Le Pot-Limit Omaha est-il un jeu où il faut forcément être max pour gagner ? "Non ! Dès qu'on joue en position, on peut se permettre des trucs. En revanche, hors de question de faire le fou en bout de parole !"

"C'est une table sérieuse", confie Eric Sfez, second Français de ce tournoi (jusqu'à présent). "Zut, j'avais paire de 2", me glisse t-il en pointant du doigt un flop Valet-2-2. Dommage, mais pas de regrets : c'est plutôt en High-Low que les 2 sont jouables.

En 2015, Anthony Zinno remportait cette grosse épreuve de PLO - l'une de ces six victoires cette année-là, dont deux sur le circuit WPT !

"Et quand on est sorti de la voiture, il était encore là, posé sur le toit..." Jason Mercier régale ses camarades de table avec cette anecdote déjà légendaire, rapportée hier soir sur Twitter par un ami :


Pour les non-anglophones : Jason a oublié son ordi portable sur le toit de sa bagnole (probablement pendant qu'il cherchait ses clés sans ses poches), et l'ordi en question est sagement resté en place durant le trajet jusqu'au resto ! Ce good run devient indécent.

Vous vous demandez peut-être où est passé Alexandre Luneau ? Réponse via sa page Facebook : dans la légendaire "Bobby's Room", théâtre des plus grosses parties de cash-game de Las Vegas depuis près de vingt ans (même si l'ouverture de l'Aria il y a quelques années a quelque peu bousculé l'ordre établi). Sachant que les jetons jaunes valent 1000$ chacun et que le rack contient cent de ces jetons, et que les jetons blancs valent 5000 dollars, Alex s'est cavé à 150,000 dollars environ. Gloups.

Quatre garçons dans le vent

- 7 juillet 2016 - Par Flegmatic

Event #59 - NLHE 5 000$ (Day 2) : Patrick Bruel, Guillaume Diaz, Pierre Merlin et Hugo Pingray sont dans l'argent.

Après une longue demi-heure passée à 133 joueurs restants (pour 130 payés), la bulle de ce tournoi ô combien prestigieux a fini par éclater une dizaine de minutes juste avant le dinner break, sans même que le main par main ne soit enclenché. Parmi les joueurs récompensés, nos quatre derniers Français en lice ont pu partir dîner l'esprit léger, assurés de remporter au minimum la somme de 7 496 dollars. Guillaume Diaz (330 000), Patrick Bruel (230 000), Pierre Merlin (200 000) et Hugo Pingray (140 000), ne repartiront pas bredouille du Rio aujourd'hui, et, avec une moyenne fixée à 173 991 jetons, peuvent tous espérer remettre les pieds dans l'Amazon Room demain.

Pour Volatile38, la période pré-bulle fut un véritable régal. Le Grenoblois s'est fait plaisir en rentrant dans un nombe ahurissant de coups, multipliant les ouvertures et les 3-bet préflop. Si la réussite ne fut pas toujours au rendez-vous, à l'image un tapis qui n'a finalement pas si évolué que cela, Guillaume s'est forgé une solide image de joueur agressif qui n'avait pas prévu de se laisser faire. Le prouve ce 4-bet shove face à un voisin de droite un peu trop téméraire.

Ce fut en revanche un peu plus compliqué pour Hugo Pingray (photo), qui a du abandonner plusieurs gros pots et Pierre Merlin, ce amputé d'une partie de son tapis après avoir fait doubler un joueur short stack.

Ils atteignent également les places payées : les Champions du Monde Ryan Riess et Martin Jacobson, les Allemands Fedor Holz et Dominik Nitsche, les Britanniques Jack SalterMartin Vamplew et James AkenheadZvi SternSorel MizziBryn Kenney ou encore Andrew Lichtenberger.

Tableau de bord
124 joueurs restants (sur 863 entrées)
Tapis moyen : 173 991
Blindes à la reprise : 2 500/5 000, ante 500
Payout minimum : 7 496$

On gagne en équipe, mais on perd tout seul

- 7 juillet 2016 - Par Benjo DiMeo

Event #61 - NLHE Tag Team 1 000$ (Day 1)

On s'amuse toujours autant dans le tournoi par équipes, mais, structure rapide oblige, ils sont de moins en moins nombreux à s'amuser. J'ai compté 36 tables actives aux alentours de 17 heures, durant le niveau 6, soit 324 équipes maximum encore en course. Cela représente à peine 40% du total des équipes partantes, et ce après moins de sept heures de jeu !

Les Français sont largement concernés par l'hécatombe. Ronan Monfort (en équipe avec Quentin Lecomte) est sorti de manière inhabituelle, comme il l'explique sur Twitter :

Pressé de donner des détails, Roro a expliqué qu'il s'était fait payer tout du long par 75 sur un board 10-9-7-6-Dame. "Il m'a mis sur As-Roi mais j'avais hauteur 5 !"

Sarah Herzali m'a appris l'élimination de la doublette qu'elle formait avec Erwan Pecheux, et sans vouloir cafter, c'est bel et bien ce dernier qui est responsable. La triplette Benny/Yu/Cédric a aussi mordu la poussière (un As-Valet perdant, je n'en sais pas plus), tout comme le tandem François Tosques/Jean-Marie Peyron - "Je me suis fait slowroll", explique le premier. "Le mec demande le compte avant de payer avec les As !"

Impossible, non plus, de retrouver le duo Lhommeau/Debue et le staff PMU. Une rumeur insistante dans le clan Français annonçait la venue d'une Team "49.3" menée par Manuel Valls : nous pouvons vous confirmer qu'elle est fausse. Ceci dit, les inscriptions sont encore ouvertes pendant quelques minutes.

Tapis Volant nous révèle en exclusivité la répartition des rôles au sein de son équipe : "Je gagne les flips, Maxime perd les jetons, et Timothée passe des gros bluffs !"

Tandis que Daniel Negreanu est occupé dans le tournoi de Stud High-Low (la bulle vient d'éclater), David Williams s'ennuie un peu, tout en faisant la promo d'un site de poker disparu depuis 2011. Une casquette définitivement vintage.

Repéré lors du Main Event 2015, le sosie de merde de Laurent Blanc (modèle "Je vais pas chez le coiffeur") est de retour. Et son coéquipier, il ressemble à qui ? Je me pose la question.

Une semaine après avoir remporté un second bracelet dans l'épreuve Bounty, Kristen Bicknell est plus que jamais le crush officiel de 25% des reporters Winamax. Et non, vous ne gagnerez pas un ticket à 10€ en devinant son identité, car nos articles sont tous signés.

Je me suis amusé à demander à quelques joueurs s'ils avaient une stratégie concernant la rotation des joueurs au sein de leurs équipes. Les réponses sont allées de "Nous n'avons pas de stratégie" à "On s'en contrefout comme de l'an 40" en passant par "J'espère jusque que c'est pas moi qui vais éliminer mon équipe" Nous voilà fixés : peut-être que les joueurs vont prendre au sérieux ce tournoi un jour, mais cela ne semble pas être pour tout de suite.

La qualité plutôt que la quantité

- 7 juillet 2016 - Par Flegmatic

Event #59 - NLHE 5 000$ (Day 2) : le clan tricolore a du plomb dans l'aile, mais se défend plutôt bien.

À se promener entre les tables, un constat s'impose, aussi cruel que frappant : les Français ont déserté le tournoi. Aux sorties de Moundir et Michel Abécassis, déjà citées, s'ajoutent les disparitions de Karim LehoussineValentin Messina, Yorane KérignardIlan BoujenahThi Xoa Nguyen, Benjamin PollakAntoine Saout et Éric Sfez. Rien que cela. Et si, à part Lehoussine (82 000 en fin de Day 1), tous ont débuté la journée avec un tapis inférieur à la moyenne, la désillusion n'en est pas moins réelle.

Une hécatombe qui n'a pas épargné le Team Winamax. Tombée à moins de cinq blindes avec une longue période de disette - "J'ai eu une fois As-Roi et tenté un continuation bet qui n'est pas passé sur un flop Dame-Dame-3" - Gaëlle Baumann a fini par rendre les armes sur le plus classique des lancers de pièce du poker : As-Roi contre deux Dames. Le board 72949 ne fut d'aucune aide à l'Alsacienne qui s'incline à une soixantaine de places de l'argent.

Heureusement, pour tous les Français encore présents, l'embellie se poursuit. À commencer par Patrick Bruel, qui n'en finit plus de monter des jetons. "J'ai 290 000, lâche-t-il dans une légère moue. Je suis redescendu un peu, j'avais plus tout à l'heure." Pas de quoi s'inquiéter néanmoins pour le Boss, même après ce pot de 50 000 jetons, perdu contre un joueur qui avait défendu sa grosse blinde, avant de flopper un full avec 97. P14B, qui a entre temps accueilli Sorel Mizzi à sa gauche (pas franchement un cadeau), est tranquillement parti en pause avec 270 000, plus de deux fois le tapis moyen.

Même topo chez Guillaume Diaz, qui a fait de la grimpette sa passion numéro 1 sur ce Day 2. Après avoir franchi la barre des 200 000 jetons, Volatile38 s'est offert le scalp de Pierre Neuville avec une paire de Rois restée devant le As-Roi du Belge. Voici désormais notre Top Shark assis devant un tapis de 320 000 soit plus de 100 blindes !

Poker face to the maximum.

Le chipleader tricolore au départ de ce deuxième jour Pierre Merlin n'est pas non plus en reste. 'Lenchanteur.' a notamment joué, et remporté, une main de quinze minutes face à Amir Lehavot. Je débarque autour de leur table alors que le flop affiche 85As et qu'une pile correspondant à 6 800 jetons est posée devant le November Nine 2013. Pierre lui revient alors dessus avec un check/raise à hauteur de 21 100, dont s'acquitte l'Israëlien. Le Français enchaîne sur le T au turn avec une mise à 34 000. Levahot réfléchit trois bonnes minutes avant de finalement engager la somme.

Un quart d'heure plus tard...

La rivière est un 4, incitant le membre du Team PMU à demander le tapis de son adversaire, qu'il couvre légèrement. Celui qui en a agacé plus d'un il y a trois ans en finale du Main Event, en tankant sans trop de raison une grande partie de ses mains préflop prend alors près de dix minutes avant de jeter ses cartes, devant un Pierre Merlin impassible. "J'ai As-Roi avec le Roi de carreau," glisse-t-il à son voisin de droite, après avoir supplié le Français de lui dévoiler son jeu, sans résultat. Un coup qui propulse ce dernier tout près des 300 000 jetons.

Avec un tout petit plus de 200 000 devant lui, Hugo Pingray est finalement le moins fringant de nos représentants encore en course. Nul doute qu'il s'en contentera, et nous aussi.

Coup dur pour Chris Ferguson, qui laisse échapper ce joli pot face à Bryn Kenney, et chute à douze blindes.

Christopher Frank, méconnaissable.

Natasha Barbour, beaucoup moins méconnaissable.

Vers un duel Mizrachi / Bonomo ?

- 7 juillet 2016 - Par Benjo DiMeo

Event #55 - Poker Players Championship 50 000$ (Finale)

Sans surprise, Ray Dehkharghani n'aura guère tenu plus de quelques minutes sur le podium Thunderdome de l'Amazon Room, l'ultra short-stack de la finale perdant ses derniers jetons lors d'un coup de Stud High-Low où Michael Mizrachi s'est amélioré au tirage, trouvant deux paires et un low imbattable sur la dernière carte.

Deux heures plus tard, une première pause est déclarée : dans l'intervalle, Mizrachi s'est emparé du chip-lead, et intensifiera un peu plus son avance en éliminant Wil Wilkinson au retour du break.

Le double vainqueur du PPC se partage désormais 70% des jetons avec Justin Bonomo : à ce stade, une confrontation entre les deux géants semble difficile à éviter, mais ne vendons pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué : Brian Rast et Eric Wasserson n'ont pas leur dernier mot.

Ne loupez pas une rare chance de regarder du Stud, Omaha High-Low, Deuce to Seven, etc en direct avec cartes visibles : les WSOP nous font plaisir avec ce streaming montrant absolument toutes les mains avec seulement trente minutes de différé. Un tour de force !

Le vainqueur verra son nom gravé sur le trophée commémoratif de l'épreuve. Un trophée qui porte le nom de Chip Reese : le légendaire joueur high-stakes avait remporté la première édition de ce tournoi très spécial en 2006 avant de déceder subitement l'année suivante.

Plus on est de fous, plus on rit

- 6 juillet 2016 - Par Benjo DiMeo

Event #61 - NLHE Tag Team 1 000$ (Day 1)

Ambiance électrique dans la Brasilia Room ! C'est qu'aujourd'hui, le sacro-saint caractère individuel du poker est temporairement mis de côté : pour la première fois dans l'ère moderne des WSOP, un tournoi par équipes est au programme ! D'ordinaire, les Day 1 de n'importe quelle épreuve se ressemblent tous : les conversations sont rares, la silence et concentration sont de mise aux tables, les railbirds sont peu nombreux, et l'incessant cliquetis des jetons tient lieu de bande-son. Pas ici : la salle bourdonne d'excitation, les allées sont pleines à craquer, le boucan est tout à fait réjouissant.

Cette agitation est due au format du tournoi : chaque équipe est constituée de deux à quatre joueurs, et chaque équipe dispose d'un seul siège dans le tournoi : aux membres de chaque de se mettre d'accord pour occuper ce siège à tour de rôle comme bon leur semble. Du coup, ils sont nombreux à rester près des tables soutenant de loin de leurs équipiers en attendant leur tour de jouer.

A l'entame de la troisième heure de jeu, on recensait plus de 740 participants, dont une grande majorité d'amateurs excités à l'idée de concourir à un bracelet WSOP pour seulement 250$ (le prix par personne lorsque l'on joue à quatre) et quelques pointures : j'ai reconnu Antonio Esfandiari, Joe Cada, ou Layne Flack. A noter qu'hier encore, Daniel Negreanu et Vanessa Selbst étaient encore à la recherche d'équipes : les deux se retrouvent finalement ensemble en compagnie de Maria Ho et David Williams.

On fait le tour des Français repérés dans ce tournoi résolument fun.

Vous ne connaissez peut-être pas son visage, mais vous êtes probablement déjà tombés sur ses écrits : Maxime Arnou est le rédacteur en chef du magazine Live Poker. Il partage ses jetons (et ses gains éventuels avec...)

Victor Saumont, alias Tapis Volant, réalisateur ("Nosebleed") et couvreur émérite chez les concurrents. Cependant, il ne s'agit pas d'une équipe 100% couvreurs : Victor et Maxime ont fait appel à un reg du circuit Français, Timothée Marlin. Les trois ont opté pour une tactique simple : "On change à chaque orbite, car on a tous envie de jouer !" Leur tournoi se passe bien, pour le moment : leur tapis a doublé durant les deux premières heures de jeu.

Quentin Lecomte joue en binôme avec l'un de ses meilleurs amis : Ronan Monfort. Une Team réduite mais tout à fait solide !

La réjouissante banane de Benny illumine la zone bleue de la Brasilia Room : lui et Yuestud (son ami de trente ans et co-commentateur dans La Maison Du Bluff) sont arrivés à Vegas hier soir en compagnie de Cédric Billot, organisateur de l'EPT. Ils ont tout naturellement monté une équipe 100% PokerStars.

ElkY a monté un trio avec Jacques Zaicik, son ami et mentor de toujours, et Hamilton Chu, producteur exécutif chez Blizzard - il travaille actuellement sur Heartsone, un jeu qui est en passe de supplanter le poker dans le coeur d'ElkY.

François Tosques est short-stack et vient de splitter avec A6 contre A5 à tapis préflop (pas une situation rare, convenons), il attend avec anxiété le retour de son coéquipier Jean-Marie Peyron : "Il est meilleur que moi en flips !"

Deux qualifiés d'une room concurrente où l'on aime les équidés (ok, c'est PMU) se battent avec une poignée de jetons : Alrick (photo) et Vincent.

La gagnante du Shootout Safiya Umerova est aussi de la partie, ce qui n'est pas pour nous déplaire.

Nicolas Cardyn conseille l'un de ses équipiers au moment de switcher. Le londonien a monté une Team avec deux amis Américains.

Brewenn est le grand manitou du poker chez PMU : lui aussi a monté un binôme avec un collègue.

Enfin, Damien Lhommeau fait équipe avec David Debue.