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Luneau s'en contentera

- 3 juillet 2016 - Par Veunstyle72

Event #55 : Poker Players Championship 50 000$ - 3 sortants, deux Français en course, Seiver en tête

Et encore un tournoi avec une affluence en hausse par rapport à 2015, avec 87 joueurs au départ de cette édition. Ok, c'est une hausse de deux joueurs supplémentaires seulement, certes. Mais à 50 000 billets l'entrée, on s'en contente finalement plutôt bien.

On ne manquera pas de remercier Stephen Chidwick, Ketih Gipson et Abe Mosseri pour leur participation, qui aura été de courte durée. Une journée simplement. L'élimination de ce dernier en a surpris plus d'un dans les allées du tournoi.

"Eh t'as combien Abe ?"
"Zero"
"Zero ??"

Une scène qui a bien du se répéter au moins 5 fois avec à chaque fois la même réaction, la surprise : "J'ai tout perdu en PLO. Je perds toujours en PLO", se justifiait-il. C'est peut-être ça la plus grande difficulté à surmonter dans ce tournoi, passer de certains jeux pratiqués en Limit, à des jeux pratiqués soit en Pot-Limit, comme le PLO, soit en No Limit. Cette dernière variante a d'ailleurs apporté beaucoup d'action à la table d'Alexandre Luneau en toute fin de journée. Allez, une dernière main et au lit.  

C'est Howard Lederer qui lui a offert un peu de piquant dans sa soirée. Derrière une ouverture de l'ancien ambassadeur Full Tilt, Alex décide de payer avec une paire de 9. La grosse blinde s'invite également.

Flop K33
C-bet de Lederer, c'est payé par Alex.

Turn 9 
Miam. Lederer place un second barrel, à peine plus de la moitié du pot. C'est payé par Alex, qui a donc fait full house.

Rivière 7
Lederer mise une 3e fois, et encore une fois en misant un peu plus de la moitié du pot. Alex décide alors de valoriser sa main et le relance du minimum. La réponse de Lederer est un peu plus agressive : tapis ! 

"J'ai fold. Il a carré. Quand on y pense, il n'y a pas grand chose, à part carré ou paire de rois."

Un fold assez dingo, qui le fait descendre à 217 000 pour terminer la journée, "alors que j'étais pas trop mal jusque là. Ce n'est pas extraordinaire de revenir avec moins que le stack de départ, mais bon ça va, on est encore bien deep."

Tout en haut du classement, c'est Scott Seiver qui a pris le meilleur départ en faisant un peu mieux que doubler le tapis original (il a 593 000). David Benyamine a également terminé la journée, sans pour autant écrire son nom ni sur le petit papier que tous les joueurs doivent remplir, ni sur son sac plastique. Pas de bol David, on t'a reconnu : 191 600 pour lui. 

Reprise du tournoi à 14h. 

Les accessoires des pros

- 3 juillet 2016 - Par Benjo DiMeo

Poker Players Championship 50 000$ (Day 1)


La bière et les bracelets de Scotty N'Guyen...

Les Puma délicieusement kitsch de Phil Hellmuth...

Le thé au tofu bio de Daniel Negreanu...

L'écharpe "Independance Day" de George Danzer...

Le plat diététique de Joe Hachem (et de tant d'autres)...

La teinture de Justin Bonomo...


Vous préferez que l'on vous parle de poker ? Il est presque minuit à Las Vegas, et les joueurs du PPC sont loin d'en avoir terminé avec le Day 1 : il reste encore 140 minutes de jeu au programme. Le compteur affiche 87 joueurs : les chiffres de 2015 sont d'ores et déjà battus, et l'on attend encore quelques retardataires. Parmi les derniers arrivés : Phil Hellmuth et ses pompes de beauf, Howard Lederer le-mec-que-tout-le-monde-déteste, Jean Gaspard...

Alexandre Luneau a profité du niveau 3 pour "hero call" Bryn Kenney, qui a effectué un bref passage par sa table. "Il ouvre au cutoff, je paie au bouton avec A7. Flop J-6-2 avec un seul trèfle." La suite du coup ? Le pro du Team Winamax va payer flop, turn et rivière des mises de plus en plus grosses, après avoir trouvé un 7 sur le turn, et un 5 sur la rivière. Excellentes décisions : Kenney ne prendra même pas la peine de montrer ses cartes au showdown, permettant à Alex de garder les siennes secrètes tout en encaissant un bon pot et tutoyer de nouveau le palier des 300,000 unités. Une situation "win-win", comme on dit chez les Yankees.

Alex a ensuite été déplacé à une nouvelle table au début du niveau 4 : il y a retrouvé deux Daniel (Negreanu et Alaei), ainsi que Howard Lederer. Rien à signaler du côté de David Benyamine, qui oscille aux alentours de 230,000, un poil moins que le stack de départ, sachant que les blindes sont encore à 500/1000 (pour le PLO et le No-Limit) et 1000/2000 (pour les jeux en Limit).

Au coeur de la mafia américaine

- 3 juillet 2016 - Par Veunstyle72

Et si on sortait un peu du Rio aujourd'hui. C'est parti pour une petite visite d'un musée qu’on vous a déjà recommandé dans le guide officiel Winamax, il s’agit du Mob Museum.

Véritable antre de la mafia Italo-Américaine, cet endroit devrait presque être incontournable si vous décidez de faire un saut dans cette ville. Pour cela, il faudra vous rendre dans le Vieux Vegas, « downtown » comme disent les Américains, juste derrière le casino du Binion’s, à 10 minutes maximum du strip en voiture. Pour la modique somme de 18$, ce sont près de trois heures de visite qui vous attendent, 180 minutes durant lesquelles vous allez en prendre pleins les yeux et les oreilles. On parle là d'un musée plus ludique et pédagogique que jamais, avec beaucoup de photos et de films de courte durée, sur des épisodes marquants de l'histoire de la mafia. Les enfants y étaient d'ailleurs assez nombreux. 

Et les enfants semblent bien s'amuser dans ce Musée
 

Qu’apprend-on dans ce Musée ? Une grande partie de la sombre histoire des Etats-Unis d'Amérique, soumise au puissant lobby de la mafia, lors du siècle passé. On apprend aussi que Las Vegas n’est pas qu’une ville bling bling dans laquelle se déroule chaque année les WSOP, oh que non. Las Vegas était avant tout une plaque tournante des bandits mafieux de tous les Etats-Unis d’Amérique (et d’Italie, pour les plus grands mafieux). L’argent circulait de main en main, mouillant des bandits venant de Los Angeles à New York, en passant par Chicago (haut lieu de la mafia au début du 18e siècle) ou encore Miami et le Mexique, et certains politiques aussi. Personne n'est épargné. La police, la justice, les casinos, la prostitution… la mafia de l’époque gérait énormément de choses grâce au pouvoir de l’argent. En soi, Las Vegas était une sorte de paradis fiscal, sans foi ni loi, où le crime était finalement assez banal. 

L'argent, l'argent, l'argent... les bandits ne vivaient que pour l'argent, et en masse si possible
 

Sur trois étages, vous découvrirez successivement la naissance de cette mafia, puis son arrivée et son développement à Las Vegas, et enfin la façon dont cette génération de gangsters a gentiment mais surement disparu. Existe-t-il encore une mafia présente sur Las Vegas ? Le musée ne le précise pas, mais difficile d'imaginer que cette ville n'est régit uniquement par des personnes blanches comme neige. Un grand chapitre est également consacré aux tricheurs dans cette ville, et il est plutôt intéressant de découvrir les techniques de triches qui existaient à l'époque dans les casinos, que ce soit sur des machines à sous ou sur des jeux de cartes tel que le blackjack. Une statistique fait d'ailleurs presque froid dans le dos : tous les ans, plus de cent croupiers sont renvoyés de leur travail pour triche ou tentative de triche à Las Vegas. 

Un musée testé, validé, et chaudement recommandé ! 

 Quand on pense à la mafia, à Las Vegas, on pense aux meurtres qui ont pu se dérouler au fin fond du désert. Ici, on a un échantillon des armes utlisées le plus fréquemment, et oui, la pelle (pour creuser dans le désert) et la dynamite en font bien partie

Le Mur de la Saint Valentin, épisode tragique entre deux mafias qui s'affrontaient à l'époque à Chicago. Les parties éclairées sur le mur mettent en avant les balles tirées sur les sept personnes assassinées ce 14 février 1929

 « El Chapo » c'est le surnom de Joaquin Guzman, l'un des plus grands barons de la drogue au Mexique. Il avait réussi une évasion spectaculaire, sa seconde évasion, à travers un tunnel de 1,5 km. Ici representée par une maquette

La chaise électrique. Aux Etats-Unis, la peine de mort est belle et bien réelle. Et bien ce n'est pas très rassurant de s'assoir sur cette chaise...

Le « Tommy Gun », le fameux pistolet mitrailleur utilisé par les mafieux

Technique de triche : créer avec du métal des fausses pièces qui serviront à être utilisées pour les machines à sous de l'époque

 « Ne dis jamais rien qui puisse se retourner contre toi un jour »

Pour quelques places payées de plus

- 3 juillet 2016 - Par Flegmatic

Event #54 - NLHE Crazy Eights 888$ (Day 1C et 1D)

Les chiffres sont tombés il y a peu : sur les 1 715 joueurs inscrits au Day 1C de ce Crazy Eights, seulement 58 ont composté leur ticket pour le Jour 2, rejoignant ainsi les 86 qualifiés des Day 1A et 1B. Parmi ceux-là, malheureusement aucun Français et finalement assez peu de têtes connues, à l'exception de Greg Raymer et Noah Schwartz. Six de nos Frenchies ont tout de même réussi à atteindre les places payées lors de cette troisième première journée, à savoir Joseph Teanotoga (2 006$), Hugo Pingray (1 801$), Erwann PécheuxArnaud CassinDamien Lhommeau et Patrick Muleta (1 508$ chacun).

Ce sera vraisemblablement cinq de mieux que sur le Day 1D, puisque selon notre recensement, seul Rony Halimi fait partie des 335 joueurs récompensés, sur les 2 230 inscrits au total. Pur produit des cercles de jeux parisien, avec une belle collection de lignes récoltées à l'Aviation-Club de France, Rony ne comptait jusque là aucune place payée aux World Series of Poker. Une anomalie désormais réparée. Avec un peu plus de vingt blindes en poche, il n'a cependant pas fini de batailler pour espérer remettre les pieds dans l'Amazon Room demain, en compagnie des trois compatriotes Sonny FrancoAurélien Guiglini et Carlos Lopes da Silva, tout en cherchant à s'enrichir davantage que de ce min-cash de 1 332 dollars déjà acquis.

Un gain auquel n'aura pas le droit Antonin Teisseire. Celui qui a récemment empoché plus de 400 000 dollars du côté du Venetian s'est fait attraper en plein bluff par son voisin de droite, alors que la phase du main par main venait juste d'être enclenchée. Sur un board 8-9-2-Valet, "Tonin" a décidé de pousser son tapis avec K2 et s'est fait tranquillement payer par une paire de Dames. La rivière ne sauvera pas le Français, qui quitte pour la deuxième fois ce tournoi, après sa sortie en 95e place enregistrée hier sur le Day 1B, synonyme de 1 980 dollars de gains.

Le Crazy Eights en chiffres jusque-là :

Day 1A : 1 291 inscrits / 194 ITM / 36 survivants (min-cash = 1 333$)
Day 1B : 1 525 inscrits / 229 ITM / 50 survivants (min-cash = 1 333$)
Day 1C : 1 715 inscrits / 258 ITM / 58 survivants (min-cash = 1 330$)
Day 1D : 2 230 inscrits / 335 ITM / ?? survivants (min-cash = 1 332$)
TOTAL : 6 761 inscrits / 1 015 ITM

On n'est pas couchés

- 3 juillet 2016 - Par Benjo DiMeo

Poker Players Championship 50 000$ (Day 1)

Après trois niveaux de cent minutes, aucune élimination à déplorer dans le tournoi le plus "burné" des World Series of Poker. Le contraire eut été étonnant, avec plus de 600 blindes au départ pour chaque joueur, et 75% des coups joués en format Limit. Alors que le niveau 4 est en cours, le compteur affiche 80 joueurs inscrits : les nouveaux arrivants continuent d'affluer au compte-gouttes, la plupart débarquant d'un pas lent et nonchalant, avec l'air de celui qui est là parce qu'il ne savait pas quoi faire d'autre. "Oh, c'est rien du tout cette partie de poker... Juste un petit cinquante mille balles banal comme tout."

Parmi les joueurs arrivés durant les deux derniers niveaux, un mélange de pros old schools de Vegas et de petites jeunes de la nouvelle génération : Anthony Zinno, David Oppenheimer, Dzmitry Urbanovich, John Racener, Joe Hachem, Max Pescatori, Steven Chidwick, Nick Schulman, David "ODB" Baker, Mike Wattel, David Grey, John Hennighan, Scott Clements, Justin Bonomo, Todd Brunson...

Parmi les joueurs qui ne sont pas là (ou pas encore là) et dont les touristes sur le rail s'inquiètent de l'absence : les deux Phil (Hellmuth et Ivey) et Antonio Esfandiari. Les chances que Doyle Brunson décide de revenir sur sa promesse de ne jamais revenir au Rio sont estimées à zéro pour cent.

Après plus de quatre heures de jeu, les tapis de David Benyamine et Alexandre Luneau ont pris des directions différentes (225,000 contre 275,000), mais (on se répète) pas assez pour que l'on puisse raisonnablement s'inquiéter ou se réjouir - la partie vient tout juste de commencer ! Un total de six niveaux seront joués lors de ce Day 1 : les joueurs ne seront donc pas libérés avant deux heures du matin. A noter d'ailleurs qu'aucune pause-dîner n'est programmée, alors que l'on joue depuis 15 heures : sans doute parce que la plupart des joueurs de ce tournoi se font livrer leurs repas directement à table, grâce au service de restauration orienté "VIP" installé à deux pas de l'Amazon Room (25 balles le burger ou le plat de brocolis : un tarif de pigeon ou de high-roller ? Les avis divergent)

Max Pescatori (4 bracelets), Joe Hachem (champion du monde 2005) et un mec de dos qui n'est PAS Jay Pee (finalement, il a préféré aller au strip-club)

Stephen Chidwick (5,6 millions de dollars de gain en live)

Après trente années de bons et loyaux services, Todd Brunson a fini par ranger le catogan au placard

En eaux profondes avec Alexandre Luneau

- 3 juillet 2016 - Par Benjo DiMeo

48 mains détaillées dans 8 variantes différentes
Poker Players Championship 50 000$ (Day 1)


Les World Series of Poker sont plus ou moins le dernier festival de poker de l'année offrant des tonnes d’épreuves dans des variantes dites « exotiques » à des tarifs très élevés. Il serait donc criminel de ne pas en profiter pour vous raconter un maximum de mains dans ces jeux ô combien passionnants mais très peu pratiqués hors des grosses parties de cash-game de Vegas et Macao.

Voici donc une nouvelle édition de notre série annuelle « En apnée avec… », chroniquement cette fois un tour complet de variantes dans le Poker Players Championship, ce qui représente six coups dans chacune des huit variantes au programme !

L’intérêt de la manoeuvre : observer comment se comporte Alexandre Luneau au tout début d’un tournoi ultra deep-stack, avec 250,000 jetons de départ et des blindes 200/400. Vous constaterez au passage que si la dramaturgie du tournoi n'est pas encore visible à ce stade de la partie, il n'en reste pas moins passionnant de voir des joueurs d'un tel calibre s'affronter dans autant de jeux différents. Puisqu'on change de jeu toutes les six mains, il est impossible de s'ennuyer !

Lorsque le deuxième niveau du PPC débute, la table d’Alex ressemble à cela :

1/ Alexandre Luneau (France, Team Winamax)
2/ [Vide - David Benyamine ayant été changé de table durant la pause
3/ Robert Campbell (Australie - 3 finales WSOP en 2 ans dans des tournois exotiques)
4/ Jens Lakemeier (Allemagne - « Fresh_oO_D » en ligne)
5/ Mike Leah (Canada - 1 bracelet, membre des Paris Aviators de Fabrice Soulier dans la ligue GPL)
6/ Brock Parker (USA - 3 bracelets, ancien joueur de Magic : The Gathering)

Alex entame le niveau 2 avec un tapis de 285,000 environ, ayant remporté un bon pot durant l’heure précédente lors d’un tour de Limit.

Attention : le long récit qui va suivre ne contient que 12% de No-Limit Hold’em.

Omaha High-Low

Cette section sera vite expédiée : trois mains de cette variante ont déjà été jouées juste avant le break.

#1 : Blindes 500/1,000. Alex ouvre à 2000, il est payé de BB par Mike Leah.

Flop 432 : Leah check/call 1000.
Turn 4 : Leah check/fold sur une nouvelle mise (de 2000, car dans les jeux « à flop » en Limit la mise double sur le turn et la rivière)

#2 : Alex fold UTG.

#3 : Alex est de grosse blinde et paie une relance de Jens Lakemeier.

Flop AJ5 : Alex check/call 1000.
Turn 3 : Alex donk-bet 2000. Jens abandonne.

Mains de Omaha High-Low jouées par Alex : 2 sur 3
Mains de Omaha High-Low gagnées par Alex : 2 sur 2

Razz

Pour votre serviteur, la difficulté augmente quelque peu. Le crayon va chauffer sur le bloc-notes.

#4 : Alex reçoit un 10 et « bring-in » pour 300 (c’est la mise qu’est forcée de poser le joueur recevant la plus grosse carte). Avec un 4, Mike Leah relance et Alex paie.

Les tableaux ressemblent maintenant à cela :

Alex : (X)(X) 107
Mike : (X)(X) 49

Mike mise 1000, c’est payé par Alex.

Alex : (X)(X) 107 - Q
Mike : (X)(X) 49 - 6

Mike mise 2000. Alex décide d’en rester là.
 

Mike Leah

#5 : Tandis que j’observe ce qui me semble être le croupier le plus rapide du monde, Alex jette un jeu qui ne devait pas être intéressant car je n’ai même pas eu le temps de voir sa « door card » (ie. la seule carte visible lors du premier tour d’enchères)

#6 : Alex est forcé bring-in avec un J et abandonne direct suite à une relance de Mike Leah avec un 3 affiché.

#7 : Brock Parker bring-in avec un K. Juste derrière, Alex abandonne avec un 9 affiché.

#8 : Alex reçoit un 9 et jette après avoir vu Brock Parker relancer avec un A.

#9 : Robert Campbell bring-in avec un 9. Tout le monde passe jusque Alex qui relance avec un 3. Robert sur-relance : Alex en reste là.

Mains de Razz jouées par Alex : 2 sur 6
Mains de Razz gagnées par Alex : 0 sur 2

 

Robert Campbell

Pot-Limit Omaha

Petit moment de répit pour les couvreurs : le PLO n’est pas un jeu difficile à noter. Et puis, selon Alex, ce n’est pas la variante où l’on verra le plus d’action, en tout cas en début de tournoi : « La plupart des participants au 50K sont des joueurs de Limit : il n’y a que peu de chances qu’ils jouent des gros pots en PLO ou No-Limit d’entrée de jeu, ils préfèrent limiter la variance. »

#10 : Un nouveau croupier arrive et commence son « shift » par un mis-deal. On regrette déjà celui qui l’a précédé. En l’absence de jetons de 25, les blindes sont fixées à 300/500. Alex est de petite blinde et donne un « walk » à Robert Campbell.

#11 : Alex est au bouton et fold après une relance de Brock Parker.

#12 : Alex est au cut-off et fold après une relance de Brock Parker.

#13 : Scotty N’Guyen fait son entrée et prend place au siège qu’occupait David Benyamine. « What’s up, baby ? » Alex fold UTG et Scotty relance : il vole les blindes.

#14 : Scotty limpe UTG pour 500. Robert Campbell relance à 2000. C’est payé par Alex de BB, et par Scotty.

Flop : 95K. Robert c-bet 4,000. Alex check/raise à 15,000. Scotty passe, imité rapidement par Robert.

#15 : Mike Leah ouvre au cut-off. De petite blinde, Alex n’est pas intéressé.

Mains de PLO jouées par Alex : 1 sur 6
Mains de PLO gagnées par Alex : 1 sur 1

Limit Hold’em

#16 : Tout le monde passe jusqu’Alex au bouton, qui imite ses adversaires.

#17 : Tout le monde passe jusqu’Alex au cut-off, qui prend la même décision que lors de la main précédente. Oui, je vous avais prévenu : je vais vraiment tout vous raconter.

#18 : Alex fold UTG+1.

#19 : Alex fold UTG. J’en profite pour remarquer que les tables sont équipées de mélangeurs automatiques. Cela, plus le format 6-max, et la présence en majorité de joueurs expérimentés : tous les ingrédients sont réunis pour une partie au rythme très rapide !

#20 : Alex est de BB et voit Brock Parker le relancer de SB. C’est payé, mais Alex jettera ses cartes dès le flop JJ8 après un c-bet de l’Américain.

#21 : Alex est de SB et fold après une relance au bouton de Brock Parker. La table est composée de deux joueurs chauves (sièges 5 et 6), deux blonds aux cheveux courts (sièges 3 et 4), et de deux bruns aux cheveux longs (sièges 1 et 2). C’est fou ce qu’on peut remarquer quand on n’a rien d’autre à faire que de regarder une seule table de poker. Mais ne comptez pas sur moi pour détecter le moindre tell sur ces joueurs.

Mains de Limit Hold’em jouées par Alex : 1 sur 6
Mains de Limit Hold’em gagnées par Alex : 0 sur 1

Stud High-Low

Attention, champ de mines : le Stud High-Low est l’Everest du couvreur, le jeu le plus difficile à suivre et à retranscrire, beaucoup s’y sont essayés, bien peu y sont arrivés sans commettre d’erreur.

#22 : Alex reçoit un piteux 2 et est donc forcé d’engager 300. Scotty relance avec un 4, Robert 3-bet avec As. Alex passe, et Scotty veut 4-bet mais se fait engueuler par le croupier parce qu’il a prononcé le mot « raise » pile au moment de poser les jetons : il aurait du parler avant.

#23 : Mike Leah bring-in avec un 2 et Alex jette une Q.

#24 : Robert bring-in avec un 2. Mike Leah relance à 1000 avec un 7. Alex 3-bet à 2000 avec un J. Robert passe, mais pas Mike Leah. Attachez vos ceintures : je vais vous raconter un coup de Stud High-Low jusqu’au showdown.

Quatrième carte : Alex checke et Mike Leah fait de même.
Cinquième : Mike Leah est désormais premier de parole (il a le meilleur jeu affiché) : il checke et paie la mise de 2000 envoyée par Alex.
Sixième : Mike checke encore, Alex mise 2000 : c’est payé.
Septième : Mike mise 2000, Alex paie.

Avec quelles cartes ces messieurs ont-ils pris ces décisions ? Réponse au showdown, j’ai mis entre parenthèses les cartes qui étaient initialement cachées :

Alex : (A) (J) J 10 2 9 (3) - Paire de Valets et pas de « low » (Alex a seulement trois cartes égales ou inférieures à 8)
Mike : (6) (5) 7 7 8 (3) - Paire de 5 et « low » 8-7-6-5-3

Ma tête est sur le point d’exploser, mais nos deux protagonistes reprennent les jetons avec nonchalance : ils n’ont pas eu besoin, comme moi, de relire dix fois leurs notes pour comprendre que le pot était partagé. Tout ça pour ça ? On ne m’y reprendra plus.

#25 : Alex bring-in avec un 3 et paie la relance de Jens Lakemeier (7).  

Quatrième : Alex paie une mise supplémentaire.
Cinquième : Alex abandonne.

Alex : (X)(X) 3 5 10 - abandon.
Jens : (X)(X) 7 8 7 - victoire.

#26 : Alex abandonne après une relance et trois calls, je n’ai pas eu le temps de voir sa carte.  Scotty N’Guyen attrape un serveur au passage. « Je voudrais un verre rempli de glaçons et…. » Le serveur snap-call : « Une Michelob Ultra ? » Ce monsieur connaît bien son métier : cette bière peu connue est effectivement la seule que boit Scotty à une table de poker.

#27 : Brock Parker bring-in avec un 2 et Alex jette un J.

Mains de Stud High-Low jouées par Alex : 2 sur 6
Mains de Stud High-Low gagnées par Alex : 1 sur 2 (un split-pot)

Deuce-to-Seven Triple Draw

Soupir de soulagement : le plus dur est passé. En revanche, pour Alex, la bataille commence vraiment : le tour qui va suivre très animé pour notre Français. Blindes : 500/1000.

#28 : Tout le monde passe jusque Alex qui fait de même au bouton. Un superviseur arrive pour déplacer Jens Lakemeier à une autre table (une histoire de rééquilibrage, et une situation typique des débuts de tournoi à gros buy-in car les joueurs arrivent au compte-gouttes, entraînant la formation de nouvelles tables au fur et à mesure).

#29 : Alex relance à 2000 au cut-off. Scotty 3-bet à 3000 au bouton.

Alex demande 2 cartes.
Scotty demande 1 carte et mise 1000. Alex avait checké : il paie.

Alex demande 1 carte.
Scotty demande 1 carte. Alex check/call 2000.

Alex demande 1 carte.
Scotty reste « pat » (pas de cartes demandées).

Alex donk-bet 2000. Scotty paie, et Alex annonce qu’il a une paire : il a raté son tirage et montre 6-5-3-2-2. Scotty est logiquement devant avec 9-5-4-3-2. Alex avait bien entendu raison de tenter ce bluff : même s’il ne fonctionnera que rarement (nous sommes en Limit !), c’était pour lui le seul moyen d’espérer gagner le coup.

#30 : Alex fold UTG. Layne Flack arrive, tape dans la main de Scotty, les deux échangent deux phrases et éclatent de rire de concert. Ayant encore le cerveau cramoisi par les six coups de Stud High-Low tout juste observés, je n’entrave que dalle à leur échange.

#31 : Une grosse main. Mike Leah ouvre à 2000 au bouton. En SB, Brock Parker 3-bet (3000), et Alex enchaîne avec un 4-bet (4000) de BB ! Mike paie et Brock place la dernière relance permise par la structure, un 5-bet à 5000 ! Ses deux adversaires restent bien entendu dans le coup.

Brock : 1 carte demandée.
Alex : 1 carte demandée.
Mike : 3 cartes demandées (« Quelqu’un a fait une erreur dans cette main », lance t-il avec un sourire embrassé.)

Brock mise 1000, Alex relance à 2000, Mike passe, Brock 3-bet à 3000, c’est payé par Alex.

Brock et Alex restent « pat ». On peut suspecter qu’ils ont tous les deux un beau jeu. Brock mise 2000, c’est payé.

Sur le dernier tour d’enchères, Brock et Alex demandent autant de cartes chacun (zéro), et Alex paie une dernière mise de 2000.

Brock montre 7-5-4-3-2. Autrement dit les nuts ! Alex me dira plus tard avoir payé avec « un 8-6 parfait », autrement dit 8-6-4-3-2. Rageant !

Brock Parker

#32 : Alex est de petite blinde et fold après une relance de Mike Leah.

#33 : Au bouton, Alex ouvre à 2000. Scotty et Robert paient.

Scotty : 3 cartes
Robert : 2 cartes
Alex : 2 cartes

Scotty checke, Robert mise 1000, Alex relance à 2000, Scotty paie, Robert 3-bet à 3000, Alex et Scotty paient. Hé bé.

Scotty : 1 carte
Robert : pat
Alex : 1 carte

Scotty checke, Robert mise 2000, Alex paie, mais pas Scotty. Dernier changement de cartes :

Robert : pat
Alex : 1 carte

Robert checke, prudemment, Alex mise 2000, c’est payé. Showdown :

8-7-5-3-2 pour Robert
8-7-6-3-2 pour Alex... Quelques crans en dessous !

Ce tour de table fut donc désastreux pour Alex... Mais pas de panique : avec une telle profondeur, le pro du Team Winamax a laaaaargement de quoi voir venir.

Mains de Deuce-to-Seven jouées par Alex : 3 sur 6
Mains de Deuce-to-Seven gagnées par Alex : 0 sur 3

Notre animateur radio Jay Pee hésite encore à s'inscrire, et vient demander son avis à Alex

No-Limit Hold’em

Retour aux classiques !

#34 : Alex relance depuis le cut-off et vole les blindes.

#35 : Alex est au hi-jack (autrement dit UTG puisqu’il n’y a que six joueurs à table) et abandonne. Scotty quitte la table, une décision commentée en son absence par ses adversaires. « Scotty qui se barre pendant le No-Limit ? Etrange… » « Oh, il doit sûrement avoir besoin de pisser et de fumer : je ne pense pas qu’il ait fait exprès de choisir cette variante pour le faire. »

#36 : Mike Leah ouvre à 1200. C’est payé par Alex.

Check/check sur le flop K72.

Turn 4 : Alex mise tout petit (1000) et se fait payer.

Rivière 5 : Alex refait le coup du micro-bet, se fait relancer à 4000, et paie. Mike montre K5 pour deux paires : Alex rend ses cartes au croupier sans les montrer. Pendant ce temps, Michael Mizrachi s’installe au siège 4 et reconnaît la présence de Scotty au verre de glaçons posé à côté de ses jetons.

#37 : Brock Parker ouvre à 1500. Alex défend sa petite blinde mais va ensuite check/fold sur le flop 742.

#38 : Tout le monde passe jusqu’Alex qui, au bouton, fait de même.

#39 : Alex ouvre à 1300 au cut-off. Michael Mizrachi refuse de défendre sa BB.

Mains de No-Limit Hold’em jouées par Alex : 4 sur 6
Mains de No-Limit Hold’em gagnées par Alex : 2 sur 4

Stud

#40 : Alex bring-in avec un 5, et abandonne en voyant Scotty payer, puis Robert relancer.

#41 : Michael Mizrachi bring-in avec un 2, Mike Leah relance, et Alex abandonne alors que mon attention était distraite par le passage d’une masseuse pas vilaine du tout.

#42 : Alex bring-in avec un 3 et abandonne après que Scotty et Mike soient rentrés dans le coup.

#43 : Alex est deuxième de parole et abandonne avec un 5 affiché.

#44 : Alex est troisième de parole et abandonne avec un 7 affiché.

#45 : Alex est premier de parole et abandonne avec un 6 affiché. Un journaliste vient prend en photo Scotty : l’apercevant, ce dernier planque sa bière et lui demande de recommencer la photo. « Si ma femme me voit avec une bière, je suis mort. »

Mains de Stud jouées par Alex : 0 sur 6
Mains de Stud gagnées par Alex : 0

Retour à la case départ : notre tour complet se termine comme il a commencé, en Omaha High-Low, avec les trois dernières mains nous permettant de boucler la boucle.

#46 : Alex fold UTG. Brock Parker est déplacé à une autre table.

#47 : Scotty relance UTG. Alex passe de BB en montrant trois Dames et un 2 : une main jouable dans absolument aucune situation.

#48 : Michael Mizrachi relance et Alex abandonne de SB.

Mains de Omaha High-Low jouées par Alex (en comptant le début du niveau) : 2 sur 6
Mains de Omaha High-Low gagnées par Alex : 2 sur 2

Bilan

Temps nécessaire pour faire un tour de complet des 8 variantes du Poker Players Championship (48 mains) : 75 minutes

Mains jouées par Alex : 16 sur 48
Mains gagnées par Alex : 6 sur 16 (dont un split pot)

Tapis d’Alex au début du niveau 2 : 285 000
Tapis d’Alex 48 mains plus tard : 240 000

Quelques minutes plus tard, Alex trouvera une couleur sur la rivière d’un board pairé, avec As-As-Roi-10 « double assortis » lors d’un coup de PLO joué contre Michael Mizrachi : « J’ aurais pu m’exciter au flop mais il valait mieux jouer low-variance. Lui s’est un peu envoyé en l’air, il n’avait que deux Dames en main. » Une main qui lui permet de remonter à 290,000. Retour à la case départ, quoi !

Ces quelques dizaines de main ne représentent qu'un infime aperçu du marathon qui vient de commencer : le tournoi est programmé pour durer cinq jours ! Et, alors que va débuter le quatrième niveau du Day 1, le compteur affiche 78 joueurs : les chiffres de participation de l'édition 2015 sont presque atteints, avec un bureau des inscriptions restant ouvert jusque demain après-midi.

La finale du samedi soir

- 3 juillet 2016 - Par Flegmatic

Event #52 - NLHE 3 000$ (Day 3 et Finale)

Sur le vaisseau-mère ESPN - qui porte d'ailleurs le nom de Thunderdome selon mon toujours très bien informé collègue Steven - les neuf finalistes de cette épreuve à 3 000 dollars viennent juste de revenir de leur pause dîner. Une finale sans aucun ancien November Nine, puisque Pierre Neuville (19e, 16 536$), James Akenhead (18e, 20 382$) et Jay Farber (15e, 25 485$) ont tous les trois rendu les armes prématurément aujourd'hui.

C'est pour l'heure le surprenant Américain Erhan Iscan, 140 dollars de gains en tournois live recensés sur Hendon Mob, qui mène actuellement la danse devant un casting, il faut bien l'avouer, plutôt random. Du haut de ses 33 places payées et plus de 2,3 millions de dollars de gains aux WSOP, le très reconnaissable Andrew Lichtenberger est de loin le joueur le plus expérimenté autour de cette TF. Une chose est sûre, en plus de repartir avec un chèque de 569 158 dollars, le vainqueur remportera son tout premier bracelet. Un vainqueur, sauf accélération soudaine du rythme de jeu, que nous ne connaîtrons vraisemblablement que demain.

Contrairement aux apparences, le port de la capuche en table finale n'est pas obligatoire.

Siège 1 : Craig Blight 2 525 000 (50 BB)
Siège 2 : Thomas Miller 1 200 000 (24 BB)
Siège 3 : Chris Johnson 2 465 000 (49 BB)
Siège 4 : Linglin Zeng 2 810 000 (56 BB)
Siège 5 : Mac Sohrabi 2 100 000 (42 BB)
Siège 6 : Andrew Lichtenberger 1 650 000 (33 BB)

Siège 7 : Daniel Wagner 30 000 (<1 BB)
Siège 8 : Erhan Iscan 3 600 000 (72 BB)
Siège 9 : Roger Teska 740 000 (14 BB)

Échelle des gains
Vainqueur : 569 158$
Runner-up : 351 721$
3e : 249 336$
4e : 179 015$
5e : 130 191$
6e : 95 925$
7e : 71 617$
8e : 54 190$
9e : 41 563$

Les fous du huit

- 3 juillet 2016 - Par Flegmatic

Event #54 - NLHE Crazy Eights 888$ (Day 1C et 1D)

Alors que la fine fleur de la planète poker commence tout juste à livrer bataille au coeur de l'Amazon Room, une armée de joueurs anonymes - encore que, voir plus bas - est massée depuis 10 heures ce matin dans l'Amazon Room pour le Day 1C du bien nommé Crazy Eights à 888 dollars. "Il est trop tôt ce tournoi, se lamente Damien LhommeauDepuis ce matin je n'arrive pas à m'en remettre. En plus si je sors bientôt je re-entry, donc la journée est loin d'être finie. Le Day 1D commence bientôt non ?" Effectivement, nous étions alors tout proche de 16 heures, heure du coup d'envoi de la quatrième et dernière journée du deuxième tournoi le plus abordable de ces World Series. Avec une petite vingtaine de blindes en poche, soit un petit peu moins que la moyenne (on vous a dit que la structure était Turbo ?) Damien n'a pas une énorme marge de manoeuvre alors que la bulle approche à grands pas, mais peut espérer faire partie des 258 joueurs payés de ce Jour 1C (1 330$ minimum), sur les 1 715 inscrits comptabilisés. Un chiffre tout ce qu'il y a de plus officiel, qui porte le total provisoire à 4 531 entrées, en attendant de connaître celui du Day 1D, qui a déjà réuni plus de 1 100 curieux, dont le benjamin du Team Winamax Guillaume Diaz.

Un field taille XXL qui n'est pas du genre à faire peur à Hugo Pingray. Il y a deux ans, le jeune Français avait devancé 7 861 joueurs pour remporter le Monster Stack et un chèque d'1 327 083 dollars. Aujourd'hui, il s'en sort pour l'instant admirablement avec un tapis de 50 000 jetons devant lui, malgré une table peu évidente où l'on retrouve notamment Jason Wheeler (photo, à gauche) et le Champion du Monde 2004 Greg Raymer.

Arrivé il y a peu à Vegas, Hugo n'a pour l'instant pas connu la gloire sur ses trois premiers tournois disputés, mais se verrait bien faire sauter la banque en décrochant les 888 888 dollars promis à la gagne - forcément - sur cette épreuve pour le moins atypique. Il a cependant écarquillé de grands yeux lorsque je lui ai appris que seuls 86 joueurs, soit 3% du field ont réussi à se qualifier hier pour le Day 2. Il m'a, de son côté, informé de l'élimination un peu plus tôt de Quentin Lecomte (déjà ITM hier sur le Day 1A pour 1 623$), et d'un autre champion du monde, Chris Ferguson. "Ah, et il y a Martin Jacobson assis là-bas un peu plus loin." Comme quoi, on peut compter plusieurs millions de dollars de gains en tournoi live et vouloir quand même se faire plaisir sur une boucherie à moins de 1 000 dollars."J'ai vu Erwann (Pécheux) aussi, ajoute-t-il, mais il avait dix blindes, il a du sauter."  Eh bien non, cher monsieur ! Erwann est toujours là, avec 22 000 jetons devant lui. Et j'ai une photo qui peut le prouver :

Pour être tout à fait complet sur ce Crazy Eights, sachez également que deux Français sont entrés dans l'argent la nuit dernière sur le Day 1D : Antonin Tesseire (1 908$) et Pierre Zersis (1 393$).

Martin Jacobson, en voie de Daniel Craig-isation avancée.

Celui que je prenais pour un Chris Ferguson low cost est loin d'être un manchot, puisqu'il était hier, dixit Hugo Pingray, en finale du tournoi à 1 600 dollars qui a vu Antoine Saout terminer deuxième (voir plus bas).

Hors du Rio, ils brillent avec brio

- 3 juillet 2016 - Par Veunstyle72

Antoine Saout et François Tosques engrangent les dollars... mais pas aux WSOP.

Les Français ne sont pas dans une forme internationale sur les WSOP 2016, on n'invente rien en écrivant cela. Fort heureusement, le Rio n'est pas le seul casino de cette ville à proposer de magnifiques tournois, qui peuvent changer une vie (ou fortement l'améliorer) quand on arrive à aller au bout. On vous a parlé d'Antonin Teisseire, et de sa seconde place pour plus de 400 000 dollars, mais Antoine Saout est également l'un des plus gros gagnants Français de l'été, grâce à deux places de runner up bien juteuses.

« Contrairement aux autres années où je n'ai pas joué beaucoup de tournois, cet été je suis venu avec une grande motivation suite à ma (presque) table finale à l'EPT Monte-Carlo. Et pour l'instant, je suis forcément heureux de mon Vegas ! Je suis arrivé le 14 juin et j’ai tout suite fait une perf' le lendemain au Wynn en dealant à 4 joueurs, pour un gain de 109 544 dollars. Et hier soir, je deal de nouveau avec mon dernier adversaire, sur un tournoi à 1 600 dollars, pour un gros gain de 270 000 dollars sur un tournoi du Venetian ! »

Révélé au grand public en 2009 grâce à une troisième place historique sur le Main Event de ces WSOP, Antoine semble toujours trouver tout le bonheur qu'il recherche, dans cette ville de Las Vegas qui coûte pourtant très cher la plupart du temps à n'importe quel joueur de poker. Non pas que tous sont mauvais, mais quand vous enchainez les tournois tous les jours, parfois en en jouant plusieurs dans la même journée, la note monte assez vite, et mieux faut perfer un moment donné durant le séjour. 

« Ces tournois en dehors du Rio proposent souvent plus de profondeur par rapport à un WSOP, à buy-in équivalent, ce qui convient bien à mon jeu. » Et Antoine Saout se régale, sans oublier pour autant son objectif principal, un souvenir doré qui se fixe au poignet : « Je me sens vraiment en forme ces jours-ci, j’ai un très bon état d’esprit et j’essaie de profiter de chaque festival, que cela soit au Rio ou ailleurs. Mon objectif est bien évidement de décrocher un bracelet cet été. On va dire que mes derniers résultats n’ont été qu’un entraînement pour réussir à avoir ce bijou. »

Gains d'Antoine Saout aux WSOP 2016 : 11 701$
Gains d'Antoine Saout hors WSOP 2016 : 380 000$ 

Dans une moindre mesure, François Tosques, ancien candidat de la Top Shark Academy, a réussi à imiter Ronan Monfort ou encore Dimitri Halliez, et a lui aussi réalisé une jolie performance hors du Rio : il a tout simplement remporté un tournoi à 300 dollars au Planet Hollywood pour un gain de 22 773 dollars, et là c'était sans deal. La première victoire de sa carrière.

« Je n'ai pas joué un poker parfait tout au long de la table finale, loin de là, mais j'ai gagné les coups qu'il fallait gagner donc ça fait très plaisir !! », écrivait-il sur les réseaux sociaux. 

Parfois aussi les tricolores gagnent des tournois, on avait oublié ce que ça faisait. Ne reste plus qu'à venir nous faire plaisir au Rio maintenant messieurs. Il ne reste plus beaucoup de tournois, alors il va falloir être efficace !

Gains de François Tosques aux WSOP 2016 : 0$
Gains de François Tosques hors WSOP 2016 : 22 773$

Un départ en catimini

- 3 juillet 2016 - Par Benjo DiMeo

Event #55 - Poker Players Championship 50 000$ (Day 1)
 

Si si, le tournoi a bien commencé.

C’est l’une des conséquences non-désirées de la généralisation du concept de late registration, permettant aux joueurs des tournois d’arriver en retard (voire très en retard) sans que leur tapis ne soit pénalisé : le top départ d’une épreuve, même prestigieuse, n'est plus considérée comme un moment marquant depuis des lustres.. Témoin le shuffle up and deal du Poker Players Championship, assurément le tournoi le plus « VIP » des WSOP depuis son introduction au programme en 2006 : alors que l’on attend une petite centaine de joueurs au total*, chacun déboursant 50,000$ pour s’affronter dans huit formats de poker différents (No-Limit, Stud, Omaha, Deuce-to-Seven, etc), ils n’étaient que 23 assis autour d’une poignée de tables au moment où le superviseur a pris le micro pour donner l’ordre au croupiers de distribuer les premières cartes. Normal : avec une structure plus profonde que le gouffre de Padirac (250,000 jetons au départ et des niveaux de 100 minutes) et la possibilité de s’inscrire jusqu’au au début du Day 2, les pros n’ont aucune raison de se presser.

En élève appliqué des WSOP, Alexandre Luneau faisait partie de la poignée de joueurs déjà installés lorsque le gong a retenti, de même que son voisin de table, un certain David Benyamine. Voilà qui va rendre notre tâche de "reporter spécialisé en Français" bien plus aisée ! En face d’eux, un joueur Asiatique que je n’ai pas reconnu. Quelques minutes plus tard, Brock Parker (trois bracelets WSOP depuis 2009) prenait place à leurs côtés.

Le tournoi se jouera intégralement en 6-max (il me semble que c’est la première fois), et à 15 heures, aucune des huit tables ne rassemblait plus de quatre joueurs. En attendant de vous régaler des affrontements Benyamine/Luneau qui ne manqueront pas d’arriver, voici quelques clichés saisis au vol durant la première demi-heure de jeu.

Nombre de joueurs assis à 15 heures : 23
Nombre de joueurs assis à 15h50 : 36
Fermeture des inscriptions : dimanche à 14 heures

*Je suis un poil optimiste : 84 joueurs ont participé à l'édition 2015. L'affluence a culminé en 2007 et 2008, années où 148 inscriptions avaient été enregistrées.
 

Daniel Negreanu est le fan #1 du Poker Player Championship. "Pour la plupart des top pros, il s'agit du tournoi le plus fun et le plus prestigieux de l'année", a t-il commenté sur Twitter. "C'est le jour où le format le plus populaire, le No-Limit, s'efface pour laisser place aux meilleurs joueurs tout-terrain du monde."


A en juger par ses Tweets, Matt Glantz est un supporter convaincu de Donald Trump, mais étant donné les tendances "trollesques" du bonhomme, je me demande s'il ne s'agirait pas d'un level géant. Dans les deux cas, ça me fait peur.

Avec ses quatre bracelets tous obtenus dans des formats Stud ou Mixed (le dernier il y a quelques semaines), George Danzer représente les meilleurs chances Européennes de victoire dans ce tournoi.

Présent sur le circuit depuis depuis 2006, Alexander Kostritsyn n'a à ce jour jamais gagné de bracelet. Mais ne vous y trompez pas : il s'agit d'un des meilleurs joueurs de cash-game du monde. Un signe qui ne trompe pas : Alexandre Luneau ne tarit pas d'éloges à son sujet.

La seule féminine du field à l'heure actuelle. Je ne la reconnais pas. Quelqu'un ?

Jason Mercier serait ravi que le field reste réduit : ses chances de ruiner Vanessa Selbst n'en seraient qu'augmentées.

 

Ils sont aussi au départ, arrivant au compte-gouttes dans l'Amazon Room : Daniel Alaei, Scott Seiver, Eli Elezra, Matt Ashton, Dan Kelly, Robert Mizrachi, Felipe Ramos (pour sa première participation), Shaun Deeb, Erik Seidel...