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Safiya Umerova : sky is the limit !

- 2 juillet 2016 - Par Benjo DiMeo

Une aspirante professionnelle de 28 ans remporte l'Event #46 - NLHE Bounty 1500$

C'est un vent de fraîcheur qui souffle dans l'Amazon Room depuis 48 heures (alors que dehors, c'est tempête, éclairs et pluies torrentielles tous les soirs, on n'ose même plus mettre le nez hors du Rio), avec la deuxième victoire féminine en deux jours : après Kristen Bicknell dans le tournoi Bounty, au tour de Safiya Umerova de remporter un bracelet, triomphant de plus de mille joueurs dans l'épreuve de Shootout à 1 500 dollars, dont l'excellent pro écossais Niall Farrell, son ultime adversaire lors du duel final.

Originaire de Saint-Pétersbourg (Russie), Umerova est installée à Los Angeles depuis 2010. C'est là qu'elle a fait connaissance avec le poker, il y a seulement un an et demi : coup de foudre immédiat autour des tables de cash-game des cercles locaux, comme le Hustler Casino. Une table finale lors d'un de ses tout premiers tournois l'a motivée a prendre le jeu sérieusement, se plonger dans des bouquins et bosser sa stratégie en compagnie de pros. Bien lui en a pris : à seulement 28 ans, elle rejoint déjà le club des détenteurs de bracelet, alors que son palmarès ne comportait jusque là qu'une poignée d'ITM dans des petits tournois organisés en Californie.

L'aspirante pro ne compte pas s'arrêter là, ne cachant pas des ambitions démesurées : "J'aime rêver en grand. Je veux devenir la meilleure joueuse du monde ! C'est loin d'être le cas pour le moment, mais je veux gagner plus de bracelets que tout le monde !"

C'est tout le mal qu'on lui souhaite, et avec une bankroll gonflée de 264 046 dollars, elle a désormais de quoi s'installer durablement sur le circuit des tournois.
 

Pas l'temps d'niaiser

- 2 juillet 2016 - Par Benjo DiMeo

Event #54 - NLHE Crazy Eights 888$ (Day 1B)

« Congratulations players, you are in the money ! »

L’annonce au micro concerne les joueurs du Day 1B du tournoi Crazy Eights à 888$ : la structure résolument turbo fait que, de 1525 joueurs présents à 16 heures, ils ne sont déjà plus que 229 à 22 heures, tous assurés de gagner un minimum de 1333 dollars. Entendant cela, je pars à la recherche d’éventuels survivants Français et tombe sur un Antonin Teisseire toujours en place avec quelque chose comme 40,000 unités aux blindes 600/1200. « Il m’a fait un joli coup, ton collègue », dit-il en pointant du doigt le siège 1 à sa gauche, à côté du croupier. Mes yeux opèrent un travelling et tombent sur un petit bonhomme plein de vie à l’éternel sourire de sale gosse : Aurélien Guiglini.

« On est parti à tapis préflop, pot de 75,000 », poursuit Antonin. « As-Dame contre paire de 9 : il trouve tout de suite le neuf ! Comment je peux faire deuxième au Venetian alors que je ne sais pas gagner un coin-flip ? »

« C’est une vraie boucherie, ils se foutent pas de notre gueule de ce côté là ! » remarque Guignol. « A l’époque des 1000$ et des 1500$ quotidiens, on avait que ce mot là à la bouche et c’était pas forcément justifié, mais là, le terme est approprié. » En effet, avec 97% d’éliminations lors du Day 1A (36 survivants sur 1291 partants), les joueurs n’ont « pas le temps de niaiser », comme disent nos cousins Québécois. Cependant, le génie marketing qui sommeille en Guignol ne tarit pas d’éloges à propos de cette épreuve low-cost et re-entry : « Pouvoir faire l’argent dès le Day 1, c’est absolument génial : les mecs sautent, prennent un peu de sous, et peuvent retenter leur chance une heure plus tard, ou le lendemain. »

Antonin et Guignol sont les deux seuls Français que nous avons repéré dans l’argent : il va leur falloir survivre encore quelques heures afin de se qualifier pour le Day 2, qui sera joué dimanche.

Un tour en enfer

- 2 juillet 2016 - Par Flegmatic

Event #52 - No-Limit Hold'em 3 000$ (Day 2) : fin des espoirs tricolores avec l'élimination en 68e position de Guillaume Darcourt.

Il était le dernier Français en course dans ce tournoi. Le retour de la pause dîner était donc l'occasion rêvée de passer une dizaine de main en immersion avec Guillaume Darcourt. Récit d'une orbite compliquée où votre serviteur a rempli à la perfection le rôle du chat noir.

Tapis de départ : 190 000 jetons
Blindes : 2 500/5 000, ante 500

Main #1, #2 et #3 : UTG+2, UTG+1 et UTG, Guillaume jette ses mains avant qu'aucun jeton ne parte au milieu.

Main #4 : Le joueur au bouton ouvre à 11 500 et se fait surrelancer par la petite blinde à hauteur de 31 000. Un cran plus loin, le Boa abandonne un coup finalement remporté par la SB après trois salves envoyées à 33 500, 42 500 et 68 500 sur un board 68K63. La main gagnante ? K3.

Main #5 : Le joueur au cutoff qui a perdu la main précédente ouvre à 10 000. Un min-raise suffisant pour faire fuir le Français.

Main #6 : La parole revient à nouveau au cutoff, qui envoie 11 000 jetons au milieu. Guillaume n'est pas intéressé.

Main #7 : Le joueur sous les fusils lance les hostilités avec une mise à 13 500, mais ne trouve pas preneur.

Main #8 : Depuis le hijack, Guillaume sort de sa torpeur avec une ouverture à 12 000. Ses cartes partiront finalement dans le muck après un 3-bet à 35 000 de la small blind.

Main #9 : Sur sa lancée, le dernier espoir tricolore relance à 12 000. C'est le moment que choisit le joueur en SB pour envoyer son tapis, reshove dans la foulée par la grosse blinde. As-7 en main, Guillaume abandonne. "Le premier je le paie tous les jours, me glisse-t-il alors. Ca fait douze fois qu'il push. Par contre l'autre jamais de la vie. C'est la serrure de la table." Une serrure qui retourne donc "logiquement" une paire de Valets, contre deux 9 chez son adversaire, qui ne trouve aucune aide sur le board et abandonne une partie de son tapis. "Il va falloir doubler maintenant," lâche Guillaume, m'incitant indirectement à rester un peu plus longtemps.

Main #10 : Chose promise, chose due. À la suite d'une ouverture à 11 000 du joueur UTG+1, le Boa pousse au milieu ses quelques 150 000 jetons restants. C'est payé presque sans sourciller par son voisin de gauche. "On est pas bien là," souffle Guillaume. Effectivement, avec As8 en main face à la paire de 10 adverse, le Français est bien loin d'être favori. Il le sera d'ailleurs encore moi après un flop 5T3. Le turn 5 et la rivière 8 confirment la tendance qui se dessinait et envoient notre ultime représentant tricolore rejoindre le rail, où l'attend Bruno Soutavong, présent depuis plusieurs heures pour le soutenir.

Guillaume Darcourt se classe finalement 68e, signant, comme son ami Kool Shen un peu plus tôt, sa première place payée cet été aux WSOP, la quatrième de sa carrière à Vegas, pour un gain de 7 262 dollars.

Mains disputées : 10
Mains où Guillaume est impliqué : 3
Mains gagnées : 0
Pertes : 190 000
Tapis actuel : 0

Avec cette élimination c'est en même temps notre coverage de cet Event #52 qui s'achève. Sachez tout de même que James AkenheadPierre NeuvilleAndrew LichtenbergerSimon Deadman ou encore Ismaël Bojang sont encore en vie parmi les 67 joueurs restants, et peuvent donc encore prétendre au chèque de 569 158 dollars promis au vainqueur. Le double finaliste EPT Frederik Jensen (photo) a quant à lui pris la porte (75e, 6 451$), de même que Stephen Chidwick (82e, 5 822$) et Martin Finger (97e, 5 341$).

Huit, ça suffit

- 2 juillet 2016 - Par Benjo DiMeo

Event #54 - NLHE Crazy Eights 888$ (Day 1A et 1B)

Vous vous en souvenez peut-être : lors de l’édition 2015 des World Series of Poker s’était tenu un tournoi appelé « Lucky Sevens ». Une épreuve de No-Limit tout ce qu’il y a de plus classique, mais au buy-in symbolique de 777$ évoquant les jackpots des machines à sous à rouleaux du temps jadis. Un gimmick, donc, mais un gimmick tout de même utile pour différencier les tournois de No-Limit les uns des autres. Il n'est pas si loin, le temps où la moitié des épreuves des WSOP étaient des « donkaments » génériques à 1000 ou 1500 dollars l’entrée dont on oubliait généralement le vainqueur en moins de 24 heures : il faut donc saluer l’effort des organisateurs d’introduire un peu de marketing dans les tournois de NLHE des WSOP, avec l’invention du Colossus, du Little One for One Drop, du tournoi « Top Up », le « Millionaire Maker », le « Monster Stack », le « Summer Solstice », etc, etc.

Bref, revenons en 2016 : le « Lucky Sevens » à 777$ a disparu du programme, mais les pouvoirs en place ont de la suite dans les idées : ils l’ont remplacé par le « Crazy Eights ». Vous aurez donc facilement deviné le prix d’entrée : 888$, assorti d’un premier prix garanti de 888,888 dollars. Pas mal pour un gimmick !

Avec 5000 jetons au départ (blindes 25/50) et des niveaux de 30 minutes, il s’agit dans les faits d’une épreuve plutôt Turbo, mais sachez tout de même que les heureux survivants de l’un des quatre Day 1 au programme bénéficieront de niveaux de 60 minutes durant les journées suivantes.

Sans surprise vu le prix d’entrée, il y avait foule au Rio aujourd’hui : 1291 participants ont pris part au Day 1A (qui avait débuté à dix heures ce matin dans la Brasilia Room) et l’Amazon Room entière s’est remplie à seize heures avec les joueurs du Day 1B.
 

Crazy Eights : début du Day 1B dans un Amazon comble...

... Tandis que le Day 1A se termine dans une Brazilia désertée.

Je me suis pointé dans la Brasilia Room sur le coup de 19 heures pour observer la fin du Day 1A : celle-ci était presque entièrement désertée avec seulement une poignée de tables actives et pas plus de soixante joueurs restants ! (Du coup, si l’on prédit que l’affluence sera similaire sur les Day 1B, 1C et 1D, on ne devrait avoir guère plus de 200 joueurs au Day 2 d’un tournoi qui en aura rassemblé plus de 4000 !) Et magie de l’organisation, ceux-ci sont déjà ITM, chose inhabituelle pour un tournoi avec plusieurs journées de départ, mais les WSOP ne sont pas un festival de poker comme les autres. Parmi ces joueurs quasiment qualifiés pour le Day 2, j’ai reconnu la joueuse d’échecs Jennifer Shahade, Allen Kessler, la détentrice de bracelet Loni Harwood, et l’Anglais David Vamplew. Difficile de vous dire à l’heure actuelle si des joueurs Français sont ITM et/ou encore en course, mais nous ne devrons pas attendre longtemps avant d’avoir la réponse : le Day 1A se terminera avant 20 heures 30.

A la même heure, dans l’Amazon Room, le Day 1B bat son plein avec une affluence comparable. En faisant un tour entre les tables, je peine à retrouver des joueurs pourtant croisés au moment du coup d’envoi, comme Pierre Calamusa ou Maxime Chilaud. J’en trouve d’autres qui sont arrivés entre temps, comme le toujours souriant Antonin Teisseire (photo). Le finaliste de la première édition du Partouche Poker Tour (2008) donne un coup de main au groupe casinotier pour animer la salle de poker du Palm Beach à Cannes, et ne participera donc pas au Main Event. Pas grave, dit-il, ce genre de marathon n’est plus de son âge et puis, Antonin est largement gagnant sur son séjour, ayant raflé plus de 400,000 dollars avec une seconde place sur un énorme tournoi du Venetian il y a deux semaines. Non loin, je retrouve un Guillaume Diaz disputant son second tournoi de la journée après avoir sauté peu avant la bulle du 3,000 dollars. Le Volatile est plutôt frais, ayant rechargé les batteries à mi-chemin des WSOP avec un road-trip dans l’état voisin de l’Utah, où se trouvent des parcs nationaux magnifiques, parfaits pour s’évader des excès en tout genre de Las Vegas.

Les tricolores en souffrance

- 2 juillet 2016 - Par Flegmatic

Event #52 - No-Limit Hold'em 3 000$ (Day 2)

La période séparant la bulle du dinner break n'a pas été tendre pour notre rappeur du 93 préféré. En quelques minutes, Kool Shen a perdu deux coups, pour voir son tapis fondre de moitié. Sur le premier, le dernier des W rouges en lice sur ce tournoi ouvre au cutoff avec une main plus que légitime : deux beaux As, dont l'As de carreau. Le joueur en grosse blinde défend avant de payer le continuation bet de Bruno sur un flop 3-5-6 avec deux carreaux. Tout le monde check le 7 au turn avant que l'adversaire de notre KS national ne décide de prendre les choses en main sur l'As tombé river en plaçant 18 000 au milieu. Bruno paie mais doit s'incliner face au 49 adverse. "J'aurais vraiment pu éviter de payer, regrette-t-il après coup. Je ne bats plus grand chose à ce moment-là." Peu de temps après, il doit abandonner un deuxième pot à la suite d'un 4-bet adverse pour chuter à environ 50 000, soit une quinzaine de blindes.

Changé de table il y a quelques minutes, Bruno est désormais dos à dos avec un autre Français qui n'avait jusque-là pas eu le droit à sa photo dans ce coverage, Jérôme Zerbib (photo, à droite). Joueur amateur comptant tout de même plus d'1,1 million de dollars de gains en tournois live depuis 1997 (!), Jérôme a enfilé son plus beau costume de short stack ninja après être tombé à seulement trois blindes à la suite d'un cold 4-bet non concluant avec une paire de 7 qui s'est heurté à deux As. Deux double ups plus tard - As8 contre JJ et As6 contre QQ), il remontait à une douzaine de blindes, avant de finalement s'incliner en 89e position, pour un gain de 5 822 dollars.

Avant lui, Sébastien Comel avait rejoint le rail (113e, 4 980$), rendu notamment cripplé à la suite d'un coup perdu avec AsQ contre une paire de Rois. Seul Guillaume Darcourt peut à l'heure actuelle faire le fier, avec un tapis de plus de 250 000 jetons, légèrement supérieur à la moyenne.

Le nouveau voisin de Kool Shen a réussi à se construire une jolie muraille. C'est ce qui s'appelle un beau tapis de chipleader.

Edit : Kool Shen a finalement quitté ce tournoi sur la toute dernière main précédant la pause dîner. La faute à une confrontation à tapis préflop malheureuse avec As-Valet contre une paire de 6. Un Valet est pourtant venu sur le flop aider le membre du Team Pro Winamax, avant qu'un 6 ne fasse irruption sur la rivière. Passablement énervé après ce coup du sort, Bruno quitte l'Amazon Room en 80e position et remporte 6 451 dollars.

Au moins six Français dans l'argent

- 2 juillet 2016 - Par Flegmatic

Event #52 - No-Limit Hold'em 3 000$ (Day 2)

Ils étaient onze tricolores ce midi à pouvoir prétendre à faire partie des 169 joueurs récompensés sur cette épreuve. Ils sont finalement au moins six (l'incertitude demeure pour Dominique Terzian, dont la table a cassé peu avant la bulle et Thierry Morel), à être assurés d'un gain de 4 556 dollars. Un contingent français dans lequel ne figure malheureusement pas Guillaume Diaz. Le Grenoblois a tout d'abord lâché quarante de ses cinquante blindes avec une paire de Valets contre les As de Simon Deadman, avant d'abandonner le reste de ses jetons sur la main suivante avec Roi-Valet contre Roi-Dame. Volatile38 cherchera désormais fortune du côté du Crazy Eights à 888 dollars, dont le Day 1B a été lancé à 16 heures.

De son côté, Kool Shen (ici à côté de James Akenhead, finaliste du Main Event en 2009), a bel et bien réussi à se glisser parmi les places payées, pour son tout premier cash sur ces WSOP. Arrivé, comme à son habitude, relativement tard à Vegas, Bruno n'a finalement pas du attendre bien longtemps pour commencer à engranger les dollars. Avec un tapis d'une quarantaine de blindes équivalant à la moyenne, il peut même nourrir quelques ambitions quant à la suite de ce Day 2. Une suite qui ne s'annonce visiblement pas de tout repos, la faute à un voisin de table au siège 7 particulièrement chaud d'action. "C'est un fou, me glisse le vainqueur du dernier SISMIX. Il 3-bet et 4-bet sans arrêt, il met une pression de malade à ses adversaires. Il a tous les vices." Au moins KS a-t-il la chance de l'avoir deux crans à sa droite. Il va maintenant falloir faire preuve de patience.

Mais alors qu'il est en train de me raconter tout cela, Bruno se fait apostropher par Guillaume Darcourt, debout à côté de sa table un peu plus loin. "Je vais faire la bulle, lui lance ce dernier. J'ai vu sa main : il a les As, j'ai les Rois." Sauf que le Boa n'avait en fait vu qu'une seule des deux cartes de son adversaire... qui retourne finalement As-Dame. Un As apparaît bien sur la rivière, mais après qu'un troisième Roi ait trouvé son chemin vers le flop. Tout sourire, le Boa fait ainsi éclater la bulle, en plus d'empocher dans l'affaire 70 000 jetons et les félicitations de Philippe Narboni, lui aussi ITM - "C'est toi qui le sort ? T'es un monstre !"

"C'est quand même incroyable de faire ça à la bulle d'un tournoi, me glisse ensuite Guillaume. Surtout qu'avant de me payer il me fait tout un cinéma en me disant : 'Je connais les Français, je sais qu'ils peuvent faire ça avec 6-7, donc je call.'" Une cuisante erreur de lecture qui lui coûte donc son tournoi.

Ils ont également atteint les places payées : Sébastien ComelJérôme Zerbi et Ilan Boujenah, ce dernier se faisant sortir à la 162e place (4 556$).

Après le passage de la bulle, Philippe Narboni a été déplacé à la droite de Stephen Chidwick, avant de rendre les armes en 137e position (4 723$).

Top 10 : les Français aux WSOP après 50 tournois

- 2 juillet 2016 - Par Benjo DiMeo

Jour après jour, nous ajoutons les nouvelles performances Françaises aux WSOP sur un tableau Google Doc consultable ici. Il est actuellement à jour jusqu'à l'Event #50 inclus et contient les noms de 94 Tricolores : le bon moment pour faire le point sur les Français les plus performants au Rio au cours des quatre premières semaines d'épreuves, et alors qu'il reste encore 19 tournois à disputer jusqu'au 18 juillet. Si la Marseillaise n'a pas encore retenti au Rio, les raisons de se réjouir n'en restent pas moins nombreuses.


1er : Adrien Allain - 1 finale, 3 ITM - 358 306 dollars de gains

Avec une deuxième place dans l'un des plus tournois de No-Limit Hold'em les plus dotés de l'été (le 5000$ 6-max) et deux places d'honneur dans d'autres épreuves de NLHE, Adrien Allain est logiquement installé en tête du classement des Français au terme des cinquantes premières épreuves de l'été. Un mois après avoir failli remporter le plus gros tournoi Européen de l'année à Monte Carlo, Adrien Allain confirme donc ses excellentes dispositions du moment. Mais on imagine que la frustration doit être de mise, après deux secondes places en un laps de temps si court...


2e : Alexandre Luneau - 1 finale, 3 ITM - 160 693 dollars

Il a intégré le Team Winamax avec l'objectif avoué de disputer un maximum d'épreuves chères dans tous les formats possibles, et de décrocher le bracelet : pour l'instant, Alexandre Luneau ne déçoit pas, ayant atteint les demi-finales de la grosse épreuve de Heads-Up une semaine après son arrivée à Vegas, avant d'atteindre la finale de l'épreuve de Deuce-to-Seven No Limit à 10,000 dollars. A ce stade, les tournois dit "de spécialistes" sont presque tous derrière nous, mais le plus beau d'entre eux reste à venir : le Poker Players Championship à 50,000$ et ses huit variantes différentes, qu'il disputera pour la première fois [NDLR / EDIT : En fait non. Notre confrère Tapis Volant a rafraîchi notre mémoire défaillante : Alexonmoon a déjà pris part au PPC dans le passé.] Coup d'envoi samedi : nous aurons tous les yeux braqués sur lui !


3e : Fabrice Soulier - 1 finale, 5 ITM - 152 980 dollars

Cinq ans après son inoubliable victoire dans le HORSE à 10,000$, Fabrice Soulier a bien failli récidiver dans l'épreuve consacrée aux formats Stud et Omaha en High-Low, chutant sur la dernière marche face à l'Américain Hani Hawad. Avec 5 ITM au cours des 50 premières épreuves, Fabrice est notre recordman actuel des places payées Françaises, à égalité avec David Benyamine et Damien Lhommeau.


4e : Rémi Castaignon - 1 finale, 1 ITM - 140 596 dollars

Le seul ITM au RIO (jusqu'à présent) du vainqueur de l'EPT Deauville 2012 lui assure plus ou moins un été positif : une belle quatrième place dans une épreuve de No-Limit à 2500$, bonne pour plus de 140 000 dollars de gains.


5e : David Benyamine - 1 finale, 5 ITM - 95 870 dollars

Grand spécialiste des formats de poker exotiques en cash-game, celui qui avait lancé sa carrière en tournoi en remportant une étape World Poker Tour (c'était à Paris en 2003) a plus ou moins laissé tomber le No-Limit Hold'em : cela fait bien longtemps que son programme de tournois se concentre quasi exclusivement sur les World Series of Poker, seul festival de l'année où l'on peut jouer jour après jour en Stud, Deuce to Seven, Omaha High-Low, Razz et autres Badugis. Comme chaque année, David Benyamine nous gratifie de performances solides au Rio, avec une finale d'entrée de jeu (6e dans le Stud à 10,000$), puis une enfilade d'accessions en demi-finales (24e en Deuce-to-Seven Limit, 9e en Razz, 19e en H.O.R.S.E, 10e en Stud High-Low). Cinq ITM dans cinq variantes différentes, donc : David Benyamine est bel et bien le joueur le plus "tout-terrain" du contingent Français.


6e : Thi Nguyen - 1 finale, 2 ITM - 82 655 dollars
Remarquée lors de la deuxième saison des Winamax Live Sessions, Thi Nguyen a disputé sa première finale aux World Series of Poker à la même table qu'Adrien Allain, atteignant la sixième place du No-Limit 6-max à 5000 dollars.

7e : Sébastien Comel - 1 finale, 3 ITM - 59 426 dollars
Quasiment exclusivement composé de résultats aux WSOP, le palmarès du jeune grinder s'est enrichi d'une nouvelle table finale cette semaine (la troisième depuis 2012) dans l'épreuve "Bounty" à 1500 dollars, au cours de laquelle il fut éliminé en sixième position.

8e : Jean Montury - 1 finale, 2 ITM - 34 611 dollars
Le vainqueur de l'EPT Malte fut le premier joueur éliminé en finale de l'épreuve de HORSE à 1500 dollars.

9e : Philippe Pelluault - 1 ITM - 31 421 dollars
Le Nordiste ne compte qu'un seul ITM, et en 36e place "seulement", mais c'était lors d'un tournoi ayant attiré presque 7000 joueurs, le Monster Stack à 1500$ : normal que cette place d'honneur soit lucrative !

10e : Gilbert Diaz - 1 ITM - 30 318 dollars
Un min-cash dans l'épreuve de 6-max à 10,000$ (13e sur 294) suffit pour assurer au Lyonnais une place dans notre Top 10 des Français des WSOP 2016. Pas sûr qu'elle suffira pour l'y maintenir jusqu'à la fin de l'été, cependant.

En dehors du Rio, impossible de ne pas mentionner la deuxième place d'Antonin Teisseire sur une grosse épreuve organisée à quelques kilomètres de là, au Venetian : le Sudiste s'est refait la cerise en remportant plus de 400,000 dollars face à plus de 1100 joueurs !

[Il convient de le noter : le clan Belge est pour le moment bien plus performant que les Français jusqu'à présent, grâce à deux de leurs représentants les plus talentueux. La deuxième place de Davidi Kitai dans le 6-max à 10,000$, et le combo victoire/runner-up de Michael Gathy en 6-max et Deuce-to-Seven représentent des prix totaux combinés de 1,2 millions de dollars !]

Fin de la cavale pour Aubin

- 1 juillet 2016 - Par Flegmatic

Event #51 - Pot-Limit Omaha Championship 10 000$ (Day 3 et Finale)

Il était le dernier espoir français sur l'épreuve reine de Pot-Limit Omaha de ces World Series, le Championship à 10 000 dollars. Malheureusement pour lui et pour les espoirs tricolores, Aubin Cazals (photo, au milieu) n'aura pas réussi à faire durer le plaisir plus de quelques minutes sur ce Jour 3. Parti avec le 25e tapis sur 28 (moins de 13 blindes) sur les coups de 14 heures, celui qui s'était imposé ici même en 2012 sur une épreuve de mixed games à 5 000 dollars, a finalement pris la porte... à la 25e place. Il avait pourtant réussi à doubler quelques minutes avant son élimination, en parant à tapis avec AsAs48 contre le 4KAs2 alors que le flop affichait 5K7. Le turn 3 et la rivière 6 lui apporteront même une quinte.

Remonté au-dessus des 500 000 jetons (blindes 10 000/20 000), Aubin se fait ensuite amputer d'une large partie de son tapis. "J'ai un peu gamble," déclarera-t-il après coup. Au bouton, l'Américain Travis Pearson décide de pot, avant d'engager le reste de ses jetons à la suite d'une surrelance d'Aubin depuis la petite blinde. Les jeux sont retournés : T795 pour le Français, AsAsJ6 chez Pearson. Le board 3862J fait espérer notre Frenchie jusqu'au bout, mais sans parvenir à le faire passer devant.

Tombé à environ 60 000, Aubin envoie tout dès la main suivante avec 6JQ4. Pearson, encore lui, est tout heureux de payer avec As84As et reste en tête à l'issue d'un baby board 45254.

Après trois ans sans résultat aux WSOP (seulement trois épreuves disputées en 2014 et aucune l'an passé), Aubin Cazals engrange aujourd'hui 21 456 dollars, se rapprochant doucement mais sûrement du million de dollars de gains en tournois live. Surtout, il signe son retour aux affaires après un an et demi loin des tables et deux ans et demi sans performance notable. Nous n'avons donc vraisemblablement pas fini de le voir cet été.

Les habitués sont là

- 1 juillet 2016 - Par Flegmatic

Event #52 - No-Limit Hold'em 3 000$ (Day 2)

L'avantage de débuter ses World Series of Poker par un tournoi de No-Limit Hold'em au buy-in relativement abordable, c'est qu'il ne faut pas attendre bien longtemps avant de rencontrer des têtes familières. À peine installés sur les tables réservées à la presse situées dans un coin de l'Amazon Room, Benjo et moi-même avions le plaisir de serrer la main d'Ilan Boujenah, assis juste à côté de nous en table 368. "Je vais attendre de doubler avant de commander mon repas, nous glisse dans un sourire le Franco-Israëlien. Je ne voudrais pas me retrouver à manger debout." Il faut dire qu'avec une petite vingtaine de blindes au départ de cette deuxième journée, Ilan est clairement dans la zone rouge, celle dont on cherche à s'extirper le plus vite possible. Une situation précaire qui ne l'empêche pas, comme à son habitude, de donner de la voix et de plaisanter avec ses voisins de table. Aux WSOP comme ailleurs, il y a des choses qui ne changent pas.

Après cette entrée en matière, il était temps de prendre la température du côté des deux joueurs du Team Winamax encore en vie sur cette épreuve. Auteur d'un très beau Day 1, bouclé en 47e place (sur 287 survivants), Guillaume Diaz a poursuivi sa marche en avant dès les premières minutes de ce Jour 2. "La journée a bien commencé, me glisse un Volatile visiblement en jambes. J'ai réussi à gagner deux pots sympathiques dans le premier niveau. Sur le premier je défends As-10 de petite blinde après une ouverture du joueur au cutoff. Je check/call sur le flop 9-8-4 avec deux carreaux - j'ai le 10 de carreau. Turn Q : il mise 4 200. Je lui demande combien il joue derrière et il me répond dans la seconde, ce que j'interprète comme un gros tell de faiblesse. Du coup je check/raise à 11 000 et il lâche l'affaire." C'est ce qu'on appelle une bonne lecture. Un peu plus tard, le Grenoblois ouvre Roi-Dame. Après un flop Roi-4-2 sans action, il envoie deux salves à 8 000, puis 13 000 sur le 3 au turn et le 2 à la rivière, en se faisant payer les deux fois. Son adversaire ne peux montrer mieux, et permet au benjamin du Team de franchir largement la barre des 100 000 jetons.

Juste à côté, Kool Shen connaît un début de journée plus tranquille, ses 17 blindes pour attaquer ce Day 2 ne lui permettant pas de faire des folies. Au moins le seat draw lui a-t-il permis de débuter sa journée à la même table que son compatriote et ami Guillaume Darcourt. Un Boa qui n'a pas perdu de temps pour se mettre en action, n'hésitant pas à partir à tapis sur un board 368T, à la suite d'une mise de 13 000 du joueur UTG. Ce dernier avait lancé les hostilités préflop (payé trois fois) avant de miser 6 500 à l'apparition des trois premières cartes du board. Il abandonnera assez rapidement le coup, laissant Guillaume remporter ce joli pot.

225 joueurs sont encore en course au moment où ces lignes sont tapées. Le chemin vers les 169 places payées (4 456$ minimum) est donc encore long.

Chipleader tricolore après le Day 1, Sébastien Comel continue de monter des jetons. Il pointe à plus de 130 000.

Pour lutter contre la légendaire clim' du Rio, rien de mieux qu'une combinaison intégrale, pas vrai Nicolas Cardyn ?

Soyez sûrs que Byron Kaverman n'a pas manqué une miette du quart de finale de l'Euro entre la Belgique et le Pays de Galles (ici au moment de l'égalisation galloise).

Vendredi 1er Juillet : demandez le programme !

- 1 juillet 2016 - Par Harper

Pour débuter le mois de juillet, le Rio va faire le plein : près de 10 000 joueurs sont attendus sur l'Event #54 à 888 dollars ! À suivre également : le Day 2 du Team Winamax sur le 3 000 dollars et une chance française sur l'ultime journée du Pot-Limit Omaha à 10 000 dollars...

10h (19h en France) : Event #54 - NLHE 888$ (Day 1A)

Derrière le Colossus et son prix d'entrée à 500 dollars, ce tournoi baptisé Crazy Eights est l'épreuve de No-Limit Hold'em la moins chère des Series. Près de 10 000 joueurs sont attendus sur ce tournoi qui voit le jour pour la première fois. Pour gérer tout ce monde, plusieurs jours d'entrée sont disponibles. Les Days 1A et 1B auront tout deux lieu vendredi : le premier à 10 heures, le second à 16 heures, avec la possibilité pour les joueurs de re-entry sur un autre flight en cas d'élimination. Pierre Calamusa sera au départ du Day 1B. Prix garanti pour le vainqueur : 888 888 dollars, bien sûr !

12h : Event #52 - NLHE 3 000$ (Day 2)

1 125 joueurs ont pris part à cette épreuve et, à l'issue du Day 1, ils ne sont plus que 288 à prétendre aux 168 places payées. Parmi eux, deux joueurs du Team Winamax : Guillaume Diaz figurera parmi les hommes de tête avec 96 000 tandis que Kool Shen devra dans un premier temps penser à assurer une place dans l'argent avec 21 000 de tapis. À la gagne, 569 158$ !

12h : Event #50 - NLHE Shootout 1 500$ (Finale)

Si Aurélien Guiglini n'a pas réussi à gagner son second tour, la troisième et dernière journée du shootout devrait tout de même s'avérer intéressante. Parmi les douze joueurs encore en course qui prétendent aux 264 046 dollars qui sont à la gagne, on retrouve les excellents Vanessa Selbst et Niall Farrell.

14h : Event #51 - Pot-Limit Omaha Championship 10 000$ (Day 3 et Finale)

La bulle a été longue, très longue mais, au final, deux Français ont réussi à se hisser dans l'argent : Benjamin Pollak, finalement éliminé en 49ème place et Aubin Cazals qui, à l'heure où nous écrivons ces lignes, figure parmi les chipleaders alors qu'une quarantaine de joueurs restent en course. Objectif du Day 3 : connaître la personne qui empochera 894 300 dollars et le bracelet. Ce serait le second pour Kzouls !

14h : Event #53 - Mixed PLO8/Big O 1 500$ (Day 2)

668 joueurs sont partis à l'assaut de cette épreuve mêlant Pot-Limit Omaha Hi-Low, Limit Omaha Hi-Low et Big O Hi-Low (Omaha à cinq cartes). Une joyeuse colonie qui parviendra dans l'argent durant le Day 2. Alors qu'il reste trois heures à jouer dans le Day 1, Michel Abécassis est toujours en course avec la cave de départ.