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Safiya Umerova : sky is the limit !

- 2 juillet 2016 - Par Benjo DiMeo

Une aspirante professionnelle de 28 ans remporte l'Event #46 - NLHE Bounty 1500$

C'est un vent de fraîcheur qui souffle dans l'Amazon Room depuis 48 heures (alors que dehors, c'est tempête, éclairs et pluies torrentielles tous les soirs, on n'ose même plus mettre le nez hors du Rio), avec la deuxième victoire féminine en deux jours : après Kristen Bicknell dans le tournoi Bounty, au tour de Safiya Umerova de remporter un bracelet, triomphant de plus de mille joueurs dans l'épreuve de Shootout à 1 500 dollars, dont l'excellent pro écossais Niall Farrell, son ultime adversaire lors du duel final.

Originaire de Saint-Pétersbourg (Russie), Umerova est installée à Los Angeles depuis 2010. C'est là qu'elle a fait connaissance avec le poker, il y a seulement un an et demi : coup de foudre immédiat autour des tables de cash-game des cercles locaux, comme le Hustler Casino. Une table finale lors d'un de ses tout premiers tournois l'a motivée a prendre le jeu sérieusement, se plonger dans des bouquins et bosser sa stratégie en compagnie de pros. Bien lui en a pris : à seulement 28 ans, elle rejoint déjà le club des détenteurs de bracelet, alors que son palmarès ne comportait jusque là qu'une poignée d'ITM dans des petits tournois organisés en Californie.

L'aspirante pro ne compte pas s'arrêter là, ne cachant pas des ambitions démesurées : "J'aime rêver en grand. Je veux devenir la meilleure joueuse du monde ! C'est loin d'être le cas pour le moment, mais je veux gagner plus de bracelets que tout le monde !"

C'est tout le mal qu'on lui souhaite, et avec une bankroll gonflée de 264 046 dollars, elle a désormais de quoi s'installer durablement sur le circuit des tournois.
 

Pas l'temps d'niaiser

- 2 juillet 2016 - Par Benjo DiMeo

Event #54 - NLHE Crazy Eights 888$ (Day 1B)

« Congratulations players, you are in the money ! »

L’annonce au micro concerne les joueurs du Day 1B du tournoi Crazy Eights à 888$ : la structure résolument turbo fait que, de 1525 joueurs présents à 16 heures, ils ne sont déjà plus que 229 à 22 heures, tous assurés de gagner un minimum de 1333 dollars. Entendant cela, je pars à la recherche d’éventuels survivants Français et tombe sur un Antonin Teisseire toujours en place avec quelque chose comme 40,000 unités aux blindes 600/1200. « Il m’a fait un joli coup, ton collègue », dit-il en pointant du doigt le siège 1 à sa gauche, à côté du croupier. Mes yeux opèrent un travelling et tombent sur un petit bonhomme plein de vie à l’éternel sourire de sale gosse : Aurélien Guiglini.

« On est parti à tapis préflop, pot de 75,000 », poursuit Antonin. « As-Dame contre paire de 9 : il trouve tout de suite le neuf ! Comment je peux faire deuxième au Venetian alors que je ne sais pas gagner un coin-flip ? »

« C’est une vraie boucherie, ils se foutent pas de notre gueule de ce côté là ! » remarque Guignol. « A l’époque des 1000$ et des 1500$ quotidiens, on avait que ce mot là à la bouche et c’était pas forcément justifié, mais là, le terme est approprié. » En effet, avec 97% d’éliminations lors du Day 1A (36 survivants sur 1291 partants), les joueurs n’ont « pas le temps de niaiser », comme disent nos cousins Québécois. Cependant, le génie marketing qui sommeille en Guignol ne tarit pas d’éloges à propos de cette épreuve low-cost et re-entry : « Pouvoir faire l’argent dès le Day 1, c’est absolument génial : les mecs sautent, prennent un peu de sous, et peuvent retenter leur chance une heure plus tard, ou le lendemain. »

Antonin et Guignol sont les deux seuls Français que nous avons repéré dans l’argent : il va leur falloir survivre encore quelques heures afin de se qualifier pour le Day 2, qui sera joué dimanche.

Un tour en enfer

- 2 juillet 2016 - Par Flegmatic

Event #52 - No-Limit Hold'em 3 000$ (Day 2) : fin des espoirs tricolores avec l'élimination en 68e position de Guillaume Darcourt.

Il était le dernier Français en course dans ce tournoi. Le retour de la pause dîner était donc l'occasion rêvée de passer une dizaine de main en immersion avec Guillaume Darcourt. Récit d'une orbite compliquée où votre serviteur a rempli à la perfection le rôle du chat noir.

Tapis de départ : 190 000 jetons
Blindes : 2 500/5 000, ante 500

Main #1, #2 et #3 : UTG+2, UTG+1 et UTG, Guillaume jette ses mains avant qu'aucun jeton ne parte au milieu.

Main #4 : Le joueur au bouton ouvre à 11 500 et se fait surrelancer par la petite blinde à hauteur de 31 000. Un cran plus loin, le Boa abandonne un coup finalement remporté par la SB après trois salves envoyées à 33 500, 42 500 et 68 500 sur un board 68K63. La main gagnante ? K3.

Main #5 : Le joueur au cutoff qui a perdu la main précédente ouvre à 10 000. Un min-raise suffisant pour faire fuir le Français.

Main #6 : La parole revient à nouveau au cutoff, qui envoie 11 000 jetons au milieu. Guillaume n'est pas intéressé.

Main #7 : Le joueur sous les fusils lance les hostilités avec une mise à 13 500, mais ne trouve pas preneur.

Main #8 : Depuis le hijack, Guillaume sort de sa torpeur avec une ouverture à 12 000. Ses cartes partiront finalement dans le muck après un 3-bet à 35 000 de la small blind.

Main #9 : Sur sa lancée, le dernier espoir tricolore relance à 12 000. C'est le moment que choisit le joueur en SB pour envoyer son tapis, reshove dans la foulée par la grosse blinde. As-7 en main, Guillaume abandonne. "Le premier je le paie tous les jours, me glisse-t-il alors. Ca fait douze fois qu'il push. Par contre l'autre jamais de la vie. C'est la serrure de la table." Une serrure qui retourne donc "logiquement" une paire de Valets, contre deux 9 chez son adversaire, qui ne trouve aucune aide sur le board et abandonne une partie de son tapis. "Il va falloir doubler maintenant," lâche Guillaume, m'incitant indirectement à rester un peu plus longtemps.

Main #10 : Chose promise, chose due. À la suite d'une ouverture à 11 000 du joueur UTG+1, le Boa pousse au milieu ses quelques 150 000 jetons restants. C'est payé presque sans sourciller par son voisin de gauche. "On est pas bien là," souffle Guillaume. Effectivement, avec As8 en main face à la paire de 10 adverse, le Français est bien loin d'être favori. Il le sera d'ailleurs encore moi après un flop 5T3. Le turn 5 et la rivière 8 confirment la tendance qui se dessinait et envoient notre ultime représentant tricolore rejoindre le rail, où l'attend Bruno Soutavong, présent depuis plusieurs heures pour le soutenir.

Guillaume Darcourt se classe finalement 68e, signant, comme son ami Kool Shen un peu plus tôt, sa première place payée cet été aux WSOP, la quatrième de sa carrière à Vegas, pour un gain de 7 262 dollars.

Mains disputées : 10
Mains où Guillaume est impliqué : 3
Mains gagnées : 0
Pertes : 190 000
Tapis actuel : 0

Avec cette élimination c'est en même temps notre coverage de cet Event #52 qui s'achève. Sachez tout de même que James AkenheadPierre NeuvilleAndrew LichtenbergerSimon Deadman ou encore Ismaël Bojang sont encore en vie parmi les 67 joueurs restants, et peuvent donc encore prétendre au chèque de 569 158 dollars promis au vainqueur. Le double finaliste EPT Frederik Jensen (photo) a quant à lui pris la porte (75e, 6 451$), de même que Stephen Chidwick (82e, 5 822$) et Martin Finger (97e, 5 341$).

Huit, ça suffit

- 2 juillet 2016 - Par Benjo DiMeo

Event #54 - NLHE Crazy Eights 888$ (Day 1A et 1B)

Vous vous en souvenez peut-être : lors de l’édition 2015 des World Series of Poker s’était tenu un tournoi appelé « Lucky Sevens ». Une épreuve de No-Limit tout ce qu’il y a de plus classique, mais au buy-in symbolique de 777$ évoquant les jackpots des machines à sous à rouleaux du temps jadis. Un gimmick, donc, mais un gimmick tout de même utile pour différencier les tournois de No-Limit les uns des autres. Il n'est pas si loin, le temps où la moitié des épreuves des WSOP étaient des « donkaments » génériques à 1000 ou 1500 dollars l’entrée dont on oubliait généralement le vainqueur en moins de 24 heures : il faut donc saluer l’effort des organisateurs d’introduire un peu de marketing dans les tournois de NLHE des WSOP, avec l’invention du Colossus, du Little One for One Drop, du tournoi « Top Up », le « Millionaire Maker », le « Monster Stack », le « Summer Solstice », etc, etc.

Bref, revenons en 2016 : le « Lucky Sevens » à 777$ a disparu du programme, mais les pouvoirs en place ont de la suite dans les idées : ils l’ont remplacé par le « Crazy Eights ». Vous aurez donc facilement deviné le prix d’entrée : 888$, assorti d’un premier prix garanti de 888,888 dollars. Pas mal pour un gimmick !

Avec 5000 jetons au départ (blindes 25/50) et des niveaux de 30 minutes, il s’agit dans les faits d’une épreuve plutôt Turbo, mais sachez tout de même que les heureux survivants de l’un des quatre Day 1 au programme bénéficieront de niveaux de 60 minutes durant les journées suivantes.

Sans surprise vu le prix d’entrée, il y avait foule au Rio aujourd’hui : 1291 participants ont pris part au Day 1A (qui avait débuté à dix heures ce matin dans la Brasilia Room) et l’Amazon Room entière s’est remplie à seize heures avec les joueurs du Day 1B.
 

Crazy Eights : début du Day 1B dans un Amazon comble...

... Tandis que le Day 1A se termine dans une Brazilia désertée.

Je me suis pointé dans la Brasilia Room sur le coup de 19 heures pour observer la fin du Day 1A : celle-ci était presque entièrement désertée avec seulement une poignée de tables actives et pas plus de soixante joueurs restants ! (Du coup, si l’on prédit que l’affluence sera similaire sur les Day 1B, 1C et 1D, on ne devrait avoir guère plus de 200 joueurs au Day 2 d’un tournoi qui en aura rassemblé plus de 4000 !) Et magie de l’organisation, ceux-ci sont déjà ITM, chose inhabituelle pour un tournoi avec plusieurs journées de départ, mais les WSOP ne sont pas un festival de poker comme les autres. Parmi ces joueurs quasiment qualifiés pour le Day 2, j’ai reconnu la joueuse d’échecs Jennifer Shahade, Allen Kessler, la détentrice de bracelet Loni Harwood, et l’Anglais David Vamplew. Difficile de vous dire à l’heure actuelle si des joueurs Français sont ITM et/ou encore en course, mais nous ne devrons pas attendre longtemps avant d’avoir la réponse : le Day 1A se terminera avant 20 heures 30.

A la même heure, dans l’Amazon Room, le Day 1B bat son plein avec une affluence comparable. En faisant un tour entre les tables, je peine à retrouver des joueurs pourtant croisés au moment du coup d’envoi, comme Pierre Calamusa ou Maxime Chilaud. J’en trouve d’autres qui sont arrivés entre temps, comme le toujours souriant Antonin Teisseire (photo). Le finaliste de la première édition du Partouche Poker Tour (2008) donne un coup de main au groupe casinotier pour animer la salle de poker du Palm Beach à Cannes, et ne participera donc pas au Main Event. Pas grave, dit-il, ce genre de marathon n’est plus de son âge et puis, Antonin est largement gagnant sur son séjour, ayant raflé plus de 400,000 dollars avec une seconde place sur un énorme tournoi du Venetian il y a deux semaines. Non loin, je retrouve un Guillaume Diaz disputant son second tournoi de la journée après avoir sauté peu avant la bulle du 3,000 dollars. Le Volatile est plutôt frais, ayant rechargé les batteries à mi-chemin des WSOP avec un road-trip dans l’état voisin de l’Utah, où se trouvent des parcs nationaux magnifiques, parfaits pour s’évader des excès en tout genre de Las Vegas.

Les tricolores en souffrance

- 2 juillet 2016 - Par Flegmatic

Event #52 - No-Limit Hold'em 3 000$ (Day 2)

La période séparant la bulle du dinner break n'a pas été tendre pour notre rappeur du 93 préféré. En quelques minutes, Kool Shen a perdu deux coups, pour voir son tapis fondre de moitié. Sur le premier, le dernier des W rouges en lice sur ce tournoi ouvre au cutoff avec une main plus que légitime : deux beaux As, dont l'As de carreau. Le joueur en grosse blinde défend avant de payer le continuation bet de Bruno sur un flop 3-5-6 avec deux carreaux. Tout le monde check le 7 au turn avant que l'adversaire de notre KS national ne décide de prendre les choses en main sur l'As tombé river en plaçant 18 000 au milieu. Bruno paie mais doit s'incliner face au 49 adverse. "J'aurais vraiment pu éviter de payer, regrette-t-il après coup. Je ne bats plus grand chose à ce moment-là." Peu de temps après, il doit abandonner un deuxième pot à la suite d'un 4-bet adverse pour chuter à environ 50 000, soit une quinzaine de blindes.

Changé de table il y a quelques minutes, Bruno est désormais dos à dos avec un autre Français qui n'avait jusque-là pas eu le droit à sa photo dans ce coverage, Jérôme Zerbib (photo, à droite). Joueur amateur comptant tout de même plus d'1,1 million de dollars de gains en tournois live depuis 1997 (!), Jérôme a enfilé son plus beau costume de short stack ninja après être tombé à seulement trois blindes à la suite d'un cold 4-bet non concluant avec une paire de 7 qui s'est heurté à deux As. Deux double ups plus tard - As8 contre JJ et As6 contre QQ), il remontait à une douzaine de blindes, avant de finalement s'incliner en 89e position, pour un gain de 5 822 dollars.

Avant lui, Sébastien Comel avait rejoint le rail (113e, 4 980$), rendu notamment cripplé à la suite d'un coup perdu avec AsQ contre une paire de Rois. Seul Guillaume Darcourt peut à l'heure actuelle faire le fier, avec un tapis de plus de 250 000 jetons, légèrement supérieur à la moyenne.

Le nouveau voisin de Kool Shen a réussi à se construire une jolie muraille. C'est ce qui s'appelle un beau tapis de chipleader.

Edit : Kool Shen a finalement quitté ce tournoi sur la toute dernière main précédant la pause dîner. La faute à une confrontation à tapis préflop malheureuse avec As-Valet contre une paire de 6. Un Valet est pourtant venu sur le flop aider le membre du Team Pro Winamax, avant qu'un 6 ne fasse irruption sur la rivière. Passablement énervé après ce coup du sort, Bruno quitte l'Amazon Room en 80e position et remporte 6 451 dollars.