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La deuxième place pour Davidi Kitai

- 26 juin 2016 - Par Harper

Event #39 - NLHE 6-max Championship 10 000$ (Finale)
Martin Kozlov était intouchable

Cette finale, Davidi Kitai l'abordait « détendu. » « Je me sens bien, je suis zen... » confiait le Belge. Un champion qui a ses habitudes. Pour le dîner précédant la finale à six joueurs, Davidi s'est rendu au MetroPizza. « C'est une tradition. Dès que je fais une finale à Las Vegas, je vais là-bas. Et je n'ai pas le droit d'y aller tant que je ne suis pas sur l'ultime table d'un tournoi... » Problème à table : Davidi ne se souvient pas de la pizza qu'il prend habituellement. Sa dernière finale ici remonte pourtant à tout juste un an, presque jour pour jour. Alors il se fait servir un autre plat, mais on sent une pointe d'agacement dans son regard. « J'aime bien avoir mes habitudes... » sourit-il. Comme celle de toujours inviter les personnes partageant les repas avec lui tant qu'il est dans un tournoi. « C'est bon pour le karma ! » conclut-il, toujours avec le sourire.

La stratégie du joueur du Team Winamax était claire sur cette finale : « ne pas faire doubler Nick Petrangelo, un joueur très dangereux et essayer de mettre la pression sur les joueurs qui ont peur de l'ICM... » Malheureusement, Nick va doubler très rapidement avec Dame-Dix contre As-Huit puis prendre quelques jetons sur Davidi grâce à un jolie value bet avec une paire d'As. Alors qu'on imagine déjà un scénario catastrophe où Nick parvient à faire son retard sur Davidi, qui possède à ce moment-là près de 45% des jetons en circulation, un accident lui tombe sur le casque : l'Américain perd avec paire d'As contre les Dames de Martin Kozlov à tapis avant le flop. L'apparition d'une Dame sur le flop réduit le tapis de Nick à peau de chagrin tandis que la tendance de la finale est donnée : l'Australien Martin a les cartes pour lui. « Il touche mais il joue également très bien » tempère Davidi Kitai. 

Et le dindon de la farce se nomme finalement Jack Salter, parti à tapis avec deux Dames contre As-Valet chez Kozlov et Dix-Neuf chez Petrangelo. Ce dernier trouve un brelan pour se relancer tandis que Martin Kozlov a percuté un As au flop pour définitivement se lancer dans la finale. Salter termine sixième pour 90 783 dollars et les autres joueurs sont assurés de ce que les Américains appellent un six figures, un chèque avec au moins six chiffres.

Davidi amenuise alors Chris Ferguson en le soulageant d'un million de jetons en faisant deux paires contre top paire. Le clan franco/belge exulte. « C'est bon de se sentir soutenu » avoue Davidi. Un heads up entre Martin Kozlov et Davidi Kitai semble alors se dessiner. Leurs trois adversaires sont shorts... Et lorsque le Génie belge fait face à une sur-relance de Nick Petrangelo, il parvient à directement passer une paire de Neufs avant le flop. En face, deux As... « Il faisait semblant de se sentir mal... » dira par la suite Davidi. « Du coup, je l'ai senti très fort. »

Vient alors le premier affrontement entre les deux hommes forts de la table. Derrière une relance de Justin Bonomo à 120 000 payée par Martin en position, Davidi défend avec Roi-Dame et tous les joueurs checkent un flop K82. Davidi mise alors 150 000 sur un turn 2, Justin passe et Martin relance à 400 000... C'est payé par Davidi qui va ensuite check-fold sur une mise de 1,04 million sur un 6 à la rivière. Bien vu, il y avait As-Deux en face.

Quelques mains plus tard, l'Acte II. Davidi a de nouveau défendu sa blinde, cette fois face à une relance directement venue de Martin. Les deux joueurs checkent un flop 95T et Davidi attaque alors à hauteur de 210 000 sur un 8 au turn. Payé, il envoie alors un overbet à 1,2 million sur un 3 rivière. Et son étonnement est grand quand Martin pousse son tapis pour 5,5 millions ! « J'ai As-Dame sur cette main » nous dira ensuite Davidi. « Mais quand il ne fait pas de c-bet sur le flop, il ne peut pas avoir couleur... Pour moi, il a l'As de trèfle sec et me fait un énorme bluff, c'est pour ça que j'hésite... Mais il peut parfois bluffer avec la meilleure main, je suis obligé de passer. » Alors le pro Winamax a passé. Mais il n'avait pas la bonne analyse cette fois : Martin avait bien trouvé une couleur avec A2.



Hormis pour le Main Event, j'ai rarement vu autant de monde autour du vaisseau ESPN. Entre le prestige du tournoi et la qualité des joueurs à table, le rail était grand. Mais à ce moment-là, la partie s'est un peu gâtée pour Davidi. « Martin a 8 millions, j'ai 4 millions et les autres ont 13, 8 et 8 blindes... Je ne peux rien faire d'autre qu'attendre qu'ils sautent. » Fort heureusement, cela va se produire rapidement. Nick Petrangelo est à tapis avec une paire de Valets tandis que Justin Bonomo a As-Roi de pique. Ce dernier est tout étonné de trouver trois piques dès le flop (photo) : il élimine Nick en cinquième place (127 622$).

Chris Ferguson est le suivant sur la liste lorsqu'il perd un coin flip contre l'intenable Martin Kozlov. « Dégage, enc*** de voleur ! » ne peut alors s'empêcher de hurler quelqu'un dans le rail, référence aux millions détournés par Full Tilt Poker dont Chris était un des principaux actionnaires. C'est tout de même plus riche de 183 989 dollars que "Jesus" quitte le Rio.

À trois joueurs restants, la tension monte alors d'un cran. Le ménage a été effectué et les tapis se sont équilibrés entre Justin Bonomo et Davidi Kitai. « C'est le dernier niveau de la journée » prévient le directeur du tournoi, pensant que tous allaient revenir pour effectuer un Day 4. Mais la main suivante est arrivée...

Au bouton, Martin Kozlov relance à 250 000 sur des blindes 50 000/100 000 ante 10 000. En petite blinde, Justin Bonomo pousse alors son tapis pour 2,92 millions. Davidi Kitai hésite très longuement puis il finit par également annoncer « All in » pour 3,85 millions. Directement payé par Martin ! Les trois derniers joueurs en course sont à tapis !

Martin Kozlov : QQ
Justin Bonomo : 99
Davidi Kitai : 66

« Un six ! » hurle les supporters franco-belges. Mais le flop QQ7 est sans espoir... Les jeux sont faits : Justin Bonomo termine troisième pour 271 856 dollars tandis que Davidi Kitai est second pour 411 441 dollars. « Je pensais que Justin faisait ça avec toutes les petites paires jusqu'au huit... Donc je me sentais devant sa range. Je ne le voyais pas faire ça avec As-Roi, ni As-Dame, ni aucune paire au-dessus du huit. Mais je me suis trompé... » Félicité par tout son clan, Davidi, qui a manqué là l'opportunité d'obtenir son quatrième bracelet, a vite relativisé : « J'aurais évidemment signé avant le tournoi pour cette deuxième place... » Encore merci pour toutes les émotions que tu nous procures, Davidi !

Le grand champion s'appelle donc Martin Kozlov : l'Australien remporte 655 709 dollars et son premier bracelet !

Gaelle est monstrueuse !

- 26 juin 2016 - Par Veunstyle72

Event #41 : NLHE Monster Stack 1 500$ - Gaëlle Baumann a passé une journée de rêve !

Aïe, je vais avoir des soucis avec un titre comme ça. Non mais Gaëlle Baumann est une femme charmante à tout point de vue, simplement aujourd’hui, elle a décidé de tout raser sur son passage. Résultat, Gaëlle a terminé son day1B avec 151 000 (tapis de départ 15 000) !

« J’ai run good ! J’ai fait 3 brelans, à chaque fois ils ont tous payé ! »

Sur un petit nuage, et bien fatiguée par cette longue journée, « je suis KO ! », Gaëlle savourait quand même, au moment de venir rail Davidi sur sa table finale. « J’ai pris un gros pot à Schwartz, et il a bien whine ! »

Aaaaah, là tu vois, tu nous fais plaisir. Petite piqure de rappel pour ceux qui ont décidé de déconnecter avec le poker en 2015. Justin Schwartz (à la droite du croupier sur la photo), l’une des personnes les plus désagréables depuis l'invention de ce jeu de cartes, il a notamment cassé les oreilles de Patrick Bruel pendant un long moment lors du Main Event l’an passé, il a trash talk Negreanu à table, fait des choses pas jolies jolies contre lui, et annoncé un magnifique jinx de l’espace durant les épisodes ESPN du Main Event, en demi finale, avec quelque chose du genre « avec ce stack et mon edge, c’est sur que je fais la TF ». Et pan, il a pris set over set dans la foulée, contre McKeehen pour terminer 14e de ce Main Event. Régalez vous si vous avez une heure devant vous.

Bref, Gaëlle m’a raconté ce coup contre ce Schwartz, dans lequel elle s’est retrouvée avec Roi Dame sur un tableau K-Q-J-Q (full house donc) et Schwartz détenait As-Dix pour la quinte floppée. Sur une blank a la river, Gaëlle a décidé de faire tapis à 37 000 derrière une mise de 15 000 de l’Américain. Ça m’a légèrement rappelé un coup de poker entre Luneau et Davidi lors des Winamax Live sessions. Sauf que Luneau avait rapidement trouvé le bouton fold avec sa quinte floppée. Et puis Luneau ce n’est pas Schwartz non plus.

Patrick Bruel face à Upeshka Da Silva
 

Gaëlle n’est pas la seule du team à s’être qualifiée pour le Day2, puisque Sylvain Loosli (30 000) et Patrick Bruel (36 000) ont également validé leur ticket pour la suite. Patrick m’expliquait être fatigué de cette longue journée, et on peut le comprendre. Mais le principal est bien là, le Boss peut encore rêver succéder à Hugo Pingray, vainqueur de ce tournoi en 2014.

Côté Français, Patrick Muleta a terminé sa journée avec 213 000 ! Débarqué à Las Vegas en compagnie de son ami Antonin Teisseire, les Sudistes sont bien décidé à raser cette ville. Patrick en prend la bonne direction en tout cas sur ce tournoi. Ok ok, c’est encore très long…

La détente absolue de Patrick Muleta, qui a monté 14 tapis de départ !
 

Je suis tombé sur un Quentin Lecomte frigorifié mais qualifié (56 000), un Mathieu Selides (147 000) heureux de cette journée, disputé en partie avec Chris Moneymaker, un Fabrice Soulier (23 000) pas énorme mais heureux comme un gosse, et un petit Paul François Tedeschi qui a perdu quelques plumes sur la fin pour emballer 50 400 jetons. Gilles Huet sera également là avec 77 000. Très en forme les Français donc !

Compliqué de vous donner le nombre de joueurs restants actuellement, la seule chose qui est certains, c’est que 6 927 joueurs au total ont participé à cette édition du Monster Stack 2016. Un chiffre… que je n’avais pas spécialement prévu en vous en parlant en début de journée. Les records ne sont donc pas battus, mais le vainqueur continuera quand même de bien se faire plaisir, avec un joli billet de 1,12 millions de dollars à la gagne !
 

Ca y est, Fabrice Soulier est devenu fou, pendant que Sylvain Loosli est en plein coup

Mathieu Selides, Aka « matslide » sur Winamax, continue de plutôt bien run pour son premier Vegas

Chris Moneymaker, la main sur le coeur/sponsor, c'est beau

Promis, je voulais juste prendre Esfandiari en photo. Et puis j'ai dérapé, et hop Natalia...

Nouveau Day2 pour Paul François Tedeschi. Reste plus qu'à concrétiser l'essai cette fois

Certain(e)s ont déjà monté de grosses piles de jetons

Petit Quentin Lecomte frigorifié, mais avec une belle veste bien verte

Petite Oanh Bui qui s'incruste dans ce coverage, ça ne fait jamais de mal

Quand on t'annonce que le match de l'Equipe de France de foot est à 6h, et qu'il faut enchainer ensuite avec le Monster Stack à 11h, jusqu'à 23h30 le soir...

Tu les shoot, t'es en finale

- 26 juin 2016 - Par Veunstyle72

Event #42 : NLHE Shootout 3 000$ - Et hop, c'est déjà la table finale !

Andrew Lichtenberger face à Faraz Jaka
 

Comme Harper vous expliquait déjà hier, rien de plus simple pour gagner un bracelet WSOP que cet event sur le format shootout. Sur le papier, quand on parle de gagner un tournoi, on parle d’éliminer quelque chose comme 500, 1000, 5000 joueurs. Là on parle de remporter « simplement » 3 petits sit’n’go. Deux de 10 joueurs (le premier jour et la finale) et un de 4 joueurs (celui d'aujourd'hui).

Et voilà que 24 heures à peine après le lancement de ce tournoi, les finalistes sont déjà (presque) tous connus. Oui, car il y a comme toujours, une table ou deux en retard, à l’heure ou j’écris ces lignes, c’est à dire 7h20 après la reprise de ce day2.

Les premiers qualifiés pour cette finale sont les Américains Maria Ho, Jesse Yaginuma, Faraz Jaka, Kyle Montgomery ainsi que les Anglais Rhys Jones, Stephen Chidwick et Philip McAllister (photo). Trois Anglais sur une même table finale, je ne vous raconte même pas l’ambiance qu’il y aura dans le rail… (même si en vrai, on vous racontera ça quand même si c'est le feu)

Assurés jusque là de remporter 7 881$ en ayant simplement remporté leur sit’n’go hier, le premier de la série de trois, les finalistes se sont désormais assurés un peu plus d’argent, 16 717$. Sauf que tous ne regarderont évidemment que la première place : 267 720$ pour avoir remporter 3 sit’n’go de suite, ça fait rêver tout de même.

« Ouais, vas-y, vas le gagner puisque tu es si fort ». Oui oui, je vous entends jusque ici me crier dessus. Evidemment qu’on ne rase pas chacune de ses tables d’un claquement de doigts. Evidemment qu’il faut du talent. Evidemment que ce n’est pas une surprise de retrouver les ¾ des finalistes cités plus haut. Cette compétition rassemble les meilleurs joueurs de ce format, de ce jeu, car elle ne laisse pas tant de place que cela à la chance. Un format qui tend à disparaître chez nous en France, d’une façon assez triste. Les sit’n’go c’est la vie, ce sont les bases de ce jeu, c’est également un moyen de gagner rapidement de l’argent.

Preuve en est avec ce tournoi, qui couronnera à partir de demain 14h, un nouveau champion WSOP à la succession de Nick Petrangelo. Oui oui, celui dont Harper vous parle sur la finale de Davidi. Quand on vous dit que c’est une compétition de champions. 

Encore et toujours Stephen Chidwick, pour une seconde table finale cette année

Davidi contrôle la finale

- 26 juin 2016 - Par Harper

Event #39 - NLHE 6-max Championship 10 000$ (Day 3)
À six joueurs restants, le Belge est toujours chipleader


Derrière la rapide élimination d'Eric Worre en septième place, la table finale s'est calmée. Déjà parce que les joueurs sont partis dîner durant une heure, une période durant laquelle, forcément, on joue un peu moins aux cartes. Et puis parce que la moyenne est de cinquante blindes et que les paliers deviennent particulièrement intéressants... Le prochain sortant empochera 90 783 dollars, le troisième 271 856 bucks et le vainqueur 665 709 billets de un dollar. De quoi constituer un beau matelas.

Possédant deux fois plus de jetons que son premier poursuivant Jack Salter (photo, à gauche), Davidi Kitai opte pour l'heure pour une stratégie conservatrice, attendant peut-être que les trois joueurs situés à sa gauche, qui possèdent une trentaine de blindes chacun, prennent des risques. Et c'est ce qu'ils font : derrière un 3-bet de Jack Salter, un des premiers de la finale, Justin Bonomo n'a pas tardé à engager son tapis. « C'est clairement un joueur qui n'est pas là pour jouer les paliers » disait à la pause Davidi. Cela se vérifie.

Si la concentration peut se lire sur les visages, la fatigue commence également à pointer le bout de son nez après trois jours d'épreuve dont huit heures de jeu en ce Day 3. Il y a d'ailleurs peu de chances que le tournoi se termine aujourd'hui. Dans trois niveaux, si les joueurs sont encore trois ou plus à table, le tournoi sera mis en pause pour la nuit. S'ils sont en heads up, les deux derniers survivants auront le loisir de décider s'ils veulent jouer un niveau de plus ou non. Quoi qu'il arrive, nous n'irons pas plus loin.

Avec 5 millions de jetons, Davidi Kitai possède très exactement cent blindes. Et comme à son habitude lorsqu'il arrive en finale, on sent que le Génie accumule des informations, jetant des coups d'oeil en permanence à ses adversaires, les fixant dès qu'ils relancent, comptant le moindre jeton de leurs 3-bet... Des renseignements qu'il saura ensuite utiliser à bon escient une fois le moment venu. Pour rappel, un streaming live est disponible à cette adresse. Nous vous laissons évidemment en profiter et vous livrerons un compte-rendu complet une fois la journée terminée.

Alex Luneau, de retour aux affaires

- 26 juin 2016 - Par Veunstyle72

Event #43 : Stud Hi Lo Championship 10 000$ - Alex Luneau s'inspirerait bien de Davidi

Après quelques jours de repos bien mérité, Alex Luneau est de retour sur ces WSOP. Il faut dire qu’il a bien charbonné depuis le début des Series, et surtout il ne faut pas oublier qu’il est présent à Las Vegas depuis le premier jour de ces championnats du monde : « L’escalade, rien de tel pour s’évader », confiait-il tout sourire. Et il n’a pas choisi n’importe quel event pour faire son comeback, avec un tournoi labélisé Championship, un 10 000$ Stud Hi-Lo, une variante qu’il adore, ça tombe bien.

On a tenté de s’incruster à sa table, telle une petite souris, pour voir et comprendre un peu mieux ce jeu. Force est de contaster que les jeux de limit, de surcroit en Hi-Lo, ne sont pas ceux qui font le plus vibrer les foules dans les gradins, même lorsque la table comporte plusieurs têtes bien connues du grand public.

Une heure d’observation, pour au final peu de coups disputés. Néanmoins, quand il y a un coup développé, ça peut très vite partir dans de grosses relances, et les pots sont rapidement énormes. Il n’est pas rare non plus de voir 3 joueurs dans un coup, et souvent, il y a un client qui s’apprête à perdre beaucoup dans ce genre de spot. Comprenez qu’un joueur va souvent avoir la main Hi, un autre aura souvent le Lo, et le dernier n’aura souvent plus que ses yeux pour pleurer.

Petit rappel des règles de cette variante, ça ne fait jamais de mal : chaque joueur reçoit deux cartes fermées puis une carte ouverte (tout le monde la voit). Le dealer ne distribue pas en fonction d’un quelconque bouton, comme en NLHE ou PLO par exemple, mais en partant de sa gauche, le siège 1, jusqu’à aller au bout de la table, le siège 9. Celui qui possède la plus petite carte, à savoir le 2 (mais ça peut très bien être un 3, un 4 ou un 5, c’est en fonction de ce qui est affiché sur la table) se retrouve en position de poser le bring in, une sorte de blinde obligatoire, puis les actions de miser se mettent en place, le croupier dévoilant sur la table quatre cartes ouvertes au total, plus une dernière à la fin, la 7e, mais face cachée. Il y a donc des séquences de mises sur chaque « street » comme on dit. Le but est de faire un jeu de hi et/ou de Lo pour l’emporter. C’est à dire une combinaison de poker, tout simplement. En Hi, vous faites des quintes, des flush, deux paires, ce que vous voulez, en lo, il faut avoir la moins bonne main possible, de l’as au 8 pour être qualifié.

« La position est importante à ce jeu, mais comme dans n’importe quel jeu de poker en fait », expliquait Luneau, « quand il y a 8 joueurs à parler après toi, tu ne peux pas jouer avec n’importe quelle main de départ. A l’inverse si tout le monde fold quand tu as le bring in, il faut élargir sa range et jouer à peu près toutes les mains. »

Bon, mais alors c’est quoi un bon jeu de départ ? « Si tu as 3 petites cartes pour commencer, c’est pas mal surtout en Hi-Lo. Avoir une paire, évidemment c’est bien, mais comme je disais avant, la position est aussi très importante. Les connecteurs suités, c’est bien aussi… ça se rapproche pas mal du Texas aussi, c’est tout bête. »

Tout bête ou presque. Pas forcément évident de suivre une partie, et ça se voit à la tête des joueurs à table. Tous scrutent en permanence les cartes des adversaires, car il faut tenter au maximum de retenir les cartes qui ont déjà été jouées. On se lance ou je continue ce petit cours du le Stud Hi Lo ? Allez on se lance.

J’ai suivi Alex le temps d’une vingtaine de mains. Pour vous donner une petite idée du temps qui passe, un niveau entier a pu s’écouler. C’est tout de même plus rapide qu’en NLHE par exemple, où vous allez avoir un ou deux joueurs qui vont réfléchir un bon moment sur la turn et/ou sur la rivière. Là, ça discute pas mal entre les joueurs, qui se connaissent tous ou presque à ce niveau là, et chacun sait ce qu’il a à faire, c’est à dire soit se lancer dans un coup où il va falloir être prêt à s’envoyer des petites sacoches sur 5 streets… soit fold. Ça pour le coup, c’est assez agréable, comparé au NLHE.

Norman Chad, Eric Kurtzman ou encore Matt Ashton (photo) sont installés aux côtés de Luneau. « Matt Ashton c’est peut-être le seul mec que je considère bien plus fort que moi en H.O.R.S.E. Il est vraiment très bon, et c’est un bon pote à moi. » Les deux sont côte à côte et papotent assez souvent.

Et Alex a fait vibrer dès la première main. Voici à quoi ressemblait le tableau final, on va détailler ensuite :

Kurtzman : X-X-8K2A-X
Luneau : X-X-K4A4-X
Ashton : X-X-2A98-X

Le pot s’est mis à gonfler à la fin de ce coup : Alex a check, Ashton a mise 1 600 et Kurtzman a relancé à 3 200. Alex a alors annoncé « raise » avant de poser 4 800. Ashton a à son tour « raise » à 6 400, et Kurtzman a simplement payé. Mais Alex n’en est pas resté là et a encore relancé, à 8 000. Payé par les deux joueurs.

Alex a retourné ses 3 cartes fermées, Q87 pour une flush max. Il a donc empoché le hi, puisque Ashton n’a simplement montré qu’un Lo, avec 753 (un lo A2357 donc). Et on remercie Kurtzman d’être venu dans ce coup, lui pensait surement prendre le lo. Loupé.

Le coup suivant qu’Alex a disputé à fond, ça donnait quelque chose comme ça :

Luneau : X-X-3A92-X
Adversaire : X-X-TA3Q-X

Deux joueurs étaient encore là jusqu’à la 4e street, et on les remercie, car c’est grâce à eux qu’Alex a gagné quelques jetons. Oui car au final, il a retourné 67K pour prendre le lo (A2367) alors que son adversaire a retourné T75 pour un hi avec une simple paire de dix.

Un petit coup marrant ? Allez parce que jusque là, on split beaucoup et ce n’est pas comme ça qu’on monte des jetons.

Luneau : X-X-4684-X
Adversaire : X-X-K422-X

Les deux joueurs ont été au bout et l’adversaire d’Alex a annoncé « Deux paires ». « A quelle hauteur ? » a demandé Luneau, qui s’est vu montré 55. Alex a alors rapidement retourné 77 pour deux paires supérieures. « J’avais cette paire de 7 servie dès le début ». Ah, vous voyez que c’est important de démarrer avec une paire. Et voilà un premier pot remporté intégralement par Alex.

Puis Alex a fold un bon paquet de mains, et j’ai donc fui de cette table. Ce jeu est long, il faut être patient et surtout bien plus concentré qu'en Hold'em, puisque que comme expliqué au début, il faut retenir un maximum de cartes déjà sur la table. Quand j'ai vu qu'un joueur était plus concentré par son énorme burger et qu'un autre prenait son pied sur son ipad à mater des vidéos, je me suis dit qu'Alex devait bien rire intérieurement, connaissant un poil mieux l'animal. Allez Alex, plus que 120 joueurs à battre, et tu rameneras enfin cette breloque qui te fait tant rêver.

Norman Chad, célèbre commentateur télé, et grand fan de tous ces jeux sans flop, turn et river