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La deuxième place pour Davidi Kitai

- 26 juin 2016 - Par Harper

Event #39 - NLHE 6-max Championship 10 000$ (Finale)
Martin Kozlov était intouchable

Cette finale, Davidi Kitai l'abordait « détendu. » « Je me sens bien, je suis zen... » confiait le Belge. Un champion qui a ses habitudes. Pour le dîner précédant la finale à six joueurs, Davidi s'est rendu au MetroPizza. « C'est une tradition. Dès que je fais une finale à Las Vegas, je vais là-bas. Et je n'ai pas le droit d'y aller tant que je ne suis pas sur l'ultime table d'un tournoi... » Problème à table : Davidi ne se souvient pas de la pizza qu'il prend habituellement. Sa dernière finale ici remonte pourtant à tout juste un an, presque jour pour jour. Alors il se fait servir un autre plat, mais on sent une pointe d'agacement dans son regard. « J'aime bien avoir mes habitudes... » sourit-il. Comme celle de toujours inviter les personnes partageant les repas avec lui tant qu'il est dans un tournoi. « C'est bon pour le karma ! » conclut-il, toujours avec le sourire.

La stratégie du joueur du Team Winamax était claire sur cette finale : « ne pas faire doubler Nick Petrangelo, un joueur très dangereux et essayer de mettre la pression sur les joueurs qui ont peur de l'ICM... » Malheureusement, Nick va doubler très rapidement avec Dame-Dix contre As-Huit puis prendre quelques jetons sur Davidi grâce à un jolie value bet avec une paire d'As. Alors qu'on imagine déjà un scénario catastrophe où Nick parvient à faire son retard sur Davidi, qui possède à ce moment-là près de 45% des jetons en circulation, un accident lui tombe sur le casque : l'Américain perd avec paire d'As contre les Dames de Martin Kozlov à tapis avant le flop. L'apparition d'une Dame sur le flop réduit le tapis de Nick à peau de chagrin tandis que la tendance de la finale est donnée : l'Australien Martin a les cartes pour lui. « Il touche mais il joue également très bien » tempère Davidi Kitai. 

Et le dindon de la farce se nomme finalement Jack Salter, parti à tapis avec deux Dames contre As-Valet chez Kozlov et Dix-Neuf chez Petrangelo. Ce dernier trouve un brelan pour se relancer tandis que Martin Kozlov a percuté un As au flop pour définitivement se lancer dans la finale. Salter termine sixième pour 90 783 dollars et les autres joueurs sont assurés de ce que les Américains appellent un six figures, un chèque avec au moins six chiffres.

Davidi amenuise alors Chris Ferguson en le soulageant d'un million de jetons en faisant deux paires contre top paire. Le clan franco/belge exulte. « C'est bon de se sentir soutenu » avoue Davidi. Un heads up entre Martin Kozlov et Davidi Kitai semble alors se dessiner. Leurs trois adversaires sont shorts... Et lorsque le Génie belge fait face à une sur-relance de Nick Petrangelo, il parvient à directement passer une paire de Neufs avant le flop. En face, deux As... « Il faisait semblant de se sentir mal... » dira par la suite Davidi. « Du coup, je l'ai senti très fort. »

Vient alors le premier affrontement entre les deux hommes forts de la table. Derrière une relance de Justin Bonomo à 120 000 payée par Martin en position, Davidi défend avec Roi-Dame et tous les joueurs checkent un flop K82. Davidi mise alors 150 000 sur un turn 2, Justin passe et Martin relance à 400 000... C'est payé par Davidi qui va ensuite check-fold sur une mise de 1,04 million sur un 6 à la rivière. Bien vu, il y avait As-Deux en face.

Quelques mains plus tard, l'Acte II. Davidi a de nouveau défendu sa blinde, cette fois face à une relance directement venue de Martin. Les deux joueurs checkent un flop 95T et Davidi attaque alors à hauteur de 210 000 sur un 8 au turn. Payé, il envoie alors un overbet à 1,2 million sur un 3 rivière. Et son étonnement est grand quand Martin pousse son tapis pour 5,5 millions ! « J'ai As-Dame sur cette main » nous dira ensuite Davidi. « Mais quand il ne fait pas de c-bet sur le flop, il ne peut pas avoir couleur... Pour moi, il a l'As de trèfle sec et me fait un énorme bluff, c'est pour ça que j'hésite... Mais il peut parfois bluffer avec la meilleure main, je suis obligé de passer. » Alors le pro Winamax a passé. Mais il n'avait pas la bonne analyse cette fois : Martin avait bien trouvé une couleur avec A2.



Hormis pour le Main Event, j'ai rarement vu autant de monde autour du vaisseau ESPN. Entre le prestige du tournoi et la qualité des joueurs à table, le rail était grand. Mais à ce moment-là, la partie s'est un peu gâtée pour Davidi. « Martin a 8 millions, j'ai 4 millions et les autres ont 13, 8 et 8 blindes... Je ne peux rien faire d'autre qu'attendre qu'ils sautent. » Fort heureusement, cela va se produire rapidement. Nick Petrangelo est à tapis avec une paire de Valets tandis que Justin Bonomo a As-Roi de pique. Ce dernier est tout étonné de trouver trois piques dès le flop (photo) : il élimine Nick en cinquième place (127 622$).

Chris Ferguson est le suivant sur la liste lorsqu'il perd un coin flip contre l'intenable Martin Kozlov. « Dégage, enc*** de voleur ! » ne peut alors s'empêcher de hurler quelqu'un dans le rail, référence aux millions détournés par Full Tilt Poker dont Chris était un des principaux actionnaires. C'est tout de même plus riche de 183 989 dollars que "Jesus" quitte le Rio.

À trois joueurs restants, la tension monte alors d'un cran. Le ménage a été effectué et les tapis se sont équilibrés entre Justin Bonomo et Davidi Kitai. « C'est le dernier niveau de la journée » prévient le directeur du tournoi, pensant que tous allaient revenir pour effectuer un Day 4. Mais la main suivante est arrivée...

Au bouton, Martin Kozlov relance à 250 000 sur des blindes 50 000/100 000 ante 10 000. En petite blinde, Justin Bonomo pousse alors son tapis pour 2,92 millions. Davidi Kitai hésite très longuement puis il finit par également annoncer « All in » pour 3,85 millions. Directement payé par Martin ! Les trois derniers joueurs en course sont à tapis !

Martin Kozlov : QQ
Justin Bonomo : 99
Davidi Kitai : 66

« Un six ! » hurle les supporters franco-belges. Mais le flop QQ7 est sans espoir... Les jeux sont faits : Justin Bonomo termine troisième pour 271 856 dollars tandis que Davidi Kitai est second pour 411 441 dollars. « Je pensais que Justin faisait ça avec toutes les petites paires jusqu'au huit... Donc je me sentais devant sa range. Je ne le voyais pas faire ça avec As-Roi, ni As-Dame, ni aucune paire au-dessus du huit. Mais je me suis trompé... » Félicité par tout son clan, Davidi, qui a manqué là l'opportunité d'obtenir son quatrième bracelet, a vite relativisé : « J'aurais évidemment signé avant le tournoi pour cette deuxième place... » Encore merci pour toutes les émotions que tu nous procures, Davidi !

Le grand champion s'appelle donc Martin Kozlov : l'Australien remporte 655 709 dollars et son premier bracelet !

Gaelle est monstrueuse !

- 26 juin 2016 - Par Veunstyle72

Event #41 : NLHE Monster Stack 1 500$ - Gaëlle Baumann a passé une journée de rêve !

Aïe, je vais avoir des soucis avec un titre comme ça. Non mais Gaëlle Baumann est une femme charmante à tout point de vue, simplement aujourd’hui, elle a décidé de tout raser sur son passage. Résultat, Gaëlle a terminé son day1B avec 151 000 (tapis de départ 15 000) !

« J’ai run good ! J’ai fait 3 brelans, à chaque fois ils ont tous payé ! »

Sur un petit nuage, et bien fatiguée par cette longue journée, « je suis KO ! », Gaëlle savourait quand même, au moment de venir rail Davidi sur sa table finale. « J’ai pris un gros pot à Schwartz, et il a bien whine ! »

Aaaaah, là tu vois, tu nous fais plaisir. Petite piqure de rappel pour ceux qui ont décidé de déconnecter avec le poker en 2015. Justin Schwartz (à la droite du croupier sur la photo), l’une des personnes les plus désagréables depuis l'invention de ce jeu de cartes, il a notamment cassé les oreilles de Patrick Bruel pendant un long moment lors du Main Event l’an passé, il a trash talk Negreanu à table, fait des choses pas jolies jolies contre lui, et annoncé un magnifique jinx de l’espace durant les épisodes ESPN du Main Event, en demi finale, avec quelque chose du genre « avec ce stack et mon edge, c’est sur que je fais la TF ». Et pan, il a pris set over set dans la foulée, contre McKeehen pour terminer 14e de ce Main Event. Régalez vous si vous avez une heure devant vous.

Bref, Gaëlle m’a raconté ce coup contre ce Schwartz, dans lequel elle s’est retrouvée avec Roi Dame sur un tableau K-Q-J-Q (full house donc) et Schwartz détenait As-Dix pour la quinte floppée. Sur une blank a la river, Gaëlle a décidé de faire tapis à 37 000 derrière une mise de 15 000 de l’Américain. Ça m’a légèrement rappelé un coup de poker entre Luneau et Davidi lors des Winamax Live sessions. Sauf que Luneau avait rapidement trouvé le bouton fold avec sa quinte floppée. Et puis Luneau ce n’est pas Schwartz non plus.

Patrick Bruel face à Upeshka Da Silva
 

Gaëlle n’est pas la seule du team à s’être qualifiée pour le Day2, puisque Sylvain Loosli (30 000) et Patrick Bruel (36 000) ont également validé leur ticket pour la suite. Patrick m’expliquait être fatigué de cette longue journée, et on peut le comprendre. Mais le principal est bien là, le Boss peut encore rêver succéder à Hugo Pingray, vainqueur de ce tournoi en 2014.

Côté Français, Patrick Muleta a terminé sa journée avec 213 000 ! Débarqué à Las Vegas en compagnie de son ami Antonin Teisseire, les Sudistes sont bien décidé à raser cette ville. Patrick en prend la bonne direction en tout cas sur ce tournoi. Ok ok, c’est encore très long…

La détente absolue de Patrick Muleta, qui a monté 14 tapis de départ !
 

Je suis tombé sur un Quentin Lecomte frigorifié mais qualifié (56 000), un Mathieu Selides (147 000) heureux de cette journée, disputé en partie avec Chris Moneymaker, un Fabrice Soulier (23 000) pas énorme mais heureux comme un gosse, et un petit Paul François Tedeschi qui a perdu quelques plumes sur la fin pour emballer 50 400 jetons. Gilles Huet sera également là avec 77 000. Très en forme les Français donc !

Compliqué de vous donner le nombre de joueurs restants actuellement, la seule chose qui est certains, c’est que 6 927 joueurs au total ont participé à cette édition du Monster Stack 2016. Un chiffre… que je n’avais pas spécialement prévu en vous en parlant en début de journée. Les records ne sont donc pas battus, mais le vainqueur continuera quand même de bien se faire plaisir, avec un joli billet de 1,12 millions de dollars à la gagne !
 

Ca y est, Fabrice Soulier est devenu fou, pendant que Sylvain Loosli est en plein coup

Mathieu Selides, Aka « matslide » sur Winamax, continue de plutôt bien run pour son premier Vegas

Chris Moneymaker, la main sur le coeur/sponsor, c'est beau

Promis, je voulais juste prendre Esfandiari en photo. Et puis j'ai dérapé, et hop Natalia...

Nouveau Day2 pour Paul François Tedeschi. Reste plus qu'à concrétiser l'essai cette fois

Certain(e)s ont déjà monté de grosses piles de jetons

Petit Quentin Lecomte frigorifié, mais avec une belle veste bien verte

Petite Oanh Bui qui s'incruste dans ce coverage, ça ne fait jamais de mal

Quand on t'annonce que le match de l'Equipe de France de foot est à 6h, et qu'il faut enchainer ensuite avec le Monster Stack à 11h, jusqu'à 23h30 le soir...

Tu les shoot, t'es en finale

- 26 juin 2016 - Par Veunstyle72

Event #42 : NLHE Shootout 3 000$ - Et hop, c'est déjà la table finale !

Andrew Lichtenberger face à Faraz Jaka
 

Comme Harper vous expliquait déjà hier, rien de plus simple pour gagner un bracelet WSOP que cet event sur le format shootout. Sur le papier, quand on parle de gagner un tournoi, on parle d’éliminer quelque chose comme 500, 1000, 5000 joueurs. Là on parle de remporter « simplement » 3 petits sit’n’go. Deux de 10 joueurs (le premier jour et la finale) et un de 4 joueurs (celui d'aujourd'hui).

Et voilà que 24 heures à peine après le lancement de ce tournoi, les finalistes sont déjà (presque) tous connus. Oui, car il y a comme toujours, une table ou deux en retard, à l’heure ou j’écris ces lignes, c’est à dire 7h20 après la reprise de ce day2.

Les premiers qualifiés pour cette finale sont les Américains Maria Ho, Jesse Yaginuma, Faraz Jaka, Kyle Montgomery ainsi que les Anglais Rhys Jones, Stephen Chidwick et Philip McAllister (photo). Trois Anglais sur une même table finale, je ne vous raconte même pas l’ambiance qu’il y aura dans le rail… (même si en vrai, on vous racontera ça quand même si c'est le feu)

Assurés jusque là de remporter 7 881$ en ayant simplement remporté leur sit’n’go hier, le premier de la série de trois, les finalistes se sont désormais assurés un peu plus d’argent, 16 717$. Sauf que tous ne regarderont évidemment que la première place : 267 720$ pour avoir remporter 3 sit’n’go de suite, ça fait rêver tout de même.

« Ouais, vas-y, vas le gagner puisque tu es si fort ». Oui oui, je vous entends jusque ici me crier dessus. Evidemment qu’on ne rase pas chacune de ses tables d’un claquement de doigts. Evidemment qu’il faut du talent. Evidemment que ce n’est pas une surprise de retrouver les ¾ des finalistes cités plus haut. Cette compétition rassemble les meilleurs joueurs de ce format, de ce jeu, car elle ne laisse pas tant de place que cela à la chance. Un format qui tend à disparaître chez nous en France, d’une façon assez triste. Les sit’n’go c’est la vie, ce sont les bases de ce jeu, c’est également un moyen de gagner rapidement de l’argent.

Preuve en est avec ce tournoi, qui couronnera à partir de demain 14h, un nouveau champion WSOP à la succession de Nick Petrangelo. Oui oui, celui dont Harper vous parle sur la finale de Davidi. Quand on vous dit que c’est une compétition de champions. 

Encore et toujours Stephen Chidwick, pour une seconde table finale cette année

Davidi contrôle la finale

- 26 juin 2016 - Par Harper

Event #39 - NLHE 6-max Championship 10 000$ (Day 3)
À six joueurs restants, le Belge est toujours chipleader


Derrière la rapide élimination d'Eric Worre en septième place, la table finale s'est calmée. Déjà parce que les joueurs sont partis dîner durant une heure, une période durant laquelle, forcément, on joue un peu moins aux cartes. Et puis parce que la moyenne est de cinquante blindes et que les paliers deviennent particulièrement intéressants... Le prochain sortant empochera 90 783 dollars, le troisième 271 856 bucks et le vainqueur 665 709 billets de un dollar. De quoi constituer un beau matelas.

Possédant deux fois plus de jetons que son premier poursuivant Jack Salter (photo, à gauche), Davidi Kitai opte pour l'heure pour une stratégie conservatrice, attendant peut-être que les trois joueurs situés à sa gauche, qui possèdent une trentaine de blindes chacun, prennent des risques. Et c'est ce qu'ils font : derrière un 3-bet de Jack Salter, un des premiers de la finale, Justin Bonomo n'a pas tardé à engager son tapis. « C'est clairement un joueur qui n'est pas là pour jouer les paliers » disait à la pause Davidi. Cela se vérifie.

Si la concentration peut se lire sur les visages, la fatigue commence également à pointer le bout de son nez après trois jours d'épreuve dont huit heures de jeu en ce Day 3. Il y a d'ailleurs peu de chances que le tournoi se termine aujourd'hui. Dans trois niveaux, si les joueurs sont encore trois ou plus à table, le tournoi sera mis en pause pour la nuit. S'ils sont en heads up, les deux derniers survivants auront le loisir de décider s'ils veulent jouer un niveau de plus ou non. Quoi qu'il arrive, nous n'irons pas plus loin.

Avec 5 millions de jetons, Davidi Kitai possède très exactement cent blindes. Et comme à son habitude lorsqu'il arrive en finale, on sent que le Génie accumule des informations, jetant des coups d'oeil en permanence à ses adversaires, les fixant dès qu'ils relancent, comptant le moindre jeton de leurs 3-bet... Des renseignements qu'il saura ensuite utiliser à bon escient une fois le moment venu. Pour rappel, un streaming live est disponible à cette adresse. Nous vous laissons évidemment en profiter et vous livrerons un compte-rendu complet une fois la journée terminée.

Alex Luneau, de retour aux affaires

- 26 juin 2016 - Par Veunstyle72

Event #43 : Stud Hi Lo Championship 10 000$ - Alex Luneau s'inspirerait bien de Davidi

Après quelques jours de repos bien mérité, Alex Luneau est de retour sur ces WSOP. Il faut dire qu’il a bien charbonné depuis le début des Series, et surtout il ne faut pas oublier qu’il est présent à Las Vegas depuis le premier jour de ces championnats du monde : « L’escalade, rien de tel pour s’évader », confiait-il tout sourire. Et il n’a pas choisi n’importe quel event pour faire son comeback, avec un tournoi labélisé Championship, un 10 000$ Stud Hi-Lo, une variante qu’il adore, ça tombe bien.

On a tenté de s’incruster à sa table, telle une petite souris, pour voir et comprendre un peu mieux ce jeu. Force est de contaster que les jeux de limit, de surcroit en Hi-Lo, ne sont pas ceux qui font le plus vibrer les foules dans les gradins, même lorsque la table comporte plusieurs têtes bien connues du grand public.

Une heure d’observation, pour au final peu de coups disputés. Néanmoins, quand il y a un coup développé, ça peut très vite partir dans de grosses relances, et les pots sont rapidement énormes. Il n’est pas rare non plus de voir 3 joueurs dans un coup, et souvent, il y a un client qui s’apprête à perdre beaucoup dans ce genre de spot. Comprenez qu’un joueur va souvent avoir la main Hi, un autre aura souvent le Lo, et le dernier n’aura souvent plus que ses yeux pour pleurer.

Petit rappel des règles de cette variante, ça ne fait jamais de mal : chaque joueur reçoit deux cartes fermées puis une carte ouverte (tout le monde la voit). Le dealer ne distribue pas en fonction d’un quelconque bouton, comme en NLHE ou PLO par exemple, mais en partant de sa gauche, le siège 1, jusqu’à aller au bout de la table, le siège 9. Celui qui possède la plus petite carte, à savoir le 2 (mais ça peut très bien être un 3, un 4 ou un 5, c’est en fonction de ce qui est affiché sur la table) se retrouve en position de poser le bring in, une sorte de blinde obligatoire, puis les actions de miser se mettent en place, le croupier dévoilant sur la table quatre cartes ouvertes au total, plus une dernière à la fin, la 7e, mais face cachée. Il y a donc des séquences de mises sur chaque « street » comme on dit. Le but est de faire un jeu de hi et/ou de Lo pour l’emporter. C’est à dire une combinaison de poker, tout simplement. En Hi, vous faites des quintes, des flush, deux paires, ce que vous voulez, en lo, il faut avoir la moins bonne main possible, de l’as au 8 pour être qualifié.

« La position est importante à ce jeu, mais comme dans n’importe quel jeu de poker en fait », expliquait Luneau, « quand il y a 8 joueurs à parler après toi, tu ne peux pas jouer avec n’importe quelle main de départ. A l’inverse si tout le monde fold quand tu as le bring in, il faut élargir sa range et jouer à peu près toutes les mains. »

Bon, mais alors c’est quoi un bon jeu de départ ? « Si tu as 3 petites cartes pour commencer, c’est pas mal surtout en Hi-Lo. Avoir une paire, évidemment c’est bien, mais comme je disais avant, la position est aussi très importante. Les connecteurs suités, c’est bien aussi… ça se rapproche pas mal du Texas aussi, c’est tout bête. »

Tout bête ou presque. Pas forcément évident de suivre une partie, et ça se voit à la tête des joueurs à table. Tous scrutent en permanence les cartes des adversaires, car il faut tenter au maximum de retenir les cartes qui ont déjà été jouées. On se lance ou je continue ce petit cours du le Stud Hi Lo ? Allez on se lance.

J’ai suivi Alex le temps d’une vingtaine de mains. Pour vous donner une petite idée du temps qui passe, un niveau entier a pu s’écouler. C’est tout de même plus rapide qu’en NLHE par exemple, où vous allez avoir un ou deux joueurs qui vont réfléchir un bon moment sur la turn et/ou sur la rivière. Là, ça discute pas mal entre les joueurs, qui se connaissent tous ou presque à ce niveau là, et chacun sait ce qu’il a à faire, c’est à dire soit se lancer dans un coup où il va falloir être prêt à s’envoyer des petites sacoches sur 5 streets… soit fold. Ça pour le coup, c’est assez agréable, comparé au NLHE.

Norman Chad, Eric Kurtzman ou encore Matt Ashton (photo) sont installés aux côtés de Luneau. « Matt Ashton c’est peut-être le seul mec que je considère bien plus fort que moi en H.O.R.S.E. Il est vraiment très bon, et c’est un bon pote à moi. » Les deux sont côte à côte et papotent assez souvent.

Et Alex a fait vibrer dès la première main. Voici à quoi ressemblait le tableau final, on va détailler ensuite :

Kurtzman : X-X-8K2A-X
Luneau : X-X-K4A4-X
Ashton : X-X-2A98-X

Le pot s’est mis à gonfler à la fin de ce coup : Alex a check, Ashton a mise 1 600 et Kurtzman a relancé à 3 200. Alex a alors annoncé « raise » avant de poser 4 800. Ashton a à son tour « raise » à 6 400, et Kurtzman a simplement payé. Mais Alex n’en est pas resté là et a encore relancé, à 8 000. Payé par les deux joueurs.

Alex a retourné ses 3 cartes fermées, Q87 pour une flush max. Il a donc empoché le hi, puisque Ashton n’a simplement montré qu’un Lo, avec 753 (un lo A2357 donc). Et on remercie Kurtzman d’être venu dans ce coup, lui pensait surement prendre le lo. Loupé.

Le coup suivant qu’Alex a disputé à fond, ça donnait quelque chose comme ça :

Luneau : X-X-3A92-X
Adversaire : X-X-TA3Q-X

Deux joueurs étaient encore là jusqu’à la 4e street, et on les remercie, car c’est grâce à eux qu’Alex a gagné quelques jetons. Oui car au final, il a retourné 67K pour prendre le lo (A2367) alors que son adversaire a retourné T75 pour un hi avec une simple paire de dix.

Un petit coup marrant ? Allez parce que jusque là, on split beaucoup et ce n’est pas comme ça qu’on monte des jetons.

Luneau : X-X-4684-X
Adversaire : X-X-K422-X

Les deux joueurs ont été au bout et l’adversaire d’Alex a annoncé « Deux paires ». « A quelle hauteur ? » a demandé Luneau, qui s’est vu montré 55. Alex a alors rapidement retourné 77 pour deux paires supérieures. « J’avais cette paire de 7 servie dès le début ». Ah, vous voyez que c’est important de démarrer avec une paire. Et voilà un premier pot remporté intégralement par Alex.

Puis Alex a fold un bon paquet de mains, et j’ai donc fui de cette table. Ce jeu est long, il faut être patient et surtout bien plus concentré qu'en Hold'em, puisque que comme expliqué au début, il faut retenir un maximum de cartes déjà sur la table. Quand j'ai vu qu'un joueur était plus concentré par son énorme burger et qu'un autre prenait son pied sur son ipad à mater des vidéos, je me suis dit qu'Alex devait bien rire intérieurement, connaissant un poil mieux l'animal. Allez Alex, plus que 120 joueurs à battre, et tu rameneras enfin cette breloque qui te fait tant rêver.

Norman Chad, célèbre commentateur télé, et grand fan de tous ces jeux sans flop, turn et river

Davidi Kitai énorme chipleader de la pré-table finale !

- 26 juin 2016 - Par Harper

Event #39 - NLHE 6-max Championship 10 000$ (Day 3)
7 joueurs restants, le joueur du Team Winamax est largement en tête

Que ce jeu est beau, les amis ! On a beau être en plein Euro de football, je pense qu'il n'y a aucun autre sport - si on considère le poker comme tel - qui procure autant d'émotions. Les ascenceurs émotionnels ne cessent jamais, les parties sont longues et intenses et, comme dans d'autres sports individuels, il nous permet de voir d'immenses champions en action.

Et aujourd'hui, comme souvent, le patron s'appelle Davidi Kitai. D'une part ce garçon est très talentueux mais, en plus, il vient de connaître un énorme rush lui permettant de se hisser tout en haut du classement. Il faut dire que le Belge a le don de mettre la pression sur une table. Ayant passé quinze minutes à ses côtés, il n'y a pas une seule main dans laquelle il ne se soit pas impliqué. 

Le joueur du Team Winamax a commencé par porter le coup de grâce à Paul Volpe lors d'un coin flip classique : paire de Sept pour Davidi, As-Dix chez l'Américain. Le flop apporte un Dix comme première carte mais juste derrière se cache un Sept. À ce moment-là, plus que neuf joueurs sont en course car Franck Kassela et Steve Gross ont été éliminés entretemps. Davidi poursuit alors son entreprise de démolition, marchant - et ce n'est pas lui manquer de respect - sur Nick Petrangelo en lui envoyant salve sur salve. 

Puis est venue cette main contre Vanessa Selbst... En bataille de blindes, Davidi relance à 75 000 (sur 15 000/30 000 ante 5 000). Vanessa porte alors les enchères à 215 000. Il faut savoir qu'on a certainement à faire aux deux joueurs les plus lents du circuit pour prendre une décision... On sent alors déjà le marathon venir mais Davidi paie rapidement. Le croupier présente un flop T46. Le Belge check, Vanessa prend une minute puis envoie 205 000, Davidi paie relativement vite. Tombe alors une Q sur le turn. Nouveau check de Davidi, tapis chez Vanessa pour un million de jetons, instantanément payé par notre Génie qui avait piégé avec AA ! L'Américaine est dépitée : avec JJ, elle n'a plus grandes chances de s'imposer. Après une bonne brique sur la rivière, Vanessa Selbst est éliminée en neuvième place. Quelques minutes plus tard, Moritz Dietrich saute à son tour en huitième place. Ils ne sont plus que sept : la pré-table finale peut débuter !

Un brin jaloux du tapis de Davidi, Chris ?

Une fois de plus, fais-nous rêver Davidi !

La pré-table finale
Siège 1 : Nick Petrangelo (USA) 1 300 000
Siège 2 : Chris Ferguson (USA) 2 600 000
Siège 3 : Jack Salter (UK) 2 450 000
Siège 4 : Davidi Kitai (Belgique) 4 000 000
Siège 5 : Eric Worre (USA) 820 000
Siège 6 : Martin Kozlov (Australie) 2 100 000
Siège 7 : Justin Bonomo (USA) 1 440 000

Blindes 15 000/30 000 ante 5 000

Les prix
Vainqueur : 665 709$
2ème : 411 441$
3ème : 271 856$
4ème : 183 989$
5ème : 127 622$
6ème : 90 783$
7ème : 66 277$

Le streaming débutera à 20h20 (5h20 en France) à cette adresse
 

Davidi Kitai est en demi-finale

- 26 juin 2016 - Par Harper

Event #39 - NLHE 6-max Championship 10 000$ (Day 3)
12 joueurs restants, Gilbert Diaz éliminé, Davidi Kitai au-dessus de la moyenne !

Subite accélération du tournoi : nous sommes passés de seize joueurs aux demi-finales en moins d'une heure de jeu ! Parmi les victimes, le Français Gilbert Diaz, pourtant présent dans le Top 3 il y a encore quelques dizaines de minutes...

Comme prévu, Davidi Kitai a rapidement tenté de prendre le contrôle de sa table, sûrement la moins expérimentée des trois restantes. Mais ce n'est pas face au dernier venu que l'action s'est envenimée. Derrière une relance UTG+1 de Paul Volpe (photo) à 46 000 (sur 10 000/20 000 ante 3 000), Davidi a décidé de défendre sa grosse blinde. Avec cinq millions de dollars de gains et deux bracelets au compteur, l'Américain n'est pas à classer parmi les tendres. Mais il a subi la « spéciale » de Davidi Kitai, un coup qui n'est pas toujours retranscrit dans les reportages mais qui est pourtant un de ses classiques une fois arrivé en demi-finale : le check-raise turn suivi d'un tapis river pour mettre énormément de pression sur ses adversaires. 

Après deux checks sur 734, le Belge a ainsi check-raise de 72 000 à 166 000 la mise de Paul sur le turn K. Une bonne minute de réflexion a été nécessaire à l'Américain pour payer. Et sur un 2 à la rivière, Davidi a annoncé « All in », réclamant les 220 000 derniers jetons de Paul. Le haussement d'épaules-soufflement de ce dernier voulait tout dire : « Non, tout sauf ça... » pouvait-on lire sur son langage corporel. Trois minutes se sont alors écoulées avant que Paul passe sa main.

Trois mains plus tard, Gilbert Diaz relance à 44 000 premier de parole et Davidi Kitai continue d'assiéger la table en plaçant un 3-bet à 104 000 au cut-off. À gauche de Gilbert, donc. C'est payé. Une seule mise va alors avoir lieu : celle de Gilbert à hauteur de 75 000 sur le turn d'un tableau QQ65J. Davidi a payé puis checké la rivière pour montrer 77, la meilleure main devant le 75 du Français.

Avec 1,5 million de jetons, Davidi est alors dans le Top 3 du tournoi et a une chance d'achever Paul Volpe en partant à tapis avec As-Sept contre Dame-Dix. Mais l'apparition d'un Dix sur le flop prive le Belge d'un pot d'un demi-million de jetons et maintient en vie un redoutable adversaire...

Gilbert Diaz a fait voler les jetons

Possédant pourtant plus de soixante blindes avec 1,2 million de jetons, le tapis de Gilbert Diaz a donc volé en éclats. Il y a eu cette main contre Davidi puis un pot où il a fait deux paires et n'a pas pu s'empêcher de payer une mise rivière sur un tableau contenant quatre cartes consécutives. Son adversaire avait quinte. Puis un nouveau call à la rivière sur un tableau 6-8-9-T-A face à Paul Volpe qui avait quinte avec Roi-Sept... Et, pour finir, une défense de blindes avec Roi-Valet avant de pousser son tapis sur J-6-3. Le relanceur initial s'appelait Davidi Kitai et il s'est empressé de payer avec brelan de Six. Une succession de mauvaises rencontres accentuées d'un brin de frustration ont abouti sur son élimination en 13ème place pour 30 818 dollars. « Désolé pour la France » a glissé Davidi avec le sourire.

Les demi-finales sont prêtes et le Belge n'aura pas à sa table les deux chipleaders : Justin Bonomo (3,3 millions de jetons) et Chris Ferguson (oui, Chris ! Avec 2,2 millions) sont voisins sur la seconde table. Avec 1,4 million, le pro Winamax devra lutter avec Vanessa Selbst (1,3 million), Nick Petrangelo (700 000) et Paul Volpe (500 000). Le prix minimum assuré est désormais de 38 628 dollars !

La pression commence à monter

- 25 juin 2016 - Par Harper

Event #39 - NLHE 6-max Championship 10 000$ (Day 3)
Trois tables restantes : Davidi Kitai possède le tapis moyen

La pression autour des tables monte inexorablement. C'est qu'à 19 joueurs restants, l'équité n'était pas totalement de mise... Eric Sfez s'est retrouvé acculé à une table où Vanessa Selbst et Justin Bonomo jouaient à toute vitesse, Davidi Kitai a dû lutter à une table où figuraient quatre joueurs au lieu de cinq partout ailleurs pendant qu'il était clair que dû côté de Chris Ferguson et ses partenaires de tablée, on prenait son temps en attendant qu'un joueur soit éliminé ailleurs... Ce qui a fini par arriver.

Mais avant cela, Davidi s'est encore retrouvé embarqué dans une drôle de main. Premier de parole, le Belge a relancé à 42 000 et a vu Scott Seiver le 3-bet depuis la petite blinde à 118 000. Habitué à prendre de longues décisions, le joueur du Team Winamax a cette fois payé après une vingtaine de secondes seulement.

J58

L'Américain a décidé de ralentir le rythme en plaçant un check, ce à quoi Davidi a répondu par une mise de 77 000. Payé par Scott qui check à nouveau sur un 4 à la turn. Davidi fait de même et la parole lui est une dernière fois rendue sur un J à la rivière. Après trente secondes, le Belge pousse son tapis, réclamant 320 000 jetons à Scott ! L'équivalent d'un stack moyen est au centre de la table... Très calmement, l'Américain va alors retirer son casque audio et se mettre à réfléchir, observant un Davidi qui cette fois ne s'est pas caché derrière ses lunettes noires. Le regard grave (photo), le Belge est impassible. Scott réfléchit à voix haute sans que tout soit audible... « Est-ce qu'on est bien avec une paire de Six ? » est la seule phrase que j'arrive à capter. Après quatre minutes de réflexion, Davidi décide d'appeler le time. Scott a une minute pour prendre sa décision.

« Dix secondes restantes... » lance le superviseur du tournoi avant de commencer un décompte. À deux secondes du terme, il passe sa main, laissant le Belge s'emparer du pot. « Tu pourras bientôt voir si c'était un bon fold » lui dit Davidi en pointant du doigt les équipes de Dans la tête d'un Pro - qui, au passage, risquent de vous régaler cette année... « Ça ne m'intéresse pas plus que ça » répond Scott, « il y a des centaines de mains qui me tracassent mais celle-ci n'en fera pas partie. Je te respecte assez pour savoir que quoi qu'il arrive tu ne m'as pas bluffé avec 23... Bravo Davidi et main suivante, c'est tout ! » Une des mains suivantes lui sera néanmoins fatale : à tapis avec paire de Dames contre le As-Huit de Steffen Sontheimer, Scott voit un As s'écraser sur le flop.

Et alors que les superviseurs du tournoi appellent les 18 derniers joueurs en course à tirer une nouvelle place, Eric Sfez est dans un gros pot face à Justin Bonomo. Sur un turn J842, le Français a misé 250 000, à peu de choses près la taille du pot. Après une longue réflexion, Justin a décidé de payer. La rivière est un 5 sur laquelle Eric mise un tout petit 108 000. Justin pousse alors son tapis pour environ le double et le Français, un brin dépité, paie avec 44 pour un brelan trouvé sur le flop. Justin retourne 97 pour une couleur attrapée in extremis lui permettant de récupérer ce pot d'un million de jetons... Éric est éliminé quelques minutes plus tard en 18ème place pour 30 318 dollars.

Plus que 17 joueurs en course et Davidi a hérité d'une nouvelle table intéressante où, alors qu'il possède le tapis moyen (850 000), il a la position sur Gilbert Diaz (muni d'1,3 million de jetons !) et fait face à Paul Volpe. La course pour la finale a débuté...

Monster Stack, affluence monstre, acte 2

- 25 juin 2016 - Par Veunstyle72

Event #41 - NLHE Monster Stack 1 500$ (Day 1B) : bien parti pour battre des records ?

12h15, la Pavillon Room vibre comme jamais
 

Ça grouille de joueurs, partout, c'est incroyable ! Cela fait pourtant quelques années que l'on suit des tournois de poker sur plusieurs continents du globe, mais alors là, on ne peut que s'incliner face à une telle marée humaine. Les Américains ont beau avoir beaucoup de défauts, quand il s'agit d'organiser quelque chose avec le mot « monster » dedans, ils sont tout de suite dans l'efficacité la plus totale.

Hier, Harper vous présentait le day1A de ce tournoi, qui a réuni 4 054 joueurs (près de 2 400 se sont qualifiés pour le day2), aujourd'hui j'ai pris mon courage à deux mains et je me suis « amusé » à compter les tables qui tournaient dans chacune des salles du Rio. Après plusieurs centaines de mètres à sillonner entre les tables, allant d'une salle à une autre, j'ai totalisé près de 390 tables ! Sachant qu'ils sont entre 9 et 10 à chaque table, ça nous fait une fourchette de joueurs comprises entre 3 510 et 3 900 joueurs. Ça, c'était durant le niveau 2, et il faut savoir que les inscriptions ne se terminent qu'à la fin du niveau 8 ! Autant vous dire qu'on est bien parti pour battre le record de l'an passé (7 192 joueurs) et qu'on ne devrait plus être très loin du record absolu de 2014, avec 7 862 joueurs, l'année qui a sacré Hugo Pingray, dernier Français vainqueur d'un bracelet dans cette ville.

Brasilia Room
 

Le chipleader actuel est... non mais je plaisante hein. Comment vous voulez parler poker correctement à cette heure-ci, alors qu'on reconnait un joueur toutes les 10 tables ? On peut parler de quelques joueurs dans le tournoi, ça on peut, pourquoi pas évoquer également certaines éliminations précoces (comme celle de Guillaume Diaz, voilà c'est fait), mais ne me demandez de coups de poker de l'extrème maintenant. On aura le temps de revenir là dessus quand le tournoi aura repris une dimension un peu plus humaine.

Voici une floppée de photos pour mieux comprendre l'atmosphère qui règne actuellement dans ces salles. Mettez de bonnes chaussures, on part pour une petite randonnée : 

La fameuse salle collée à la Poker Kitchen, la Miranda Room. Il se dégage une odeur de bouffe (on ne parle pas de nourriture ici) assez insupportable. Je suis passé, je n'ai croisé personne, je suis parti en courant, et vous n'êtes pas prêt de m'y revoir.

L'Amazon Room, c'est LA salle de ce Rio. Elle est généralement réservée pour les Day2, et quand vous êtes assis ici, ça sent déjà les dollars normalement. Mais aujourd'hui, pas d'autres choix pour les organisateurs que de caler près d'une centaine de tables uniquement consacrées à ce Monster Stack ! 

Aurélien « guignol » Guiglini is in Vegas ! Le presque champion WSOP 2015, celui qui fait partie de la Team France Poulidor WSOP, débute son séjour par ce Monster Stack : « Dur dur de se lever le matin ! », m'a-t-il confié. Mais Aurélien, le tournoi ne commence qu'à 11h : « Mais il y a l’Euro ! »

La vérité se cache ici, sur cette tablette. « guignol » est à fond sur Croatie-Portugal en ce moment, et demain pour suivre l'Equipe de France, il faudra se réveiller bien tôt, puisque le match est programmé à... 6h du matin, heure locale ! Alors on fait quoi : on sort et on ne dort pas ou alors plus simplement on n'oublie pas de mettre le réveil ?

Le Monster Stack, c'est aussi un tournoi que les grinders Français ont, pour beaucoup, coché sur leur calendrier, comme point de départ de ces WSOP. On a vu Aurélien Guiglini juste avant, ici c'est Maxime « Bieber » Chilaud qui entame son parcours américain. On avait quitté Maxime l'an passé sur une 449e place sur le Main Event (21 786$), cette année il est encore plus motivé pour faire un meilleur résultat.

Heyyy, bonjour Gaelle Baumann, in dans ce Day1B. Gaëlle a le sourire, même si elle croise de sacrés zigotos comme dirait l'autre, sur ce tournoi : « Ça limpe des 8 et 2 offsuit et ça call 2 barrel avec 3e paire... ça check des full au flop, alors qu'ils sont trois dans le coup, tout au long de la main… sympa. » Gaëlle jouait le 10 000$ hier, forcément, ça doit bien changer aujourd'hui. Mais elle a pris un bon départ, et ça c'est déjà une première bonne nouvelle.

Harper vous parlait de la performance d'Antonin Teisseire dans un autre casino que le Rio... et bien lui aussi a réussi une petite perf' sympa ailleurs qu'ici : Dimitri Halliez s'est en effet imposé sur le 525$ du Wynn. Alors certes, il n'a pas pris autant que Mr Teisseire (400k$), mais avec ses 35 000$ de gains, Dimitri va surement pouvoir envisager son Vegas de façon bien plus sereine. On l'imagine donc en complet freeroll dès ce Monster Stack, et ça c'est déjà plutôt très beau !

Et puisqu'on évoquait Tonin Teisseire... voilà qu'il a débarqué au Rio. Un bon gros vent de fraicheur ce Tonin, qui est d'excellente humeur aujourd'hui (étonnant n'est-ce pas?), et qui a trouvé le moyen de whine quand même : « Roi Roi contre As As et Dame Dame, je suis noir ! », nous a-t-il confié, en évoquant la dernière main rocambolesque de son tournoi hier. Bien évidemment, la commission internationale du whine n'a pas du tout validé cette plainte, et Tonin a été prié de savourer en silence sa très grosse performance : « J’ai du jouer 8 tournois dans ma vie à Vegas, j’en suis à 1,2 millions de dollars de gains ici ». Ça c'est un brag complètement validé en revanche.

Le Monster Stack est donc un tournoi débordant de joueurs complètement anonymes, de joueurs qui disputent leur « one time » d'une vie, l'occasion de découvrir un peu le style 'ricain aussi.

De loin, mon style préféré : chapeau de cowboy à gauche, énorme barbe à droite, dites moi qu'on est à Dallas, dans le Texas, je vous crois direct.

La subtilité américaine. Comment ça le cadrage de ma photo est douteux ?

La maison des fishs ce Monster Stack ? Ce n'est pas moi qui le dit, c'est son t-shirt

Derrick Rose des Chicago Bulls, vient d'être transféré aux New York Knicks. Oui, c'est du basket NBA. Peut-être qu'en France tout le monde s'en moque, mais ici, le basket est un sport roi. Et ce transfert à fait du bruit. Bravo à ce joueur à la mèche blonde un peu suspecte, qui a décidé de se les geler, juste pour rendre un dernier hommage à l'ancien héros de la ville de Chicago.

Quand tu décides de sortir ton plus beau casque dorée pour LE tournoi de ton année.

Je ne pouvais pas finir sur un américain moyen, désolé, c'est plus fort que moi. Bonjour l'Angleterre, bonjour Natalia Breviglieri...

Catch him if you can !

- 25 juin 2016 - Par Harper

Event #39 - NLHE 6-max Championship 10 000$ (Day 3)
Davidi Kitai prend son envol

C'est une longue mais très belle journée qui nous attend sur l'épreuve short-handed à 10 000 dollars. Et si le programme initial donnait ce Day 3 comme celui devant couronner le vainqueur, le directeur du tournoi Shawn ne se montre pas aussi optimiste : « Si on tombe à huit, ce sera déjà bien. Six, ce serait idéal. » Ainsi, les joueurs se limiteront à dix niveaux. Il faut dire qu'avec une moyenne de cinquante blindes, ils ont de quoi voir venir. En une heure de jeu, un seul a rejoint la sortie : Daniel Strelitz, dont les dix dernières blindes ont bénéficié au Français Eric Sfez qui possédait As-Roi contre As-Sept. Vingt joueurs restants !

Parmi eux, notre Davidi Kitai à nous qu'on aime a pris un excellent départ. « J'ai mal dormi » confessait pourtant le Belge en début de journée. « J'ai allumé ma télévision pour voir le résultat du foot mais je ne l'ai ensuite plus éteinte... » Pour le match du Pays de Galles ? « Non, celui de la Pologne ! » précise Davidi, soit à 6 heures du matin à Las Vegas ! Cela ne semble néanmoins pas l'avoir perturbé outre-mesure puisque son tapis a augmenté de près de 75% durant la première heure de jeu. Assis à une table en compagnie de Scott Seiver, Jonathan Little, Steffen Sontheimer et Franck Kassela, Davidi a dans un premier temps rentabilisé une quinte face à Scott avant qu'arrive la main suivante.

Seiver relance en début de parole et Davidi se contente de payer au bouton avec A6. Jonathan Little complète en grosse blinde. Tombe alors un flop intéressant : J85. La parole revient à Davidi qui décide de miser. Seul Jonathan paie et le pot fait un peu moins de 200 000 jetons lorsque tombe un 2 sur le turn. Pan, couleur ! Mais là où le joueur du Team Winamax est sûrement un peu plus malin que nous, c'est en checkant ce turn suite à un check de Jonathan. Le piège se referme sur un T à la rivière : Jonathan check-call à toute vitesse une mise de 125 000 du Belge qui s'empare du pot pour monter à 900 000 jetons, un stack supérieur à la moyenne de 735 000. 

S'il est le seul à avoir éliminé un joueur pour l'instant, Eric Sfez vit tout de même un début de partie compliqué. Il faut dire qu'il a très certainement eu le pire tirage au sort de la salle, héritant de Justin Bonomo et Vanessa Selbst à sa gauche. Et forcément, avec ces deux-là à ses côtés, voler les blindes ne s'avère jamais simple...

Comme sur cette main où Eric relance à 26 000 au bouton. En petite blinde, Justin 3-bet à 68 000. Vanessa abandonner sa grosse blinde ? Jamais ! Elle 4-bet à 142 000. Le Français hésite alors une longue minute puis décide de conserver son tapis de 400 000 jetons. Justin paie lui très vite avant de check-fold face à une mise de 142 000 sur un flop QJ4. Vanessa est toujours seconde au classement derrière Nick Petrangelo. Quant au second tricolore Gilbert Diaz, il s'est montré discret en ce début de journée, conservant son tapis initial de 800 000 jetons...