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« Je suis en freeroll pour l'année »

- 14 juin 2016 - Par Harper

Event #16 : Deuce to Seven Draw No-Limit Championship 10 000$ (Finale) : Jason Mercier rase ses amis en remportant le tournoi

Le 3 juin, Jason Mercier proposait un pari à ses followers sur Twitter. La possibilité de choisir n'importe quel joueur disputant les World Series of Poker et de parier que celui-ci gagnerait plus de bracelet que lui. Ayant obtenu énormément d'action de la part des joueurs les plus fortunés du circuit, Jason vient de ternir quelques bankrolls en s'imposant dès l'Event #16, l'épreuve de Deuce to Seven sur laquelle le Français Alex Luneau a terminé en septième position.

Et c'est à la force d'un poignet déjà fort de trois bracelets que l'Américain est allé chercher ce nouveau sacre, se montrant dans un premier temps patient en laissant ses adversaires s'éliminer avant de passer la vitesse supérieure une fois tombé à trois joueurs. En heads up face à Mike Watson, Jason Mercier jouait alors bien plus que pour les 273 335 dollars accordés à la gagne. Selon nos informations, en cas de victoire, l'Américain pouvait empocher un total d'un million de dollars. Mais en face, Mike pouvait lui marquer l'histoire du jeu en aller chercher une triple crown. Vainqueur de titres EPT et WPT, le Canadien était en effet à une marche de conclure le trident. Mais à la faveur d'un dernier check-raise à tapis avec 8-6-5-4-2, Jason est venu à bout de Mike qui a payé avec 9-7-4-3-2. « Je suis en freeroll pour l'année » s'est alors marré l'Américain à l'heure de la remise du bracelet.

Jason Mercier remporte donc officiellement 273 335 dollars et le quatrième bracelet de sa carrière mais officieusement beaucoup plus d'argent. Fedor Holz s'est d'ailleurs empressé de laisser un tweet disant qu'il s'agissait de sa plus grosse perte financière de sa jeune carrière. L'Allemand viendrait de voir s'envoler 100 000 dollars qu'il avait investi sur Stephen Chidwick, lui-même finaliste de l'épreuve.

Les jeux sont faits ? Pas vraiment car les paris engagés peuvent se cumuler. Ainsi, si Jason gagne un nouveau bracelet, Fedor et les autres devront à nouveau lui verser la même somme. L'Américain devra également payer si les poulains adverses s'imposent. Vanessa Selbst, qui a déjà parié contre le fait que Dzmitri Urbanovitch gagnerait trois bracelets cet été, a également envie de prendre un nouveau bet. Pour elle, Jason Mercier va gagner encore deux bracelets cet été ! Si vous voulez aller à l'encontre de cette prédiction, vous pouvez proposer une cote à l'Américaine...

Bruno Fitoussi est dans l'argent

- 14 juin 2016 - Par Harper

Event #18 : H.O.R.S.E. 3 000$ (Day 2) : Le Français dans la moyenne à 60 restants

Et de 20 ! En se hissant parmi les soixante survivants de l'épreuve de H.O.R.S.E., Bruno Fitoussi vient de signer la vingtième place payée de sa carrière sur les championnats du monde. Selon vous, combien sont en No-Limit parmi celles-ci ? Tout de même cinq, donc trois sur le Main Event. Mais sa véritable spécialité réside dans les variantes. Parmi ceux y ayant assisté, qui a oublié sa deuxième place du H.O.R.S.E. à 50 000 dollars en 2007 ? Un moment resté gravé dans l'histoire du poker français. Bruno joue aujourd'hui le même format mais à un prix d'entrée un brin plus modeste : 3 000 dollars. 59 joueurs se dressent encore entre lui et le bracelet parmi lesquels Mike Leah, Phil Hellmuth ou encore Eli Elezra. Tous sont assurés de prendre 4 584 dollars alors que 259 730 dollars attendent le vainqueur !

Alex Luneau à l'assaut du Razz

- 14 juin 2016 - Par Veunstyle72

Event #20 - Razz Championship 10 000$

A peine le temps de savourer sa 7e place sur son tournoi de deuce-to-seven, qu'Alexandre Luneau est déjà reparti à l'attaque sur ces World Series, avec ce tournoi de Razz à 10 000$ l'entrée.

Mais comment fait-on pour enchainer si rapidement deux tournois sans se poser : 

« C’est un petit field », me glisse Luneau, « ce n’est pas comme si je repartais sur un tournoi à 3000 joueurs ». Il est vrai qu’avec ses 72 participants actuel, ce tournoi n’a pas de quoi effrayer, comparé à une loterie géante sur n’importe quel autre tournoi. « Quand tu fais ce genre de tournoi, c’est plus facile de faire table finale… enfin plus facile…disons qu’il y a moins de joueurs ».

Bien qu’un parterre de grands noms du poker se soit installé également dans ce tournoi, Alex reste sur de sa force : « Je pense avoir un gros edge sur ce field aussi. Les gens font beaucoup d’erreurs. Et puis, c’est bien pour cela que je suis venu à Vegas… »

Néanmoins, la partie risque d’être longue avant d’arriver au bout. Les joueurs sont partis pour disputer 10 niveaux de 60 minutes aujourd’hui, demain aura lieu le day2 à 14h, et la finale se tiendra simplement mercredi.` 

« Je ne crains véritablement que deux joueurs à ma table, mes deux voisins qui m’entourent ». Ce sera l’Américain Brian Hastings à sa droite (2,3 millions de gains, 3 bracelets WSOP) et le Canadien Shawn Buchanan à sa gauche (presque 6 millions de gains et 3 fois 2e aux WSOP, dont une fois derrière Fabrice Soulier sur un tournoi de HORSE en 2011).

Daniel Negreanu

David "ODB" Baker ne manque pas une seconde de ce qui sera peut-être le dernier match NBA de la saison

Ryan Laplante : « Je suis fier de revendiquer être gay »

- 14 juin 2016 - Par Veunstyle72

Depuis le début de ces WSOP, ce ne sont pas les Hellmuth, Negreanu & co qui font le buzz chaque jour au Rio. Un jeune homme de 26 ans éclabousse doucement mais surement de toute sa classe, sa gentillesse et sa sincérité, il s’agit de Ryan Laplante. Vainqueur de l’Event #12, un Pot-Limit Omaha à 565$, qui a généré 2 483 inscriptions, Ryan a ému toute la communauté poker au moment d’aller récupérer son bracelet le lendemain. Pourquoi ? Car Ryan est gay, et fier de l’être, et lorsqu’il a été intronisé, bracelet à la main, Ryan n’a pas su contenir ses larmes au moment d’évoquer la tuerie d’Orlando, qui a fait des dizaines de victimes, dans un club gay de la ville, dans un discours très émouvant qu’il n’avait pas spécialement prévu. Pour nous, pour ce site Winamax qu’il affectionne particulièrement, et sur lequel il adorerait jouer si seulement il ne vivait pas aux Etats-Unis, Ryan est revenu sur le début de ces Series qui lui réussissent particulièrement bien, avec 5 cashs dont 1 bracelet WSOP. Mais il évoque également le fait d'être homosexuel en 2016 aux Etats-Unis...
Rencontre.

Issu d’une petite ville de l’Etat du Minnesota, Ryan a commencé à toucher aux cartes à l’âge de 11 ans pour la première fois. « Ça fait donc 15 ans déjà ! A l’époque, je m’amusais avec mes amis, et je ne manquais surtout pas un seul épisode des WSOP à la télévision. Puis petit à petit, le poker est devenu important, notamment grâce à Chris Moneymaker sa victoire sur le Main Event en 2003, ainsi qu’à l’apparition des cartes visibles à l’écran. L’industrie du poker a explosé. J’ai suivi le mouvement, et je me suis aperçu que j’étais bon, et que je pouvais surement en faire mon métier pour gagner ma vie honnêtement. Je suis donc passé professionnel à l’âge de 19 ans . J’adore le jeu et je me disais que je voulais faire partie des meilleurs joueurs du monde. »

« Pour cette année 2016, j’avais de grosses attentes sur moi-même »

Ses grands débuts à 21 ans sur les World Series n’ont pas été aussi simple qu’il ne l’imaginait. « C’était peu après le Black Friday, dans une ambiance un peu spéciale. J’ai tout de même atteint une table finale sur un tournoi à 1 500$. Je me souviens être arrivé chipleader de cette finale… pour terminer à une très décevante 8e place. » Ryan décide de ne pas abandonner aussi facilement, et l’année suivante, en 2012, il revient à Las Vegas : « Et cette fois, j’ai terminé 7e d’un event à 1000$... » De belles places, mais toujours autant de frustration pour ce professionnel online, qui affichait déjà un gros volume de jeu. En 2014, il ajoute une nouvelle finale à son palmarès, sur un tournoi à 3 000$ l’entrée, mais échoue une nouvelle fois dans la conquête d’un bracelet, puisqu’il va prendre la 5e place, après avoir perdu un énorme pot pour le chiplead. « Tous les ans, je voyais bien que je ne passais pas très loin du bracelet. J’ai décidé de travailler, encore plus. » L’an passé, il termina 29e du Colossus (22 374 entrées) : « C’était un sentiment incroyable de deeprun un tournoi aussi important, de run aussi bien pendant ces 3 jours de tournoi. » Un parcours qui a laissé quelques traces dans la tête de Ryan, mais de façon positive : « Pour cette année 2016, j’avais de grosses attentes sur moi-même, grâce au Colossus. Même si remporter un bracelet, c’était plus un rêve, une consécration, qu’autre chose, je suis arrivé à Vegas en me disant que je pouvais le faire. »

Bon joueur de poker, mais aussi fin gestionnaire, Ryan décide alors de se lancer dans tous les tournois à 5 000$ et moins l’entrée, avec pas mal de succès : 94e du Colossus, 80e de l’event 8, un HORSE à 1500$, 176e de l’Event 10, un 6-max à 1 500€, et enfin, champion WSOP sur l’event 12, un Pot-Limit Omaha à 565$. Le jour de gloire pour Ryan Laplante.

« Je suis un spécialiste de Pot-Limit Omaha Hi Low. J’avais donc un ami spécialiste de PLO dans le rail pour me guider. Il a été d’une aide très précieuse ».

Mais le moment de gloire de Ryan est surtout arrivé hier après midi, lorsqu’il a fallu qu’il vienne récupérer son bracelet de champion. Entre temps, le monde entier découvrait la tuerie d’Orlando, dans un club gay. « A l’origine, j’envisageais simplement de monter sur le podium et de ne pas faire de discours. Je voulais juste dire « merci » et rien d’autre. Je ne me voyais pas faire de longs remerciements à la terre entière. Et puis, il y a eu ce drame. Et en tant que personne public (Ryan est plutôt connu dans la communauté américaine), je me suis dit qu’il serait intelligent de profiter de cette ouverture médiatique. Quand vous faites une grosse performance ou que vous gagnez beaucoup d’argent au poker, les gens, les médias, ont tendance à vous écouter un peu plus. Alors quand ça arrive, autant se servir de ces rares moments pour diffuser un message constructif, en essayant d’avoir un impact positif. »

Dans son discours, que vous pouvez retrouver en vidéo ci-dessous, Ryan Laplante, les larmes au yeux, a exprimé sa très grande fierté d’être enfin champion WSOP, tout en revendiquant ouvertement son homosexualité, sous les applaudissements de la salle. Un discours terriblement émouvant et assez exceptionnel.


Vidéo Cardplayer
 

L’homosexualité est encore un problème aux Etats-Unis : « Même si les choses ont beaucoup évolué depuis 10 ans dans ce pays. Désormais le mariage gay est autorisé. Mais quand je vois que par exemple, je ne peux pas faire don de mon sang, car je suis gay, je trouve ça scandaleux. Même après avoir fait tous les test HIV, avec des résultats négatifs à chaque fois, le simple fait que je sois gay m’empêche de donner mon sang. Mais si je veux une arme, il n’y a aucun problème. Il y a donc un vrai problème à ce niveau là encore. »

« Devenir joueur de l’année WSOP serait quelque chose d’absolument incroyable.»

Le poker est un milieu qui ne fait pas de différence en ce qui concerne la sexualité de chacun. Mais ce n’est pas encore le cas pour tous les domaines, surtout aux Etats-Unis : « Si on regarde bien dans le domaine du sport par exemple, combien de joueurs encore en activité, en foot US, ont déclaré être gay ? Zéro. Au baseball ? Zero. En NBA ? Zéro. Tennis ? Zero. Football ? Un seul, Robbie Rogers. Combien y a-t-il de sportifs de haut niveau aux Etats-Unis ? Entre 7 000 et 11 000 peut être… Ce n’est pas normal. »

Bien que désormais habillé au poignet d’un bracelet qu’il convoitait depuis si longtemps, Ryan Laplante est bien décidé à ne pas en rester là : « Devenir joueur de l’année WSOP serait quelque chose d’absolument incroyable. Mais ne jouant pas les tournois à 10 000$ et plus, ça me paraît compliqué de concurrencer les joueurs avec une énorme bankroll. Si je refais quelques deepruns intéressant, sachant que je vais disputer tous les tournois à venir à moins de 5 000$, alors pourquoi pas. Mais je sais ça va être très compliqué. Néanmoins, je chercherai à battre le plus de records possibles sur ces WSOP. »

Ce jeune homme a de la ressource et beaucoup d'humilité, il y a fort à parier qu'on n'a pas fini d'en entendre parler.

Mercier v. Chidwick : duel à distance

- 14 juin 2016 - Par Harper

Event #16 : Deuce to Seven Draw No-Limit Championship 10 000$ (Finale) : Un heads up entre les deux joueurs peut valoir des millions

La table finale du Deuce to Seven n'intéresse pas que les joueurs encore en course. Une grande partie de l'élite du poker mondial a effectivement actuellement les yeux rivés sur la table, que ce soit via le streaming ou bien en s'étant directement déplacé dans l'Amazon Room. La raison ? De très nombreux bracelet bets engagés par Jason Mercier (photo, à gauche). 

Il y a dix jours, l'Américain a lancé les paris sur Twitter. Vous pensez qu'un joueur peut gagner plus de bracelet que lui cet été ? Misez sur lui, en substance. Jason, sûr de son avantage, a même ajouté une cote de 1,1 pour ses adversaires. À savoir : 100$ pariés, 110$ gagnés. Très rapidement, de nombreux joueurs ont répondu, ce fut notamment le cas du joueur du Team Winamax Sylvain Loosli désireux de miser sur Alexandre Luneau. Mais Sylvain a demandé une condition supplémentaire : que soient uniquement comptabilisées les épreuves où les deux joueurs sont présents. Refusé par Jason qui compte justement sur le fait de jouer le maximum de tournois. 

Une autre réponse est alors arrivée, celle du génie allemand Fedor Holz, véritable ovni actuellement autour des tables à qui il est difficile de ne pas décerner le titre de meilleur joueur du monde. Pourtant, ce n'est pas sur lui que Fedor a parié mais sur son grand ami Stephen Chidwick (photo, à droite). Et pas une petite somme : 100 000 dollars ! Immédiatement accepté par Jason Mercier. Dès lors, d'autres joueurs se sont renseignés... Pourquoi miser autant d'argent sur Stephen Chidwick ? Le principal intéressé nous a répondu : « Fedor sait que j'ai énormément travaillé toutes les variantes depuis plusieurs mois. » Derrière la modestie du garçon, comprenez qu'il les maîrise désormais certainement bien mieux que Jason Mercier. Alors d'autres joueurs ont pris le même pari : Dominik Nitsche ou encore Andrew Chen et d'autres moins connus ont envoyé quelques billets sur celui qui joue sous le pseudonyme Stevie444 en ligne. À tel point que Jason Mercier a dû ralentir le jeu : « Vous pouvez encore miser sur Stevie mais je n'offre plus de cote. Ce sera du un pour un. »

Ce qui n'a pas franchement freiné d'autres parieurs. Alors, à l'aube de cette table finale où les deux joueurs sont engagés, Jason a commencé a légèrement tremblé et l'a confié à Stevie : « Si on arrive en heads up, je vais jouer pour un million... Je prends un million si je gagne, je finis à jeu si je fais deuxième... » Le tout dans un tournoi où le vainqueur empochera "seulement" 273 000 dollars ! Alors l'Américain a pris de l'avance, assurant qu'il fallait absolument qu'ils effectuent un deal s'ils arrivaient en heads up. « Sauf que moi je n'ai absolument pas d'action sur moi ! » s'est marré Stevie en nous décrivant la scène. C'est le comble : une bonne partie de la planète poker a parié sur l'Anglais, mais pas lui : il s'est contenté d'établir son programme poker sans faire de bracelet bets à côté. Et celui qui compte onze tables finales sans jamais avoir décroché le graal l'assure : « Il n'y aura pas de deal. Je joue pour le bracelet. » Jason Mercier va trembler !

/!\ Stephen Chidwick vient d'être éliminé de l'épreuve en sixième place alors que Jason Mercier possède le quatrième tapis à cinq joueurs restants... À ses adversaires de trembler ! /!\