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Level 9, Lorenzo Lavis a un tapis tout neuf

- 14 juillet 2016 - Par Harper

Blindes 600/1200 ante 200

Un Français parmi les chipleaders !

En 2015, Lorenzo Lavis réalisait à Las Vegas la plus belle performance de sa jeune carrière, terminant second d'un 1,600 dollars au Venetian pour plus de 95,000 dollars de gains. Cette ville semble lui réussir : alors que nous sommes au coeur de la deuxième journée du Main Event, le Français figure parmi les chipleaders avec un tapis supérieur à un demi-million de jetons !

 « J'ai eu une rencontre incroyable... » explique-t-il.  « Un joueur relance à 2,500 premier de parole et un autre paie en milieu de parole. Le bouton fait alors un squeeze à 11,000 et je décide, depuis la petite blinde, d'envoyer 19,000. UTG passe, le joueur en milieu de parole paie et le bouton pousse son tapis pour 31,000 ! Je paie et MP fait la même chose... Nous sommes trois, dont un à tapis, sur un flop KQ6 ! Je mise 35,000 et je suis payé. J'envoie alors 65,000 sur un 2 au turn et mon adversaire pousse tapis pour 160,000 ! Je paye direct ! » Et pour cause, voilà les jeux...

Le bouton : AA
Le joueur en milieu de parole : QQ
Lorenzo Lavis : KK

Une rencontre digne d'un James Bond le propulsant, après une rivière anodine, derrière un tapis de 520,000 jetons !

Autre Français muni d'un beau tapis : Maxime Chilaud avec 320,000.

Libère Diaz

C’est l’une des dégringolades les plus étonnantes de ce Day 2C : partir avec plus de deux fois la moyenne, Guillaume Diaz a tiré sa révérence peu après le retour du dîner. « J’avais 100,000 au début du niveau avant le dîner, puis ça été le cauchemar. » Guillaume explique avoir eu des mauvaises rencontres accompagnées de mauvaises décisions. Au niveau des rencontres, on notera cette bataille de blindes où Guillaume floppe les deux paires max sur 7-5-3, et fait monter les enchères contre son voisin. Le turn est un 6, la rivière est un 6 : c’est là que Volatile abandonne - on lui montre 6-3 ! Guillaume engagera ses dix dernières blindes au retour de la pause avec A3 : il fait face à AK et 22, et ne s’améliore pas sur un board J896K.

Un side-bet à 500$

A la table de Davidi Kitai, Roberto Romanello a sorti son passeport renfermant son argent liquide. La raison ? il vient juste de prendre un joli risque avec un check-raise à tapis (ou presque) sur un flop Dame-10-8, envoyant 24,000 après une mise de 10,000 en se laissant seulement huit jetons de 100 (autant dire rien du tout) ! Son adversaire a passé, et a sorti la demande de rigueur : « Show the bluff ! »

Roberto reprend alors ses cartes des mains du croupier, et fait la proposition suivante au joueur :

« Je vais retourner une carte : si c’est un 4, tu me donnes 500 dollars. Si c’est pas un 4, je te donne 500$ »
« Euh, on le fait pour dix dollars ? »
« Non, c’est 500 balles ou rien. »
« Bon, tant pis.
»

Le manège a duré quelques secondes durant lesquelles personne, ni même la croupière, ne semblait pressé de passer à la main suivante. Connaissant les tendances ultra-solides de Roberto, nous sommes à peu près certains que son adversaire aurait du accepter l’offre. D'ailleurs, un joueur s'est écrié : "Tu as réussi à bluffer deux fois dans la même main !" provoquant l'hilarité générale.

Pendant ce temps, Davidi se bat à sa gauche avec une vingtaine de blindes.

Joue-la comme Fedor

Décidément, aucune rivière ne semble résister à Fedor Holz ! Et le poker devient un jeu particulièrement facile dans ces moments-là. UTG+1, l'Allemand a décidé de relancer avec K8. Le bouton paie et le récent vainqueur du One Drop va alors tranquillement envoyer trois mises : 3,800 sur793, 8,500 sur un T au turn puis, une fois la quinte trouvée sur une rivière 6, 11,500. Payé à trois reprises, il montre la meilleure main et grimpe à 170,000.

Swing à Las Vegas

Le Day 2 de Florian Decamps peut jusqu'à présent se résumer en un mot : swing. Débarqué ce matin dans la Pavilion Room avec un tapis de 64,100, 1flip 2win a depuis connu moults hauts et autant de bas... tout ça pour revenir, près de huit heures plus tard, au niveau de son tapis de départ. « Depuis que je suis arrivé à cette nouvelle table (dans l'Amazon Room), je suis monté jusqu'à 95,000 et redescendu à 23,000. » Un coup lui a notamment fait mal.

Un joueur ouvre sous les fusils, payé par Florian en milieu de position avec Roi-Dame dépareillés et les deux blindes. Rien n'est misé sur le flop 9-8-6, avant que le relancer initial n'envoie 5500 sur le Ks au turn qui ouvre un tirage couleur, se laissant 20,000 jetons derrière lui. Les deux blindes s'écartent du chemin mais pas notre Top Shark, qui décide même d'envoyer son tapis sur la Dame à la rivière, qui ne fait pas rentrer la flush. « Je le sentais énervé contre moi, me glisse Florian, donc je le sentais capable de me payer avec moins bien. Finalement, il me snap call avec deux 9. »

Après quelques minutes suivantes catastrophiques - « Dès que je relançais, je me faisait 3-bet, quand je plaçais un 4-bet je me faisais 5-bet shove. » - l'Antibois va réussir à doubler avec une paire de Dames contre As-Dame. Le même joueur que sur le coup précédent ouvre une nouvelle fois UTG, et Florian décide d'envoyer son tapis dans la foulée. Un flush draw apparu sur la turn viendra bien lui offrir quelques sueurs froides mais la rivière sera sans accident. Un petit rayon de soleil dans une journée pour l'instant bien grise pour le Team Winamax.

Scoop : Raymond Barre ira en finale !

Tiens, pour changer, un coup qui n’implique aucun joueur Français ou joueur connu du circuit international. Je suis tombé dessus par hasard, j’ai bien aimé, je vous raconte. Afin de faciliter la lecture, j’ai donné des noms de célèbres hommes politiques morts aux joueurs impliqués dans le coup.

Pierre Mauroy ouvre à 3000 en milieu de parole. Au bouton, Raymond Barre 3-bet à 8000. La parole arrive à Jean Lecanuet qui, depuis la petite blinde, prend son temps avant de 4-bet à 22,000.

Pierre Mauroy s’écarte rapidement du chemin. En revanche, Barre reste dans le coup.

Flop J63

Lecanuet revient à la charge avec une mise de 11,000. Barre marque un temps de pause et complète.

Turn : un A. Le genre de carte qui embête ou aide au moins l’un des deux joueurs.

Lecanuet, justement, ralentit le rythme avec un check. Barre envoie tranquillement une petite pépite pour 23,500.

Lecanuet attend un bon moment avant de payer.

Rivière : une Q qui complète absolument les tirages. Même un tirage de jeu de 7 familles est rentré, c’est dire.

Jean Lecanuet checke une dernière fois en s’écriant « Un homme neuf pour une France en marche ! » provoquant des haussements de sourcils chez ses adversaires, qui ne comprennent pas le Français, sauf Mauroy qui hoche la tête d’un air dubitatif (il était plutôt pour une politique de relance keynésienne) et Barre, qui hausse les épaules et envoie son tapis.

Lecanuet demande le compte et la croupière, sans doute perturbée par la présence de trois hommes politiques morts à sa table, se plante dans le décompte, et annonce 67,600 au lieu de 57,600.

Lecanuet paie et l’ancien premier ministre de Giscard retourne AK pour la meilleure main possible. Lecanuet s’apprête à jeter ses cartes mais un joueur demande à les voir - cela est permis (si ce n’est imposé ?) par le règlement : Lecanuet montre donc TT, une paire de 10 qui s’est transformée en le troisième meilleur jeu possible sur la rivière.

Vous vous en souvenez peut-être : l’an passé, notre confrère Kinshu avait prédit dès le Day 4 la présence de Joe McKeehen en finale. A mon tour de jouer les madame Irma : ce joueur que j’ai surnommé Raymond Barre tout au long du coup accèdera au statut November Nine cette année. Nous aurons la réponse lundi soir !

Anecdotes, statistiques et citations à la con

Parmi les joueurs Français récemment éliminés alors que nous avions le dos tourné : Pierre De Almeida, Roy Daoud, et Adrien Allain, malgré un beau tapis en début de journée :

Pour toute demande de substances illicites, veuillez contacter le joueur au siège 7, table 352.