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Level 5, celui où le Boss trinque

- 12 juillet 2016 - Par Flegmatic

Blindes 250/500, ante 75

Fin de la galère pour P14B

Le supplice de Patrick Bruel sur ce Day 1C a finalement pris fin après quatre niveaux. À la suite d'une journée où "[il] n'aura pas gagné un coup," le Boss a fini par pousser ses derniers jetons avec une paire de 7. Mais parce que décidément aujourd'hui, rien ne devait se passer comme prévu, P14B s'est fait payé par la paire supérieure et n'a pas trouvé d'aide sur le board. Après avoir signé la meilleure performance du Team Winamax l'an passé (237e), Patrick rejoint Kool Shen dans le rang des W rouges déçus ce lundi.

Les Frères Pétards tiennent le bon bout

Les membres des Frères Pétards, vainqueurs sans coup férir de la dernière édition du KING5, continuent d'avancer groupés. Ils étaient quatre ce matin à entrer dans la Brasilia Room pour jouer leur tout premier Main Event. Ils sont encore quatre en course au moment d'attaquer le cinquième et dernier niveau de ce Jour 1. Et c'est pour l'instant Julien Virgili (photo, à droite du croupier) qui mène les troupes avec 68 000 jetons devant lui. "Je commence un peu à fatiguer," me glisse-t-il après un peu plus de huit heures de jeu qu'e l'onimagine éreintantes. Dju9122AA, comme il se fait appeler sur Winamax, fait face depuis un bon moment au Champion du Monde 2009, l'Américain Joe Cada (avec le hoodie rouge). Pas de quoi l'effrayer pour autant. "Je me suis chauffé sept, huit fois avec lui depuis son arrivée. Pour l'instant c'est lui qui mène, mais j'ai réussi à lui prendre 10 000 juste avant la pause. En tout cas, j'apprends beaucoup avec lui, il joue vraiment très bien." "Je pense qu'au début, mes voisins de table m'ont pris un peu de haut, poursuit-il, mais maintenant, ils ont compris que je n'étais pas du genre à me laisser marcher dessus." Exactement le genre de discours que l'on aime entendre.

À quelques mètres de lui, son compère Allan Lorant a réussi à se refaire une santé, pour atteindre la barre des 60 000. C'est exactement cinq fois plus que Denis Savoy, qui se débat tant bien que mal avec 12 000 jetons. "Je n'ai pas eu grand chose, m'explique-t-il, et quand j'ai touché je me suis avoir." Aïe, dit comme ça, cela parait effectivement compliqué. Enfin, replié dans un coin de la Brasilia, n'oublions pas Tony Baron, qui continue de croire en ses chances avec environ 25 000. "Ils ont l'air fatigués à ma table, lâche-t-il, ils ne jouent pas comme en début de journée. Moi aussi probablement, mais je sens qu'il y a quelques failles à exploiter." Alors, n'hésite pas, fonce !

Voyage Voyage

La fin est proche, et il est temps de penser au Day2 pour la plupart des joueurs… mais pas tous : « J’essaie de réserver des vacances là, mais je n’ai pas d’idée. Avec les enfants c’est toujours compliqué. » Aurélien Guiglini a en effet d’autres projets, celui de savoir où il va pouvoir aller se dorer la pilule bientôt. Côté poker, pas grand chose à signaler pour Guignol : « J’ai une table pas très compliquée. Il faut juste que j’arrive à chatter contre le Roumain deux crans à ma droite. » Sinon, on te propose Zanzibar, un archipel de l’Océan Indien, en face de la Tanzanie. Il fait une trentaine de degrés en permanence et l’eau y est plutôt clair, tu devrais te régaler.

Fini de faire le lâche

Une journée pas évidente, c’est ce que vit Davidi Kitai aujourd’hui. « Je me suis beaucoup fait 3-bet en début de journée, et j’ai souvent abandonné. » Sauf qu’il ne faudrait pas prendre le génie Belge pour un jambon : « J’ai attrapé un bluff avec bottom pair. On m’a deux barrels, et puis ça fait check check à la rivière et j’ai gagné. J’ai pris 9 000 de bénéfice, c’était mon plus gros pot » Kitbul aurait même pu prendre un pot plus important lorsqu’il a fait deux paires contre deux paires inférieures, sur la turn d’un board A-8-9-6, sauf que la rivière a apporté un 7 et que l’action a été gelé. « J’avais As-Six, il avait Neuf et Huit. » Dommage. Il possède cependant 54 000, et s’en contente très bien, puisque c’est le tapis maximum qu’il a eu de toute la journée.

Stop au sexime

Depuis la reprise du dinner break, Guillaume Diaz a reçu la visite d’une charmante joueuse dont on a évoqué le nom plus d’une fois cet été dans ce coverage : Cate Hall. L’Américaine semble passionner Guillaume : « J’ai regardé ses résultats poker, et en cherchant un peu, je suis tombé sur son blog. Elle parle du sexisme dans le monde du poker. » Guillaume semble quelque peu intrigué et envouté par la demoiselle aux tatouages bien visibles. Mais qui ne le serait pas ? En attendant, pour revenir aux cartes, volatile38 a un peu perdu de sa superbe, même s’il lui reste un tapis plus que confortable de plus de 100 000 jetons.

Le coup le plus improbable de la journée

Me promenant dans la Pavilion Room (toujours bouillonnante d’excitation à deux heures de la fin de la journée), je tombe à une table où un siège est ostensiblement inoccupé, malgré la présence de jetons devant le siège en question. Oh, trois fois rien : à peine deux pions noirs (valeur : 100), et trois verts. Même si ce joueur venait à revenir à sa place dans la minute qui vient, je ne donne pas cher de ses chances de survivre au tour de blindes 250/500, ante 75. Mais d’ailleurs, où est-il ? Embouteillages au retour du resto ? Urgence familiale ? Lassitude de ce jeu pourtant formidable qu’est le poker ? Le mieux sera de demander à ses collègues de table.

« Oh là là, tu as une minute ? », s’exclame le siège 2. « Parce que c’est une longue histoire ! »
« Une histoire à dormir debout », renchérit le siège 1.
« Mais pas facile à raconter », intervient le siège 9.
« Je n’avais encore jamais vu ça de ma vie » dit le siège 4 en secouant la tête.

Il se trouve que je suis arrivé à la table la plus sympa du Main Event, où absolument tout le monde est prêt à expliquer à un reporter anonyme le truc apparemment extraordinaire qui vient de se passer. Voici donc le récit à neuf voix de l’affaire…

« Alors, le mec était de petite blinde… »
« Au bouton, non ? »
« Non non non, de petite blinde, il était le premier à parler rivière. »
« Bref, on s’en fout, il y a une relance là bas, un 3-bet à droite, et le mec 4-bet, je suis certain qu’il était en petite blinde. »
« Le premier relanceur passe, mais moi je paie…. »
« Et là, le truc de dingue, c’est qu’en payant le 4-bet, notre ami retourne sans le faire exprès une de ses cartes. »
« Ouais, j’ai montré un Roi. Mais le jeu continue normalement. Le mec sait maintenant que j’ai au moins un Roi, mais le coup se poursuit. »
« Le flop tombe 2-3-4. La petite blinde mise. »
« Et je paie ! »
« Turn : un Roi. Et évidemment, tout le monde sait que le monsieur là-bas à un Roi dans sa main. »
« Le mec checke. Je mise 7,500 avec mon Roi. Il paie ! »
« Rivière, un 5. Maintenant, il y a 2-3-4-5 sur le board, tu suis ? N’importe quel As fait quinte. Et que fait la petite blinde ? Tapis pour 60,000 ! »
« Maintenant je peux te le dire : à côté de mon Roi exposé, j’ai un As. Je réfléchis, je réfléchis, je me dis qu’il a pas pu montrer autant de force avec un 6 en main. Je finis par payer. »
« Et c’est là, très cher reporter, qu’arrive le vrai bad beat de cette histoire. Ce joueur de petite blinde portait des écouteurs, il a pas bien entendu la décision de monsieur, tu vois. Il a pas entendu « call », il a entendu « fold ». Du coup, qu’est-ce qu’il fait ? Il rend ses cartes au croupier en soufflant ! »
« Ses cartes étaient perdues ! Il a hurlé quand il a compris, en disant qu’il avait les As ! »
« Mais c’était trop tard. Ca aurait du être un pot partagé, mais à la place j’ai tout gagné. »
« Du coup, il lui restait deux blindes. Il s’est barré direct. »
« En plus, le croupier a fait une erreur. La règle est claire quand il y a tapis sur la rivière : toutes les mains doivent être montrées. Il aurait du retourner les cartes de la SB au lieu de les ranger dans le muck. »
"Du coup, on ne sait pas à 100% si c'était vraiment un split-pot. Mais c'est quand même une histoire de dingues."


On ne vous contredira pas, les amis.

Anecdotes, statistiques et citations à la con

Quelques statistiques intéressantes en provenance directe du bureau de presse des World Series of Poker…

Valeur combinée des tapis des 6737 joueurs : 336,85 millions
Jetons en circulation dans le tournoi (avant chip-race) : 229 058
Croupiers employés sur le Main Event : 866
Jeux de cartes utilisés : 1 522
Pays représentés : 80
Age moyen des participants : 40,08 (NB : l’âge moyen augmente de presque un an chaque année !)
Joueur le plus âgé : William Wachter (New York), 95 ans (il a ITM l’an passé)
Joueur le plus jeune : Evan House-Hull (Illinois), 21 ans et 19 jours (sera au Day 2B)
Participants masculins : 6 469
Participantes féminines : 268 (soit 4%, en augmentation si je ne m’abuse)

Quelques célébrités ayant participé au Big One : les acteurs Brad Garret, Jennifer Tilly, Kevin Pollack et Ray Romano, les sportifs Richard Seymour (NFL), Jason White (pilote), Shane Warne (cricket) et plein d’autres que je ne connais pas, le réalisateur Nick Cassavetes, et l’homme politique Robert Hue (Parti Communiste).