masquer le menu
   

Level 5, c'est peut-être un peu tôt pour une absinthe

- 11 juillet 2016 - Par Benjo DiMeo

Blindes 250/500, ante 75

Une petite journée

Pendant que certains vivent une journée de folie, multipliant les swings ou les surrelances préflop, d'autres vivent un Jour 1 on ne peut plus tranquille. C'est notamment le cas d'Arnaud Esquevin. Le runner-up de l'EPT Deauville 2009 n'a semble-t-il pas beaucoup eu l'occasion de s'entousiasmer depuis le lancement de son troisième Main Event (une place payée jusque-là en 2011, 687e pour 19 359$). Pour preuve, ce coup joué de manière très low variance. Arnaud ouvre à 1 100 en milieu de position, et trouve un payeur en la personne du jouer au bouton. Le Français ajoute 1 500 de plus au milieu sur un flop 789. Plus rien n'est ensuite misé alors que le turn apporte un J et la rivière un 7. Arnaud retourne alors AsT pour une quinte trouvée sur la turn, qui lui permet de remonter au-dessus des 40 000 jetons.

Du côté de l'Amazon Room, c'est un peu le même topo pour Grégory Benac. L'un de ses voisins de table me prévient même au moment d'approcher sa table. "Ne viens pas perdre ton temps ici, il ne se passe rien." C'est ce qu'on va voir. Après une ouverture à 1 000 du joueur sous les fusils, le Français défend sa grosse blinde avant de payer deux salves à 1 200 et 1 500 sur un board 456J. La rivière amène un 6, qui incite Grégory à envoyer 2 500 au milieu. C'est payé par son adversaire - qui avouera plus tard avoir As-Valet en main - qui ne peut retourner mieux que la paire de Dames du Frenchie. Ce dernier en profite pour faire grimper son tapis à 62 000 jetons.

Après sa victoire sur le Poker Players Championship à 50 000 dollars, Brian Rast (au premier plan à gauche), fait partie des favoris de ce Main Event. Mais avec seulement 12 000 jetons devant lui au moment de passer à sa table, l'Américain devra batailler ne serait-ce que pour franchir ce Day 1.

Ancienne gloire

Sur un flop A43 résolument monocolore, Sébastien Guernevé est premier de parole et checke. Au bouton, celui que les anciens auront reconnu comme Tom McEvoy, le vainqueur du Main Event 1983 (un demi-million pour la première place à l'époque), check aussi.

Le turn est un T et le qualifié Winamax prend l’initiative avec une mise de 5000. Le vieux champion qui lui fait face n’attend même pas une seconde avant de balancer trois jetons oranges de 5000. Une démonstration de force qui n’impressionne pas Seb (je me demande s’il a reconnu McEvoy, mais comme Seb, l'Américain s'était qualifié via un satellite lorsqu'il a disputé, et gagné le Main Event) : c’est payé.

La rivière est une brique qui ne change rien au board. Sébastien pousse 25,000 dans la direction de McEvoy. Ce dernier abandonne, songeant sans doute qu’il y a 33 ans, il ne fallait pas battre plus de cent joueurs pour remporter le plus gros tournoi de poker du monde, et sachant pertinemment que cela bien longtemps qu'il ne peut guère espérer mieux dans ce gigantesque tournoi qu'une modeste place payée.