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Level 4, jamais il ne faut arrêter de se battre

- 11 juillet 2016 - Par Flegmatic

Blindes 200/400, ante 50

Sarda, ça roule

Logée dans un coin de la Brasilia Room, la table de Jérémie Sarda constitue une petite anomalie au milieu d’un field résolument sérieux et appliqué où les échanges entre joueurs restent relativement rares. « On s’est tous avoués qu’on est de gros joueurs qui vivent du poker, m’explique le Français. Du coup c’est vrai qu’on discute pas mal, il y a une bonne ambiance. Tu ne viens pas franchement au Main Event pour ça, mais c’est agréable. » Et des histoires, celui qui a vécu cinq mois au Costa Rica, un mois en Colombie et trois mois au Mexique en a à revendre. Il suffit de l’entendre discuter avec son voisin du siège 9 des différences entre les filles d’Argentine et du Brésil pour s’en rendre compte. « Il y a deux ans, je suis resté ici pour tous les WSOP, ajoute Jérémie. J’ai joué 19 tournois, mais concrètement, au bout de trois semaines, j’ai explosé. Du coup cette année, je me suis vraiment concentré sur le Main. » Une stratégie qui semble pour l’instant porter ses fruits, malgré un tapis de 55 000 qui a donc peu évolué par rapport à son arrivée à table en cours de journée.

Le verre à moitié plein

Sacha Halphen n’est pas au top de sa forme : « C’est l’enfer. Je suis en plein désert de cartes. Ça fait deux heures que je n’ai pas vu un as… Ah si, j’ai eu les as ! Un joueur relance à 1 000, payé 3 fois, je fais 3 000 et tout le monde a passé. Mais je n’ai pas de mains intéressantes, je ne peux pas défendre mes blindes, c’est dur là » Courage Sacha, avec 33 000, il peut se passer pleins de belles choses encore.

A contrario, Sebastien Guernevé va beaucoup mieux : « Je viens de doubler il y a peu de temps. » Sébastien m’explique alors qu’après être tombé à 30,000, il a ouvert KQ et s’est fait call une fois. Il a trouvé un flop idéal, avec un roi et deux trèfles. « Je c-bet, il call, turn je touche le trèfle et là c’est lui qui mise. Je me contente de payer. » Et sur une rivière assez anodine, il décide de faire tapis. Son adversaire va réfléchir deux bonnes minutes, sans réussir à trouver le bouton fold avec deux rois en main pour brelan ! « Du coup, je suis beaucoup mieux avec 68 000 maintenant. » 

Sa voisine Thi Nguyen va en revanche un peu moins bien. On l’a compté à 110 000. « Oui mais je viens de faire doubler un joueur là. J’avais une paire plus un tirage quinte, et lui avait une paire aussi, mais un tirage couleur supérieur au mien. Ça m’a couté 20 000 ». Une fois de plus, Thi Nguyen monte des jetons, désormais il faut réussir à les garder et les faire fructifier.

Bad beat de dernière minute

Il y a une heure de cela, Benjamin Pollak nous parlait de son aisance à buy in un tournoi de cette envergure. Qu’en est-il maintenant ? « Mon voisin de droite vient de chatter un énorme pot contre moi. » Aie, le voici désormais à …12 000. Ce même voisin était en tilt contre un autre joueur et a décidé de disputer un coup 4-bet préflop avec Roi-Huit… pour trouver un flop K-8-2. « J’ai fait 1 000, il m’a raise à 2 600, je lui ai mis 6 500 et il  a call. Je savais qu’il était en pampa. Deux paires au flop, elle est sympa sa vie, non ? », ironisait Ben Pollak. Le joueur a misé 3 500 au flop, puis sur une doublette du roi à la turn, les deux joueurs ont check. La rivière est un 9, son adversaire mise 11 500 et Ben Pollak a call. « Je ne comprenais rien à sa façon de jouer la main ». Sauf que cette fois, avec full house contre lui, Ben Pollak a laissé filer une bonne partie de son tapis. « On peut re-entry ? » Non, ça ne va pas être possible monsieur.

Fitoussi, ça sent le roussi

« Tu vois, tout l’été, c’était comme ça ». Bruno Fitoussi vient de faire tapis et personne n’a payé. Avec 6 000 devant lui, l’ancienne grande figure de l’Aviation Club de France n’est pas super favori pour gagner ce tournoi. Certes la structure est belle et tout est encore possible, mais Bruno a de l’expérience et connaît ce genre de moment. « C’est pas grave, il y a bien plus grave tu sais. » 

C’est la tuile

Continuons avec les mauvaises nouvelles. Harry Touil a chuté à 18 000. « Alors que j’avais 70 000 il n’y a pas si longtemps. » Il a perdu un énorme pot avec 76 sur un board 77594, son adversaire ayant rentré une flush avec KQ. « Et derrière, je perds avec une paire de Valets contre 10-9. 10 au flop, 10 à la river, pour offrir brelan à son opposant. C’est dommage parce que la structure de ce tournoi est incroyable, avec 50 000 jetons au départ. »

L’équipe de France a gagné !

Stoppez les rotatives, on est bel et bien champions

C’est un fait : les fans de football Français ne garderont pas un souvenir joyeux de ce dimanche 11 juillet… A l'exception d'une poignée de joueurs de poker, qui se sont brillamment consolé de la défaite de la France face au Portugal en finale de l’Euro, en allant jusqu’au bout dans la Coupe du Monde de Vegas organisée par le pro Américain Timothy Adams, opposant 16 équipes composées de joueurs du monde entier : Daniel Negreanu et Greg Mueller chez les Canadiens, George Danzer chez les Allemands, Anton Wigg chez les Suédois... La formation Française était composée pour majorité de joueurs que vous connaissez bien, dont notre Top Shark Florian Decamps, passé par le haut niveau en France et aux USA, et Guillaume Diaz.

Après avoir terminé premiers de leur groupe (devant la Norvège, l’Espagne et l’Uruguay), nos joueurs ont remporté leur quart de finale, puis battu l’une des deux formations Américaines en demi-finales. Le dernier match les a opposés aux Norvégiens, dont ils se sont défait 8 buts à 3 pour soulever le titre de champions de la World Cup of Vegas, après avoir échoué en demi-finales en 2014 et 2015.

Bravo les Bleus de Vegas !

L’équipe de France de Vegas, de gauche à droite, en haut : Florian Decamps, Alexandre Réard, Guillaume Diaz, Nicolas Cardyn, David Susigan, inconnu
En bas : François Pirault (qualifié Winamax), Ivan Deyra (qualifié Winamax), Quentin Lecomte, Jean-Marie Peyron, Adrien Allain

Statistiques, anecdotes et citations à la con

6 : en dollars, le prix d'un kilogramme de tomates au Costa Rica, selon notre guide touristique maison Jérémie Sarda. Parce qu'on ne sait jamais, ça peut servir.
2 : le nombre de joueurs sirotant déjà une bière dans la Brasilia Room. 
16 : Le prix en dollars de la salade que Polly Morrison vient de s'offrir à la Poker Kitchen. 

Ils n’iront pas au Day 2 :

Brian Hastings
TJ Cloutier
Mohsin Charania
Jean-Robert Bellande
Carter Gill
Joe Serock
John Gale
John Hennigan