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Les high-stakers serrent les fesses aussi

- 5 juillet 2016 - Par Benjo DiMeo

Event #55  : Poker Players Championship 50 000$ (Day 3)

Il est presque minuit à Las Vegas en ce soir de fête nationale, et dans le tournoi le plus prestigieux des WSOP, on est bel et bien rentré "dans le dur" : au compteur, 17 joueurs seulement, pour 14 places payées. Tandis que l'on vibrait sur le podium télévisée devant les exploits de Guignol, les eliminations se sont succédées, la frustration des pros sortis augmentant à mesure que l'on se rapprochait de l'argent. Exit les Phil Hellmuth, les George Danzer, les John Racener, les David Grey, les Scott Seiver, les Dan Shak, les Todd Brunson et autres John Monette. Autour des trois dernières tables du tournoi, on retrouve un assemblage de talents exceptionnels (on s'en doutait), et où "l'ancienne école" tient plutôt bien son rang face à la nouvelle génération (ça, je n'aurais pas forcément parié dessus). Et peu importe la bankroll et l'expérience de ces joueurs : aucun d'entre eux ne veut sortir à la place du con. 50 000 balles, cela reste une somme, même pour les regs de la Bobby's Room. Depuis le banc de presse, j'observe depuis tout à l'heure le ballet familier des short-stacks inquiets venant zieuter les tapis sur les autres tables. Mélange d'impatience et d'anxiété. Il faut dire qu'à ce stade, les joueurs qui repartiront les mains vides auront joué plus de 28 heures en trois jours, pour un gain de zéro virgule zéro ! Il est possible que cette bulle dure un bon moment...

"J'ai quatre bracelets Poker Players Championship à ma table !" s'exclame Daniel Negreanu sur Twitter. Le compte est bon avec, de gauche à droite, Brian Rast (vainqueur en 2011), Mike Gorodinsky (tenant du titre), et Michael Mizrachi (historique double vainqueur en 2010 puis 2012). Face à ces monstres, Daniel, qui n'a été classé qu'une seule fois sur ce tournoi (13e en 2008), se défend avec l'un des plus petits tapis.

Un Mizrachi peut en cacher un autre : dans l'ombre du célèbre Michael se cache Robert. L'aîné n'a pas à rougir de son palmarès, avec pas moins de quatres bracelets, dont trois en succession ces trois dernières années. Chose incroyable, une finale PCC rassemblant les deux frangins ne serait pas inédite : la chose s'est déjà produite en 2010 ! Cette année-là, Michael avait éliminé son frangin en cinquième place. Si mes souvenirs sont bons, les organisateurs avaient fait en sorte que les deux Mizrachi ne se retrouvent pas à la même table (excepté en finale bien entendu), comme c'était le cas lorsque Todd et Doyle Brunson disputaient les mêmes tournois - non pas qu'on suspecterait des grands pros tels qu'eux de "collusioner" (quoique), mais il s'agit d'une règle naturelle et ancestrale au poker : les familles doivent rester séparées. Aujourd'hui, R-Miz et le "Grinder" sont bel et bien assis face à face : les superviseurs ont contacté l'arbitre en chef Jack Effel pour lui demander s'il fallait en déplacer un des deux - soit ils n'ont pas eu de réponse, soit Effel a jugé que cela ne posait pas de problème.

Justin Bonomo (un bracelet WSOP) tient bon la barre : il a passé la journée solidement installé en tête du classement. A sa gauche, Jason Mercier galère quelque peu avec beaucoup moins de jetons, mais ses espoirs de ruiner Vanessa Selbst grâce à une troisième victoire WSOP en un mois restent intacts. A droite, le Dark Vador de ces WSOP : Howard Lederer, ex-grand manitou de Full Tilt Poker ayant attendu cinq ans avant de présenter ses excuses à la communauté flouée au moment du Black Friday de 2011. Je n'ai été témoin d'aucune esclandre tout au long du tournoi, mais je suis sûr qu'ils ont été plus d'un parmi les participants à se dire "Cet enfoiré joue avec notre pognon !" Et ils sont sûrement encore plus nombreux à espérer le voir jarter à la bulle. Une cérémonie de remise de bracelet avec Lederer, avouez que cela serait tout de même un peu gênant...

Ils sont aussi de la partie : Daniel Alaei, Rep Porter, Paul Volpe, et une poignée de visages que je ne reconnais décidément pas. (Je sais pas pourquoi, mais je sais d'avance que c'est l'un d'entre eux qui va gagner.)

Bulle ou pas, les joueurs s'arrêteront pour la nuit après le niveau 18, au alentours de deux heures du matin, donc.

Tableau de bord
17 joueurs restants (sur 91 au départ)
14 places payées
Min-cash : 75 833 $
Vainqueur : 1 296 097 $