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Le scénario catastrophe

- 5 juillet 2016 - Par Veunstyle72

Guignol subit un énorme setup d'entrée de jeu
Le Français parvient malgré tout à gratter deux paliers avant de sauter en septième place

Event #54 : NLHE Crazy Eights 888$ (Finale)


C'est une heure complètement folle qu'a vécue Guignol sur le podium télévisé des World Series of Poker. En voici le récit, minute par minute. Vous l'aurez déjà compris avec le titre : l'histoire ne se termine pas bien.

17h30 : Shuffle up and deal ! Le légendaire superviseur Robbie "Redbull" a sorti du placard une superbe cravate "USA" de circonstance en ce jour de fête nationale Américaine.

17h46 : Le scénario catastrophe ! Guignol se mange un énorme setup d'entrée de jeu, lors du premier coup à tapis de cette finale.. Une rencontre inévitable entre sa paire de Dames et la paire d'As de Dimitar Danchev, en grosse blinde. Tout est parti avant le flop, bien entendu. C'est Aurélien qui a enclenché les hostilités, en ouvrant cette main à 350,000. Tout le monde passe jusqu'au Bulgare qui 3-bet à 875,000. Aurélien ne se pose pas trop de questions et annonce tapis. Sa phrase est à peine terminée qu'il entend « call » chez Danchev, qui possède 4,2 millions à ce moment là.

Dimitar Danchev a reçu un beau cadeau des Dieux du poker pour entamer cette finale

79566, ce n'est pas vraiment un board qui améliore la main de Guignol. Il lui reste 1,45 million après le coup. Soudain, pas mal de rêves viennent de s'envoler... Mais il lui reste tout de même une douzaine de blindes pour se battre. C'est pas fini !

17h54 : Un premier sortant, il s'agit de Nils Bardsley, qui pousse ses derniers jetons au bouton avec K2. De grosse blinde, Loni Harwood se voyait sûrement en flip, mais non : elle est devant avec 33, et le restera au terme des cinq cartes du board. Bardsley repart avec 57 605 dollars et Guignol sourit : il vient de monter d'un cran sur l'échelle des prix sans bouger le petit doigt.

17h58 : Hop, une nouvelle élimination, celle du chinois Yang Zhang. Encore un coup archi classique : Michael Lech ouvre UTG, Rafael Yaraliyev 3-bet UTG+1, la parole arrive à Zhang qui pousse tapis de BB. Lech s'écarte du chemin et les deux joueurs restants retournent des mains guères surprenantes : deux Dames chez Zhang, As-Roi de coeur chez Yaralyev. Ce dernier possède le plus gros tapis, et trouvera un Roi pour sortir Zhang, qui remporte 74,888 dollars. Nouveau sourire chez Guignol : il vient presque de doubler ses gains assurés sans rien à faire.

18h01 : "Tinquiètes pas, c'est pas fini !" nous lance Guignol depuis son siège. On y croit !

18h10 : Un pot énorme va faire apparaitre un nouveau chipleader. Loni Harwood ouvre à 350 000. Aurélien passe, mais pas son voisin Michael Lech, qui 3-bet à 775 000. La parole va revenir sur la demoiselle, qui va prendre un bon moment de réflexion. Elle annonce « all in » et Michael Lech ne va pas mettre beaucoup de temps à investir son tapis au milieu de la table. Il retourne KK et domine assez largement Loni, qui ne peut montrer mieux que TT. Le dealer sort un board 6454Q et après décompte des tapis, le bilan est dur pour Loni : elle chute à près d'un 1,1 million, soit 7 petite blindes. A contrario, Michael Lech s'envole et devient le nouveau chipleader de cette table, avec 9,4 millions de jetons.

18h21 : « Je la sens bien chatter », nous dit Guignol à propos de Loni Harwood, en grande difficulté avec quatre blindes suite à ce gros pot concédé à Michael Lech. La suite lui donne raison. Loni pousse ses 635,000 UTG, se fait payer par Rafael Yaraliyev, et remporte un flip avec son maigre K4 contre 33, avec un suspens conservé jusqu'au bout pour le plus grand plaisir des spectateurs : trois piques au flop, et le 4 sur la rivière.

18h26 : Et Guignol, il a le droit de chatter ? Le voilà à tapis préflop, favori avec K9 contre le 109 de la même Loni. C'est le moment de vérité !

Flop 55J. Jusqu'ici, tout va bien.

Turn... Un 10 ! Non, Guignol ne peut pas chatter.

Alors que les nombreux supporters de Loni explosent de joie, Guignol secoue la tête avec sourire résigné. La rivière ne renversera pas la tendance : chip-leader à l'entame de la finale à 17 heures 30, le chef de projet de Winamax doit se contenter de la septième place pour sa seconde finale aux Championnats du Monde. Il remporte 96 888 dollars. Un joli prix pour une épreuve au prix d'entrée de tout juste 888 dollars où 6791 inscriptions ont été enregistrées !

« Elle a bien chatté la petite blondinette… », lâche Guignol quelques minutes plus tard. Un peu sonné, forcément. « J’avais un feeling horrible à propos de Danchev. Et en même temps, je n’ai pas beaucoup de regrets. Si tu connais un mec capable de fold une paire de dames ici, j’aimerais bien le rencontrer. »

Runner up l’an passé, 7e cette année, Guignol est beau perdant et ne laisse aucune place aux remords : « J’ai gagné presque 100 000 dollars. C’est toujours mieux que de choper le cancer, tu sais. Surtout qu’il s’agissait d’un tournoi à 888$. C’est juste dommage de deeprun le tournoi avec le prizepool le plus ridicule des Series. Normalement, j’aurais du prendre au moins 50 000$ de plus, si tu compares avec n’importe quel autre tournoi. »

Son seul regret, c’est peut-être d’être arrivé en tête sur la table finale. Pour le résultat qu’on connait : « Quand tu es en position de chipleader, et que tu termines seulement septième, il y a un peu de déception, c’est vrai. Et puis en même temps, la moyenne était à 20 blindes, ça pouvait aller très vite dans tous les sens. Mais je vais te dire, mon plus grand regret, c’est de ne pas avoir pris le masque de Michel pour le mettre quand j’étais à tapis ! »

A peine 5 minutes après son élimination, le sourire légendaire de Guignol refaisait surface : « Bon, on fêtera ça bientôt en boite, promis. Et pour vendredi pour le match de l’équipe de France, on fait un truc énorme ! » Le vrai Guignol est déjà de retour : vive Guignol !

Coda : ce coup de chance n'aura permis à Loni Harwood de gagner qu'un seul palier de gains. L'Américaine sortira quelques minutes plus tard en sixième place, son As-6 ne s'améliorant pas contre le As-Dame de Michael Lech.