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Fin de règne

- 13 juillet 2015 - Par Benjo DiMeo

Blindes 12,000/24,000, ante 4,000

116 joueurs au compteur, qui s'apprêtent à partir en pause-dîner. Nous allons faire de même, et ne remettrons pas les pieds au Rio ce soir. Rendez-vous un peu plus tard pour le classement des survivants du Day 5 ! 

Les derniers sortants (46,890$ chacun)

119. Vitaly Lunkin (Russie)
121. Jim Bechtel (USA)
123. Kenny Hallaert (Belgique)
136. Felipe Ramos (Brésil)
 


"Ca sent la fin", comme on dit sur Internet. Même s'il reste encore 119 joueurs dans le Main Event, et deux journées entières de poker à jouer après celle qui nous intéresse ici, la réalité nous saute au visage partout dans le centre de convention du Rio : après presque cinquante jours de poker non-spot, presque 24 heures sur 24, les World Series of Poker sont sur le point de s'achever.


Une convention chasse l'autre : dans la Pavillion Room ont déjà été installées des rangées de tables - pas des tables de poker. Il paraît qu'un tournoi de billard va remplacer les WSOP la semaine prochaine, mais je n'ai encore vu aucune table. On peut en tout cas voir que la gigantesque Pavillion a été reconfigurée avec l'apparition de murs escamotables la segmentant en plusieurs petites salles.


La Poker Kitchen est fermée depuis déjà deux jours (il y reste encore quelques tables de poker laissées à l'abandon, mais là aussi on sent qu'une nouvelle convention arrive bientôt) ne laissant aux affamés qu'un stand de snacks près de l'Amazon pour se sustenter. En revanche, le bar est extrêmement bien fourni (si ce n'est un peu cher), un détail important pour les nombreux spectateurs qui, ont le sait, se font généralement royalement chier tandis qu'ils regardent l'action de loin.


Il reste encore du boulot pour nettoyer la Brasilia.


Dans l'Amazon, les spectateurs sont venus nombreux pour suivre Daniel Negreanu, qui sera probablement abonné au podium télévisé jusqu'à son élimination - si elle survient ! Car Daniel est plus que jamais dans la course, ayant récemment doublé son tapis sur un coin-flip. 


Ceux qui en ont marre de regarder passivement peuvent jouer à leur tour : un deep-stack à 235$ est en cours, ou 287 joueurs sont inscrits. Une somme modique qui vous permettra peut-être de jouer avec Greg Raymer, le seul Champion du Monde encore dans l'Amazon après l'élimination de Jim Bechtel en 121ème place.


La raréfication des tables rend celles qui restent moins accessibles. La télévision est prioritaire avec ses grues, ses caméras sur chariots et ses dizaines de techniciens, producteurs, assistants. Il est tacitement admis que nous autres journalistes "papier" de la presse étrangère ne sommes que des amateurs nuisible. Place aux vrais pros ! 


Il ne reste plus qu'une poignée de joueuses (deux ou trois), dont la Suédoise Diana Svensk. "Svensk", ça veut pas dire "Suédois" en Suédois ? C'est comme si je m'appellais Benjo Français. A Stockholm, Diana, qui exerce le métier de designer dans la mode, est une célébrité locale. Checkez son site web.


Pendant que les joueurs jouent, les hommes de maintenance retirent les tables au fur et à mesure. Chacun son boulot !

Non, ce reportage n'est pas terminé

- 13 juillet 2015 - Par Benjo DiMeo

Level 21 - Blindes 12,000/24,000, ante 4,000

En l'absence de Français à suivre, notre fréquence de publication va probablement se ralentir durant les trois jours qu'il nous reste à vivre ici. Mais nous ne vous abandonnons pas ! 

Aussi nombreux que nos tricolores en arrivant ce matin au Rio, nos voisins belges ont, contrairement à nous, encore quelques arguments à faire valoir...

« Un jeune dans un corps de vieux » : voilà comment on pourrait résumer en une seule phrase Pierre Neuville. À 72 ans, le Belge est peut-être le régulier le plus âgé du circuit européen, mais sans doute pas le plus sénile, bien au contraire. Sous ses airs de barre de fer inviolable à la table, Pierre est beaucoup plus fantaisiste qu'il ne le laisse croire. Ancien grand bonhomme de l'univers des jeux de société (il a revendu en 1982 sa boite au géant Hasbro pour lequel il a été vice-président pendant une dizaine d'années), Pierre parcourt désormais le globe au gré des compétitions de poker où il multiplie les bons résultats. Il ne lui manque finalement que le survêtement, les baskets et la casquette à l'envers pour qu'on ne le différencie pas d'un jeune grinder à peine pubère. Deuxième joueur belge en terme de gains, loin derrière l'intouchable Davidi Kitai, Pierre Neuville, avec un tapis de 1,5 million parfaitement dans la moyenne, est assuré de réaliser la meilleure performance de sa carrière dans ce tournoi, lui qui avait déjà été récompensé ici-même l'an dernier en finissant 433e.

Deuxième joueur Belge encore présent dans l'épreuve, Kenny Hallaert, pour qui cet été restera quoi qu'il en soit gravé dans sa mémoire. Kenny a déjà atteint cinq fois l'argent dans ces championnats du monde, et ce deep run dans le Big One constitue donc sa sixième place payée du séjour. Discret à la table, Kenny n'en demeure pas moins une véritable machine de guerre parfaitement huilée. On l'a vu durant l'Event Colossus monter des jetons avec une facilité déconcertante, ce qui lui a valu une place en finale où il s'est finalement classé cinquième. Idem dans ce Main Event dans lequel on a pu assister au pot qui l'a mis sur orbite durant le Day 3, un pot de plus de 200 blindes où Kenny s'en est miraculeusement sorti avec un  tirage couleur (hauteur dix) et un simple tirage de quinte ventrale contre un joueur qui avait lui trouvé le brelan maximum. C'est aussi ça le talent, avoir le brin de réussite au bon moment pour passer des coups clés dans un tournoi de cette envergure. Avec près d'un million de jetons dans ce Day 5, Kenny Hallaert fait donc partie des 125 derniers joueurs de l'épreuve.

Le plus talentueux des jumeaux De Meulder, Matthias, s'est lui évaporé dans le courant de l'après-midi, au terme d'une bataille de blindes, où comme très souvent dans ce genre de cas, l'agression a été de mise. Le Bulgare Yordan Mitrentsov a limpé en petite blinde, puis fait tapis après une relance du jeune belge qui a payé avec As-9 et perdu contre une médiocre main - Roi-5 - après l'apparition d'un 5 sur le tableau. Une fin un peu bancale donc pour Matthias de Meulder qui réalise paradoxalement l'un de ses meilleurs résultats en live avec une 164e place accompagnée de 40,433 dollars.

Le magicien à court d'artifices



Figure très appréciée par nombre de fans de poker du monde entier, Antonio Esfandiari a tiré sa révérence après un setup que l'on peut qualifier d'immonde à ce stade du plus gros tournoi du monde. Certes, le Magicien était short-stack avec 300,000 (15BB), mais peu importe les montants, se manger les As lorsque l'on découvre les Rois, c'est fichtrement laid.



Esfandiari (encore à ce jour le plus gros gagnant de l'histoire des WSOP grâce à sa victoire dans le One Drop à 1 million de dollars en 2012) nous quitte en 168e place enrichi de 40,433 dollars.
 

Les meilleurs Français du Main Event : Historique 2008-2015

Vous aimez vibrer sur les performances Françaises au Main Event ? Vous devrez attendre l'été prochain, ou alors regarder dans le rétroviseur. Plongeons nous dans le passé, avec les plus belles aventures Tricolores dans le plus gros tournoi du monde. Nous vous racontons le Main Event sur Winamax chaque année depuis 2008 : cliquez sur les noms pour lire ou relire les articles associés à leurs belles perfs.



2008 : Stéphane Hornet, 106e pour 41,816$


2009 : Antoine Saout, 3e pour 3,479,670$ 


2010 : Nicolas Babel, 38e pour 206,395$


2011 : Guillaume Darcourt, 35e pour 242,636$


2012 : Gaëlle Baumann, 10e pour 590,442$


2013 : Sylvain Loosli, 4e pour 2,792,533$


2014 : Yorane Kérignard, 23e pour 286,900$


2015 : Paul-François Tedeschi, 163e pour 46,890$


Ne nous voilons pas la face : le clan Français réalise son pire Main Event depuis 2008.

Anecdotes, statistiques et citations à la con

 Après deux niveaux de jeu, le compteur affiche 139 joueurs restants : nous avons assisté à presque cent éliminations durant les quatre premières heures de la journée. Le rythme devrait désormais se ralentir : les tapis sont profonds et les enjeux élevés. Ils ne devraient guère être plus de 70 quand retentira le gong de fin de ce Day 5.

Ils remportent 46,890$ :

146. Matt Glantz (USA)
161. Paul-François Tedescgi (France)
162. John Racener (USA)

Ils remportent 40,433$ :

163. Elio Fox (USA)
164. Matthias De Meulder (Belgique)
168. Antonio Esfandiari (USA)
186. Dan O'Brien (USA)

Les couvreurs français devant l'historique des dernières performances françaises dans le Main Event des WSOP


Le Top 10 selon WSOP.com

1. Bruce Peery (USA) 4,041 millions
2. Joseph McKeehen (USA) 3,741 m.
3. Jake Toole (USA) 3,654 m.
4. David Peters (USA) 3,615 m.
5. Erasmus Morfe (USA) 3,515 m.
6. Brian Hastings 3,425 m.
7. Max Steinberg (USA) 3,295 m.
8. Justin Bonomo (USA) 3,2 m.
9. Samuel Gagnon (Canada) 3,151 m.
10. Upeshka De Silva (USA) 2,96 m.

La France orpheline

- 13 juillet 2015 - Par Florence

Level 22 : blindes 10 000/20 000, ante 3 000

Il est un peu plus de 15 heures 20 à Las Vegas et le dernier Français encore en lice, Paul-François Tedeschi, vient d'être éliminé. Tombé à moins de dix blindes, le jeune Corse attendait de gagner un palier pour bouger son maigre capital. Ce fût chose faite après l'élimination de l'Américain Elio Fox en 163ème position.

Libéré et assuré de plus de 6 000 dollars supplémentaires, PFT a poussé ce qui lui restait au milieu depuis le Cut-Off (93 000 soit moins de 5 BB) avec K6 et le joueur au bouton s'est acquitté de la mise avec A9. On a cru un instant au double up du Français sur un board 2356 mais la river A a figé le parcours de Paul-François en 161ème position, pour un gain de 46 890 dollars.

Depuis 2008, c'est la première fois qu'un Français n'apparaîtra pas dans le Top 100. L'an passé, Pedro Canali (141ème) et Yorane Kerignard (27ème) avaient fait mieux que cette 161ème place de Paul-François Tedeschi, qui s'était déjà bien classé l'été dernier avec une belle 251ème place. 

Bravo Paul-François, bravo à tous nos Français. La valeur n'attend pas le nombre des années, le jeune Corse nous l'a encore prouvé : des performances encore plus belles sont à venir.

Nous allons donc pouvoir mettre à jour notre classement des gains Français aux WSOP 2015 pour la dernière fois de l'été... Snif, t'as pas un mouchoir ?

Homo Flippus Bustosis

- 12 juillet 2015 - Par Benjo DiMeo

Level 21 : 8,000/16,000, ante 2,000

Le début de partie prometteur de Damien Lhommeau nous avait laisser espérer une journée sur une pente ascendante, faite de gros pots, de bluffs couillus et de rencontres heureuses. Il n’en fut rien. Monté à 700,000 après un brelan de 3 rentabilisé sur la rivière, le pro PMU a joué, et perdu un coin-flip à 1,3 millions sur le podium télévisé. 

Après avoir ouvert à 34,000 UTG avec As-Roi, Damien voit Salvatore DiCarlo 3-bet à 76,000. Le Français opte pour l’option la plus agressive : un 4-bet à 197,000. La réponse adversaire est immédiate : all-in, pour un montant équivalent au tapis de Damien - 40 blindes environ. 

A ce stade, Damien n’a guère plus qu’une option : difficile d’espérer atteindre la finale si l’on jette As-Roi dans ce spot. C’est payé. DiCarlo retourne une paire de Valets, et ce banal mais si crucial coin-flip ne tournera pas en faveur de Wintops au terme d’un board 5Q237

213ème : comme tant d’autres, Damien restera perdu dans l’histoire dans le ventre mou des joueurs primés dans ce Main Event 2015. Une position qui ne reflète pas la qualité de sa prestation tout au long des cinq jours qu’ont duré son parcours. Il rentrera en France enrichi de 40,000 dollars. 


Le dernier Français en course est mal en point

"J'ai le coeur qui bat à 100 000" : c'est ce que Paul-François Tedeschi a confié aux couvreurs français en arrivant dans la salle ce midi. Installé à la table du Belge Pierre Neuville, le Corse a passé un début de journée cauchemardesque, tombé à 220 000 à la première pause de la journée.

Alors que le top 200 a été atteint, PFT n'a pas réussi à remporter un coup du niveau, souvent contraint à passer sur des 3-bet. Puis il a perdu une main importante pour tomber à 11 blindes à la reprise. Le Français min-raise au Cut-Off et la SB paye. Sur le flop 1099, les deux joueurs check avant que la SB ne prenne l'initiative à 40 000 sur la turn 9. Paul-François paye et voit le croupier retourner un 3 à la river. Le mal de tête débute alos pour PFT quand son adversaire mise 120 000, soit presque la moitié de son tapis. Le Français va alors isoler la somme et observer son adversaire de longues minutes avant de passer. Une décision importante qui laisse PFT en danger.

Anecdotes, statistiques et citations à la con

 C'est bien le footballeur brésilien Neymar qui est présent dans le rail de Felipe Ramos. De quoi donner envie de toucher des cartes et des jetons au joueur du FC Barcelone ?

 Le compteur affiche 183 joueurs restants après deux heures de jeu. On a donc perdu 54 joueurs durant le premier niveau du Day 5. 

Ils nous ont quitté durant le premier niveau du Day 4

Remportent 40,433$ :

186e : Dan O’Brien (USA)
196e : Christian Harder (USA)
197e : Vivek Rajkumar (USA)
211e : Men Nguyen (USA)
213e : Damien Lhommeau (France)

Remporte 34,157$ :

237e : Patrick Bruel (France)

He's gone

- 12 juillet 2015 - Par Florence

Blindes 8 000/16 000, ante 2 000

Après cinq jours de combat, le magnifique deep-run de Patrick Bruel vient de prendre fin : la première main de ce Day 5 aura malheureusement été fatale à notre Team Pro. Le boss du Team a mis ses dix blindes au milieu depuis le hi-jack après avoir vu ses adversaire passer jusque lui. Sa main est plus que légitime pour cela : A5, mais un joueur du nom de Jay Sharon a trouvé AQ au bouton et ne se fera pas prier pour s'acquitter de la somme. A l'issue d'un tableau 78983, le chanteur touche-à-tout est donc le premier éliminé du jour, 237ème pour 34 157 dollars.

"Je n'ai pas regardé la seconde carte, j'ai vu un as et j'y suis allé", explique Patrick au moment d'aller récupérer son prix. "J'avais encore le temps d'attendre une belle main...". Il n'y a pas de quoi s'en vouloir pourtant pour l'acteur, condamné à l'exploit en ce début de journée avec un tapis bien inférieur à la moyenne.

Pendant cinq jours, c'est toute la communauté et des légions de fans que Patrick Bruel aura tenus en haleine. Bravo et merci P14B : grâce à toi, on aura vibré comme jamais ! Et rendez-vous l'année prochaine avec tout le Team pour un nouvel exploit, on n'en doute pas.