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Level 4, deux ou trois choses à débattre

- 8 juillet 2014 - Par Benjo DiMeo

Day 1C - Blindes 150/300 ante 25

Une main davidesque

L'ambiance qui règne autour de Daniel Negreanu est toujours particulière. Le Canadien est dans une autre dimension, c'est une superstar : des spectateurs déboulent en masse pour l'observer, lâchant des "Go Daniel !" et osant même des selfies avec, dans un coin de la photo, leur tronche et, dans l'autre coin, le dos du joueur situé à cinq bons mètres. Ça va faire un tonnerre sur Tinder ça, mon pote ! Il faut le reconnaitre, le Canadien est ultra-abordable, répondant continuellement aux sollicitations et ne manquant pas de saluer chacune des petites attentions qu'on lui apporte. Se trouvant à gauche de Davidi Kitai, il a vu son tapis monter à 35 000.

Et notre ami Belge, justement ? Il vient de jouer un coup... Davidesque. Vous savez, ceux qui durent longtemps, très longtemps. Tout part d'une relance du pro Winamax au hi-jack. Le bouton 3-bet et Davidi décide de payer.

K86

Davidi check puis paie une mise de 2 500, environ la moitié du pot. Le turn est un 9 entraînant un check des deux joueurs. Sur la rivière, une Q, le Belge va alors miser tout petit : 1 800. Une minute plus tard, son adversaire relance énergiquement à 9 000. Ouh, malheureux ! Tu sais qu'en faisant ça, tu vas te frotter au regard dévastateur de notre triple vainqueur de bracelet.

Le Davidi show commence par une étude de l'attitude globale du joueur. Et il faut bien l'avouer, le garçon est en place. Casquette vissée sur la tête, lunettes bleues pour masquer son regard, mains posées sur les cartes, dos droit, le bonhomme a l'air serein et ne laisse rien transparaitre. Alors Davidi cherche mieux, observe sa carotide, évalue la taille du pot, le montant de la relance, regarde s'il a les pieds fixés au sol, tout plein de petits éléments pouvant lui donner des indices sur la force de la main de son adversaire. Après quatre minutes, Davidi n'a pas pris sa décision. "Tu me montres si je passe ?" demande-t-il. Pas de réponse...

C'est trop long pour Daniel Negreanu, qui demande la montre. Davidi a soixante secondes pour prendre sa décision. Alors que le superviseur entame le décompte final de dix secondes, Davidi se saisit de jetons, comme s'il allait payer, pour voir la réaction de son adversaire... Celui-ci ne bouge pas d'un poil mais Davidi, lui, paie à trois secondes de la fin du chronomètre !

Verdict... Son adversaire retourne KQ. Hero call raté ! Ce pot fait chuter le joueur du Team Winamax à 22 000.

L'homme de l'ombre

Tiens donc, ce ne serait pas Klaus Pautrot assis à côté de l’Australienne Jackie Glazier au beau milieu de la Pavilion Room ? On n’avait pas croisé le Réunionnais depuis le Main Event 2012, où il s’était classé à une fort honorable 113ème place.

Toujours dans l’Océan Indien ? « Non, je suis à Macao la plupart du temps, désormais. » Il est vrai que la province Chinoise est réputée pour ses grosses parties de cash-game, et cette discipline constitue le gagne-pain de Pautrot, qui a progressivement grimpé les échelons depuis huit ans pour devenir l’un de ces gros joueurs de l’ombre dont on entend rarement parler, sauf quand on a le malheur de le croiser à table.

Klaus relance UTG à 800, et se fait payer deux fois, par le cut-off et le bouton. Le flop tombe A 5 T, et Klaus rafle la mise avec un c-bet de 2,200.

Main suivante : tout le monde passe jusque Jackie Glazier qui tente un vol depuis la SB. Mais Klaus défend et Glazier checke le flop A 7 J. Klaus arrachera donc logiquement le pot sur le turn, un 4.

Klaus pointe à 33,000.



Klaus Pautrot durant le Main Event 2012

LMJFDM*

L’une de mes frustrations de l’été : avoir manqué l’épreuve de Mixed Games à 50,000 dollars (excepté la finale). Chaque année, j’aime observer de près David Benyamine afin de constater sa maîtrise tout-terrain des variantes majeures du poker moderne. Je me console en le regardant se monter un tapis en ce Day 1C du Main Event.

Sur un flop A 5 7, David checke et paie une mise de 2,100 du bouton. Je n’ai pas vu le début du coup mais suspecte un 3-bet du bouton payé par David, qui a surement ouvert préflop.

Le turn est un 6 et personne ne mise.

Sur la rivière, un J, David mise 3,500 et se fait payer rapidement. Le Français montre A K : c’est la meilleure main.



Notre meilleur souvenir de David Benyamine

* Seuls les vrais savent la signification de cet acronyme.

Un point sur les Français

Liste bien entendu non-exhaustive :

David Benyamine 75,000
Pierre Merlin 66 000
Ronan Monfort 64 000
Eric Sfez 56,000
Didier Pitcho 46,000
Alice Taglioni 40,000
Kris Peirera 34 000
Nicolas Cardyn 28 000
Matthieu Lamagnère 26 000
Sylvain Loosli (Team Winamax) 21,000
Alexandre Reard 8 000
Gaetan Balleur 7 000
Gaëlle Baumann (Team Winamax) 6 000

Brion éteint

Un coup mal négocié et une sortie de route quasi inévitable : Jerome Brion n'ira pas plus loin dans ce Main Event. Tombé en-dessous de la barre des trente blindes, le discret grinder français trouve QQ et ouvre en début de parole à 600. Un seul joueur le paye, celui en grosse blinde. Jerome se fait alors check-call 1 000 sur le flop 234, puis 2 000 sur le T turn. Mais voit son adversaire prendre l'initiative sous forme d'une mise de 5 000 sur le 8 rivière. Las, il engage machinalement ses derniers jetons. Le mal est fait, son adversaire révèle A9 et élimine le tricolore.

Reard chenapan

Un flip entre son AK contre les 88 d'un adversaire shortstack a coûté plus de la moitié du tapis d'Alexandre Reard qui n'a plus que 25 blindes devant lui. Du coup, c'est désormais lui le shortstack.


Anecdotes, statistiques et citations à la con

Rapporté par ESPN : un joueur est revenu du dinner-break dans un tel état d’ébriété qu’il n’arrivait plus à retrouver sa table. Ce n’est qu’avec l’assistance du staff qu’il a pu rejoindre son siège, pour le plus grand plaisir de ses adversaires qui se sont immédiatement mis au travail pour tenter d’en profiter. Apparemment, le mec aurait tranquillement allumé une clope quelques minutes après s’être assis, comme dans les home-games dans la cuisine de Tata Jeanine, attends je vais aller te chercher un cendrier, et il reste de la bière au frigo soi tu veux.

Le Day 1C est la journée des grosses têtes de série, et si Negreanu et Ivey sont arrivés à l’heure, il aura fallu attendre le retour du dîner pour voir enfin apparaître Gus Hansen, Tom Dwan et Phil Hellmuth.

Tapis de Phil Ivey : 75,000
Intensité de l’odeur de cannabis à la table à côté d’Ivey : 81%

« J’aurais quand même du mal à être ami avec quelqu’un qui ne boit pas » - Signé : un reporter Français qui, après vérifications, compte tout de même pas mal d’amis.