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On se casse de Vegas

- 16 juillet 2013 - Par Benjo DiMeo



La conclusion (provisoire, certes, mais une conclusion quand même) des World Series of Poker 2013 a pour nous furieusement ressemblé à cette de l'édition précédente : on a vibré jusque tard dans la nuit, et on a travaillé jusque encore plus tard. A la différence que, cette fois, le héros n'a pas été éliminé sur la dernière marche. C'est donc avec un plaisir non dissimulé que nous reviendrons à Las Vegas en novembre pour vivre en compagnie Sylvain Loosli la table finale du Main Event, comme nous avions accompagné Antoine Saout il y a quatre ans.

En attendant, il est temps de, dans l'ordre, dormir, prendre l'avion, dormir encore, faire un peu la fête, prendre des vacances pourquoi pas, et puis après on verra, on est pas préssés.

Merci à vous, chers lecteurs, pour votre enthousiasme quotidien pour notre reportage, si vous n'étiez pas là, on serait quand même moins enthousiastes à l'idée de passer 14 heures par jour dans un casino trois semaines de suite.

Ce reportage n'aurait pas pu être réalisé sans l'aide d'une ribambelle de personnes, je vais essayer de ne pas en oublier. Merci tout d'abord à toute l'organisation des World Series of Poker, et en particulier à Seth Palansky, directeur média du tournoi, qui nous accueille chaque année depuis 2007 et nous a gracieusement offert pour la deuxième année consécutive un espace pour installer notre émission de radio au coeur des championnats du monde. Merci à tous les employés du Rio pour leur serviabilité et leur professionnalisme, que ce soient les croupiers, superviseurs, serveurs, caissiers hommes d'entretien, etc, ce sont tous des gens en or que l'on à plaisir à croiser chaque année. Merci à la boîte qui nous a loué une partie de l'équipement radio et dont le nom m'échappe. Merci à Dan Michalski pour son coup de main précieux. Merci bien entendu à Jay Pee sans qui notre émission ne serait qu'un misérable ersatz de radio pirate. Merci à tous les joueurs Français passés au micro du Multiplex Poker, en particulier les membres du Team Winamax. Merci à tous les joueurs Français pour leur sens de l'humeur quand on se moque gentiment d'eux. Merci à tous les joueurs Français quand ils font des belles perfs que l'on a plaisir à raconter. Merci aux confrères de PokerNews pour leur travail exceptionnel, ce sont de vrais pros du flip, des stakhanovistes du chip-counts, leur boulot nous facilite grandement la tâche. Merci à tous les confrères sympas, notamment ceux de PMU, qui viennent nous raconter les coups qui se sont produits lorsque l'on avait le dos tourné. Merci au café, merci au guacamole, mais ils vont pas faire cinq pages de merci les meeeeeeeeeecs quand même ?



Pour relire notre travail sur cette édition 2013 des World Series of Poker...

Les épreuves préliminaires
En direct de Vegas - Tournois 55 à 60
Main Event - Day 1
Main Event - Day 2
Main Event - Day 3
Main Event - Day 4
Main Event - Day 5
Main Event - Day 6
Main Event - Day 7

A bientôt les amis !

Benjo, Harper & Kinshu

Sylvain Loosli, un héros très discret

- 16 juillet 2013 - Par Kinshu

Un Français en finale du plus beau tournoi du monde



Loosli est un sobriquet l'origine de ce nom est alsacienne son étymologie vient de loosli : chanceux (Source : Généalogie.com - trouvé par Burne d'Or sur le forum Club Poker)

A 26 ans, Sylvain Loosli rentre aujourd'hui dans le club très fermé des November Nine : en novembre, il reviendra à Las Vegas disputer la finale du plus gros et plus important tournoi de poker de l'année. Un rêve pour tous les passionnés que nous sommes - amateurs ou professionnels, une réalité pour lui.

Pourtant, personne n'aurait misé un kopeck sur le Toulonnais au départ de la compétition. Inconnu sur le circuit, relativement peu expérimenté en tournois live, avec pour seul palmarès une 24e place dans une épreuve annexe à 2,000 euros jouée en 2011 lors de l'EPT Deauville, Sylvain n'était définitivement pas sur notre radar durant la première journée de tournoi, noyé dans la masse des 170 et quelques joueurs Français engagés dans le Main Event.

Mais Sylvain a su se faire remarquer en mettant parfaitement à profit sa riche expérience de joueur de cash-game online. Fervent adepte du jeu small-ball, le Français a franchi chaque journée sans jamais, ou presque, se mettre en danger, grappillant des jetons à ses adversaires heure après heure, jour après jour, avec une apparente facilité. Contrairement à nombre de joueurs de tournoi traditionnels, dont le destin est souvent lié au nombre de coins flips qu'ils parviennent à passer, c'est en évitant au maximum les coups hasardeux à tapis que Sylvain a progressivement construit sa réussite dans le tournoi. A ces coups de pile ou face, Sylvain a préféré un jeu post-flop agressif.

Shaun Deeb a coutume de dire que les bons joueurs de tournoi maitrisent parfaitement le préflop et le flop alors que les bons joueurs de cash-game les battent à plate couture sur le turn et la river. Sylvain appartient à la deuxième catégorie. Il faut dire que le grind est son métier. Joueur professionnel, Sylvain a gravi les étapes une par une : des bancs de l'école de commerce où il a découvert ce jeu en 2006, aux tables en ligne aux blindes à 10 et 20 dollars, voire à 25 et 50 dollars, sur lesquelles il gagne aujourd'hui sa vie. Résident Londonien depuis deux ans, le tricolore fait partie de cette génération de joueurs invisibles aux yeux du public mais redoutables sur Internet. Il ne pouvait pas choisir une plus belle compétition pour prouver qu'il possédait aussi un talent naturel pour le poker de tournoi en live. Car cette semaine, foi d'observateurs expérimentés, il nous a été bien difficile de faire la différence entre Sylvain et un vétéran du circuit.

Concentré inlassablement sur son sujet, caché sous sa capuche et ses lunettes de soleil, gagnant en confiance à mesure que les enjeux prenaient de l'importance, Sylvain a fait preuve d'un aplomb et d'une solidité étonnantes au cours de ce tournoi marathon. Tout cela couplé, bien sur, à la dose de réussite indispensable pour sortir de la masse dans un tournoi qui avait rassemblé 6,352 joueurs...

Sylvain Loosli a vécu sur un nuage sept jours durant au cours de ce Main Event 2013. Sa performance, la performance d'une vie assurément, le catapulte du jour au lendemain parmi les joueurs de tête du poker Français. Le Toulonnais de 26 ans dispose désormais de trois mois pour, à la fois savourer le moment, mais aussi de se préparer à la conclusion de l'histoire : en novembre il reviendra à Las Vegas pour retrouver ses huit derniers adversaires, comme Antoine Saout l'avait fait avant lui en 2009, échouant injustement en troisième place. Si le 4 novembre prochain, nous retrouvons Sylvain dans la même forme que celle avec laquelle nous l'avons quitté, il se pourrait bien qu'il rentre au Panthéon des joueurs de poker.



Benjo, Harper & Kinshu

La 1ère interview de Sylvain Loosli

- 16 juillet 2013 - Par Benjo DiMeo

Les premiers mots de Sylvain après sa qualification pour la finale du Main Event ! J'espère que vous serez indulgents, tout le monde est très fatigué des deux côtés. Un marathon, ça use.

Découvrez les November Nine 2013

- 16 juillet 2013 - Par Benjo DiMeo



C'est une écrasante majorité de joueurs professionnels qui reviendra au Rio le 4 novembre pour tenter de décrocher le titre de champion du monde... Ce n'est pas souvent que les Américains sont mis en minorité dans le "Big One" !

JC Tran (USA) 38 m.
Le visage le plus familier de cette finale, avec des titres, et une réputation qui le précède au départ de chaque tournoi. Plus jeune enfant d'une fratrie de huit, JC quitte le Viêt Nam à l'âge de deux ans pour les Etats-Unis, où il reçoit un diplôme d'économie à l'Université de Sacramento. En France, JC est surtout connu pour ses apparitions dans le World Poker Tour de Canal+ commenté par Patrick Bruel. Il y a atteint cinq finales, et récolté une victoire en 2007 à Reno. Également détenteur de deux bracelets aux WSOP (en No-Limit Hold'em en 2008 et en Omaha en 2009), JC totalise 8,3 millions de dollars de gains sur le circuit. Ce joueur très expérimenté et hautement imprévisible entamera la finale au poste de chipleader avec la position sur ses deux poursuivants : Amir Levahot et Marc McLaughlin. Le favori ? Pas si sur : notre Français aura l'avantage de la position sur lui.

Amir Lehavot (Israël) 29,7 m.
Arrivé aux Etats-Unis à l'âge de 16 ans, l'Israëlien Amir Lehavot était ingénieur avant de devenir l'un des premiers gros gagnants des débuts du poker sur Internet, sous le pseudonyme de 'AmirSF'. Mais Amir s'est rapidement tourné vers le live. Avec succès. En 2009 et 2010, il termine dans l'argent du Main Event des WSOP. En février 2011, il empoche 421,680 dollars en se classant 4e du WPT L.A. Poker Classic. Quatre mois plus tard, c'est la consécration avec un bracelet WSOP décroché dans un tournoi de Pot-Limit Hold'em à 10,000 dollars. A 38 ans, il est le joueur le plus âgé de cette finale. Les professionnels le craignent et disent déjà qu'il sera difficile à battre.

Marc McLaughlin (Canada) 26,525 m.
Le Québécois est un habitué des World Series of Poker, qu'il fréquente depuis 2009. Sur le Main Event cette année-là, Antoine Saout s'était hissé en table finale (3e), et Ludovic Lacay avait atteint la 15e place. Marc avait croisé leur route, puisqu'il s'était incliné en 30e place (sur 6494 entrants), empochant 253,941$. Le Main Event est un tournoi qu'il apprécie particulièrement, puisqu'il avait réalisé un autre Top 100 en 2011 (86e pour 76,146$). Sa meilleure performance est une 3e place sur une épreuve de No-Limit Hold'em à 1,500$ en 2011 (pour 292,634$). Durant la journée, Marc est apparu très agressif, étant un des joueurs plaçant le plus de sur-relances avant le flop, une arme qu'il pourrait utiliser sur Amir Levahot.

Jay Farber (USA) 25,975 m.
En sa qualité d'amateur, Jay est l'ovni de cette table finale ! Arrivé sur la table télévisée avec une horde de clubbers et de stripteaseuses, cet Américain aux bras tatoués est un pur amateur travaillant comme host (placier VIP) au Hakkasan, la discothèque du MGM Grand, et au Spearmint Rhino, le strip-club le plus populaire de la ville. Si cette table finale du Main Event marque la première place payée sur le circuit, Jay ne semble pas stressé, gardant le sourire et tapant la main de ses potes à chaque pot gagné. Il débutera la finale avec plus de quarante blindes.

Ryan Riess (USA) 25,875 m.
A 23 ans, Ryan est le plus jeune joueur de la finale. Ayant rapidement quitté ses études pour se consacrer au poker, Ryan a ouvert son palmarès en octobre 2012 avec une 2e place sur le circuit WSOP de Chicago, où il a remporté 239,063$. Loin de s'emballer, l'Américain a poursuivi sa progression en disputant de nombreuses épreuves au prix d'entrée compris entre 200$ et 500$, et a atteint la bagatelle de 20 places payées en 2013, dont 4 aux World Series of Poker, où il a notamment atteint une demi-finale dans une boucherie à 1,000$. Cette finale marque d'ores et déjà la plus belle performance de sa (très jeune) carrière : il la débutera avec le tapis moyen.

Sylvain Loosli (Joueur Winamax / France) 19,6 m.
Découvert en live à l'occasion de ces World Series of Poker, Sylvain est un joueur aguerri en ligne, où il a accumulé plus d'un million de dollars de gains. Découvrez mieux cet originaire de Toulon âgé de 26 ans dans notre article dédié.

Michiel Brummelhuis (Pays-Bas) 11,275 m.
Longtemps shortstack durant la finale, le pro hollandais de 32 ans doit sa survie dans l'épreuve à un bad beat infligé à Sylvain Loosli.

Mark Newhouse (USA) 7,35 m.
Arrivé en table finale avec six blindes, Mark a réussi à se sauver en doublant sur Sylvain Loosli en début de pré-table finale, puis a profité de l'élimination de Carlos Mortensen pour se hisser parmi les neuf derniers survivants. Disparu du circuit ses deux dernières années après avoir accumulé deux millions de dollars de gains en deux ans (grâce notamment à une victoire sur le WPT Borgata 2006), Mark est une énigme qui débutera la table finale en position de shortstack avec un tapis de 16 blindes.

David Benefield (USA) 6,375 m.
Ayant débuté le Day 7 avec le plus petit tapis à 27 joueurs restants, David fait figure de rescapé à l'heure d'attaquer cette table finale. Résidant à New-York, David est un joueur reconnu sur les tables en ligne, où il évolue sous le pseudonyme de 'Raptor'. En parallèle, il a également complété des études de sciences politiques et de chinois à l'Université de Columbia. Soutenu par son grand ami Tom Dwan, David compte déjà plus de 600,000$ de gains en tournois live, atteignant notamment douze places payées sur des épreuves des World Series of Poker, dont une 73e place sur le Main Event en 2008.

La table finale du Main Event des WSOP 2013

Siège 1 : Sylvain Loosli (France / Joueur Winamax) 19,6 m.
Siège 2 : Michiel Brummelhuis (Pays-Bas) 11,275 m.
Siège 3 : Mark Newhouse (USA) 7,35 m.
Siège 4 : Ryan Riess (USA) 25,875 m.
Siège 5 : Amir Levahot (Israël) 29,7 m.
Siège 6 : Marc McLaughlin (Canada) 26,525 m.
Siège 7 : JC Tran (USA) 38 m.
Siège 8 : David Benefield (USA) 6,375 m.
Siège 9 : Jay Farber (USA) 25,975 m.

Blindes 200,000/400,000 ante 50,000 pendant encore 42 minutes

Vainqueur : 8,359,531$
Runner-up : 5,173,170$
3e : 3,727,023$
4e : 2,791,982$
5e : 2,106,526$
6e : 1,600,792$
7e : 1,225,224$
8e : 944,593$
9e : 733,224$

RDV le mercredi 3 novembre pour la finale !

Benjo, Harper & Kinshu

Carlos Mortensen n'ira pas en finale

- 16 juillet 2013 - Par Benjo DiMeo

Le champion 2001 est éliminé en dixième place

Coverage par Winamax

La table finale de l'édition 2013 du Main Event des World Series of Poker s'annonce très belle, mais il y manquera la cerise sur le gâteau, en la personne d'un représentant du club très fermé des anciens champions du monde : Carlos Mortensen a chuté sur la dernière marche aux alentours de deux heures du matin.

Tout le monde pariait sur une sortie rapide de Mark Newhouse, qui avait entamé la partie à dix avec à peine cinq blindes. Perdu : l'Américain a réussi à se sauver dès les premières mains, doublant contre Sylvain Loosli avec As-6 contre Dame-4. Newhouse allait ensuite bénéficier de la clémence de JC Tran, qui, par deux fois, n'a pas voulu payer son tapis alors qu'il avait lui même entamé l'action avec une relance.

La résurrection de Newhouse allait forcer Mortensen à sortir du bois, mais ses quelques tentatives d'imposer un rythme allaient se solder par un échec. Alors qu'il semblait hors de danger quelques minutes plus tôt, l'Espagnol allait finalement jouer son dernier coup contre JC Tran, avec une quinzaine des blindes en main. Une relance préflop, puis un c-bet sur TTrèfle6Trèfle3Pique, c'est payé. Le turn est un 9Trèfle : Tran reprend l'initiative en envoyant ses jetons au milieu. Dos au mur, Mortensen met son tournoi au jeu.

Avec ATrèfle9Coeur, il possède une paire plus un tirage couleur, une belle main mais loin derrière la quinte 8Trèfle7Pique de Tran.

La salle entière est debout pour regarder le tapis vert, où le croupier va retourner un 2Carreau : la dernière carte de l'été dans l'Amazon Room du casino Rio.

Carlos Mortensen quitte le tournoi en 10ème place : le voilà privé d'une chance de rééditer son exploit de 2001, au grand dam des fans. "Le Matador" remporte tout de même 573,204 dollars.

Le moment où tout a basculé



Les yeux rivés sur l'écran de contrôle, Sylvain Loosli n'est plus qu'à une carte du bonheur...

Coverage par Winamax

Un 2 de carreau vient de tomber : Carlos Mortensen est éliminé. Famille et amis des neuf finalistes exultent.

Coverage par Winamax

Coverage par Winamax

Accolades fraternelles : de simples joueurs de poker quelques instants plus tôt, ils sont maintenant des "November Nine" pour la vie

Coverage par Winamax

Parmi les spectateurs savourant l'instant, Phil Hellmuth et Allen Kessler. Des pros, mais des fans de poker avant tout



Poignée de main JC Tran, qui sera l'un de ses adversaires les plus dangereux en finale



Sous le feu des projecteurs, Sylvain ne réalise pas encore très bien ce qui est en train de se produire



Le clan Français euphorique est là pour lui faire comprendre la portée de l'évènement...