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Sylvain Loosli, un héros très discret

- 16 juillet 2013 - Par Kinshu

Un Français en finale du plus beau tournoi du monde



Loosli est un sobriquet l'origine de ce nom est alsacienne son étymologie vient de loosli : chanceux (Source : Généalogie.com - trouvé par Burne d'Or sur le forum Club Poker)

A 26 ans, Sylvain Loosli rentre aujourd'hui dans le club très fermé des November Nine : en novembre, il reviendra à Las Vegas disputer la finale du plus gros et plus important tournoi de poker de l'année. Un rêve pour tous les passionnés que nous sommes - amateurs ou professionnels, une réalité pour lui.

Pourtant, personne n'aurait misé un kopeck sur le Toulonnais au départ de la compétition. Inconnu sur le circuit, relativement peu expérimenté en tournois live, avec pour seul palmarès une 24e place dans une épreuve annexe à 2,000 euros jouée en 2011 lors de l'EPT Deauville, Sylvain n'était définitivement pas sur notre radar durant la première journée de tournoi, noyé dans la masse des 170 et quelques joueurs Français engagés dans le Main Event.

Mais Sylvain a su se faire remarquer en mettant parfaitement à profit sa riche expérience de joueur de cash-game online. Fervent adepte du jeu small-ball, le Français a franchi chaque journée sans jamais, ou presque, se mettre en danger, grappillant des jetons à ses adversaires heure après heure, jour après jour, avec une apparente facilité. Contrairement à nombre de joueurs de tournoi traditionnels, dont le destin est souvent lié au nombre de coins flips qu'ils parviennent à passer, c'est en évitant au maximum les coups hasardeux à tapis que Sylvain a progressivement construit sa réussite dans le tournoi. A ces coups de pile ou face, Sylvain a préféré un jeu post-flop agressif.

Shaun Deeb a coutume de dire que les bons joueurs de tournoi maitrisent parfaitement le préflop et le flop alors que les bons joueurs de cash-game les battent à plate couture sur le turn et la river. Sylvain appartient à la deuxième catégorie. Il faut dire que le grind est son métier. Joueur professionnel, Sylvain a gravi les étapes une par une : des bancs de l'école de commerce où il a découvert ce jeu en 2006, aux tables en ligne aux blindes à 10 et 20 dollars, voire à 25 et 50 dollars, sur lesquelles il gagne aujourd'hui sa vie. Résident Londonien depuis deux ans, le tricolore fait partie de cette génération de joueurs invisibles aux yeux du public mais redoutables sur Internet. Il ne pouvait pas choisir une plus belle compétition pour prouver qu'il possédait aussi un talent naturel pour le poker de tournoi en live. Car cette semaine, foi d'observateurs expérimentés, il nous a été bien difficile de faire la différence entre Sylvain et un vétéran du circuit.

Concentré inlassablement sur son sujet, caché sous sa capuche et ses lunettes de soleil, gagnant en confiance à mesure que les enjeux prenaient de l'importance, Sylvain a fait preuve d'un aplomb et d'une solidité étonnantes au cours de ce tournoi marathon. Tout cela couplé, bien sur, à la dose de réussite indispensable pour sortir de la masse dans un tournoi qui avait rassemblé 6,352 joueurs...

Sylvain Loosli a vécu sur un nuage sept jours durant au cours de ce Main Event 2013. Sa performance, la performance d'une vie assurément, le catapulte du jour au lendemain parmi les joueurs de tête du poker Français. Le Toulonnais de 26 ans dispose désormais de trois mois pour, à la fois savourer le moment, mais aussi de se préparer à la conclusion de l'histoire : en novembre il reviendra à Las Vegas pour retrouver ses huit derniers adversaires, comme Antoine Saout l'avait fait avant lui en 2009, échouant injustement en troisième place. Si le 4 novembre prochain, nous retrouvons Sylvain dans la même forme que celle avec laquelle nous l'avons quitté, il se pourrait bien qu'il rentre au Panthéon des joueurs de poker.



Benjo, Harper & Kinshu