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Red alert

- 24 mai 2019 - Par Benjo DiMeo

Main Event 500 € (Day 1D Turbo)

La dernière journée de départ du Main Event : ultime et seule chance pour les éliminés des jours précédent de se refaire, et aller au Day 2. La quasi-totalité des 400 joueurs (chiffre au compteur à 23h26) en lice dans le Day 1D joué en mode turbo , nous les avons déjà croisés autour des tables mercredi ou jeudi et pour l'un d'entre eux, la notion de dernière chance revêt un poids supplémentaire.

"C'est un peu ma dernière bullet", admet avec une brutale franchise Christophe. "Cela va maintenant faire deux ans que je suis down. Dès que je lance une session online, c'est pour perdre 5 buy-ins. En rentrant, je vais essayer une dernière fois, et puis..." Pourtant, le Breton collectionne depuis quelques années le label Red Diamond, le Graal des statuts VIP sur Winamax (pseudo actuel : Sick RegisH) Ce statut aux airs de boss de fin, qui offre le taux de rakeback le plus élevé et une invitation à tous les tournois live que nous organisons, peu de joueurs peuvent se vanter de l'avoir atteint ne serait-ce qu'une seule fois. Christophe, lui, est Red Diamond depuis l'invention du statut, ce qui lui a permis de briller sur quelques-uns de nos évènement : on l'a vu manquer de peu la finale du SISMIX en 2017 (9e), puis terminer sur la seconde marche du Highroller l'année suivante. Pourtant, la bankroll fait grise mine. Et depuis un moment. D'ailleurs, il nous confiait déjà il y a un an que sa seconde place sur le Highroller couvrait à peine ses pertes des douze mois précédents. Comment l'expliquer ?

"C'est une combinaison de plein de choses. Je joue les tarifs les plus chers et j'ai sûrement mal choisi mes parties. Et quand tu perds de l'argent, c'est dur de jouer en confiance, et que tu perds la confiance, c'est dur de gagner de l'argent." Un vrai cercle vicieux, avec, en parallèle, la sphère privée que doit gérer au quotidien ce père de deux enfants. "On en vient à se convaincre qu'on nous a jeté le mauvais oeil, et la vie personnelle est affectée." Le poker à plein temps n'est définitivement pas un long fleuve tranquille, y compris (surtout ?) lorsque l'on se frotte intensivement aux grosses tables de cash-game en ligne dpeuis dix ans. Que faire après le poker ? "J'ai un projet dans la restauration à Nantes, avec un pote." En attendant, Christophe profite de l'action, même si l'air de Lloret des Mar et les gros fields du SISMIX ne semblent pas être de même à inverser son run actuel. "J'ai joué le Day 1A. Je suis monté à 300 000 aux blindes 1 500 / 3 000 [le stack moyen de fin de journée tourn autour de 250 000, NDLR] mais j'ai perdu un énorme flip avec tirage de quinte et couleur, à tapis sur le turn. Je pensais qu'il pouvait jeter ses Rois, mais non. Après, je 4-bet all-in avc As-Roi après un 3-bet de Leo Margets. Elle paie avec As-Dame : board Roi-Valet-6-6-10."

J'observe Christophe réfléchir face à une grosse mise de 5 000 sur un board final 10JJ4Q. "Hmmm, je sais pas..", commente t-il à voix haute. "Est-ce que j'ai envie d'être curieux ? Pourtant, je suis pas quelqu'un qui a besoin de tout savoir, généralement." Un instant de pause. Encore un autre. Puis c'est payé. Son adversaire jette aussitôt ses cartes sans les montrer. Christophe peut donc empocher le pot sans avoir à réléver les siennes. Son adversaire soupire. "J'ai pas misé assez cher..." "Bah, c'est pas vraiment le prix qui fait que je paie ou pas. Tu fais plus cher, je paie quand même."