Saout, éternel Poulidor

- 18 décembre 2023 - Par Fausto

Un après sa deuxième place sur le Main Event, Antoine Saout termine cette fois runner-up du High Roller.
Tant pis pour l’armoire à trophée, le champion français continue d’écrire sa légende et ajoute une nouvelle ligne prestigieuse, et un score de 380 briques, à son palmarès ébouriffant.

EPT High Roller 10 300 € (Fin)

Saout

3ᵉ du Main Event WSOP 2009, 5ᵉ huit ans plus tard, runner-up du Main Event EPT Prague 2022, runner-up Deepstack Extravaganza, 3ᵉ au Aussie Millions… En presque quinze ans de carrière, Antoine Saout s’est forgé un palmarès ébouriffant, multipliant les exploits, faisant tomber les perfs et les millions… Mais le goût de la victoire ne lui est pas vraiment familier. Aujourd’hui, le grinder français vient de réaliser une autre performance majuscule : runner-up d’un High Roller EPT, l’un des tournois les plus prestigieux et les plus relevés du circuit, pour un gain de 383 700 €. Une ligne de plus à son palmarès, qui manque cependant un peu de trophées.

« T’as tout le temps envie de gagner, assure Antoine Saout, quelques secondes après la fin du tournoi. Sur un High Roller, c’est quand même différent. Le Main Event, c’est un tournoi spécial. ça me fait plus ch**** d’avoir loupé la victoire l’année dernière que maintenant ».

Saout

Le trophée en question s’est joué à un flip. Ou même deux flips. Après un deal conclu avec son opposant kazakh, le très agressif Shyngis Satubayev, les deux hommes jouent pour 40 000 €, et la coupe. Saout vient de remporter un flip avec A9 contre KQ pour revenir à 6 millions partout, on joue un HU 30 BB deep et le Français prend l’ascendant. Il grignote peu à peu son adversaire, jusqu’à s’offrir une première balle de match.

« All-in and call », cette fois, c’est Saout qui tient le KQ, contre A10 chez le Kazakh. Le flop 1025 offre une farandole d’outs aux Français, mais la turn A et river K valident le double-up adverse. Le heads-up durera trente minutes de plus. Trente minutes sans toucher trop de mains, jusqu’à ce nouveau flip avec 22 contre K6. Satubayev touche sur le board A65Q5 et prive encore une fois Antoine de la victoire.

Gestion, attrapages et re-steals

Saout

Osillant entre 15 et 30 blindes depuis l’entrée dans les places payées, Antoine Saout était loin de partir favori au moment de parvenir sur l’ultime table du tournoi. Avec un Juan Pardo énorme et Scott Margereson en plein rush, Antoine fait le dos rond et se contente de maintenir son stack à flot jusqu’au 7-max. C’est là que vient le premier spot.

Open-shove Anton Suarez pour 10 BB au cut-off, Antoine trouve A10en SB et envoie la boite. En bonne posture face au A5 adverse, il plie l'affaire avec un 10 turn, Saout est de retour.

Ce High Roller prend un tournant une orbite plus tard. Open Satubayev, flat Scott Margereson en SB et en BB, Antoine se réveille avec deux Barbus. Avec 25 BB, le Français opte directement pour le 3-bet shove. Snap fold du Kazakh, mais avec 1010, Margereson paie la relance du Français, qui lui enseigne la mauvaise nouvelle. Le board est safe : Saout s’invite dans le trio de tête.

Saout

Il prend même seul les devants quelques minutes plus tard, avec un coup rondement mené contre Juan Pardo. Open CO de Saout, défense de Pardo et le flop vient J62. C-bet 100 000, check/raise 280 000, payé. Une Q sur la turn, Antoine envoie 300 000, Pardo check/raise à tapis pour 900 000, c’est payé !

L'Espagnol était light avec son 74, Saout avait payé tout aussi light avec son Q8 et la paire trouvée sur la turn tiendra face au tirage flush. Antoine monte près des 5 millions.

Malgré un gros carambolage perdu avec JJ contre le AA de Tarmo Tarmel et le A9 de Margereson (avec, au passage, un joli slow-roll des deux As avant de payer), le Français gère bien le 3-left et grignote l'Estonien. Tammel finit par craquer, évincé par Satubayev, qui dispose d'un avantage au moment de démarrer le heads-up. Le face-à-face est une histoire de flip. Antoine gagne celui pour revenir à égalité et sceller un deal équitable. Il perd celui de la gagne, puis perd encore celui qui mettra fin à ce heads-up, comme expliqué plus tôt.

Longévité et road to 10 Millions

Saout

Le Français montre sa faculté à s’adapter à tous les fields, qu’il s’agisse de massifs Main Events ou de High Rollers plus exclusifs et relevés. Voilà maintenant près de quinze ans qu’il sévit sur le circuit. Une longévité rare, dans une discipline de plus en plus compétitive, où le plus dur est certainement de durer.

« Je pense que c’est l’expérience, analyse Antoine. Je sais m’en sortir, adapter mon jeu, changer de vitesse. Sur ce High Roller, j’ai dû être très patient, puis quand j’en ai eu l’occasion en finale, j’ai pu jouer davantage et grinder. Je sais m’adapter à toutes ces phases de jeu ».

Son expérience du Live est incomparable, mais Saout a su également se mettre à niveau techniquement. Il n’hésite pas d’ailleurs à prendre conseil auprès de la nouvelle génération, à l’image de Simon Wiciak, qui l’a poussé depuis les bords du rail, du début à la fin de la finale.

Saout Wiciak

« Tu te rends compte, j’ai gagné le Main Event et j’en suis réduit à ramener des gourdes », blague Simon Wiciak alors qu’il apporte une bouteille d’eau à table à Antoine. Rencontré lors de son premier séjour à Vegas, Simon a partagé avec Antoine de nombreuses aventures sur le circuit. Il y a quelques mois, c’est Saout qui le convainquait de mettre une deuxième bullet sur le Main Event de Barcelone. C’est encore Saout qui le poussait depuis les bords du rail tout le long de la finale. Les deux amis ont échangé les positions ce soir et encore une fois, ils quittent l’EPT avec une perf' de taille.

« C’était bien d’avoir un soutien au bord de la table, confesse Saout. Quand j’ai des doutes sur certaines situations, il peut m’aider et il m’encourage ». Antoine a tissé des liens dans la communauté poker, mais reste un loup solitaire. « Je n’ai pas vraiment de groupe. Je travaille tout seul. Il y a plein de manières de travailler le poker. Je fais un peu de solvers, mais je ne suis pas à fond dessus. Je regarde surtout beaucoup de streams, pour comprendre la manière dont réfléchissent les joueurs ».

Antoine sait qu’il doit continuer de se bonifier pour rester compétitif. Mais après tant d’années et tant de perfs, n’y a-t-il pas un moment ou on se dit “Ça y est” ?

« J’ai envie de continuer. Je m’étais dit que j’aurais bien aimé atteindre la barre des 10 millions. Je n'en suis pas loin, mais il me semble que même en gagnant aujourd’hui je ne l’aurais pas atteinte [En vérité, la victoire lui aurait permis de passer de justesse cette barre symbolique, NDLR]. Je veux surtout continuer à bien jouer et gagner… Un bracelet, ce serait bien évidemment, mais je ne cours pas trop après ça puisque je ne joue qu'en Hold’em, où les fields sont massifs. Le titre EPT, c’est celui qui me donne le plus envie ».

Comme la plupart des finalistes du jour, Antoine s'apprête à booker un nouvel avion pour rentrer chez lui. Il passera les fêtes à Londres en famille avant de reprendre la saison pour un bel évenement GKPT au Victoria et nous donne biensûr rendez-vous à Paris pour le prochain EPT

High Roller EPT Prague 2023 10 300 € - Résultats de la finale
240 entrées (re-entries inclus) - Prizepool 2 328 000 €

Place Joueur Nationalité Prix
1 Shyngis Satubayev Kazakhstan 415 600 €
2 Antoine Saout France 383 700 €
3 Tarmo Tammel Estonie 219 550 €
4 Scott Margereson UK 168 850 €
5 Juan Pardo Espagne 129 900 €
6 Anton Suarez Suède 101 450 €
7 Kubanychbek Abakirov Kyrghizstan 84 550 €
8 Christopher Nguyen Autriche 70 450 €
9 Sali Atac Suisse 61 250 €

Le papa, c'est O'Neill

- 18 décembre 2023 - Par Fausto

Au bout d’un heads-up interminable, Padraig O’Neill renverse Jon Kyte et s’adjuge le Main Event EPT Prague, pour 1 030 000 €.
L’Irlandais remporte son plus gros score et son titre le plus prestigieux après plus de dix ans de carrière... quelques mois après la naissance de son premier enfant.

EPT Main Event 5 300 € (Fin)

O'Neill

4h30. C’est le temps qu’a duré ce heads-up entre Padraig O’Neill et Jon Kyte. Le Norvégien et l’Irlandais se sont renvoyés la balle toute la soirée, s’échangeant tour à tour le chiplead, jusqu’à ce que leur “date” trouve un dénouement heureux, peu avant minuit.

Un énième bluff de Jon Kyte s’empale sur le brelan floppé d’O’Neill. Le Norvégien tombe dans la zone rouge. Balle de match pour l’Irlandais quelques minutes plus tard : Jon a envoyé ses six dernières blindes avec 105, réceptionné par le K10 de Padraig. Un board Q9329. Ça y est : Padraig O’Neill est champion EPT.

Parti ce matin en dernière position au chipcount, le grinder irlandais a du mal à réaliser la perf’ qu’il vient d’accomplir. « Je ne m’y attendais absolument pas, affirme le vainqueur. En arrivant ce matin, j’espérais être 4ᵉ. Vu la valeur de mon tapis, j’aurais été très content. J’avais d’ailleurs réservé un avion pour 19 heures ce soir ».

Des cercles dublinois au toit de l'Europe

Padraig O'Neill

L’Irlandais a perdu son vol, mais a gagné un titre EPT, accompagné d’un chèque de 1 030 000 €. Une somme colossale pour un joueur qui n’avait jusque-là dépassé qu’une fois la barre des six chiffres, en plus de dix ans de carrière professionnelle.

C’était l’an dernier, à l’occasion d’un Venetian Deepstack à Vegas, pour un peu moins de 130 briques. Le joueur a gravi les échelons un à un, partant des tournois réguliers du Casino Fitzwilliam de Dublin, les tournois nationaux, les Sides EPT, FPS, jusqu’à s’installer progressivement vers les middle buy-in et Main Events EPT.

« C’est mon plus gros score et le plus gros accomplissement de ma carrière, confie l’Irlandais. Je suis fier de toutes ces années de circuit, d’avoir joué pendant si longtemps, et je vais continuer ».

Ce tournant dans sa carrière pokerisitique intervient peu après un autre moment fort. Il y a six mois, Padraig devenait pour la première fois papa d’un petit garçon appelé Fionn. Après la traditionnelle séance photo, O’Neill sort son portable et appelle directement la maman Ciara, qui porte son petit dans ses bras. Le petit Fionn pleure, il ne comprend pas que papa vient de prendre un million.

O'Neill

Padraig ramène à la maison de quoi payer les biberons. À l’instar de Pierre Calamusa, il sent le tournant qu’a pris sa carrière de joueur depuis la naissance de son fils. « Ce qui change, c’est que je ne vais pas aller jouer des 25k tout de suite après cette victoire, plaisante le joueur. Plus sérieusement, je vais me concentrer beaucoup plus. Je ne suis plus en mode pilote automatique. Je me dis que si je passe du temps loin de ma famille, il faut que ce soit du temps bien investi. Je veux encore moins faire d’erreur, même si je manquerai peut-être un peu de sommeil de temps en temps ».

Pas de 25k, ni même d’autres événements prévus au programme. Padraig s’autorisera certainement Vegas, mais son calendrier Live risque d’être un peu allégé. Mais maintenant qu’il a remporté le plus prestigieux des tournois européens, il va falloir se fixer de nouveaux objectifs. « Je n’y ai pas pensé encore. La seule chose que j’ai dans la tête, c’est de retrouver ma famille ».

Plus c'est long, plus c'est long

HU

La plus belle victoire de sa carrière a mis six jours à se construire. Et le dernier niveau du jeu a mis cinq heures à se décanter. « Je suis surtout épuisé. Je n’ai pas vraiment d’autres émotions » confesse le joueur après coup, presque désolé de ne pas avoir d’autres mots pour décrire la joie qui le traverse.

Pendant 4h30, Padraig et Jon se sont livrés un combat sans merci, qui a démarré au niveau 125 000 - 250 000, pour finir sur des blindes plus de trois fois supérieures.

Parti avec un avantage de 31 millions conte 7, Padraig O’Neill se montre plus agressif et étend son avance. Il aurait même pu donner le coup de grâce bien plus tôt, lorsque, dans un duel J7 contre 94, Jon Kyte envoyait la presque totalité de ses jetons sur un board Q28J2. Le tapis aurait pu partir sur chaque street, mais le bet à hauteur du pot de Jon Kyte fait abandonner l’Irlandais. Au lieu d’anéantir le stack du Norvégien, Padraig voit son opposant revenir à 17 millions, contre 21,5 pour lui.

Jon Kyte

Parti avec 60% des jetons au début du Final Day, Jon Kyte a vu la partie lui échapper en milieu d'après-midi. De retour à la charge lors du heads-up, il a bien failli reprendre son dû. "Jon Kyte était un adversaire redoutable, a déclaré Padraig. Je regarderai le heads-up, mais c’est sûr qu’il m’a bluffé une tonne de fois. Il aurait également mérité d’avoir le trophée entre les mains".

Ce coup va changer la dynamique du tournoi. Kyte poursuit sur sa lancée, touche plus de grosses mains et repasse devant O’Neill. L’Irlandais se rebiffe et revient dans la partie grâce à un nouveau bluff. Open, et 3-barrel de l’Irlandais avec 53 sur un board 942J9. Kyte couche son K10, Padraig repasse devant.

Dans la foulée, il prend 10 millions à Jon Kyte en deux mains consécutives. L’une sur un semi-bluff parti à tapis sur la turn, alors que Kyte n’avait absolument rien, puis en accueillant deux gros barrels du Scandinave sur un board 986J, après avoir floppé un brelan de 88. La river Q stoppera les dégâts. 30 millions à 8 pour l’Irlandais.

Cette fois, Padraig ne lâchera plus son avance. Au passage des blindes 400 000 - 800 000, Jon Kyte perd un ou deux pots, puis perd quelques blindes précieuses sur un petit bluff avec K8 sur un flop QJQ, avant d’arrêter les frais. Padraig enchaine un nouveau vol de blindes et le Norvégien se retrouve dans la zone rouge. Il tente alors le tout pour le tout avec son 105 qui s’empalera donc sur le K10 adverse, la main gagnante de ce Main Event EPT Prague.

O'Neill

Crédits Photos Manuel Kovsca / Pokerstars

Main Event EPT 5 300 € - Résultats de la finale
1 285 entrées (re-entries inclus) - Prizepool 6 101 300 €

Place Joueur Nationalité Prix
1 Padraig O'Neill Irlande 1 030 000 €
2 Jon Kyte Norvège 643 000 €
3 Umberto Ruggeri Italie 459 240 €
4 Cheng Zhao Chine 353 240 €
5 Adam Wagner République tchèque 271 660 €
6 Grigorii Rodin Russe 209 000 €
7 Govert Metaal Pays-Bas 160 750 €
8 Marle Spragg USA 123 600 €
9 Vincent Meli France 95 000 €

Les honneurs français

- 17 décembre 2023 - Par Fausto

On a documenté les parcours fantastiques de Vincent Meli et Serge Checin sur le Main, on a allègrement profité du show-Adrien Guyon, on a assisté à l'exploit de Safwane Bahri, on a terminé avec le nouvel exploit Saoutien...
Mais d’autres Français se sont illustrés sur ce festival Praguois. Petit tour en images de ceux qui ont mis à l'honneur le poker français.

Leigborin

Crédits photo Pokerstars

Toujours aussi à l’aise avec quatre cartes en main, Michel Leigborin ramène le premier pique français du festival. Un de plus ajouté à sa large collection, remporté sur le PLO Hi-Lo à 1 100 €. Vainqueur d’un field de 103 joueurs, le vétéran français empoche 22 900 €. Accrochez-vous : c'est sa 27ᵉ victoire en tournoi Live, en 25 ans de carrière. C'est également son troisième pique, et son deuxième consécutif à Prague, puisqu'il remportait l'an dernier le Omaha 1 100 €, pour 44 briques. Respect Monsieur Leigborin.

Pommier

Tir groupé sur le 2 100 €. Un trio français s’invite en finale de ce traditionnel « tournoi de la décagoule ». Axel Hallay, Miroslav Alilovic et Christophe Pommier (photo) se sont retrouvés sur l’ultime table de ce tournoi de 251 joueurs disputés sur deux jours. Le plaisir fut de courte durée pour Axel Hallay (9ᵉ, pour 35 000 €), Miro a perdu un énorme flip pour la moitié des jetons du tournoi (5ᵉ, pour 26 900 €) tandis que Christophe, tout récent finaliste APO 1 000, frôle sa meilleure perf en tournoi (4ᵉ, pour 35 000 €).

Safwane Bahri

Il est arrivé à Prague en braquant le Eureka High Roller, explosant son record de perf' et faisant vibrer tout le clan bleu. Safwane Bahri est parti en dévalisant les primes. Disposant de “seulement” deux bounties sur le 1 600 € Mystery, Safwane a eu la main chaude. Une première à 10 000 €, la troisième plus grosse enveloppe possible, et une deuxième à... 25 000 €, la plus grosse tout simplement. Et voilà comment rentabiliser une anecdotique 47ᵉ place. Vous avez dit good run ?

Sferrazza

Les joueuses françaises sont aussi reparties avec des perfs. Venue en début de festival, Coralie Sferrazza prend la 3ᵉ place du tournoi Ladies et transforme 300 € en 3 150 €. Notre Team Pro Estelle Cohuet a terminé onzième de ce tournoi.

Mayer

Crédits photo Pokerstars

Quelques jours avant Adrien Guyon, André Mayer s’offrait lui aussi la victoire sur le Hyper Turbo 2 100 € KO, prenant ainsi sa première win en Live pour 29 940 €, son plus beau score en tournoi.

Labat

Antoine Labat jinxé par le floor Antonio. Chipleader au moment où le directeur de tournoi apporte le pique sur la table, Antoine se fait retourner lors de son 3-max et se contente de la médaille de bronze.

Antoine Labat n’a pas chômé sur ce festival. Comme d’habitude, on pourrait dire. 8ᵉ du Mystery Bounty 10 000 € en ouverture, 3ᵉ d’un Hyper Turbo à 1 000 € deux jours plus tard, le July Nine tricolore ponctue sa semaine praguoise avec la 3ᵉ place du 2 100 € 6-max. Le Français n’était pas loin du titre, mais le flip crucial tourne à l'avantage de Krasimir Neychev sur la river. Labat prendra un setup deux paires contre deux paires dans la foulée et se contente de la 3ᵉ place pour 28 100 €. « Toujours ce titre qui m’échappe » rage gentiment le joueur, qui en dépit d’un palmarès long comme le bras, n’a toujours pas validé de victoire digne de ce nom sur le circuit international. Le syndrome Antoine ?

Ruggeri, c’est fini

- 17 décembre 2023 - Par Fausto

Le diablotin italien ne jouera plus les troube-fêtes.
Après sa remontée fantastique, Umberto Ruggeri a enchainé les mauvais spots et les mauvais timings et termine finalement en 3e position, pour 459 240 €.
Un gain colossal pour le jeune grinder, dont la carrière vient de prendre un tournant.

EPT Main Event 5 300 € (Final Day)

Ruggeri

Tous crédits photos : Manuel Kovsca / Pokerstars

Ses réactions impulsives, ses célébrations démonstratives, à l’italienne, apportaient un peu de couleur et d’émotions à une table télévisée bien sérieuse. En plein rêve, Umberto Ruggeri vivait pleinement son one-time et ne cachait ni sa joie, ni ses tilts, tout le long de cette fin de tournoi.

Pas plus tard qu’il y a une heure, il sautait encore dans les bras de son rail, après un hero-call solide avec J10, tandis que Jon Kyte lui en mettait trois sur un board J36Q6 avec A5. En phase offensive, il n’a cessé de prendre des risques, parfois incontrôlés, parfois sans équité, à l’image de ce check-raise avec K9 sur un board 58510, où Padraig O’Neill le cueillait avec 75.

O'Neill

L’Irlandais aura fait très mal au Transalpin. Voyant qu’Umberto ne trouvait pas facilement le bouton fold, Padraig a trouvé des values bien grasses, à l’image de ce coup avec 74, où O’Neill n’hésitera pas à mettre la troisième banderille sur un board Q47109. Encore une fois, Ruggeri paiera avec Q3, pour retomber alors près des 7 millions.

L’Irlandais arrivera même à lui tirer trois millions de jetons avec full-house contre… hauteur Roi, sur un nouveau play douteux de Ruggeri, qui call le 3-bet, le flop, et la river avec K10 sur un board 633A3.

Ruggeri

O’Neill lui infligera le coup de grâce. Open-shove 109 17 blindes en SB. Padraig découvre KQ, c’est snap-call ! Comme à chaque “all-in”, l’Italien se lève pour faire les cent pas autour du spot télévisé. Le flop A610 le fait passer devant, mais attention aux “habillés” !
Ça tient sur la turn 4… river K.

L’Italie est out, l’Irlande s’envole.

Joueur Chipcount
Padraig O'Neill 31 075 000
Jon Kyte 7 375 000

Jon Kyte et Padraig O’Neill sont invités à prendre une pause, le temps de dresser le heads-up. Ayant posé sa patte sur ce 3-max, Padraig reviendra avec un net avantage en jetons, mais attention, l’ogre norvégien n’a pas dit son dernier mot.

Saout trace sa route jusqu'en finale

- 17 décembre 2023 - Par Fausto

Antoine Saout se fait tranquillement une place en table finale du High Roller.
Le Français a joué de patience et trouvé le bon spot pour revenir dans le peloton, à 8 left du titre et du demi-million.

EPT High Roller 10 300 € (Final Day)

Saout

Antoine Saout a pu faire la différence au moment de la bulle de la TF. Le 10-left a duré quelque temps, et le Français se retrouvait sous pression, avec l’un des plus petits tapis. Mais avec le palier et quelques autres shorts autour de lui, dont Nisad Muratovic, l'ICM paralyse quelque peu notre dernier représentant.

Le double-up du Bosnien libère Antoine de cette pression et le Français enchaine un re-steal, puis un spot magnifique. Open-shove de Scott Margereson pour les 16 blindes d’Antoine Saout en BvB. Le Français se réveille avec 1010, snap-call et les deux Zizous dominent complètement le 96 adverse.

Le board QJ29A valide le double-up d’Antoine qui revient à 975 000 jetons. Un stack que conservera le champion tricolore jusqu’en table finale.
 
« Je suis plutôt bien placé à table. Les deux chipleaders sont assez loin et je suis en position sur eux. Il y a deux shortstacks qui peuvent partir vite et les autres, on est tous autour des 25 blindes, » analyse Saout, faisant comprendre que tout est possible sur la fin de partie.

Scott Margereson

Dès le début de finale, Juan Pardo et Scott Margereson, respectivement large chipleader et 2e au chipcount, se sont tout de suite mis sur la tronche. Open, 3-bet, 4-bet et 5-bet shove de Pardo. L'Espagnol tient la meilleure main pour tenter ce genre de move... en bluff : A4. Malheuresement pour lui, le Britannique l'attendait avec deux As.

Le board 34768 apportera quelques sueurs mais Scott double, et prend même la tête du tournoi après l'élimination de Salih Atac.

Chipcount EPT High Roller 10 300 € - 7/240

TF HR EPT Prague 2023

Joueur Nationalité Chipcount
Scott Margereson UK 4 295 000
Juan Pardo Espagne 2 470 000
Tarmo Tammel Estonie 1 470 000
Shyngis Satubayev Kazakhstan 1 165 000
Abakirov Kubanychbek Kyrgyzstan 1 045 000
Antoine Saout France 890 000
Anton Suarez Suède 300 000