Parmi les scénarios qu'on pouvait imaginer à midi, il y en avait un qui aurait pu nous plaire facilement, un scénario dans lequel Ugo Fraggioli serait toujours là à 6 joueurs restants. Et puis il y avait aussi le scénario plus catastrophe, dans lequel un Allemand s'emparait, une fois de plus des manettes du tournoi, et le Français disparaissait salement en 10e position. J'ai la mauvaise nouvelle de vous annoncer que nous sommes en plein dans le cas numéro 2, à 21h heure de Prague. Paul Michaelis (photo) termine la journée avec plus de 10 millions de jetons, véritablement comme un patron, alors qu'il n'y a plus de Français en lice pour le million d'euros.
Parti avec moitié moins à midi, mais déjà en position de numéro 1, Paul Michaelis finira tout de même par dormir dans le même lit du chipleader ce soir. L'an passé, lorsque Kalidou Sow soulevait le trophée, Michaelis avait eu le temps de s'imaginer à sa place quelques instants, puisqu'il était déjà en position de chipleader. Mais on était moins avancé dans le tournoi et Paul Michaelis avait fini par prendre la 28e place. On dirait bien que cette année, sans Kalidou à ses trousses, il a attrapé le bon wagon.
Après avoir démarré timidement, laissant même filer son chiplead après le premier niveau de jeu, le vainqueur d'un bracelet WSOP en 2015 a été suffisamment patient pour attendre le bon moment. Et trouver une combinaison quasi max pour engranger un bon paquet de jetons. Il lui a simplement suffit de défendre sa BB avec K
8
, derrière un open et un call, pour avoir le bonheur de trouver pas mal d'action par la suite. Un flop 8
T
K
est sorti de nul part pour lui offrir deux paires, et l'Allemand s'est contenté de call le continuation bet du relanceur initial (Artem Kobylynskyi, qui était UTG), tout comme l'avait fait Carlos Branco au CO. L'action est restée muette sur une turn K
, offrant maintenant un full house pour Paul Michaelis. Et sur la river 5
, Michaelis a une nouvelle fois pris l'option de check, tout comme Kobylynskyi qui avait l'air bien décidé à ne plus investir le moindre jeton. Carlos Branco a alors pris sa chance en misant 550 000, quelques instants avant de se faire check raise à 1,9 million par Michaelis. Trois cachets de Doliprane plus tard, le Portugais se décide à call malgré tout, un bon fuck call (et muck) des familles qui a permis à Michaelis de passer à près de 10 millions à 10 joueurs restants.
La suite et la fin de sa journée, fut tout aussi active, puisque l'Allemand a tenté de bust Artem Kobylynskyi, sans succès, mais en revanche bien réussi à éjecter Ugo Faggioli de ce tournoi, en 10e position donc, et sur un coin flip. En table finale, à 9 left, il a réussi à monter quelques jetons rapidement, avant de perdre un 80/20 contre Alexandr Merzhvinskii, pour le faire quelque peu redescendre sur terre. Mais peut-être que l'energie dégagé par tout ce talk, tout ce blabla avec Parker Talbot toute la journée, l'a peut-être aidé à rester plus concentré que jamais, à gagner tous ces petits pots en fin de journée, avec toujours cette petite rivalité entre les deux joueurs qui trainait très souvent dans l'air. Vivement la suite demain et pourquoi pas un magnifique heads up entre ces deux joueurs à la fin.
Le virage de la mort : Pateychuk (9e), Ignat (7e) et Zeiter (8e)
Deux autres joueurs ont dont pris la roue de Pateychuk (éliminé 9e), il s'agit de l'Argentin Diego Zeiter (8e) longtemps en souffrance et qui a finit par rendre la fin de ses jetons à Alexandr Merzhvinskii (afin de le faire grimper à 8 millions) sur un spot où il a shove 9
9
pour tomber, en BB chez Alexandr Merzhvinskii sur... A
A
.
Le dernier sortant du jour est Roumain et se nomme Liviu Ignat (7e). Longtemps parmi les patrons du tournoi, il a fini par dégringoler doucement mais surement, pour fracasser ses derniers jetons avec A
Q
. Il est tombé sur K
K
chez Laurynas Levinskas. Les deux joueurs possédaient plus ou moins le même stack, mais c'est finalement Ignat qui a trinqué. Il débloque le premier gain à six chiffres, en remportant 136 720€, et permet surtout aux six derniers joueurs d'aller pouvoir se reposer une dernière fois, avant la grande ligne droite finale demain.
Six joueurs, six nationalités différentes.
Un Parker Talbot déjà bien connu online et supporté de toute part, mais à qui il manque un peu de jetons
Un jeune Allemand qui surprend plutôt bien en ce moment, il s'agit du chipleader Paul Michaelis
Alexandre Merzhvinskii semble avoir découvert le poker live cette année
Artem Kobylynskyi est un jeune loup Ukrainien qui semble tenir les cartes correctement, mais qui découvre le bonheur de gains à six chiffres pour la première fois de sa vie
Laurynas Levinskas est déjà un peu plus costaud niveau expérience, et pour le moment il se positionne en milieu de peloton.
Carlos Branco (photo ci-dessus), on assiste avec lui à l'avènement du travail qui paie enfin, a-t-on envie d'écrire. Le Portugais parcourt le circuit depuis un moment (2008), comme l'atteste sa carte de visite, mais jusque là, il n'avait jamais vraiment goûté à ce vrai one time. On dirait bien que c'est pour cette fois.
Chipcount pour la table finale
Paul Michaelis (Allemagne) 10 060 000
Alexandr Merzhvinskii (Russie) 7 545 000
Artem Kobylynskyi (Ukraine) 6 075 000
Laurynas Levinskas (Lituanie) 4 765 000
Parker Talbot (Canada) 3 690 000
Carlos Branco (Portugal) 3 100 000
Reprise du tournoi à midi ce mardi 18 décembre 2018 avec pour objectif d'offrir le trophée final à l'un de ces joueurs, dans la soirée.
Ils ont été éliminés aujourd'hui
7e - Liviu Ignat (Roumanie) : 136 720€
8e - Diego Zeiter (Argentine) : 97 420€
9e - Andrey Pateychuk (Russie) : 75 520€
10e - Ugo Faggioli (France) : 62 690€
11e - Evangelos Bechrakis (Grèce) : 62 690€
12e - Serhii Holodiuk (Ukraine) : 56 310€
13e - Fionn MacNamara (UK) : 56 310€
14e - Ivan Zhechev (Bulgarie) : 50 610€
15e - Konstantin Farber (Allemagne) : 50 610€
16e - Sergei Bagirov (Russie) : 44 920€
Il reste 6 joueurs (sur 1174 inscriptions)
Level 30 - Blindes : 60 000/120 000, ante 120 000
Moyenne : 4,4 millions
Gain assuré : 179 360€




