Immortel Baqal

- 19 février 2024 - Par Fausto

Après un numéro de résistance mémorable, Yassine Baqal finit par tomber en 3e position. Porté par un kop bouillant, le joueur de cash-game réalise une performance exceptionelle, pour un gain de 210 220 €.

1 100 € FPS Main Event (finale)

Baqal

Une horde de joueurs qui hurlent sur les bords du rail. Ils sont près d’une vingtaine à appeler les cartes, à chanter pour leur copain Yassine Baqal. A chaque tapis-payé, c’est le même scénario. Yassine rejoint le gang, près de Malcolm Franchi, son pote de toujours, qu’il initiait au poker il y a 18 ans de cela, et qui ne l’a pas quitté d’une semelle depuis le début du Day 2.

Les gars plissent les yeux pour observer les cartes sur le tapis. « On appelle quoi ? Un Valet ? ALLLEZ LE VALET ! ALLEZ PETIT VELOOOOO ! L’HAMECON DU PECHEUUUUUR ! ». Voilà le genre de séquence auquel on assistait, et qui revenait comme un refrain. Invincible à tapis, le joueur a trouvé non pas une, ni deux, mais bien cinq fois les cartes salvatrices pour rester debout.

Baqal

Numéro 1 : J10 contre le 106 d’Enis qui avait ouvert un peu gourmand ? Yassine fait la quinte sur 77KAQ.

Numéro 2 : 1010 contre 88 chez Moolhuizen, pour les 6 dernières blindes du Français ? Ca tient tranquille.

Numéro 3 : A7 contre A10. Ca sent la fin sur le board 3294… PAN ! River 5, split et nouvelle explosion dans le rail.

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Numéro 4 : Retombé à 10 millions, Yassine envoie tout avec 97, payé par le 33 de Zerjav… Le 7 au flop, rien d’autre, et nouveau double-up de Baqal.

Numéro 5 : Après un nouveau coup perdu contre Mateusz Moolhuizen, qui bluffera avec Q6 sur un flop 95J, le Parisien est de retour dans la zone rouge… Et repart à tapis avec J7 en SB. Snap-call de Zerjaz avec son 88.

Toute la France appelle un vélo, un hameçon, un capitaine, un valet quoi, quelque chose qui puisse faire repasser Yassine devant. Rien sur le flop 2K3, rien sur la turn A… J river. Yassine l’a encore fait ! Les supporters chantent « Ici, c’est Paris ». Mais qui pourra abattre Yassine Baqal ?

Baqal

Malheureusement, entre la montée des blindes et les petits coups perdus, Yassine ne fait que respirer juste au delà des 10 blindes.

La nouvelle balle d’élimination arrive deux mains plus tard. Open-shove Q10, capté par le KJ de Zerjav. Le flop vient JA2, pas le meilleur pour Yassine. Le rail appelle fort un Roi, puis un 9 après la turn 8. C’est finalement le 10 qui s’écrase sur la river. Cette fois, c’est fini. Yassine Baqal prend la 3e place de ce FPS, après cet incroyable numéro de résistance.

« Comme depuis le début, observe Yassine, quelques secondes après sa sortie. J’ai bien tenu. J’ai beaucoup suivi mon intuition, quitte à dériver un peu sur mes ranges. Quand je le sentais, j’y allais ».

Tel un apnéiste professionnel, Yassine a effectivement passé l’essentiel de son tournoi dans les profondeurs du chipcount. À force de patience, de résilience et de run, il a trouvé les spots pour revenir dans la partie. Son rush mémorable en fin de Day 3 restera comme l’une des plus belles remontadas de ce festival. Elle lui a permis de ressurgir dans le money-time, pour revenir sur une finale FPS, la plus grande de l’histoire, devant tous ces amis qui ont hurlé son nom, jusqu’à faire trembler le spot télévisé

Baqal

« C’était incroyable ! Ça fait plaisir d’avoir ses amis près de soi. On parle souvent poker, on est toujours ensemble et on sera toujours ensemble ». Devant les copains, Yassine est allé chercher une perf et un gain hors norme. L’homme qui n’avait jamais gagné plus de 7 briques dans un tournoi de poker vient de remporter 210 220 €.

« Je ne réalise pas encore… Mais on va rester modeste et se dire qu’on peut faire mieux et être encore plus performant les prochaines fois, commente sobrement le joueur, peu coutumier du poker de tournoi. Honnêtement, je ne fais presque que du cash-game. Le tournoi, c’est de temps en temps, pour le plaisir. Je vais rester comme ça, je vais rester le même, je ne vais pas changer mes habitudes. Jouer le Main Event ? Je vais voir avec mon staker. C’est possible, mais d’abord, je vais me reposer et on verra pour les prochains jours. Il faut garder à l’esprit que ça reste de l’argent. 5 000 €, c’est une somme, tout le monde ne peut pas se permettre de mettre ça sur la table. On va rester sérieux, c’est pas parce qu’on a gagné 200 000 qu’aujourd’hui, il faut aller flamber ou aller jouer tel tournoi. Mais ce qui est sûr, c’est que je vais me faire plaisir sur un autre tournoi. Je ne sais pas encore lequel, mais vous allez me revoir ».

Baqal

Ces belles émotions n’empêchent pas un constat fâcheux. Le plus gros France Poker Series de l’histoire ne sera pas remporté par un Français. Mais bien par Blaz Zerjaz ou Mateusz Moolhuizen. Deux joueurs dont le talent n’est plus à prouver. La jeune pépite slovène ou le top grinder hollandais ? Le geek discret ou le prolixe chevelu ? Faites vos jeux. Les deux joueurs sont quasi à égalité parfaite : 62 millions partout. Messieurs, que le meilleur gagne !