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Kenan taille l’or

- 3 mai 2023 - Par Fausto

Un visage juvénile qu’on avait jamais croisé auparavant sur le circuit, et dont on pourrait se souvenir en un tournoi. Voilà une histoire qui ressemble fort à celle d’Aleksandr Shylo, le jeune Biélorusse récent vainqueur du PSPC Bahamas. 

Taylor

Le garçon en question nous vient de contrées plus occidentales. Né à Londres, Kenan Taylor fait partie de la nouvelle génération de grinders britanniques. Récemment venu au live, il était présent à Prague et à Paris dont il n’a ramené aucun ITM. Pour son troisième essai, et sa première à Monaco, Kenan pourrait bien rééquilibrer la balance dès sa première ligne EPT. Avec plus de 4 averages à 60 left de 890 briques, le jeune homme marche sur ce Day 3, alternant entre les moves créatifs et les bad beats effroyables.

Voyez par vous même : open Kenan Taylor sur la blinde de Gerald Karlic, qui défend les 12 000. C-bet 10 000 sur le flop 258 et check/raise de l’Autrichien 30 000, payé par l’Anglais.

4 sur la turn, Gerald poursuit l’attaque avec un bet à 50 000. Riposte drastique de l’Anglais : Tapis pour les 45 blindes de son opposant, qui snap call avec son 22. En face, il y a A6, soit un tirage ventral plus une backdoor flush. La table est bien silencieuse en attendant la river. On joue l’un des, si ce n’est le plus gros pot du tournoi. Le croupier se décide enfin : Un terrible J donne la flush et la gagne au Britannique. 1 700 000 pour Kenan.

Taylor

Tellement de jetons dans ce coup qu'Olivier Franceschi est obligé d'intervenir pour un petit color-up 

Quatre petits coups plus tard, qu’il aura par ailleurs tous ramassés, Kenan ressort la boite à bad beat. Attrapé par son voisin Manuel Valduga dans un duel 99 contre le QQ de l’Italien, Kenan voit un flop de briques et s’apprête à redonner une petite partie de ses gains quand Pam ! Le 9 river. Taylor fait brelan, ajoute un nom à son tableau de chasse et 200 000 jetons à son tapis.

Hormis ces rivers salasses, Kenan Taylor se distingue par un style unique en son genre. On a déjà parlé de son gout pour le limp en early position, parfois suivi d’un re-raise, comme ce fut le cas contre Romain. Son autre bouton préféré est un poil plus agressif : l’overbet tapis 3 fois le pot.

En une orbite, je l’ai vu le faire contre Ori Hasson puis contre Mihai Niste. Ni l’Israélien, ni le Roumain n’ont payé. Clairement, entre son VPIP de 90%, ses limps préflop et ses overbets démesurés, on est sur un jeu atypique… Et pour l’instant payant : 2 400 000 pour le Britannique, super-chipleader du tournoi.