And1ero ce héros

- 6 mai 2022 - Par Fausto

Après trois jours de combat, le Main Event a (déjà) trouvé ses 16 demi-finalistes. Parmi eux, trois mousquetaires français plus que bien armés pour revenir dans la bataille... Mais surtout, un joueur floqué du logo W. Pas forcément le plus connu du Team, mais un homme aussi talentueux qu'agréable, qui est en train de se révéler sur cet EPT, et d'écrire une histoire irréelle, pour l'un de ses premiers tournois Live. Le poker va apprendre à retenir ce nom : Alejandro Romero !

EPT Main Event (fin de Day 3)

Romero

Il y a deux mois, Alejandro devait annoncer à sa famille qu’il jouait au poker, et qu’il était même devenu professionnel de ce jeu en remportant la Top Shark Academy. Aujourd’hui, pour son deuxième tournoi officiel sous les couleurs du Team W, l'Espagnol se retrouve au Day 4 de l’EPT Monte Carlo, en demi-finale de l’un des plus grands tournois du monde, avec à la clef, un gain de près d'un million d'euros.

« Ça n’a pas de sens ce qu’il se passe, commente Alex après le coup de sifflet final. J’ai commencé le poker il y a deux ans, comme un hobby, et je me retrouve ici. J’ai espéré ce moment, et je crois qu’il est arrivé ». Et plus vite que personne ne pouvait le penser.

Romero

Pour se faire sa place, celui qu'on connaît sur les rooms sous le nom "d'And1ero" a réalisé un incroyable parcours du combattant. Pendant de longues heures, il a résisté avec un stack d’une vingtaine de blindes. Alejandro a attendu les spots pour se maintenir, puis revenir dans les moments cruciaux. Au retour du dinner break, il tombait même sous les 15BB, puis près des dix, sans jamais donner l’impression d’être inquiet.

Sa tenue de table est exemplaire, ses décisions sont justes et même sur la corde raide, il se défend comme un beau diable pour ressurgir des enfers. La pression financière, l’excitation d’un Day 4 EPT, entouré de top joueurs mondiaux… Tous ces éléments glissent sur le joueur qui ne bouge pas d’un sourcil. Difficile à croire pour un homme qui vit là… son premier deep run sur un tournoi Live.

« Ca doit être mon septième tournoi et je n’ai jamais fait de deep run. J’ai fait la bulle d’un Side à l’EPT Prague, mais c’est la première que je vais si loin ». Le secret de cette improbable tranquilité d'esprit ? « J’ai pris une pilule avant la table télévisée et mon cœur s'est arrêté de battre, plaisante le joueur. En vérité, je ne suis pas un gars nerveux. Nous les Andalous, on est comme ça ».

Romero TV

En plus d’une bonne attitude, il faut tout de même savoir manier les cartes pour parvenir jusqu'à un Day 4 de Main Event EPT. Et Alejandro a montré tout le long de la journée pourquoi il était l’un des jeunes prodiges du poker espagnol.

Tombé dans la zone rouge, il n’hésite pas à envoyer son tapis pour grappiller quelques blindes. Il remonte ainsi autour des 20BB, jusqu’à ce spot qui lui permet de respirer. Open shove de Peter Turmezey UTG pour 11BB et Romero découvre deux Valets derrière. Re-shove, et ça tient contre la paire de 88 du Hongrois, éliminé en 24e position.

Une orbite plus tard, il trouve encore deux valets pour une nouvelle balle d’élimination. Cette fois, c’est Arthur Conan qui a envoyé son shortstack avec A10. Ça tient encore, Alejandro remonte près du million de jetons. Un nouveau coup bien mené où il laisse Marc Foggin bluffer sur sa double paire et l’Espagnol boucle la journée avec 1,2 million.

Pendant qu’Alejandro réalise sa remontada, les éléminations se succèdent. Fausto Tantillo voit son shortstack avalé par les deux Rois de Morten Hvam, Jason Wheeler perd la classique AK contre les deux Dames de Marcelo Simoes et Justin Saliba élimine, enfin, Nicola Grieco avec deux 9 qui, cette fois, tiennent contre l’underpair de l’Italien fou.

Team France

Et merci Veunstyle pour la photo de notre team France !

Et nos Bleus dans tout ça ? Et bien eux aussi ont régalé. Chipleader toute la fin de journée, Hugo Pingray a maintenu son monster stack à flot, sans trouver trop de spot pour le faire grossir et reviendra avec 3,4 millions de jetons au Day 4. Francky Magliocco a parfaitement géré la fin de journée et pointe légèrement au-dessus des 100 blindes (2 550 000), tandis que Yannick Cardot manœuvre toujours autour des 60 blindes. Trois mousquetaires bien armés pour attaquer l’une des plus grosses journées de poker de leur vie.

Colillas

Un nouveau sac à refermer pour Ramon Colillas. Après une victoire PSPC, un Day 7 Main Event, pourquoi pas un titre EPT ?

Pour les accompagner, un vainqueur WSOP écossais, l’infatigable Niall Farrell, dernier joueur en course à pouvoir réaliser un doublé EPT, un colosse hongrois d’une solidité ébouriffante, Fernec Deak (2 190 000), un Iranien aussi redoutable qu’expérimenté, Nariman Yaghmai (2 600 000), ou encore le vainqueur PSPC et ambassadeur Pokerstars Ramon Colillas (3 480 000). Juste devant l'Espagnol, il faudra aussi compter sur un Norvégien difficile à bouger, en la personne du chipleader Morten Hvam (3 895 000). Un petit chipcount complet ne fera pas de mal pour vous donner une idée du rapport de force, mais une chose est sûre, ce Day 4 EPT promet d’être grand… Quoiqu’un peu court, puisqu’avec 16 survivants, on ne devrait pas jouer 10 heures avant d’atteindre la table finale !

Farrell

Niall Farrell fait remarquer qu'il réussit à baguer moins de jetons au Day 4 qu'au Day 3... Et en plus, ça le fait marrer.

Chipcount complet

Morten Hvam (Danemark) 3 895 000
Ramon Colillas (Espagne) 3 480 000
Hugo Pingray (France) 3 360 000
Nariman Yaghmai (Iran) 2 600 000
Francky Magliocco (France) 2 550 000
Ferenc Deak (Hongrie) 2 190 000
Erkan Soenmez (Allemagne) 2 075 000
Marcelo Simoes (Brésil) 1 845 000
Jussi Nevanlinna (Finlande) 1 710 000
Yannick Cardot (France) 1 525 000
Jaime Cervantes (USA) 1 500 000 
Dragos Trofimov (Moldavie) 1 495 000
Alejandro Romero (Espagne) 1 195 000 
Zhong Chen (Pays-Bas) 1 070 000 
Niall Farrell (Écosse) 1 055 000
Justin Saliba (USA) 660 000 

Blindes : 10 000 - 25 000 Ante 25 000

Et pendant qu'on y est, un petit rappel du payout :

Vainqueur : 939 840 €
Runner-up : 564 640 €
3e : 397 590 €
4e : 298 710 €
5e : 228 460 €
6e : 167 050 €
7e : 125 420 €
8e : 89 770 €
9e : 69 990 €
10-11e : 58 130 €
12-13e : 52 090 €
14-15e : 46 890 €
16e : 41 680 €

Rendez-vous demain midi pour la suite du show Romero et pour voir nos Français poursuivre leur route vers la table finale de cet EPT Monte-Carlo !

Belle arnaque pour Jacques

- 5 mai 2022 - Par Fausto

Le plus discret des survivants français vient de connaître un quart d’heure bien chaud. Une succession de coups où il a montré qu’il savait très bien tenir les cartes… Mais les dieux du poker ont décidé de s’acharner sur Jacques Der Megreditchian.

Jacques Grieco

Posté avec une trentaine de blindes, le joueur se trouve au duel avec un autre Français. Francky Magliocco défend sa BB sur l’open de Jacques au CO et les deux hommes trouvent un flop tout à cœur J45 Der Megreditchian c-bet 80 000 dans 125 000, mais Francky ne l’entend pas de cette oreille. Check-raise à 225 000 et snap tapis de Jacques ! Pas le temps de compter son stack où même la mise adverse, le petit triangle est posé !

Magliocco

Francky ne s’attendait pas à une telle riposte et se couche sans trop tarder. Der Megreditchian revient près du million.

Sur la main suivante, Magliocco se remet en selle. Cette fois, c’est l’Italien Nicola Grieco qui attaque : 100 000 sur le flop 2410, 125 000 sur la turn A et … Check sur la river 6. Francky retourne son J10, et ça gagne !

Tombé à 11 blindes, l’Italien semble légèrement tilté. Déjà d’un naturel plutôt sanguin, il ne cache pas ses émotions et snap plusieurs de ses décisions. Au moment de parler en SB, il envoie tout rapidement sur la BB de Jacques, qui paye avec son K7. C’est bien devant le Q8o de Nicola. Balle d’élimination !

Le flop Q99 apporte des sueurs, mais Jacques n’améliorera pas sur la turn ni la river et fait doubler l’Italien.

Quelques mains plus tard, les deux hommes repartent au clash. Tapis 550 000 de Nicola, la parole arrive sur Jacques qui prend une petite minute pour payer. Les deux joueurs dévoilent les jeux. 55 chez l’Italien, 99 chez le Français. Deuxième balle d’élimination !

Un souffle inquiétant sur le flop 346, le temps s’arrête sur la turn A et coup de tonnerre sur la river 2. En bon italien, Grieco ne cache pas son émotion. Il lève les bras au ciel en criant plusieurs « Yes ! ». De son côté, Jacques ne dit mot. Son stack s’est effondré sur ces deux duels. Ses derniers jetons partiront au tour suivant sur une ultime rencontre malheureuse. KQ contre le AQ de Francky Magliocco, qui monte de son côté à 2,3 millions de jetons.

Conan, le fold de mutant

- 5 mai 2022 - Par Fausto

Le rythme s'est clairement ralenti. Aucune élimination depuis 50 minutes, ils sont donc toujours 24 dans la bataille, et les coups se font de plus en plus intenses, de plus en plus rudes, de plus en plus douloureux... À l'image de cette rencontre de haute volée entre Arthur Conan et Ergan Soenmez.

EPT Main Event (Day 3)

Conan TV

C’est un coup aussi horrible que magnifique que vient de nous proposer Arthur Conan. Les spectateurs du stream ont dû se régaler, le grinder, lui, maudissaient encore cette river au moment de la pause. Mais il vient encore de montrer le grand joueur qu’il est.

Open d’Arthur UTG avec 89, payé par Ergan Soenmez au CO ainsi que par Zhong Chen en BB. Le flop vient 6710. Plutôt pas mal pour le Français, qui trouve une suite, agrémenté d’un tirage quinte flush. Attendez voir...

Pour faire monter les enchères, Arthur opte pour le check-raise. 225 000 sur les 75 000 avancé par Ergan. Zhong Chen se barre, et les deux opposants découvrent une turn J. Conan poursuit l’agression avec un bet à 275 000, suivi par l’Allemand quand vient un J sur la river. Ca donne la flush, mais aussi quelques possibilités de full. Check chez le Français et l’Allemand lance l’assaut. 375 000 demande, dans un pot à plus d’un million de jetons. Arthur réfléchit un temps, puis décide de coucher sa main, non sans quelques mouvements de tête agacés.

Mais qu’avait donc Soenmez ? L’Allemand le révèlera au Français avant même le streaming… 66, pour un full. Sick river. Sick fold.

Les cinq fantastiques

- 5 mai 2022 - Par Fausto

Cinq Français à trois tables left d'un EPT. Certes, à Monaco, c'est plus probable qu'ailleurs, mais ça reste très beau. Accompagné d'un Team Pro Winamax, qui s'apprête à poursuivre son numéro en table télévisée, pour les deux dernières heures de la journée.

EPT Main Event (Day 3)

Spot

Les joueurs sont de retour dans la salle des étoiles. Ils viennent de batailler une petite demi-heure, le temps d'obtenir cinq nouvelles éliminations. Dans le lot, un Français a succombé. Shortstack durant presque toute la totalité du Day 3, Charles-Henri Garnero a vaillament combattu, mais perdu ses dix dernières blindes dans un duel de blindes anondin, face à l'Italien Nicola Grieco. Mais plusieurs gâchettes françaises sont encore prêtes à tirer alors que les floors viennent de déssiner le redraw des 24 joueurs.

Pingray

Un homme qui n'arrête pas de manger des jetons depuis trois heures. Il est chipleader, il est Français, il s'appelle Hugo Pingray.

Désormais vêtu du costume de chipleader, Hugo Pingray continuer d'appuyer sur l'accélérateur. 3,6 millions de jetons, soit 180 blindes à trois tables d'un titre EPT, c'est beau, c'est même magnifique, d'autant que le joueur n'est pas du genre à s'enflammer. Il reste concentré et met la pression dans tous les coups où il rentre. Et la plupart du temps, les jetons reviennent vers lui.

Francky

"Vous avez toujours le sourire, j'aime bien" commente Jason Wheeler, qui a eu le plaisir d'avoir Francky Magliocco à sa table. 

Francky Magliocco aussi se stabilise dans les hauteurs du tournoi. Depuis la pause, il n'a pas bougé, avec 100 blindes pour attaquer la dernière ligne droite du jour.

Cardot

Yannick Cardot, lui, a poussé vers le haut, à la faveur d'un set-up agréable dès le retour du diner-break. Open UTG avec deux as, et 3-bet jam d'Ana Marquez en grosse blinde pour ses 500 000 derniers jetons. 1 600 000 désormais pour le grinder, toujours aussi posé dans son atitude, malgré les vibrations.

« J’ai comme une intuition, je sens que tu vas gagner le tournoi, déclare Alex Romero alors que son voisin le quitte pour rejoindre la table de Hugo Pingray. Enfin, si ce n’est pas moi bien sûr ». De son côté, l’Espagnol rejoint la table télévisée au côté de son compatriote Ramon Colillas. L’occasion d’avertir la famille ? « Elle regarde le streaming depuis le début, commente le joueur. Mais elle un peu nerveuse… Elle risque de faire une crise au moment de me voir à l’écran ».

Romero

Avec une grosse quinzaine de blindes, And1ero n’est pas le mieux placé mais on l’a vu depuis le début de journée, les Top Shark manie l’art du shortstack à merveille. Place à la remontada.

Conan

Il retrouvera sur l'estrade une autre gachette française et pas la moins redoutable. Arthur Conan est toujours de ce tournoi, avec une grosse quarantaine de blindes, largement assez pour faire parler son talent et sa technique hors-pair. Enfin,
Jacques Der Megreditchian poursuit son incroyable numéro, résistant magnifiquement avec son shortstack pour percer ce field princier. Messieurs (et oui, puisque la dernière femme, Ana Marquez a été éliminé), faîtes nous rêver !

Pingray sonne la charge

- 5 mai 2022 - Par Fausto

Un Français s'invite dans le gang des chipleaders. Hugo Pingray enchaîne deux coups énormes et prend les commandes du wagon bleu.

Pingray

On a peu mentionné Hugo Pingray depuis le début de ce coverage. Pourtant, on parle là d’un homme capable de gagner des grands tournois, comme un Monster Stack WSOP de près de 8 000 joueurs en 2014. C’est aussi un homme habitué aux gros buy-ins, qu’il joue, certes de manière irrégulière, mais depuis près de dix ans maintenant. Bref, le genre de joueur qui a la carrure et le talent pour aller chercher une victoire EPT. A 30 left de ce Main Event, Hugo vient d’ailleurs de se faire remarquer en prenant la tête du chipcount bleu, et presque la tête du chicpount tout court.

Il a d’abord pris un très gros pot chez Peter Turmezey. Open 37 000 de Pingray au bouton (sur les blindes 8 000 - 16 000), défendu par le Hongrois et les deux hommes se retrouvent sur un flop 884. C-bet 32 000 chez Pinfray et riposte de Peter à 75 000. Payé par le Français, qui fait face à une nouvelle mise sur la turn K. 125 000 pour suivre, ce que fait Hugo, tandis que le Hongrois se calme sur la river 3. Le Français avance alors deux grosses piles de jetons bleus, qui feront entrer Turmezey dans un tank de près de trois minutes. Après réflexion, le Hongrois décide de call, puis de muck ses cartes, après que Pinfray ait retourné 98.

Un quart d’heure plus tard, c’est Eric Sfez qui s’embarque dans un duel de haute voltige avec Hugo. Open de Sfez en début de parole, défense de BB avec 55 qui trouve brelan sur le flop 542. Hugo opte pour le check-raise : 175 000 sur 62 000. Eric se voit bien avec son 88 et envoie ses 600 000 jetons au milieu. Payé dans la seconde par Pingray. Deux briques plus tard, Hugo élimine Eric Sfez de ce Main Event, pour culminer désormais à 2,5 millions de jetons.

Sfez

Un nouveau très beau run signé Eric Sfez, qui a montré durant ces trois jours qu'il pouvait encore tenir tête aux meilleurs joueurs de ce jeu. 22 270 € pour récompenser sa 30e place.

Seul Ramon Colillas fait mieux avec 2,7 millions de jetons, tandis que Francky Magliocco suit à quelques encablures, juste au dessus des deux millions. Quatre Français accompagnent ces deux meneurs. Les grinders Arthur Conan et Yannick Cardot sont placés avec une cinquantaine de blindes. Les deux amateurs Jacques Der Megreditchian et Charles Henri Garnero poursuivent leur bonne résistance un peu plus bas dans le chipcount.

Romero

Et bien sûr, Alejandro Romero continue de fièrement représenter le Team, avec un demi million de jetons.

Tous ces guerriers bleus viennent d'être libérés pour 70 minutes de dinner break. On se retrouve à 21H pour les deux derniers niveaux de la journée.