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Mikedou joue, et perd la toute dernière main du PSC Macao

- 11 avril 2017 - Par Benjo DiMeo

NL Hold'em Deepstack 22 000 HK$

Ludovic Riehl
"Je suis désolé, vraiment... Vous devez être crevés. Si vous voulez, vous pouvez partir !"

Prononcées dimanche aux alentours de cinq heures du matin, ces trois phrases offrent un bon résumé de ce sacré personnage qu'est Ludovic Riehl. Humble jusqu'à l'excès, le Top Shark était sincérement désolé de nous tenir éveillés alors que l'aube pointait déjà en cette toute dernière soirée de reportage à Macao.

C'est qu'après avoir été tenus en haleine par un duel record de dix heures et demie dans le Main Event, nous n'en avions pas tout à fait fini avec cette toute première édition du PokerStars Championship organisée en terres asiatiques. Mikedou tenait bon sa barque dans l'ultime tournoi annexe au programme. Tandis qu'à quelques mètres de là, Elliot Smith fêtait son épuisante victoire en offrant des Coronas à tous ceux qui passaient devant le resto mexicain, le floor de la salle de tournoi se vidait peu à peu de ses occupants. A la table finale comme aux alentours, le ménage était en cours : le personnel d'entretien empilait tables et chaises tandis que le français empilait les jetons au fur et à mesure des éliminations.

Mikedou a terminé son séjour comme il l'avait entamé : par une belle perf, et un deal sur la dernière ligne droite. La semaine précédente, le doyen des Top Sharks avait offert le trophée à son dernier adversaire, Vladimir Shabalin, en échange d'un deal très avantageux lui assurant une récompense proche de la première place sans avoir à jouer le heads-up. Cette fois, si les négociations furent une fois de plus couronnées de succès, les trois derniers joueurs se sont bel et bien battus pour le titre, et après la sortie du chinois Chen-An Lin en troisième place, Ludovic et le russe (encore un russe !) Vitaly Tevis se sont battus en duel pendant plus de quatre heures.

Inconsciemment ou non, le personnel du casino aura tout fait pour tenter de déloger les deux derniers joueurs du tournoi, et du festival tout court. Le premier aspirateur est arrivé aux alentours de quatre heures du matin, suivi par un second une demi-heure plus tard. Le volume sonore de la sono aura progressivement été augmenté, et nous aurons même été soumis à une infâme bouse de Coldplay, jouée plein pot peu après cinq heures. Mais les deux joueurs y tenaient, à ce titre, et aux 26,000HK$ de prix supplémentaires négociés durant le deal. La structure était très deep, mais les blindes ont progressé en même temps que la fatigue, que l'on pouvait aussi observer chez les deux derniers superviseurs encore présents : l'un d'entre eux s'est tout simplement endormi, avant de se faire sèchement rabrouer par son collègue, piqué au vif par notre hilarité apparente !

Scène irréelle d'un casino entièrement vidé de ses occupants et de son matériel, avec seulement une dernière table de poker active, et deux joueurs ne voulant pas en finir. Les retournements de situation furent nombreux : on ne vous les racontera pas ici. On se contentera, pour l'histoire, de noter que la toute dernière main du festival s'est jouée à 6h15 du matin, et que Mikedou l'a perdue : son As-9 ne s'est pas amélioré contre une paire de 2. Le PokerStars Championship Macau était officiellement terminé : il se concluait par une deuxième place de runner-up pour Ludovic Riehl, officiellement le joueur français le plus performant du festival avec trois ITM, deux finales et plus de 750,000 dollars de gains. Merci pour la nuit blanche, Mikedou !
 

Résultats - Deepstack 22 000 HK$
135 inscriptions - Dotation : 2,619 millions HK$

Vitaly Tevis
Vainqueur : Vitaly Tevis (Russie) 530 000 HK$ (après deal)
Runner-up : Ludovic Riehl (France) 428 500 HK$ (après deal)
3e : Chen-An Lin (Chine) 333 000 HK$ (après deal)
4e : Yifan Zheng (Chine) 217 000 HK$
5e : Dong Guo (Chine) 160 500 HK$
6e : Matas Cimbolas (Lithuanie) 119 000 HK$
7e : Carlos Chang (Taiwan) 88 000 HK$
8e : Alex Difelice (Canada) 65 500 HK$
9e : Michel Abecassis (France, Team Winamax) 65 500 HK$

Chen-An Lin
Chen-An Lin

Le Main Event se termine par un duel record de dix heures

- 9 avril 2017 - Par Benjo DiMeo

Macao
Pour mon dernier jour de reportage à Macao, je suis arrivé au City of Dreams avec un peu de retard. Rien de grave : moins d'une heure. Mon premier coup d'oeil en entrant dans la spacieuse salle de tournoi du premier étage sur pour l'horloge : ils n'étaient déjà plus que quatre en finale du Main Event, après les éliminations de Yen Chen (6e) et Aymon Hata (5e). "On ne va pas finir tard, ce soir", me dis-je en installant mon ordinateur sur le banc de presse. L'heure qui suit confirma cette impression, avec les sorties rapides d'Avraham Oziel (4e) et Daniel Laidlaw (3e) : seulement deux heures avaient été necessaires pour passer de six à deux joueurs.

Les premiers signes de déraillement du continuum espace temps se firent sentir lorsqu'Elliot Smith et Tianyuan Tang, les deux derniers prétendants au titre, prirent un temps interminable (et inhabituel) pour décider d'un deal : une heure, montre en main. Mais nous n'y avons pas guère prêté attention sur le moment, car la négociation porta ses fruits, avec un partage à parts égales finement négocié par Smith, qui possédait un peu moins de jetons que son adversaire : les deux s'assurèrent de gagner un minimum de 2,577 millions de HK$ chacun, avec un bonus de 300,000HK$ pour celui qui soulèverait le titre. Certes, les deux joueurs étaient super deep avec 100BB chacun, mais quoi de plus efficace qu'un deal réussi pour accélerer une partie ?

PokerNews a relaté et numéroté l'intégralité des mains de la finale . Nous pouvons donc vous rapporter les chiffres avec une précision clinique : 43 mains ont suffi pour obtenir les quatre premières éliminations. La dernière élimination, elle, en aura nécessité 272 de plus !

C'est que les deux pros de 29 ans n'ont rien voulu lâcher, s'échangeant le chip-lead à tour de rôle tout au long de dix heures et demie d'un match appartenant déjà à l'histoire, ayant duré, à peu de choses près, plus longtemps que les deux duels les plus longs de l'histoire de l'EPT mis bout à bout. Au final, et pour la troisième fois consécutive dans la jeune histoire des PokerStars Championship, le titre est revenu à un joueur du continent Nord-Américain, au terme d'une dernière main dramatique. Qui aurait cru qu'un banal coup de pile ou face pouvait être excitant ? Pas l'auteur de ces lignes, qui en a déjà vu des milliers.

Il était une heure passée de cinquante-trois minutes lorsque Tianyuan se retrouva à tapis avec une paire de 6 après un limp d'Elliot Smith, qui avait réussi à creuser l'avantage durant les deux heures qui avaient précédé. Ce dernier paya avec As-Roi, non sans avoir hésité : perdre ce coup le laisserait avec deux fois moins de jetons que son adversaire chinois.

Le flop tomba 697. Eructations chez Tianyuan et sa nuée de supporters : son double up était assuré.

Vraiment ? Un 2 fut retourné sur le turn. Nouveaux cris chez les chinois. Il était à une carte d'un double up décisif.

Rivière....

3

Je n'oublierai jamais l'expression de Tianyuan a ce moment, passé en un battement de cartes de l'ivresse à la gueule de bois. Son rêve venait de s'écrouler, tandis qu'un Elliot Smith incrédule prenait lentement conscience qu'il avait gagné avec cette couleur trouvée in extremis.

Et c'est ainsi que s'achevait la toute première édition du PokerStars Championship organisée à Macau. Ou pas : Ludovic Riehl est toujours en course dans l'ultime tournoi annexe de la quinzaine. L'ancien Team Pro Winamax est chip-leader après avoir conclu un deal à trois joueurs restants. Bien entendu, hors de question de quitter le casino avant d'avoir vu Mikedou soulever le trophée...

Résultats - Main Event PSC Macau
536 inscriptions - Dotation : 20 796 800 HK$

Elliot Smith
Vainqueur : Elliot Smith (Canada) 2 877 500 HK$ (après deal)
Runner-up : Tianyuan Tang (Chine) 2 577 500 HK$ (après deal)
3e : Daniel Laidlaw (Australie) 1 724 000 HK$
4e : Avraham Oziel (Canada) 1 280 000 HK$
5e : Aymon Hata (UK) 950 000 HK$
6e : Yen Chen (Taiwan) 705 000 HK$
7e :  Yan Li (Chine) 521 000 HK$
8e : Xuan Tan (Chine) 386 000 HK$

Les français ITM
9e : Fabrice Soulier 386 000 HK$
12e : Thibaut Blondel 221 000 HK$
46e : Ivan Deyra 101 000 HK$
75e : Bernard Vu 62 500 HK$
100e : Michel Abecassis (Team Winamax) 62 500 HK$
103e : Maxime Adam 62 500 HK$

Résultats - High-Roller PSC Macau
180 inscriptions (re-entry inclus) - Dotation : 17 460 000 HK$


Sosia Jiang
Vainqueur : Sosia Jiang (Nouvelle-Zélande) 3 870 000 HK$

Runner-up : Raghav Bansal (Inde) 2 610 000 HK$
3e : Troy Quenneville (Canada) 1 800 000 HK$
4e : Nick Petrangelo (USA) 1 465 000 HK$
5e : Ben Lai (Hong-Kong) 1 170 000 HK$
6e : Dan Smith (USA) 895 000 HK$
7e : Sergey Lebedev (Russie) 652 000 HK$
8e : Xixiang Luo (Chine) 470 000 HK$

Photos : Neil Stoddart et René Velli (Poker Stars)

Las Vegas VS Macao : le grand match

- 9 avril 2017 - Par Benjo DiMeo

Minuit et demie à Macao. Incroyablement, Elliot Smith et Terry Tang sont encore en train de batailler dans le Main Event (on vient de franchir le cap de 250 mains jouées dans un heads up ayant débuté il y a presque dix heures !) et Mikedou est bien parti en finale du dernier side-event (il reste sept joueurs). Nous allons quitter Macao demain : après huit jours et huit nuits passées dans l'ancienne colonie portugaise, le moment est venu de faire le bilan de notre séjour. Le cliché veut que Macao est la Las Vegas de l'Orient. Qu'en est-il en réalité ? Point par point, nous avons compté les points.

Poker

Poker
Notre jeu préféré n'a débarqué à Macao qu'il y a dix ans seulement : il n'y a donc pas de comparaison possible avec Las Vegas, où l'on joue aux cartes depuis la naissance de la ville il y a plus de cent ans. Sin City n'est donc pas prête de se faire détrôner en ce qui concerne l'offre de tournois et cash-games. Quel que soit votre budget, quel que soit l'heure, vous n'aurez aucun mal à trouver une partie à Las Vegas tout au long de l'année. Les festivals sont nombreux et variés de janvier à décembre, et durant la période des World Series of Poker, c'est carrément l'overdose de bonheur, avec cinquante jours et nuits où les casinos se tirent la bourre et proposent les tournois les plus extravagants à tous les tarifs et dans tous les formats imaginables, pour une clientèle venue du monde entier. A Macao, hors des gros évènements aparaissant sporadiquement sur le calendrier (un festival tous les trois mois environ), l'offre de tournois est quasi-inexistante. En revanche, le cash-game tourne toute l'année : le Venetian, le Wynn (reproduits quasiment à l'identique des originaux de Vegas) ainsi que le Galaxy sont les noms qui reviennent le plus souvent comme valeurs sûres pour trouver une partie. Le tarif plancher ? Blindes 25/50HK$, soit 3€/6€, grosso modo. Un peu au dessus des low-stakes de Vegas, donc, qui débutent à 1$/2$.

Ceci étant dit, Macao dispose que quelques atouts dans sa manche. Déjà, le niveau de jeu : à enchères similaires, n'importe quelle partie ici sera plus facile que l'équivalent de Las Vegas. Le poker est encore jeune en Asie, et les professionnels moins nombreux qu'aux States. La quantité de fric débarquant chaque jour des ferries et avions fait qu'il y a un pognon monstre à se faire, peu importe les stakes jouées.

Et il y a un domaine où Maco est désormais roi : la sphère high-stakes. Oui, l'ancienne colonie portugaise est bel et bien l'endroit où l'on joue désormais les parties les plus chères du monde, qui rélèguent l'ancestral "Big Game" du Bellagio et de papa Doyle Brunson au rang d'aimable plaisanterie pour semi-retraités. Les plus gros cash-gameurs américains et européeens ne s'y sont pas trompés : beaucoup visitent régulièrement Macao, quand ils ne s'y installent pas carrément.  "Tu n'as même pas idée des enjeux", nous glissait l'autre jour un joueur français installé ici depuis quelques années, et qui lui-même se contente de parties presque modestes en comparaison (1000/2000HK$ les blindes). "Il y a des millions qui passent de main en main tous les jours." Ces parties se jouent en privé, loin des yeux des curieux et des journalistes, dans les salons reculés des casinos les plus luxueux, entre riches hommes d'affaires chinois soucieux de protéger leur anonymat : les quelques pros qui arrivent à s'y faire accepter ne risquent pas d'en réveler les secrets. Tout au plus pourrons nous vous dire qu'on aime y jouer une variante survitaminée du Texas Hold'em, où toutes les cartes en dessous du 6 ont été retirées du paquet : avec un tel format, on reçoit beaucoup plus souvent des mains jouables, et l'action y est donc résolument fast and furious.

Verdict poker : Las Vegas (sauf si vous êtes très riche)

Jeux de hasard

C'est la première chose qui frappera l'habitué de Vegas en pénétrant dans n'importe quel casino de Macao : devant lui, à perte de vue, non pas des machines à sous (elles sont bien là, mais dans une proportion infime par rapport à Vegas), mais des centaines de tables bondées et ne proposant qu'un seul et unique jeu : le baccarat. Certes, en cherchant bien, vous trouverez bien un peu de roulette et du black-jack par-ci par-là, la plupart du temps cachés tout au fond de la salle, mais que l'on ne s'y trompe pas : le joueur chinois semble être du genre monomaniaque, et en 2014, 91% des recettes des casinos de Macao se sont faites grâce à ce jeu de cartes aux règles ultra-simples dont les origines sont françaises et remontent à la fin du 19ème siècle (en gros : deux cartes pour le croupier, deux cartes pour le joueur, un système de points pour comparer la force des mains, la possibilité de tirer une carte supplémentaire, et c'est à peu près tout ce qu'il faut savoir.)

Baccarat
Au cours de nos visites, de jour comme de nuit, nous avons flippé devant l'activité observée autour des tables : il n'était pas rare de voir une bonne centaine de personnes massées derrière une seule partie. "C'est parce qu'une série est en cours", nous expliqua un habitué des lieux. "Quelqu'un est en train de gagner plusieurs coups de suite, et de presser ses mises [c'est à dire laisser ses gains en jeu à chaque nouvelle main, pour tenter un gros "écart"]. Ils restent pour voir jusqu'à quel point il va gagner !" Qu'est-ce qui plaît tant au joueur chinois dans ce jeu que l'on pourrait résumer à un concours de pile ou face ? "Ils adorent 'squeezer' les cartes", explique notre guide. Autrement dit : découvrir petit à petit son jeu en retournant ses deux cartes millimètre par millimètre, et faire ainsi durer le plaisir avant de savoir si l'on a gagné la main ou pas, selon que l'on aperçoit une ligne courant le long de la carte (indiquant une "tête" : Roi, Dame ou Valet) ou des "points" (piques, coeurs, trèfles ou carreaux), indiquant une plus petite carte, que l'on va continuer de lentement squeezer pour découvrir sa valeur exacte. Résultat : les cartes (faites de carton et non, comme au poker, de plastique) sont proprement martyrisées, et partent au rebut après chaque main. Un coût de fonctionnement somme toute modique pour ces établissements qui accueillent jour et nuit des centaines de joueurs enclins à miser un million de dollars de Hong-Kong sur une seule main...

Quid des enjeux ? Là où Vegas regorge de casinos "low stakes" avec des tables de black-jack, roulette et craps où il est possible de miser aussi bas que 5$ le coup (et l'on peut trouver encore moins cher en s'aventurant dans les casinos les plus anciens), à Macao nous n'avons pas réussi à trouver une table de baccarat à moins de 30$ la mise, y compris dans les casinos les moins luxueux. Notre jugement en ce qui concerne les jeux de hasard sera donc sans appel...

Verdict jeux de hasard : Las Vegas (sauf si vous aimez le baccarat)

Boîtes de nuit et autres divertissements

Night Club
"Macao aujourd'hui est un peu ce que Las Vegas était dans les années 60 et 70 : un endroit où l'on vient principalement pour jouer en casino, avec quelques spectacles à côté", expliquait en début de festival un responsable du City of Dreams, le casino accueillant le PokerStars Championship. "Mais il est probable que Macao ne deviendra jamais ce qu'est Las Vegas aujourd'hui", complétait le coach Stéphane Matheu.

Au cours des trente dernières années, Las Vegas a ainsi été forcée de se réinventer en permanence, pour faire face à une conjonction de facteurs négatifs : crises successives aux Etats-Unis (dont la déprime post-11 septembre, qui a mis à genoux le tourisme dans le Nevada et ailleurs), perte de monopole induite par la légalisation progressive des casinos dans d'autres états américains, baisse de l'intérêt des clients pour les jeux de hasard traditionnels... De terrain de jeu privilégié des riches et de la jet set à l'époque d'Elvis Presley et du Rat Pack (Frank Sinatra, Dean Martin et compagnie), la Ville du Vice s'est progressivement muée en une destination multi-cartes, avec la multiplication des spectacles les plus extravagants, les hôtels à thème ultra-kitsch (Pyramides d'Egypte, Tour Eiffel, Venise, la Rome Antique...) les restaurants étoilés, les attractions les plus délirantes, les terrains de golf, les boîtes de nuit XXL et pool parties attirant des DJs internationaux à coups de millions de dollars... Cette débauche d'investissements a fonctionné : aujourd'hui, nombre de visiteurs de Las Vegas viennent y dépenser leurs dollars dans les bars, boîtes et restaurants, sans jamais s'approcher d'une table de jeu. Ainsi, la part des recettes des casinos provenant des jeux de hasard est passée de 58% en 1984 à seulement 34% en 2016 !

Night club
La situation est bien différente à Macao. Les hôtels-casino géants "à la Vegas" y ont certes poussé comme des champignons ces dix dernières années, mais comme expliqué dans le paragraphe précédent, cet étalage de luxe n'a qu'une seule finalité : attirer les joueurs chinois (28 millions sont venus en 2014, soit 93% des visiteurs) aux tables de baccarat des 33 casinos disséminés sur la péninsule et l'île attenante. Résultat : hors des jeux de hasard, il n'y a décidément pas grand chose à faire à Macao. Alors qu'à Vegas, à peu près tous les casinos disposent de leur mega club dédié (voir, dans certains cas, deux ou trois différents), on ne trouve grosso modo que deux vraies boîtes de nuit sur Taipa (le Pacha et le Cubic), modelées sur les établissements huppés occidentaux : table service VIP, musique electro assez dégueulasse à fond la caisse, et très peu de place pour danser. Mais ces établissements sont loin d'être pleins et au cours des dix dernières années, certaines tentatives de développement d'une vie nocturne digne de ce nom ont même proprement échoué, avec des boîtes de nuit et bars fermant leurs portes après quelques années d'activité décevantes sur le plan des recettes.

Cette situation est sans doute appelée à changer, pour des raisons qui ont tout à voir avec la politique. En effet, les pouvoirs en place du côté de Beijing l'ont fait très clairement savoir : il en ont plus que marre de la réputation de Macao comme étant une destination de riches flambeurs chinois, en particulier les hommes d'affaires et hauts fonctionnaires corrompus du mainland. Le mot d'ordre venu de tout en haut : il faut que le territoire (pour l'heure indépendant du pouvoir chinois mais tout de même sous influence) s'assainisse et se développe comme une vraie destination pour les familles, avec des divertissements pouvant attirer un autre type de clientèle que les riches gamblers. Déjà, quelques casinos proposent des spectacles tape à l'oeil (The House of Dancing Water, créé par des anciens du Cirque du Soleil) et on peut parier que l'offre va se multiplier dans les années à venir, avec des attractions poussant encore plus loin la démesure de Vegas. Témoin le lac artificiel et les fontaines entourant le Wynn Palace, en face du City of Dreams, survolées par un téléphérique gratuit amenant le visiteur directement à l'entrée du casino : "En comparaison, les fontaines du Bellagio ressemblent à un tuyau d'arrosage fatigué", glisse un joueur impressionné, ajoutant que l'intérieur du palace relègue le Wynn de Vegas au rang "d'un hôtel deux étoiles."

Verdict boîtes de nuit et divertissement : Las Vegas (pour le moment)

Boire des coups

Boire des coups
Ceux d'entre vous qui ont déjà joué le WPO à Dublin ou le SISMIX de Marrakech le savent bien : chez Winamax, on aime bien lever le coude et trinquer entre amis après le tournoi et/ou le boulot. Et de ce côté là, inutile de tourner autour du pot : Macao fut une immense, colossale, incommensurable déception. Pour vous donner un exemple marquant : un soir au milieu de notre séjour, nous sortions d'un restaurant Thailandais situé dans l'un des casinos les plus luxueux de Taipa, l'île "moderne" de Macao où se trouvent les établissements les plus extravagants. "J'ai soif", a lancé quelqu'un : "je boirais bien une petite bière avant de rentrer." Devant nous s'étalait à perte de vue le floor du casino, avec tables de jeu et machines à sous serrées sur une surface grande comme quatre ou cinq terrains de football. Après quinze minutes à parcourir le labyrinthe en long et en large, nous avons dû nous avouer vaincus : il n'y avait pas le moindre bout de comptoir de bar dans ce casino plus grand que le plus grand casino de Vegas. Nous avons pris un taxi, et nous sommes rentrés nous coucher.

A Las Vegas, on n'est jamais à moins de dix mètres d'une source d'alcool : la ville s'est plus ou moins construite entièrement sur sa consommation (et d'ailleurs, c'est la seule ville des Etats-Unis où il n'est pas interdit par la loi de boire dans la rue). Celle-ci n'est pas seulement tolérée, elle est encouragée. Forcément, les mauvaises décisions que son abus peut générer sont hautement lucratives pour les casinos ! (Voir le cultissimme film The Hangover pour une démonstration certes exagérée mais dans laquelle chacun des visiteurs de Vegas se retrouvera à un moment ou un autre) Mais ici à Macao, c'est avec le plus grand sérieux que l'on joue, avec une bouteille d'eau comme seul compagnon. Au cours de nos explorations nocturnes au milieu des tables de baccarat, nous n'avons jamais croisé le moindre serveur, mais seulement des employés poussant des chariots remplis de bouteilles de flotte, qu'ils déposaient à côté des joueurs concentrés sur leur partie et n'y prêtant aucune attention. En ville, même topo : hors des lobbys des grands hôtels, les bars sont quasi-inexistants.

Cette sécheresse comporte cependant un avantage évident : là où à Vegas, on trébuche dès 22 heures sur les cadavres des étudiants de toute l'Amérique prenant leur première cuite à la vodka et sur les frat boys bourrés se déplaçant en meute à grands renforts de beuglements ("Vegas baby, WHOOOOOOO"), à Macao, tout le monde se tient bien, et en une semaine, nous n'avons pas croisé une seule personne en état d'ébriété manifeste.

Verdict boisson : Las Vegas (à plate couture)

La bouffe

Bouffe
Las Vegas est l'une de mes villes préférées pour manger : l'offre y est pléthorique, toutes les cuisines du monde sont représentées, nombre de grands chefs y ont installé leurs enseignes prestigieuses, bien manger n'est pas forcément synonyme de grosse dépense, et même aux petites heures de la nuit, on peut trouver une bonne table pour se rassasier.

En comparaison de son concurrent américain, Macao se défend très bien : les grands hôtels-casinos regorgent d'établissements culinaires luxueux, et au cours de notre séjour, nous avons tour à tour mangé chinois (forcément), mexicain, américain, thailandais, ou encore espagnol. C'était toujours bon, et jamais ruineux. Peu importe vos goûts en matière de nourriture et votre budget, vous n'aurez donc aucun mal à trouver une table à votre convenance : les amateurs de bouffe asiatique seront bien entendu au paradis, et les autres se sentiront comme à la maison avec moult restaurants de sensibilité européenne. Même si le service est généralement meilleur à Vegas (normal : les serveurs sont payés au pourboire, les incitant donc à être ultra prévenants), nous ne désignerons donc pas de vainqueur dans ce match.

Verdict bouffe : égalité

L'architecture et le décor

Macao
Avec sa débauche d'hôtels-casino kitschissimmes se succédant sur plusieurs kilomètres et une overdose d'enseignes et de néons kalidéoscopiques propres à provoquer une crise d'épilepsie, le Strip de Las Vegas fait partie des décors urbains les plus aiséments reconnaissables au monde, que chacun devrait avoir la chance de pouvoir voir de ses propres yeux au moins une fois dans sa vie. Mais ces derniers temps, une certaine sobriété semble être de mise chez les architectes de Vegas : après avoir construit à tout va des pyramides, des bateaux pirates, des palaces romains et des répliques de Venise durant les années 80 et 90, place à des développements un peu plus sérieux - ennuyeux, pourrait-on dire ? Témoin les luxueux Cosmopolitain ou Aria, inaugurés durant les années 2010 et n'offrant aucun thème particulier, si ce n'est celui du "toujours plus gros, toujours plus haut, toujours plus luxe".

Skyline
Scintillante de mille feux la nuit, la skyline de Macao s'inspire clairement de sa grande soeur et, peut-être en raison de son plus jeune âge, la démesure va encore plus loin que Las Vegas : les copies des hôtels Wynn et Venetian sont encore plus impressionnantes que les modèles d'origine, et les établissement originaux construits ces dernières années ne sont pas en reste, avec des buildings aux formes toutes plus extravagantes les unes que les autres. C'est comme si l'on avait dit aux développeurs : "Tu fais comme à Vegas, mais en dix fois plus taré." L'intérieur est à l'avenant : je ne vais pas passer dix pages à vous décrire les salles gigantesques et resplendissantes, les escalators interminables, les moquettes épaisses et multi-colores, les éclairages somptueux, l'or et le marbre omniprésents... Je me contenterai de dire simplement que Macao pue le neuf, et surtout le fric.

Hors du bling bling des casinos, la vieille ville et ses cinq cent années d'histoire coloniale nous ont charmé et, où que l'on soit, l'eau n'est jamais bien loin. Peut-être est-ce parce que l'auteur de ces lignes découvrait Macao pour la première fois après 18 visites à Las Vegas, mais toujours est-il qu'en ce qui concerne l'architecture et le décor, nous allons trancher en faveur de la nouveauté.

Verdict architecture et décor : Macao

Le climat

Climat
A chaque ville son type de climat subtropical : modéré et humide à Macao (15 degrés en janvier, jusqu'à 29 degrés en juillet) et une humidité constante, aride et étouffant à Las Vegas, avec un thermomètre ne descendant que rarement en dessous de 40 degrés entre mai et septembre. Malgré la pluie qui guette en permanence la péninsule chinoise, notre choix est vite fait, d'autant que la climatisation des casinos est bien mieux réglée à Macao ! A vue de nez, l'air nous a de même semblé un peu plus pur à Macao qu'à Vegas en dehors des casinos, ville notoirement surchargée en pots d'échappement.

Verdict climat : Macao

Les transports

Taxi
A Macao, nous avons effectué la quasi totalité de nos déplacements en taxi : les chauffeurs, qui ne parlent que très mal l'anglais, adoptent volontiers une conduite "sportive" parfois flippante mais leur coût est modique (7€ environ la course de 15 minutes en pleine nuit), ce qui nous change des taxis de Vegas, adeptes des faux raccourcis faisant grimper le compteur et perpetuellement de mauvaise humeur, y compris après avoir reçu un pouboire. Sachez en outre que le réseau de transports public de Macao semble très efficace, avec de nombreuses lignes de bus (coût du trajet : 1€) sillonant la ville, et des navettes gratuites affrétées par les casinos au départ de l'aéroport et du port. Nous n'avons pas testé la location de voiture, notre moyen de transport favori à Vegas en raison de son faible coût, mais on va donner l'avantage à Macao, où contrairement à Vegas, nous n'avons rencontré aucun embouteillage tout au long de notre séjour, ni file d'attente interminable pour trouver un chauffeur. Aussi, et c'est important : Macao est une ville dont les rues sont agréables à parcourir à pied. Tout l'inverse de Vegas, ville sans centre-ville identifié, et tournée entièrement vers le confort de l'automobiliste au détriment de celui du piéton.

Verdict transports : Macao

Les alentours

Hong Kong
Passer douze heures dans un avion pour se rendre à Las Vegas ou Macao sans en profiter pour aller voir ce qui se trame à proximité est pour nous de l'ordre de l'hérésie, et hors de question pour nous de trancher entre les alentours des deux destinations : d'un côté comme de l'autre, il y a de quoi faire de très, très beaux voyages. De Vegas, la Californie, les stars de Los Angeles et la culture de San Francisco sont à quelques heures de voiture, de même que les parcs nationaux aux décors de cinéma inoubliables (Yosemite, Big Sur, Bryce Canyon, Zion, Monument Valley, Gran Canyon...) Pour un Européen, se rendre à Macao suppose généralement un détour par Hong-Kong (photo) : la visite de la bouillonnante mégalopole est chaudement recommandée et une fois le séjour terminé, pourquoi se priver d'un court trajet en avion pour découvrir, au choix, Manille, Bangkok, Tokyo, Koala Lumpur ou encore Séoul ? Les options ne manquent pas.

Verdict alentours : égalité

L'amour

L'amour
Nous parlons bien entendu d'amour tarifé ici. Pas du tout notre came, mais vous nous auriez reproché de ne pas aborder le sujet, non ? Sachez que, contrairement à Vegas, la prostitution est légale à Macao, même si le raccolage doit se faire de façon discrète. Là où les filles de joie de Vegas se dévoilent au travers de prospectus codés vantant les mérites de "99$ special strip tease in your room" distribués jour et nuit sur le Strip, l'approche à Macao est beaucoup plus directe, et vous n'aurez aucun mal à trouver de la compagnie pour la nuit en vous promenant en boîte ou sur le floor des casinos (et je ne vous parle pas de ces salons VIP où les propriétaires feront défiler devant vous les candidates, en vous demandant de choisir avec qui "spend a good night"). A Vegas comme à Macao, vous engagez devant ce genre d'activités vous coutera quoi qu'il arrive un joli billet, mais les arnaques qui font le quotidien de Vegas (combien de fois avons nous entendu des joueurs des WSOP nous raconter s'être réveillés avec le portefeuille vide et un mal de crâne au lendemain d'une rencontre avec une charmante, laissant supposer qu'ils s'étaient fait droguer !) semblent être beaucoup plus rares à Macao. Aussi, les établissements proposant massages et autres saunas avec happy ending sont légion (il y en a un au sous-sol de mon hôtel : cela m'a pris deux soirs et dix tentatives pour comprendre que le portier tentait de m'y emmener alors que je rentrais d'une longue journée à regarder le Main Event) En ce qui concerne les strip clubs, ils existent bel et bien à Macao, mais en proportion beaucoup moindre qu'à Vegas. Les tarifs sont similaires, dit-on, et les plus aventureux d'entre vous se dirigeront vers l'un de ces établissements louche proposant des "adult shows" où l'on regarde des couples s'amuser sur scène. Bref, pour tout ce qui est glauque, Macao y va beaucoup plus franco que Vegas. Autre culture, autre moeurs.

Verdict amour : Macao

Le coût de la vie

Forcément, notre expérience de Macao reste limitée par rapport à celle de Las Vegas (un séjour contre dix-huit). Globalement, j'ai l'impression que les deux villes se valent en ce qui concerne les restaurants : on peut y manger un repas correct pour une somme comprise entre vingt et trente dollars, boissons comprises. On l'a dit, les taxis sont moins chers, mais jouer vous coutera plus d'argent à Macao. Un domaine où Las Vegas se fait battre à plate couture : l'hôtellerie. Personellement, j'avais reservé sur Internet, un peu au pif, un hôtel correspondant à mon budget habituel en déplacement (grosso modo 100€ la nuit) : quelle ne fut pas ma surprise de débarquer dans un véritable palace cinq étoiles, offrant tout le confort possible et imaginable, y compris une salle de bain plus spacieuse que mon salon en banlieue parisienne. De base, Las Vegas est une ville de rêve en ce qui concerne l'hôtellerie (on peut y loger dans une suite pour le prix d'un une étoile à Paris : les casinotiers sont prêts à tout pour que veniez chez eux dépenser vos dollars au black jack et au craps !), mais Macao fait encore mieux, avec des établissements encore plus luxueux pour un coup encore moins élevé. Ils sont très forts, ces chinois.

Verdict coût de la vie : Macao

L'ambiance

Macao
Nous arrivons en fin d'article (il était temps !) : c'est le moment de tenter un jugement définitif dans le match opposant Las Vegas à sa petite soeur asiatique. J'espère que vous l'aurez compris en filigrane tout au long de cet article : pour tout un tas de raisons, Macao n'est définitivement pas Las Vegas. Mais cela m'a pris quelques nuits pour comprendre exactement pourquoi. Au delà de l'atmosphère au sein des casinos, au delà des habitudes de jeu, au delà des différences culturelles, il y avait autre chose.

En fin de compte, à force de parcourir les rues, d'observer les gens, de les regarder manger, jouer, se promener dans les boutiques, j'ai fini par piger. La réponse, je l'avais devant les yeux depuis le début, mais mes normes d'occidental formaté à un certain standard de vie m'avaient aveuglé tout du long. Débordante de fric, de luxe, de salons privés, d'hôtels cinq étoiles et de tables de jeu aux enjeux renversants, Macao est tout simplement une zone VIP géante. Pour un visiteur chinois, s'y rendre constitue déjà un privilège impensable pour la majorité : seuls une poignée peuvent se le permettre.

Macao
A l'autre bout du monde, Vegas s'adresse à toute l'Amérique, il y a des casinos et des hôtels pour tout le monde, pour tous les budgets. Chacun peut s'y rendre pour tenter de toucher du doigt un bout d'un rêve américain, un peu obsolète, un peu kitsch. On y croise donc toute l'Amérique, celle des campagnes comme celle des villes, celle de la classe moyenne comme celle des galériens, la bourgeoisie comme les prolos. Rien de tout cela à Macao : à l'intérieur des casinos, j'ai l'impression (qu'on me rigole au nez si je me trompe !) de n'y avoir croisé qu'une certaine société chinoise, celle qui peut sans complexe claquer en une soirée de baccarat l'équivalent de plusieurs salaires moyens sur le mainland.

En cela, Macao ressemble donc moins à Las Vegas qu'à une autre grande destination de jeu : Monte Carlo.

Et le reste...

Cigarette : une longueur d'avance du côté de Macao, qui a depuis quelques années interdit la clope dans l'intégralité des lieux publics, alors qu'à Vegas, la puissance des lobbies fait des casinos l'un des derniers bastions fumeurs des Etats-Unis.
Internet : avantage à Macao ! Nous avons pu connecter nos téléphones au Wi-Fi gratuitement et en haut débit dans la plupart des casinos que nous avons visités (et même dans les bus !)
Shopping : toutes les grandes marques de luxe sont présentes à Vegas comme à Macao, avec un accent particulier mis sur les montres et à la bijouterie du côté asiatique. En revanche, nous n'avons croisé aucun de ces outlets Nike, Levis, Adidas, Giorgio Armani (et compagnie) à prix d'usine faisant le bonheur des visiteurs Européens à Vegas. Amateurs de photographie, sachez que les prix de Hong-Kong sont très compétitifs pour tout ce qui concerne les marques Nikon et Canon.
L'anglais : même si la langue de Shakespeare reste mal parlée à Macao, nous n'avons jamais eu aucun problème pour nous faire comprendre. Petit conseil pour les trajets en taxi : copiez-collez sur votre téléphone l'adresse de votre hôtel en chinois.


 

MIK.22 et Mikedou : retrouvailles à Macao

- 9 avril 2017 - Par Benjo DiMeo

Une finale commune pour le binôme historique du Team Winamax
NL Holdem - Deepstack 22 000HK$ (Finale)


MIK et Mikedou
Après l'élimination de Bernard Vu en dixième place, la table finale de l'un des derniers side-events du PSC Macao était prête, en parallèle de l'interminable ultime duel du Main Event (l'élimination de Daniel Laidlaw en troisième place remonte à déjà huit heures et demie !). Vous croyez aux coincidences ? Une fois de plus, le tirage au sort a placé côte à côte Michel Abécassis et Ludovic Riehl, qui avaient déjà passé les demi-finales dans les mêmes positions.

MIK et Mikedou
Malheureusement, la belle idylle de ceux qui s'appelaient affectueusement "binôme" à l'époque où Mikedou faisait partie du Team n'a que peu duré : MIK.22 fut le premier a quitter la finale, son As-7 poussé pour 10BB au cut-off ne trouvant pas d'aide face à une paire de 8. Michel remporte 65,000HK$, soit 7900 euros environ.

Une semaine après sa deuxième place dealée sur l'Asia Open, Ludovic dispute donc une deuxième et dernière finale à Macao. Face à lui et son gros tapis se dresse entre autres le dangereux Matas Cimbolas...

Bernard Vu
Quelques jours après son min-cash dans le Main Event, Bernard Vu quitte Macao dans le vert, avec une dixième place bonne pour 65,000HK$

Les nuits de Macao

- 9 avril 2017 - Par Benjo DiMeo

Macao by night
Nos explorations nocturnes en compagnie de l'oeil expert de Caroline Darcourt se sont poursuivies au cours des derniers jours. Délaissant les casinos luxueux, nous avons tenté d'explorer les artères moins touristiques, quitte parfois à s'y perdre... Nous aurons constaté au passage qu'en dehors des casinos, il ne se passait pas grand chose la nuit à Macao : pas de bars dans la vieille ville, et des restaurants qui ferment tôt.

Macao by night
On m'avait chaudement recommandé le "canidrome", l'un des derniers endroits en Asie où l'on peut assister à des courses de lévrier. Un tuyau crevé : pas de courses au programme le soir de notre visite, tout au plus un restaurant plein de gambleurs pariant devant des écrans de télévision. Je me demande encore à quoi jouaient ces vieux chinois juchés au dessus d'une table de l'autre côté de la rue.

Macao by night
La skyline de la péninsule, telle que nous avons pu l'admirer lors des trajets en taxi sur les ponts reliant le "mainland" à l'île de Taipa.


Macao by night
Les stands proposant des brochettes et autres dim sun à déguster sur le pouce sont légion dans la vieille ville.


Macao by night


Macao by night


Macao by night


Macao by night


Macao by night
Pour de rincer la glotte après les tournois, l'option la plus sûre restait El Pinball, le restaurant Mexicain du City of Dreams.

Macao by night
On y sert une étrange margarita agrémentée de bière : le verre nous a été servi tel que présenté sur la photo. Verdict d'un compagnon de beuverie : "C'est absolument dégueulasse."


Macao by night


Macao by night


Macao by night


Macao by night


Macao by night


Macao by night
Le Venetian de Las Vegas a été reconstruit à Macao dans une version encore plus imposante. Me croirez-vous si je disais que ce n'est même pas le building le plus impressionnant de Taipa ?


Macao by night


Macao by night
Cliquez ici pour voir ou revoir toutes les photos prises par Caroline Darcourt durant notre séjour à Macao

Pour quelques perfs françaises de plus

- 9 avril 2017 - Par Benjo DiMeo

NL Holdem - Deepstack 22 000HK$ (Day 2 et finale)

17h30 à Macao. Le PokerStars Championship vit ses dernières heures en ce dimanche, mais il nous reste encore pas mal de choses à raconter, entre la fin du Main Event (après un début de final express, le heads-up final entre Elliot Smith et Tianyuan Tang s'éternise après un deal dont les négociations ont duré plus de soixante minutes), le High-Roller (là aussi, le duel a déjà débuté, entre deux joueurs que je ne connais pas, Sosia Jiang et Raghav Bansal), et quelques articles à vocation touristique.

Michel Abécassis
Mais pour l'heure, l'affaire la plus pressante se déroule au fond de la salle de tournoi : nous avons assisté à un joli tir groupé dans l'un des derniers tournois annexes, avec quatre français atteignant les 27 places payées d'un Deepstack à 22,000HK$ l'entrée (2670€ environ) ayant rassemblé 135 joueurs. Après un Day 1 géré de main de maître, Michel Abécassis affiche désormais un stack de 130,000, soit 32BB, alors qu'il ne reste plus que 18 joueurs.

Ludovic Riehl
Ludovic Riehl est lui aussi de la partie, affichant un tapis similaire après avoir éliminé un joueur grâce à un coin-flip gagnant (As-Roi contre une paire de 5 : Mikedou trouve la quinte). Le doyen des Top Shark est assis directement à la gauche de MIK22, son binome historique au sein du Team Winamax !

Bernard Vu
Tout comme Michel, le Réunionnais Bernard Vu a min-cash dans le Main Event, et aimerait bien terminer son séjour à Macao par une table finale. Et tout comme Michel, Bernard est bien stacké avec 124,000 jetons.

Fabrice Soulier
En revanche, la partie est terminée pour Fabrice Soulier. C'est Bernard qui m'a raconté le coup ayant précipité son élimination en 22e place (donc dans l'argent) : "Il pousse une douzaine de blindes avec Roi-10 off, il se fait payer par As-10."

Parmi les autres demi-finalistes, j'ai reconnu l'américaine Maria Ho, et le lithuanien Matas Cimbolas, bien connu sur le circuit européen. "Tu écris pour un site français ? Tu peux parler de moi : je suis à moitié français !" Dont acte : Cimbolas est actuellement chip-leader avec 300,000 unités devant lui."

A la gagne : 530,000HK$, soit plus de 64,000 euros !

High-Roller : chou blanc français

- 8 avril 2017 - Par Benjo DiMeo

High Roller - Single Re-Entry / Shot Clock 103 000HK$ (Day 2)

PFT
Ivan Deyra, ElkY, Paul-Francois Tedeschi : le clan français était réduit à l'entame du Day 2, mais bourré de talent. Las : tous ont sauté en début de journée sans atteindre les places payées, le dernier cité (en photo ci-dessus) chutant juste avant la bulle après avoir perdu un gros flip. Dernier représentant du Team Winamax, Davidi Kitai n'a pas été plus chanceux sur ses coups de pile ou face, avec deux Valets perdants contre Roi-Dame, et un même Roi-Dame ne s'améliorant pas contre une paire de 6. Allez salut, comme dirait le belge.

Ils ne sont plus que 17 en course à l'heure où j'écris ces lignes : l'américain Dan Smith (photo) est chip-leader. Au milieu de la majorité de joueurs asiatiques j'ai aussi reconnu Nick Petrangelo et Manig Loeser. La finale se jouera dimanche en parralèle de celle du Main Event, avec un premier prix similaire : 3,87 millions de HK$ (460,000€ environ)

Découvrez les six finalistes du PSC Macao

- 8 avril 2017 - Par Benjo DiMeo

Après les éliminations de Xuan Tan et de la dernière joueuse en course Yan Li (8e et 7e, respectivement), la première partie de la table finale est terminée. Les six derniers prétendants au titre (qui proviennent de six nations différentes) reviendront au City of Dreams dimanche à midi (6h en France) pour l'ultime bataille du Main Event. A la clé : 3,13 millions HK$, soit 380,000 euros environ.

Biographies par Jan Kores, adaptation par mes soins.

Ayman Hata
Siège 1 : Ayman Hata, 33 ans - Londres (Allemagne / Angleterre) - 1 970 000 (33BB)
Son palmarès en live a beau être encore balbutiant, Ayman sera l'un des joueurs les plus dangereux de cette table finale. Le pro de 33 ans est né en Allemagne, mais d'une mère écossaise, et vit actuellement à Londres. C'est à ce titre qu'il a choisi le drapeau de l'Union Jack pour figurer à côté de son nom. "Appelez 'British', pas 'English', sinon ma mère va m'engueuler", dit-il avec un sourire. C'est en ligne qu'il s'est fait une réputation, avec une notamment une grosse victoire sur les SCOOP de PokerStars. En live, on le croise depuis un moment sur le circuit PS, principalement sur les Main Events et High-Rollers. Quoi qu'il arrive, Ayman remportera cette semaine son plus gros gain en live, après un Day 4 en forme de montagnes russes : il est tombé à 15BB avant de se sauver avec un As-3 chanceux contre deux 10, qui lui permeit de terminer la journée parmi les chip-leaders.

Terry Tang
Siège 2 : Terry Tang, 29 ans - Nanning (Chine) - 4 500 000 (75BB)
Vous pouvez aussi l'appelez Tianyuan, son vrai prénom. C'est ici à Macau que Terry a découvert le poker, ce qui l'a poussé à regarder tous les streams et vidéos de tournois du monde entier qui lui tombaient sous la main. Au début, il n'avait pas trop de temps à consacrer au jeu, mais il a fini par passer pro en 2015. Une décision immédiatement suivie d'effets, avec une victoire sur les Changsha Millions en avril 2016 - Terry considère qu'avril est son mois le plus chanceux, et son accession en finale du PSC Macau semble lui donner raison. "Je suis très excité d'avoir jouer contre les meilleurs joueurs du monde. Je n'ai jamais eu l'occasion de jouer un gros tournoi à l'étranger, du coup je suis content de cette opportunité. J'ai joué tous les tournois PS organisés à Macau : celui-ci est le plus beau de tous." Terry a vécu un run sympa tout au long de la semaine, avec un taux d'ITM de 100% en trois épreuves disputées : 120ème du National Championship, 86e de l'Asia Open, et maintenant co-chip leader en finale du Main Event, où il remportera quoi qu'il arrive le plus gros gain de sa carrière en live.

Avraham Oziel
Siège 3 : Avraham Oziel, 40 ans - Israël (mais vit à Montreal) - 1 735 000 (29BB)
Avrahama fait partie des 60 joueurs qui avaient gagné leur package pour le tournoi via un Spin & Go (la copie carbone des Expresso chez PS) à 10€ l'entrée. Autrement dit grâce à un coup de pot assez énorme. Le joueur de 40 ans affiche donc un sacré ROI : avec 705,000HK$ assurés, il est certain de mutiplier sa mise par 8000 au minimum. Avrahama est né en Israël mais c'est au Canada qu'il a passé la majeure partie de sa vie. Il a aussi vécu en Floride, où il a grindé les cash-games de Daytona Beach. Désormais installé à Montréal, il joue les tournois quotidiens du casino près de chez lui. Après quinze années passées à jouer aux cartes, il est récompensé par sa première perf sur un tournoi majeur.

Pete Yen Han Chen
Siège 4 : Pete Yen Han Chen, 28 ans - Taiwan - 1 170 000 (20BB)

Avec plus de 620,000$ de gains affichés sur son palmarès, Pete Yen Han Chen est l'un des joueurs les plus accomplis de Taiwan : il est sixième sur la "all time money list" de son pays, et est assuré de grimper au classement au terme de la finale de ce PokerStars Championship. Le jeune pro est du genre actif, avec plus de 100 ITM recensés en live au cours des quatre dernières années, la plupart à Macau. Son plus gros gain ? 575,000HK$ (74K$ environ) après une cinquième place lors de l'APPT Macau en 2015.

Elliot Smith
Siège 5 : Elliot Smith, 29 ans - Richmond (Canada) - 4 585 000 (76BB)
Avec plus de 1,7 million de dollars de gains en live, le canadien présente le palmarès le plus riche des six prétendants au titre. Il a l'expérience des fins de partie difficile, ayant atteint la finale de l'Aussie Millions en 2009 (troisième place), et cellee de l'étape World Poker Tour de Paris organisée à l'Aviation Club de France (RIP) en 2013 (4e), j'y étais mais je n'ai aucun souvenir du mec. Sur sa fiche Hendon Mob, on trouve aussi six ITMs sur le circuit EPT, collectés aux Bahamas, à Barcelone et à Berlin.

Daniel Laidlaw
Siège 6 :  Daniel Laidlaw, 34 ans - Adelaide (Australie) - 1 855 000 (31BB)
Les trois plus grosses perfs de sa carrière ont toutes été réalisées en 2013 : une victoire aux Sydney Poker Championships (165,000 dollars australiens), les demi-finales de l'Aussie Millions (12e pour 95,000A$), et la deuxième place sur le Main Event APPT/ANZPT de Queenstown (50,000$). Cet habitué de Macao a aussi collecté pas mal d'ITMs ici, dont une récente dixième place sur le High-Roller turbo organisé en début de semaine.

Le Ladies en images

- 8 avril 2017 - Par Benjo DiMeo

Gaëlle Baumann
Le tournoi réservé aux joueuses (dont l'entrée ne coute qu'un modique billet de 2,200HK$, soit 250€) est le dernier de Gaëlle Baumann, et si l'on en juge par cette photo, il est temps que son séjour à Macao s'achève. L'honnêteté journalistique qui a fait la réputation des reportages Winamax m'impose de préciser que ce cliché a été saisi par Caroline au cours d'une pause, mais elle résume cependant parfaitement le voyage de Gaëlle en terres asiatiques, marqué par un persistent jet-lag qui ne lui a laissé quasiment aucun répit, avec seulement quelques heures de sommeil par nuit.

39 joueuses ont participé à l'épreuve qui leur était reservée. Voici quelques-unes d'entre elles...

Ladies


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Thibaut et Fabrice chutent avant la finale

- 8 avril 2017 - Par Benjo DiMeo

Main Event (Day 5 / Finale)

Finale PSC Macau
La table finale du tout premier Main Event Poker Stars Championship Macao de l'histoire (MPSCM pour les intimes) a début aux alentours de 17 heures... Et il n'y a malheureusement aucun représentant français autour de l'ultime table pour lequel s'enthousiasmer : Thibaut Blondel et Fabrice Soulier se sont fait sortir avant les demi-finales.

Le premier s'est mangé ce qu'il est convenu d'appeler, au vu des enjeux, un méchant bad-beat : son As-Roi joué préflop n'a pas tenu contre le AJ de Yan Li, qui a 4-bet all-in en bataille de blindes et trouvé une quinte dès le turn. Réduit à une poignée de jetons, le pro des cash-games a bataillé dur une heure durant avant de jouer, et perdre son dernier coup pour sortir en douzième position. Du run du pro des cash-games installé en Thailande, on retiendra surtout l'incroyable remontada opérée durant le Day 2 : Thibaut avait entamé le second tour avec seulement quatre blindes, après s'être fait craquer les Rois la veille au soir ! Il remporte 221,000HK$ (un peu plus de 26,000€) : cette mythique chevauchée va t-elle lui donner envie de goûter un peu plus aux tournois live ?

Fabrice, de son côté, était bel et bien présent autour de la dernière table, mais son aventure sur le podium fut brève : arrivé en TF "non-officielle" (chez PS, on considère que les finales des Main Event débutent à huit, mais la dernière table est constituée dès que l'on atteint neuf joueurs) avec un tapis modeste, le champion WSOP n'a pas du attendre longtemps avant de trouver le spot parfait pour jouer ses 22 blindes, avec un As-Roi reçu en début de parole. Il ne lui restait plus qu'a espérer être en flip, ou en tête en cas de call, mais le chip-leader Aymon Hata l'attendait au cuf-off avec une paire de Rois qui est restée en tête.

Avec cette neuvième place, Fabrice Soulier ajoute 386,000HK$ à sa bankroll. La finale se poursuit : elle sera mise en pause dès que l'on atteindra six joueurs restants. Un temps chip-leader, Dong Guo a lui aussi manqué de peu la TF (10ème pour 291,300HK$).

Trois joueurs chinois peuvent encore prétendre au titre (Tianyuan Tang, Xuan Tan et Yan Li), ainsi que Daniel Laidlaw (Australie), Yen Chen (Taiwan), Avraham Oziel (Canada), Aymon Hata (UK) et Elliot Smith (Canada), ce dernier m'ayant logiquement donné envie de me remettre des chansons tristes de l'un de mes songwriters préférés (et regrettés), parfaites pour ce lendemain gueule de bois. (D'après mes camarades du Team, nous avons fait la fermeture de la boîte de nuit locale ce matin, mais je ne n'en ai aucun souvenir.)