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Plus de 1,66 millions de gains français à Barcelone

- 28 août 2017 - Par Benjo DiMeo

Avec 18 finales disputées par un total de 28 représentants français et trois victoires, le clan tricolore n'a pas perdu son temps au cours des deux semaines qu'on duré le PokerStars Championship Barcelone, que ce soit sur les tournois de variantes à petit buy-ins, le fields massifs en No-Limit Hold'em, ou les épreuves Highroller. Le compteur de gains dépasse les 1,66 millions d'euros, et ce sans même compter les multiples min-cash enregistrés au cours des 51 tournois au programme du festival.

Avec son deal à trois effectué à minuit lors de la dernière soirée d'épreuves, pour presque 700 000 balles, Benjamin Pollak s'adjuge (une fois de plus) la part du lion. Matthieu Rabalison est lui aussi reparti content de Barcelone, avec une très belle deuxième place à 300K sur le PS National High Roller. La dernière journée aura aussi vu un joli podium à cinq chiffres pour Arnaud Enselme (qui avait disputé le Main Event en tant que qualifié Winamax) dans une épreuve Turbo. Et bien sûr, on n'oubliera pas de sitôt le premier triomphe en PLO de Sylvain Loosli.

Découvrez ci-dessous la liste complète des finalistes françaises de cette édition.

Event #5 - NLHE Turbo 220 € - 185 inscriptions
3e : Sidney Benita (3 700 €)
6e : Davy Chamoro : (1 840 €)
8e : Kalrim Ahras : (970 €)

Event #8 - PokerStars Cup 330 € - 2 648 inscriptions
3e : Serafim Kovalesvskiy (46 500 € après deal)

Rohr
Event #11 - Seniors 1 100 € - 251 inscriptions
4e : Jean-Philippe Rohr (25 302 €)

Event #12 - Womens Event 220 € - 198 inscriptions
3e : Magali Staal (3 950 €)
9e : Sandrine Zeitoun (857 €)

Event #15 - PS National High Roller 2 200 € - 1 470 inscriptions
2nd : Matthieu Rabalison (290 000 €)

Event #16 - NLHE Hyper Turbo 550 € - 647 inscriptions
4e : Karim Souaid (29 836 €)
8e : Victor Pahon (6 220 €)

Event #18 - Main Event 5 300 € - 1 682 inscriptions
9e : Mesbah Guerfi (104 000 €) [Article]

Event #20 - Stud/Omaha High-Low 550 € - 111 inscriptions
4e : Salah Houri (5 400 €)
8e : Damien Rivier (1 960 €)

Amiel
Event #25 - NLHE Turbo 2 150 € - 226 inscriptions

5e : Frédéric Delval (28 200 €)
6e : Mamouni Smain (21 400 €)
7e : Alexandre Amiel (15 600 €, photo)

SylvainEvent #27 - Pot-Limit Omaha High Roller Championship 10 300 € - 111 inscriptions
Vainqueur : Sylvain Loosli (236 400 € après deal) [Article]

Event #29 - NLHE 550 € - 894 inscriptions
7e : Karim Abdelmoumene (10 800 €)

Marbleu
Event #32 - Stud High-Low 550 € - 48 inscriptions
4e : Claude Marbleu (2 560 €)
7e : Edouard Bonnefous (1 200 €)

Guichard
Event #35 - PLO Turbo 550 € - 253 inscriptions

7e : Fabien Motte (4 395 €)
9e : Paul Guichard (2 600 €, photo)

Event #38 - PLO 1 100 € - 207 inscriptions
9e : Mikael Guenni (4 330 €)

Sitbon
Event #40 - PokerStars Open 220 € - 1 110 inscriptions

Vainqueur : Julien Sitbon (38 750 €)
3e : Guillaume Blanchi (16 250 €)

Event #41 - PSC Highroller 10 300 € - 557 inscriptions
3e : Benjamin Pollak (688 701 € après deal) [Article]

Event 43 - PLO High-Low 550 € - 99 inscriptions
Vainqueur : Henri Ovaska (12 730 €)

Event #47 - Turbo Edition of PSC Main Event 330 € - 200 inscriptions
4e : Jean Autran (4 740 €)

Enselme
Event #48 - NLHE Turbo 2 150 € - 179 inscriptions

3e : Arnaud Enselme (54 253 €)

Event #50 - NLHE Hyper Turbo 120 € - 200 inscriptions
2nd : Yves Sanchez (2 750 €)

Benjamin Pollak : un podium de plus !

- 28 août 2017 - Par Benjo DiMeo

Le finaliste du Main Event des WSOP 2017 termine en troisième position
PS Championship High Roller 10 300 € (Day 3 et finale)


Pollak
Pour son premier deep run depuis son retour de Las Vegas, un mois après son historique podium sur le Main Event des WSOP 2017, Benjamin Pollak devra une nouvelle fois se contenter de la troisième place. C'est déjà pas si mal, non ? Bien sûr que oui, mais... C'est un sujet que nous avons eu l'occasion à maintes reprises dans ces colonnes : dans un tournoi de poker, seule la victoire est belle. C'est pour ça qu'on s'inscrit à un tournoi parmi des centaines (voire des milliers d'autres joueurs). Malgré l'argent, malgré la performance, terminer en seconde place  d'un MTT (ou en troisième, en quatrième, enfin en n'importe quelle place autre que la première) vous donnera toujours l'impression d'avoir fini second place d'un combat de boxe. Si l'on ne se bat pas pour la première place, à quoi bon se battre ?

Pour l'argent, pardi ! Après les éliminations d'Emil Patel, Jakub Michalak, Georgios Sotiropoulos et Franz Ditz, Pollak a sécurisé un deal avec ses deux derniers adversaires, lui assurant presque 700,000 euros de prix. Seuls 10,000€ étaient encore en jeu après la poignée de main, en plus du trophée. Il se faisait tard : la décision fut rapidement prise d'accélerer la durée des niveaux à dix minutes, et après la sortie de notre français en troisième place, Ronny Kaiser et Markus Durnegger ont bataillé un peu plus d'une heure avant d'en arriver à commettre l'impensable : mettre tous leurs jetons préflop sans regarder leurs cartes. L'autrichien Durnegger a gagné le premier flip à l'aveugle, mais derrière, Kaiser allait terminer le travail, toujours les yeux fermés, avec un As-Dame contre Valet-5. On peut le dire : ils n'en avaient vraiment rien à branler, du trophée.

Résultats - PSC Highroller 10 300 €
557 inscriptions (re-entry inclus) - Dotation 5 402 900 €

Vainqueur : Ronny Kaiser (Suisse) 735 000 € après deal
Runner-up : Markus Durnegger (Autriche) 729 299 € après deal
3e : Benjamin Pollak (France) €688,701 après deal
4e : Franz Ditz (Allemagne) 363 100 €
5e : Georgios Sotiropoulos (Grèce) 284 700 €
6e : Jakub Michalak (Pologne) 223 700 €
7e : Emil Patel (Finlande) 166 960 €
8e : Luis Rodriguez Cruz (Espagne) 115 600 €
9e : Quan Zhou (Chine) 91 300

Barcelone
C'est ainsi que ce termine neuf jours de reportage à Barcelone, par une dernière belle perf' françaises, après celles de Mesbah Guerfi, Sylvain Loosli et quelques autres. Lundi, je publierai un récapitulatif des perfs tricolores tout au long de ce PSC Barcelona. Après, il sera temps d'attaquer les Winamax Series (coup d'envoi dimanche !), puis le Winamax Poker Open à Dublin. Vous venez, hein ? On va bien s'amuser.

Un triomphe sorti de nulle part

- 27 août 2017 - Par Benjo DiMeo

Sebastien Sorensson remporte le PSC Barcelona

Sebastian Sorenssen
Au final, la victoire ne sera pas revenu au favori de l'organisateur de l'épreuve (Andre Akkari, membre histoire du Team PokerStars Pro), ni à celui qui aurait pu rentrer dans l'histoire en un temps record (Raffaele Sorrentino, vainqueur sur le PSC à Monte Carlo en mai dernier), ni aux favoris de Mesbah Guerfi, dernier français du tournoi éliminé hier en neuvième place (le parisien avait mis un billet sur Lachezar Petkov et Usman Siddique.) Non, en définitive, la victoire est allée à l'un de ceux qu'on n'attendait pas, non pas parce qu'il n'était pas au niveau, mais parce qu'on ne le connaissait ni d'Eve ni d'Adam : il disputait cette semaine le second tournoi de poker live de toute sa vie, une semaine après avoir découvert les joies des MTT chez lui en Suède. Il a 27 ans, il a envie de devenir pro mais travaille encore dans un entrepôt (jusqu'à aujourd'hui, en tout cas), et il s'appelle Sebastian Sorensson. Entre la Scandinavie et le poker, c'est une histoire d'amour à rebondissements qui se joue sous nos yeux depuis une douzaine d'années : d'un côté, quelques uns des meilleurs joueurs du monde ont emergé dans ces pays froids mais si accueillants (au hasard : Johnny Lodden, Patrick Antonius, Viktor Blom, Michael Tureniec), mais d'un autre côté, nombre d'entre eux ne jouent que rarement des tournois en live, la faute à un système d'imposition très contraignant qui leur fait payer des taxes doubles dans la plupart des tournois : ils sont prélevés une première fois à la source, puis une seconde fois en rentrant chez eux. Pour son premier essai sur un tournoi d'envergure, Sorensson ne pouvait rêver mieux comme résultat : il remporte 1,41 millions (avant impôts, donc) et peut se vanter d'avoir surclassé plus de 1600 joueurs sur le plus gros tournoi européen de la saison.

Longtemps chip-leader, Andre Akkari aura manqué de réussite sur un coup dont il se souviendra probablement longtemps. Lorsque Raffaele Sorrentino se retrouvera à tapis à cinq joueurs restants avec AQ, le brésilien, déjà chip-leader, était en position pour tuer définitivement le match avec ses deux Dames. Las : la rivière apporta un As, permettant à l'italien de doubler tandis qu'Akkari perdait une tonne de jetons. Il allait sortir un peu plus tard après un flip perdu.

Après l'élimination de Brian Kaufman en quatrième place, les trois derniers joueurs ont joué une bonne heure avant de se rendre compte qu'ils possédaient des tapis à la fois 1/ équivalents (7BB d'écart maximum) et 2/ peu profonds (30BB pour le chip-leader), la faute à une partie s'étant éternisé beaucoup plus longtemps que prévu - cinq heures ! - lorsqu'il restait encore cinq joueurs. Avec une telle situation, il était logique que le sujet du deal soit mis sur la table. Après avoir lissé les prix en laissant 100,000€ sur la table pour le vainqueur, les trois ont repris le combat. Un poil plus agressivement, sans doute parce que la question financière était plus ou moins réglée. Enfin, c'est comme ça que j'interprète la relance à 4,5BB de Sorensson avec une paire de 3 de petite blinde. Derrère, Sorrentino ship ses 17BB, et Sorensson paie. Il remportera le coin-flip le plus crucial du tournoi, privant l'italien d'un histoire doublé sur le circuit PSC après seulement six éditions.

Derrière, Sebastien Sorensson aura eu besoin de trois bonnes heures pour finalement arriver à bout du coriace Lachezar Plamenov Petkov, ce dernier parvenant même à revenir à égalité en milieu de match, passant brièvement en tête à un moment. La dernière main s'est jouée peu avant minuit, alors qu'il ne restait plus que cinquante blindes sur la table : Petkov a open-shove avec Roi-9, au moment où Sorensson venait de retourner un As et un Roi. La première carte du flop ? Un As.

Photo : PokerStars Blog

Résultats - PSC Barcelona 5 300 €
1 682 inscriptions - Dotation : 8 157 700 €

Vainqueur : Sebastian Sorensson (Suède) 987 043 € (après deal)
Runner-up : Lachezar Plamenov Petkov (Bulgarie) 917 347 € (après deal)
3e : Raffaele Sorrentino (Italie) 850 110 € (après deal)
4e : Brian Kaufman Esposito (Uruguay) 402 000 €
5e : Andre Akkari (Brésil) 317 960 €
6e : Usman Siddique (UK) 252 000 €
7e : Aeragan Arunan (UK) 193 000 €
8e : Albert Daher (Liban) 136 000 €

Les français primés

Mesbah
9e : Mesbah Guerfi 104 000 €
26e : Alexis Fleur 37 300 €
29e : Quentin Lecomte 31 900 €
70e : Grégory Janin 18 190 €
90e : Julien Rouxel 15 490 €
92e : Renaud Lejal 15 490 €
98e : Christophe Bouziane 13 380 €
105e : Xavier Carrière 13 380 €
121e : Julien Perouse 11 420 €
138e : Albert Balayn 11 420 €

Aladin
131e : Aladin Reskallah (Team Winamax) 11 420 €

141e : Gilles Huet 11 420 €
145e : Klaus Pautrot 10 270 €
157e : Kalidou Sow 10 270 €
165e : Fabrice Maltez 10 270 €
206e : Victor Choupeaux 9 400 €
219e : José Astima 9 400 €
239e : Arnaud Enselme (Qualifié Winamax) 8 740 €

Benjamin Pollak (déjà) de retour aux affaires

- 27 août 2017 - Par Benjo DiMeo

PS Championship High Roller 10 300 € (Day 3 et finale)

19 heures à Barcelone. La table finale du Highroller a débuté en marge de celle du Main Event. Le début de journée fut donc plutôt rapide : ils étaient encore 34 en début d'après-midi, dont celles, coup sur coup, d'Alexandre Réard et de Fabrice Maltez (17e et 18e, respectivement, pour des lots de consolation d'environ 45,000€).

Benjamin Pollak
Autour de la dernière table se trouve rien de moins que le joueur français que nous avons suivi le plus longtemps lors du Main Event des WSOP 2017 : Benjamin Pollak ! A peine un mois après avoir touché du doigt le titre suprême du poker, avec une troisième place aussi mémorable que frustrante, après un parcours sans faute à propos duquel la communauté des pros n'a pas tari d'éloges, on n'en aurait pas voulu à Pollak de prolonger ses vacances. On ne se refait pas : compétiteur dans l'âme, Pollak ne pouvait décemment pas manquer le grand rendez-vous de la rentrée à Barcelone.

Après des tentatives infructeuses sur le Main Event et un 25K€ turbo, c'est sur le dernier Highroller du festival que Pollak a fait de nouveau parler la poudre. Parti avec le cinquième tapis à midi et demie, c'est à peu près à la même position qu'il s'est installé en table finale, avec un stack ayant un poil progressé (de 1,35 à 2,125) mais représentant une force de frappe amoindrie (43BB). En tête, on retrouve le toujours nonchalant Ronny Kaiser, vainqueur de l'EPT Tallinn en 2011. "La journée s'est très bien passée...", résume Pollak, "jusqu'à ce qu'on se retrouve à dix joueurs ! Cinq par table, donc tu joues beaucoup de mains, mais je suis passé de 4 à 2 millions, le chip-leader à ma gauche m'a pas mal embêté. Je pense que je me suis fait bluffer, mais, c'est le jeu. En tout cas, il y a largement moyen de faire quelque chose !"

TF Highroller
Le fantasque chinois Quan Zhou et le régional de l'étape Luis Rodriguez Cruz ont rapidement rendu les armes une fois la dernière table constituée. Au vu de l'importance des prix en jeu (un million d'euros pour le vainqueur, rappelons-le), personne ne se fait d'illusions sur la durée de la partie : elle sera très longue. En guise de mesure préventive (le casino va forcément finir par fermer ce soir), les organisateurs ont décidé que les niveaux allaient maintenant durer 45 minutes au lieu d'une heure.

Pour l'instant, au round 30,000/60,000, Pollak est remonté à 2,7 millions.

Trophée
Le trophée est si proche et si loin à la fois

Du journalisme total

- 27 août 2017 - Par Benjo DiMeo

J'ai testé pour vous : le side-event low cost de fin de festival
Turbo Edition of PSC Main Event 330€


Side Event 330
Cela faisait une éternité que je n'avais pas touché de cartes sur un gros festival européen... Si l'on excepte les freerolls reservés aux journalistes, qui ressemblent beaucoup moins à du poker qu'à une (excellente) excuse pour picoler à l'oeil avec les confrères, mes déplacements sur le circuit se résument majoritairement à observer les joueurs, avec quelques rares incartades en cash-game à Vegas ou Dublin pour contenter ma soif de cartes. Mais aujourd'hui, j'ai fait quelque chose qui me démangeait depuis un moment. Sept ans, presque jour pour jour, après ma frustrante élimination en fin de Day 1 du seul Main Event EPT auquel j'ai participé (c'était à Tallinn, Estonie), j'ai repris place à table.

A l'ombre de la finale de l'énorme tournoi qui nous a tenus occupés au cours des six derniers jours, je me suis inscris à une réplique du Main Event en miniature. Une fraction du buy-in (330€), des niveaux défilant à toute vitesse (15 minutes), mais une masse de jetons bel et bien identique : 30,000 de tapis et des blindes de départ fixées à 50/100.

Coupons court au suspens : mon séjour à Barcelone ne s'est pas achevé par une brillante victoire qui aurait prolongé un peu plus l'auto-proclamé "été des couvreurs", après les performances de Harper, Flegmatic, TapisVolant et Veunstyle à Vegas en juin et juillet. Mon aventure aura duré cinq heures, s'achevant en 41e place parmi les 200 joueurs inscrits - le maximum de participants prévus par les organisateurs, car il fallait à la fois 1/ laisser de la place aux (nombreuses) autres épreuves annexes au programme en ce dimanche, et 2/ que ce tournoi se termine ce soir, vu que demain, on rentre tous à la maison, organisateurs, joueurs, couvreurs comme croupiers.

Benjo side event
Votre serviteur avec son micro-stack, se demandant ce qu'il fout là (et consultant l'application SnapShove entre chaque main)


Peu importe. J'ai passé un excellent moment. Je me suis retrouvé dans plein de situations intéressantes, et surtout, je suis passé par une panoplie d'émotions que j'ai parfois tendance à oublier dans mon rôle de reporter passif planté devant les tables. Pour ressentir le poker, rien ne remplace l'expérience à la première personne.

Indescriptible, par exemple, l'excitation de voir un joueur 3-bet après que j'aie relancé avec des mains premium. Puis aussitôt, l'interrogation : comment réagir ? La première fois, avec les As, dès la deuxième main, je me suis contenté de payer le 3-bet, et j'ai remporté le coup sans showdown après avoir extrait un peu de jetons à mon adversaire. La seconde fois, muni des Dames, j'ai 4-bet, et le coup s'est arrêté dès le flop 959.

Quel plaisir, aussi, que de s'emparer d'un gros tapis de jetons poussé par le croupier dans votre direction après avoir trouvé deux paires sur le turn, ou une couleur battant un brelan. Quel soulagement, de montrer la meilleure main au showdown au terme d'un coup où la stratégie de votre adversaire fut tellement bizarre que vous n'aviez aucune idée de la force rééelle de votre main. Comme lorsque j'ai sur-relancé avec deux Dames, encore, et que mon adversaire a check/raise sur J96, puis encore misé sur le turn 3. Par chance, le joueur en face n'a pas osé bluffer à l'apparition de l'As rivière, et j'ai poussé un grand soupir en le voyant retourner... une pocket paire de 4.

Et quelle angoisse, aussi, de voir votre tapis fondre à toute vitesse à mesure de l'inexorable montée des blindes. Une angoisse qui se transforme en frustration lorsqu'on se retrouve deplacé à la gauche d'un énorme tapis relançant toutes les mains, rendant encore plus compliqué la décision de faire tapis ou pas.

Quel rush d'adrénaline, lorsque je retourne un As UTG et que je fais tapis sans regarder la seconde carte - c'est inutile car je n'ai que quatre blindes en ma possession. Mon voisin de droite annonce être obligé de payer, je retourne la deuxième carte : un As ! "Attention, j'ai la main parfaite pour t'éliminer", dit-il en retournant 64, mais non : je reste en tête. Hourra !

Et rebelote quelques mains plus tard : un joueur possédant plus de jetons que moi envoie la sauce en début de parole : avec une paire de 10, ma décision est automatique. Je fais face à As-5 et trouve un 10 dès le flop : en quelques minutes, je viens de passer du statut "sous assistance respiratoire" cher à Jacques Guenni à celui du challenger plein d'espoir.

En quatre heures de jeu, le field est passé de 200 à 72 joueurs, et le rythme ne faiblit décidément pas. Pendant que les tables cassent à raison d'une touts les dix minutes, mon tapis se remet à fondre, faute de combinaisons approuvées par Snapshove - difficile de faire tapis avec J-2 ou 9-4. Je trouve finalement deux Dames mais je ne me fais pas payer. J'hésite à faire pareil avec des mains compliquées après une relance en début de parole (KJ, AT), mais je ne le fais pas. Puis je suis déplacé à une troisième table, où je joue mon dernier coup.

Avec huit blindes, un As et un 7 et aucune relance avant moi, aucune raison de mégoter, cette fois : tapis ! Je suis payé par la petite blinde, et toutes les émotions ressenties pendant cinq heures s'estompent pour laisser place à la résignation : je fais face à As-10, et je ne trouverai pas d'aide sur le board. GG, moi !

Je saute à dix places de l'argent. Des regrets ? J'avoue avoir ressenti un petit pincement au coeur en constatant que le "main par main" a débuté à peine vingt minutes plus tard. J'aurais pu jouer la serrure... Mais non. J'ai fait ce qu'il fallait, bien entendu. Les vrais regrets concernent deux ou trois spots assez closes vécus durant l'heure qui venait de s'écouler. Sur chaque situation, j'ai pu recevoir les avis des pros du Team, qui ont confirmé mon intuition, ou m'ont au contraire permis de la corriger.

Cela valait le coup de participer, rien que pour me rappeler que ce jeu est si beau et si simple. Des cartes, des jetons, de l'action : la formule n'a pas changé depuis l'invention du poker de tournoi en 1970, et 47 ans plus tard, on n'a toujours pas besoin de plus pour en voir de toutes les couleurs.

Il est temps de remettre son costume de reporter : ils sont encore cinq dans le Main Event (Usman Siddique a quitté le podium en sixième place, l'action est sérré, les joueurs ont de moins en moins de jetons, et on a assisté à quelques retournements de situations excitants sur les coups à tapis préflop), et Benjamin Pollak vient d'entamer la finale du Highroller. Un million de plus dans la poche du finaliste du Main Event des WSOP 2017 ? On le saura ce soir.