PS Players Championship (Fin de Day 4) - Blindes 100 000 - 200 000
Un sentiment partagé de fierté et de déception. Pas tant chez Thomas Eychenne, qui quitte la scène sans amertume, conscient d’avoir accompli une performance extraordinaire. C’est plutôt dans le rail, les commentateurs, les couvreurs, qu’on sent de la frustration. Celle de ne pas pouvoir suivre un Français, le héros du clan bleu, sur un Day 5 de PSPC. Un sentiment qui disparait vite au regard de ce que vient de réaliser La Watch. Le joueur ponctue son run magnifique par une 7e place sur l’un des plus beaux tournois du monde, et réalise la perf e sa vie, pour 801 000 $.
« Je n’ai pas de regrets, affirme Thomas. Le seul peut-être, c’est de pas avoir pris les spots qui se sont offerts à moi, quand j’aurais pu faire des 3-bet light en bataille de blindes avec Roi-2 off, des choses comme ça, mais ce sont des cas un peu extrêmes. Je n'avais pas non plus les combos exacts pour le faire. J’ai juste joué assez tight sur cette finale. Ça reste un très bon résultat. »
Avant-dernier en jetons après les sorties rapides d’Andrei Boghean et Petar Kalev, Thomas Eychenne a vu le short stack allemand Niclas Thumm doubler. Le Français se devait de jouer quelques mains pour rester dans la partie. Il trouve une main pour défendre sur un open au cut-off de Philippe Pizzari.
Le flop vient K
4
5
. C-bet du Brésilien, Thomas rebondit avec un check-raise 1 000 000, près de la moitié de son stack, et Pizzari annonce rapidement tapis. Thomas flaire l’embrouille, mais il a déjà investi trop pour reculer. Payé avec son K
8
, dominé par le K
J
du Brésilien. Deux briques plus tard, La Watch est out.
« À 7 left, j’avais prévu une stratégie pour la gagne, assure Eychenne. Sur ce coup, j’ai décidé de raise-call all-in. Je ne me voyais pas check-call aussi short. Quand il shove, c’est sûr que je ne suis pas bien. C’est pour ça que j’ai utilisé une “Time Extension”. Il shove vite, donc il a souvent ce qu’il représente. Mais c’était un joueur capable de faire des choses bizarres, contre lui, je me voyais pas fold alors que j’étais pot commîted ».
Challenge clear
La performance de La Watch reste ahurissante. Par le gain comme par le parcours. Avec 801 000 $, Thomas Eychenne explose son record en carrière, et complète par la même occasion le challenge fou qu’il s’était lancé il y a près d’un an et demi. Partir de 10 €, pour atteindre le million.
« J’avais regardé que le challenge se terminait si je finissais 7e. D’ailleurs, je fais 7e. Mais je n’ai pas essayé de “nitter” pour faire 7e. C’est juste qu’à partir de la 13e place, l’ICM commençait à être énorme ».
Le challenge en question a permis à Thomas de déployer toute sa panoplie de joueur de poker.
« J’ai commencé sur les HU 2 €, raconte-t-il. C’était un format sur lequel je m’étais entrainé sur 10 000 mains. Je crushais pas mal, même s’il n’y a pas beaucoup de gloire à ça. Je me disais que c’était la variante où je pouvais gagner le plus sans trop prendre de risque. Ensuite, j’ai commencé à faire des Expresso, du short-track. Ça s'est très bien passé. Derrière, il y a eu Vegas, puis l’Expresso à 2 millions. Ça fait maintenant 1 an et demi, et maintenant, c’est terminé. À la base, je voulais partager cette expérience. Je m’en veux un peu d’ailleurs parce que selon moi je ne l’ai pas fait suffisamment. J’aurais dû mettre plus de moyens humains et financiers pour le faire, notamment alimenter la chaine Youtube. Mais c’est du travail, c’est fatiguant. Là, je ne l’ai pas fait au jour le jour, j’essaierai de rattraper le retard ».
Le succès sous toutes ses formes
Après les succès en HU, en Expresso, en short-track, La Watch atteint ce fameux million en MTT, sur le PSPC, l’un des plus beaux tournois du monde. Un accomplissement majeur qui montre le joueur complet qu’il est capable de s’imposer sur tous types de formats.
« Je me définis comme un joueur polyvalent, confirme Eychenne. Je sais que ce n’est pas le meilleur profil pour gagner le maximum. C’est important d’être spécialiste au poker pour être parmi les meilleurs. Mais j’aime le jeu dans sa globalité. ll y a des aspects stratégiques dans chaque variante, j’aime savoir pourquoi c’est comme ça ou c’est comme ça ». Je ne suis pas le meilleur dans chacun des formats que je joue, mais je pense être bon dans chacun de ses formats. Je préfère jouer des games où l’EV est un peu moins bonne, mais qui me permettent de progresser. J’ai appris beaucoup par mimétisme au départ, puis je me suis rendu compte qu’on apprend plus vite par soi-même ».
Et maintenant que tu as bouclé ce challenge, c’est quoi la suite ? « Je vais avoir besoin de plusieurs jours, voir semaines pour essayer de prendre du recul, temporise Thomas. Là tout de suite, j’ai envie de me reposer. Mais quand ma vie deviendra plus monotone, je me lancerai un nouveau défi. Et j’espère que cette fois je mettrai plus de moyens pour que ce soit plus cool à suivre pour la communauté ».
Aura-t-on l’occasion de te recroiser à Paris, pour le prochain EPT. « C’est un flip » répond Thomas. Si c’est le cas, ça sera encore un plaisir de te suivre. VGG champion.
Crédits Photo Pokerstars




