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Huis clos

- 19 mai 2009 - Par Benjo DiMeo

Coverage par Winamax

Des heures et des heures d'ennui ponctuées de rares instants de folie : la vieille maxime souvent évoquée pour définir le Texas Hold'em en No Limit s'est prouvée parfaitement adaptée pour décrire la finale de l'édition 2009 du Grand Prix de Paris.

Il aura fallu attendre trois heures et près de soixante-dix mains pour assister à la première élimination. Trois heures durant lesquelles l'ensemble hétéroclite des six finalistes (deux membres du Team Winamax, deux légendes des cash-games parisiens, un italien sur le retour, et un amateur qualifié pour 50 euros) ont disputé une partie mesurée et prudente. Dans le huis clos étouffant du plateau télévisé fermé au public, pas de place à la rigolade. Ambiance tendue et concentrée. Peu de dialogue : seuls les jetons faisaient la conversation. Une relance pré-flop mettait fin à la plupart des pots – les flops furent rares, les showdowns rarissimes.

Coverage par Winamax

Le premier joueur à quitter la table finale fut celui qui s'était montré le plus actif. Mais ce n'est pas un excès d'agressivité qui a forcé Nicolas Levi à se contenter de la sixième place. Juste une banale et inévitable confrontation préflop entre sa paire de Dames et la paire d'As de Fabrizio Ricci, quelques minutes après avoir fait doubler David Pêcheur avec A-Q contre A-6 à la faveur d'un 6 au flop. Aucun regret à avoir pour le joueur du Team Winamax, qui a développé durant trois heures un poker maitrisé, relancant aussi souvent que possible, ramassant de nombreux petits pots, optimisant ses mains en évitant les obstacles avec brio.

S'il a fallu près de soixante-dix mains pour voir le premier joueur sortir, il n'en faudrait que soixante de plus pour voir le tournoi arriver à sa conclusion. Les éliminations allaient se succéder à cadence rapide.

Coverage par Winamax

Peu fourni en bonnes cartes, et sans doute intimidé par l'enjeu, David Pêcheur ne grilla guère par sa présence, et fit rapidement ses adieux à la finale d'une manière identique en tout points à ceux Nicolas : avec deux Dames à tapis avant le flop contre les deux As de... Fabrizio Ricci, dont l'inactivité fut largement compensée par sa propension à trouver de grosses rencontres faciles à jouer.

Coverage par Winamax

Cinq minutes plus tard, c'est Jan Boubli qui subissait l'élimination en quatrième place, six ans après avoir terminé runner-up de cette même épreuve. Un poil trop serré, « Bibal » a pratiqué la stratégie de l'attente, manquant sans doute quelques occasions de ramasser deux ou trois pots faciles. Il sort finalement avec A-Q contre la paire de Neuf de Jerôme Zerbib, juste après avoir doublé Vikash Dhorasoo avec AK contre KT – un Dix apparaît au flop.

Coverage par Winamax

Vikash Dhorasoo, parlons en ! Sans aucun doute LA grande suprise de cette table finale. Timing, instincts, rythme, fair-play, tenue à la table, et même un peu de réussite sur certains coups : un quasi-sans faute pour le footeux du Team. Avec sa formidable prestation, la plus belle de sa courte carrière pokéristique, l'amateur Vikash a prouvé qu'il avait sa place au milieu des pros du Team Winamax. Après avoir doublé d'entrée de jeu avec As-Valet de coeur contre la paire de Huit de Jerôme Zerbib, Vikash est passé à l'attaque, n'étant battu que par son collègue du Team Nicolas Levi au niveau de la fréquence de ses relances préflop. On l'a vu sur-relancer Zerbib et Boubli avec des mains somme toutes moyennes : Q-J et A-T. Bien vu, les pros étaient en plein vol. On l'a vu éviter le drame avec un brelan contre le full de Zerbib. On l'a vu piéger David Pêcheur avec une paire d'As. Au final, Vikash sort avec les honneurs en troisième place, envoyant ses quinze blindes avec K-9, pour tomber contre le A-Q de Fabrizio, encore lui.

Coverage par Winamax

Le tête à tête fut l'affaire d'une vingtaine mains, avec un Jerôme Zerbib assez décevant contre le très weak Fabrizio Ricci. Sans doute assommé par la fatigue – ayant joué près de vingt heures de poker depuis la veille – le français avait pourtant une carte à jouer avec quarante blindes au départ du heads-up. Manquant de profiter de la passivité préflop de Ricci, Zerbib allait lentement laisser fondre son tapis, le coupant carrément en deux avec un bluff mal ajusté contre le jeu max de son adversaire. Sa sortie, en revanche, est « papiers en règle » : deux Dames à tapis préflop contre As-2 qui trouve un As au flop.

Coverage par Winamax

Et c'est ainsi que Fabrizio Ricci, un ancien régulier de l'ACF disparu quelques années entre temps après une période de « brokage », est devenu le nouveau champion du Grand Prix de Paris, succédant à Roger Hairabedian. Félicitations au vainqueur, à tous les finalistes, en particulier à nos joueurs du Team Winamax, qui concluent leur saison européenne de fort belle manière avec une deuxième « doublette » en table finale, après Ludovic Lacay et Arnaud Mattern à Varsovie.

De bonne augure pour les World Series of Poker à Las Vegas.... C'est de là bas que je vous retrouverai à partir du jeudi 28 mai, pour couvrir en direct la première épreuve à 40,000 dollars, commémorative des 40 ans des championnats du monde. La première épreuve d'une longue série qui s'étalera sur six semaines. A très bientôt !

Résultats
Grand Prix de Paris – 10,000€ - 138 joueurs

Vainqueur : Fabrizio Ricci (Italie) 419,520 €
Runner-up : Jerôme Zerbib (France) 222,870 €
Troisième : Vikash Dhorasoo (Team Winamax) 157,320 €
Quatrième : Jan Boubli (France) 104,880 €
Cinquième : David Pêcheur (France) 78,660 €
Sixième : Nicolas Levi (Team Winamax) 65,660 €

Quelques images de plus

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La plus importante journée de poker de leur vie

- 17 mai 2009 - Par Benjo DiMeo

Paris, Champs-Eysées, 13 heures 30. Pas encore vraiment éveillé, je grimpe péniblement les escaliers menant au premier étage de l'Aviation Club de France. A l'intérieur de la plus prestigieuse salle de poker de l'héxagone, les techniciens s'affairent dans les couloirs, traînant des cables et spotlights, préparant le plateau de télévision. C'est le grand jour ! Affalé sur un canapé du salon, l'un des finalistes : Vikash Dhorasoo. L'international du Team Winamax va disputer aujourd'hui le plus grand match de sa carrière pokéristique. Sa préparation physique ? Une nuit blanche... « Comment veux-tu dormir ? On a terminé à cinq heures ce matin. Et nous voilà de retour six heures plus tard... » Il n'est pas le seul des finalistes a avoir tourné en rond durant le peu d'heures de repos qui leur ont été alloués. Jerôme Zerbib sauve les apparences, avec un pantalon et une veste claire impeccables. Mais le discours est le même : « Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. » Sur le canapé d'à côté, Jan Boubli rigole avec Fabrizio Ricci. « Bibal » en a vu d'autres, lui qui a terminé second derrière Benyamine lors de cette même épreuve en 2003. Zerbib et Boubli sont les deux stars locales de cette finale, purs produit des cash-games hautes-limite de l'Aviation Club de France. Avec les Lellouche, les Marciano et autres Stéphane Cohen, ils ont joué des milliers d'heures ensemble, échangeant des pots à 50,000 euros de manière quotidienne. Ils se connaissent comme leur poche, et démarreront la finale assis côte à côte, à domicile, dans « leur » salle de cash-game favorite, transformée pour l'occasion en plateau télé.

Un technicien coiffé d'un gros casque se pointe, interrompant la conversation. « Messieurs les finalistes, si vous voulez bien me suivre... Nous allons vous briefer. » On se rend à l'intérieur du studio. Maquillés, coiffés et habillés, les joueurs écoutent les techniciens leur expliquer comment fonctionnent les caméras « paluche » placées autour du rebord de la table, qui enregistreront chacune des mains qui leur seront distribués. Certains ont l'habitude, comme Jan et Nicolas. D'autres découvrent. David Pêcheur s'est qualifié via un super-satellite à 50 euros organisé au club, puis un autre satellite, à 1,000 euros. Un long périple recompensé de fort belle manière, et un rêve éveillé pour le joueur amateur, qui, quoi qu'il arrive, remportera le plus gros gain de sa carrière. Un peu impresionné, David contemple avec nervosité les projecteurs installés au plafond. Fabrizio, lui, est plus détendu. Les anciens du club le connaissent bien. Dans les années 90, on le voyait régulièrement au rendez-vous des finales des tournois hebdomadaires du club. Après cinq ou six ans passées loin des tables, Fabrizio fait son grand retour, mais ne semble pas plus remué que cela par l'enjeu du jour. L'italien déplie son journal comme si de rien n'était, imperméable à l'agitation autour de lui.

Nicolas Levi sourit pour les photographes. Le chapeau a refait son apparition, après plusieurs tournois disputés tête nue. « Je les perds à chaque fois, mes couvre-chef ! Une bonne âme qui était présente à Vegas pour ma finale en 2008 est venue spécialement pour m'apporter le sien. » Le joueur du Team Winamax dispute sa troisième finale télévisée, après Dortmund en 2007, et les WSOP l'an passé. « C'est fou comme le temps passe vite », remarque t-il. « J'ai l'impression que c'était hier, ma finale EPT. » Cette fois-ci, Nicolas possède un peu plus de jetons au départ de l'ultime table. Il rigole. « C'est vrai. D'habitude, j'arrive en finale avec trois blindes. En général, j'ai déjà programmé ma partie de tennis de l'après-midi. Là, j'ai un peu plus de marge de manœuvre. » Le Grand Prix de Paris met fin à une longue période de disette pour CrocMonsieur. Un an sans grosse perf, ça use, et Nicolas est fier d'avoir réussi à rester fort mentalement pour rester à son meilleur niveau. « Le travail finit par payer », résume t-il. « Maintenant, c'est le moment de faire enfin un podium, au moins, et de représenter mon sponsor de la plus belle manière... Et aussi de faire honneur à Arnaud. » En effet, Nico prenait hier tout le tapis de son coéquipier et ami, sur une coin-flip cruciale à quelques places de la bulle.

L'installation des joueurs se termine petit à petit. Tout le monde est prêt. Cinq caméras vont filmer les moindres gestes des joueurs. Après avoir signé un formulaire m'interdisant de dévoiler le déroulement de la partie avant six heures trente du matin, je suis autorisé à rentrer dans la pièce. La croupière s'assoit. Nicolas Fraioli, le directeur du tournoi, se tient debout derrière la table. Le réalisateur fait le silence. Les joueurs ne se font pas prier : une boule dans la gorge collective les empêche déjà de parler. « On tourne ! » Seul le bruit des machines perturbe le calme olympien qui a envahi la salle. La chaleur des projecteurs est étouffante.

Intimidée, la croupière se rate sur la première main. On recommence. Cette fois-ci, c'est la bonne. Jerôme Zerbib relance en première position. Nicolas Levi le paie depuis la petite blinde, et...

Coverage par Winamax

Rendez-vous à 22 heures 30 pour la suite !

Grand Prix de Paris - Finale

- 17 mai 2009 - Par No Soucy

Comme c'est désormais le cas pour la plupart des grands rendez-vous du poker européen, la finale du Grand Prix de Paris sera filmée par des caméras de télévision. Ce sont les équipes d'Eurosport qui vont débarquer cet après-midi à l'Aviation Club de France pour capturer l'action. Les images seront montées, et diffusées en différé à la télévision, et ici-même, à partir de 22 heures 30.

Les joueurs prendront place autour de la table finale huit heures plus tôt, à 14 heures. Les organisateurs de l'épreuve nous ont gentiment demandé de ne pas publier les résultats de la finale avant que la diffusion télévisée ne commence. En conséquence, vous trouverez le compte-rendu de la journée par Benjo, une fois la retransmission terminée.

Suivez la finale en direct !

- 17 mai 2009 - Par Benjo DiMeo

Comme c'est désormais le cas pour la plupart des grands rendez-vous du poker européen, la finale du Grand Prix de Paris sera filmée par des caméras de télévision. Ce sont les équipes d'Eurosport qui vont débarquer cet après-midi à l'Aviation Club de France pour capturer l'action. Les images seront montées, et diffusées en différé à la télévision, et sur internet, à partir de 22 heures 30.

Les joueurs prendront place autour de la table finale huit heures plus tôt, à 14 heures. Les organisateurs de l'épreuve nous ont gentiment demandé de ne pas publier les résultats de la finale avant que la diffusion télévisée ne commence, et ma foi, je ne vois pas de raison de ne pas me plier à leurs exigences. Je serai bien sur présent, carnet en main, pour suivre l'action et prendre des notes. Je publierai mon compte-rendez une fois la retransmission terminée.

Connectez-vous dimanche en début de soirée : je vous communiquerai les liens web permettant de suivre la finale. Bonne nuit à tous ! (Et bon Telefoot, me souffle Yuestud)